J'adore dormir, c'est ma première passion dans la vie. Je rêve que je mange. Mais dès que les premiers rayons du soleil du matin filtrent à travers la maison, je miaule qu'il est l'heure de mon petit-déjeuner. Gaïa aussi est là, ma colocataire à la robe tricolore, qui adore me taquiner. Et puis arrive un énorme matou nommé Nounousss, le petit de Gaïa qui miaule comme s'il annonçait l'arrivée du roi de la savane, alors qu'il ne veut que son bol de croquettes. Tchiiiip.
Gaïa est comme une espionne ninja, toujours prête à surgir de nulle part pour m'attaquer par surprise. Un jour, elle s'est cachée derrière le canapé et m'a sauté dessus au moment où je passais. Résultat ? Une course folle à travers la maison, avec des virages serrés, des sauts périlleux et des glissades sur le carrelage. Nounousss, le gros matou jaune et blanc en mal d'amour et qui a toujours faim, nous regarde avec un air amusé, comme s'il était le juge d'une compétition féline. Mais attention, quand il décide de se joindre à nous, c'est encore plus chaotique !
Quand il y a école, c'est ma servante personnelle qui s'occupe de moi. Je l'entends m'appeler : « Bijou ! » d'une voix douce et chantante, suivie de quelques mots dans sa langue mystérieuse, bizarre et incompréhensible. Les humains ont décidément un langage étrange, mais je ressens son énergie pleine d'affection qui me donne envie d'avoir des caresses. Ma servante est un grand spécimen femelle, avec une longue crinière noire qui ressemble à une forêt de poils emmêlés – un vrai terrain de jeu pour mes pattes.
Elle marche sur ses pattes arrière, ce qui est très pratique pour me porter et me gratter derrière les oreilles. Elle a plusieurs noms : Maman, Chérie, Bébé… Je me demande parfois si elle sait elle-même comment elle s'appelle. Mais peu importe, elle est toujours là pour moi. Quand je miaule, elle accourt, et hop, j'obtiens ce que je veux. C'est ça la vie de reine.
Les mercredis et week-ends, c'est une autre paire de pattes qui s'occupe de moi. Zazou, un jeune mâle avec une crinière aussi emmêlée que celle de Maman, et Nenël, une petite femelle pleine d'énergie, prennent le relais. Ce sont les petits de Maman, parait-il. Zazou a des gestes maladroits, comme s'il craignait de renverser les croquettes par terre (en même temps les humains n'ont pas de moustaches pour se repérer en marchant), tandis que Nenël sautille partout, trop excitée à l'idée de me servir. Ils me regardent avec des yeux brillants, comme si j'étais une célébrité. Et franchement, je le suis un peu, non ?
Quand ils préparent mon repas, je les observe avec attention. Zazou tient le sac de croquettes comme s'il portait un trésor, et Nenël verse l'eau avec des eclaboussures joyeuses comme si elle préparait un festin royal pour une reine. Et devinez quoi ? C'est bien moi la reine de la maison. S'ils prennent trop de temps pour me servir, je me transforme en une véritable tornade à fourrure ! Je saute, je miaule, je ronronne, et je zigzague entre leurs jambes. Je reconnais mon nom « Bijou » prononcé avec différentes intonations joyeuses qui me font penser qu'ils semblent apprécier ma présence.
Parfois, je me demande s'ils réalisent à quel point je suis importante pour eux. Mais bon, tant qu'ils me nourrissent et me font des câlins, je suis heureuse. Après tout, c'est ça la vie de chat : être adorée, choyée, et régner sur son petit monde.
