Le