Dès que le repas est servi, vous pouvez me croire, c'est moi qui fais la loi, je grogne doucement et donne quelques baffes bien placées pour rappeler à tout le monde qui est la chef. Gaïa et Nounousss reculent prudemment, l'air de dire : « pas la peine de s'énerver, on attend notre tour ! » Ils savent très bien que mes pattes sont rapides et précises - Une claque en plein museau, et hop, la leçon est retenue. Une fois que j'ai fini de manger, je leur fais un signe de tête (enfin, un regard suffisant en me léchant les papilles) pour leur dire : « A vous maintenant, mais sans excès, hein ! »
Le ventre bien rempli, Nounousss part explorer le quartier. Ce gros matou est un vrai Don Juan ! Il a plus de rendez-vous galants que moi. Parfois, je le vois filer vers le jardin d'à côté, la queue haute, comme s'il partait conquérir le monde. Mais d'autres fois, il préfère se prélasser dans l'entrée, allongé comme un pacha, regarder les voitures passer et observer les gens avec un air sérieux, presque comme s'il prenait des notes dans un carnet secret que seuls les chats peuvent voir. En réalité, je sais qu'il fait juste une sieste stratégique pour reprendre des forces avant sa prochaine aventure de séducteur. Les chats, c'est comme ça : on a toujours l'air de réfléchir profondément, même quand on ne fait que rêver à la prochaine sieste ou à la prochaine proie. »
Mais revenons à Maman, ma servante préférée. Quand elle est là, nous la suivons partout dans la maison, comme une petite armée de chats en mission secrète. Moi, je trottine juste derrière elle, mes pattes silencieuses sur le parquet, mes yeux brillants fixés sur chaque mouvement qu'elle fait. C'est un peu comme un jeu : est-ce qu'elle va à la cuisine ? À la salle de bain ? Ou peut-être vers le canapé, où je pourrai enfin m'installer sur ses genoux ? Je guette chaque détail avec une attention de chasseuse, prête à bondir à la moindre occasion.
Une fois que le petit-déjeuner est terminé, c'est le moment que j'attends avec impatience. Je me précipite vers elle, ma queue dressée comme un drapeau, et je me frotte contre ses jambes en ronronnant à plein régime. « Allez, Maman, c'est l'heure des câlins ! » lui dis-je avec mes yeux les plus attendrissants. L'ordre des choses est sacré pour moi : d'abord les croquettes, ensuite les câlins. Pas question de changer ça ! Et si elle oublie, je suis là pour lui rappeler gentiment… avec un petit miaulement insistant ou un saut stratégique sur ses genoux. Après tout, une reine comme moi mérite toute son attention ! »
Le soir, c'est le meilleur moment de la journée – enfin, après la sieste et le goûter, bien sûr. Quand Maman rentre du travail, je suis toujours là, postée derrière la barrière, comme une sentinelle en mission. Mon cœur bat fort, et mes oreilles se dressent au moindre bruit de pas ou de clés qui résonnent au loin. « C'est elle, c'est elle ! » me dis-je en frétillant de la queue.
Dès que je la vois apparaître, je me précipite, mes pattes agiles et silencieuses glissant sur le sol. Je me dresse sur mes pattes arrière, comme si je voulais l'enlacer, et je l'accueille avec une symphonie de ronronnements et de miaulements joyeux. « Me voilà, Maman ! Je t'ai manquée ! Regarde comme je suis heureuse de te voir ! » Mes yeux brillent, ma queue frétille, et je me frotte contre ses jambes pour lui montrer à quel point elle m'a manqué. Après tout, une journée sans câlins, c'est une journée perdue ! Et je suis sûre qu'elle pense la même chose… enfin, j'espère.
À l'heure du dîner, quand Maman s'assoit pour manger, c'est comme si une alarme secrète se déclenchait dans ma tête de chat. Ding ding ! C'est l'heure du festin… enfin, du festin de Bijou, si tout se passe bien. Je me poste près de la table, ma queue ondulant comme un métronome fou, et mes yeux fixés sur elle avec un regard si intense qu'il pourrait percer une armure. « Maman, Maman, regarde-moi ! Je suis ici, ton adorable petite boule de poils affamée ! » Je miaule avec toute la conviction d'un chanteur d'opéra, espérant qu'elle va craquer et m'offrir un petit morceau de poulet. Parce que, soyons honnêtes, qu'est-ce qu'un câlin sans un peu de poulet pour l'accompagner ?
Mais parfois, Maman fait semblant de ne pas me voir. Elle regarde son assiette comme si c'était la chose la plus fascinante au monde. « Oh, vraiment ? Tu vas ignorer la reine de la maison ? » me dis-je en hochant la tête. Dans ces moments-là, je n'ai qu'une seule option : je m'élance et atterris sur ses genoux avec la grâce d'un acrobate. Je ronronne si fort que ça ressemble à un moteur de voiture, et je frotte ma tête contre sa main pour lui rappeler que je suis là, que j'existe, et que je mérite ce petit morceau de poulet.
C'est la règle numéro un dans notre maison : quand Bijou réclame, il faut répondre par des câlins et des gourmandises. Et si Maman oublie, je suis là pour lui rappeler gentiment… avec un miaulement insistant ou un saut stratégique sur ses genoux. Après tout, une reine comme moi mérite toute son attention !
Quand je ne demande pas à manger, j'adore m'installer confortablement sur le canapé. Mais attention, une fois endormie, il ne faut surtout pas me réveiller ! Sinon, je fais une drôle de tête et je grogne un peu.
Quand vient l'heure de dormir, Maman me fait un bisou doux comme une plume, et c'est au tour de Papa (le matou de maman, un autre esclave à mon service) de prendre le relais. Enfin, je crois qu'il s'appelle Papa… ou Chéri… ou Doudou ? Franchement, je n'y comprends rien ! Pourquoi tant de noms pour une seule personne ? Et en plus, il passe son temps à réclamer des bisous et des câlins à Maman. « Hé, je suis là depuis avant toi, tu sais ! » me dis-je en le regardant d'un air soupçonneux.
Papa travaille de nuit dans le salon, et c'est le moment parfait pour moi de lui réclamer des câlins. « Maman t'en a donné plein, maintenant c'est mon tour ! » Je commence par miauler doucement, comme si je chantais une petite chanson triste. Si ça ne marche pas, je passe à la vitesse supérieure : je saute sur ses genoux, je frotte ma tête contre sa main, et je la mordille gentiment pour qu'il comprenne que je suis sérieuse.
Parfois, il essaie de résister en disant : « Bijou, j'ai du travail ! » Mais moi, je suis une vraie pro des câlins. Je continue à miauler, à sauter, et à le regarder avec mes grands yeux de chat suppliants. Et là, il craque toujours. Il me prend dans ses bras, me caresse derrière les oreilles, et je ronronne comme un moteur de voiture.
Si je pouvais parler, je lui dirais : « Plus de câlins, c'est un ordre ! Je suis une accro aux câlins, et je ne compte pas me soigner ! » Mais bon, mes miaulements et mes ronronnements sont assez éloquents, non ?
Mais ce n'est pas tout, mes vraies aventures commencent quand tout le monde est au lit. Dès que la maison est plongée dans le silence, je me transforme en une redoutable chasseresse nocturne. Je patrouille dans le jardin, mes yeux brillant comme des émeraudes dans l'obscurité. Dès qu'une feuille bouge ou que j'entends un petit bruit dans l'herbe haute, je suis prête à bondir.
Un soir, j'ai réussi à attraper une chauve-souris et un rat ! Je les aie rapportées fièrement à la maison, comme un trophée de guerre. « Regarde, Maman, regarde ! J'ai sauvé la famille de dangereux envahisseurs ! » me dis-je en déposant mon cadeau devant la porte d'entrée.
Mais au lieu de me féliciter, Maman a poussé un cri qui aurait réveillé tout le quartier. « Bijou ! Qu'est-ce que c'est que ça ?! » (Sur le ton de reproche). Je m'avance d'un pas discret. Papa accourt avec une pelle et un balai comme si c'était lui le véritable héros, et hop, mon précieux trophée a disparu. « Mais Maman, c'était pour toi ! » ai-je voulu lui dire. Je lui ai tourné le dos, mécontente. « Autant d'ingratitude, c'est inadmissible ! » Peut-être que mes cadeaux ne sont pas assez impressionnants ? La prochaine fois, je lui rapporterai quelque chose de vraiment gros… comme un oiseau envahisseur !
En attendant, je continue mes patrouilles nocturnes. Après tout, je suis une vraie héroïne, même si ma famille ne semble pas toujours apprécier mes efforts. Mais bon, c'est ça, la vie d'une chatte : protéger sa maison, même si personne ne dit merci. Je donne tout ce que j'ai. Parce qu'une reine comme moi, ça ne fait pas les choses à moitié !
Alors, la prochaine fois que vous verrez une chatte avec des airs de princesse et un cœur de guerrière, souvenez-vous : derrière ces yeux pétillants et ces ronronnements doux, il y a une vraie héroïne. Et cette héroïne, c'est moi, Bijou !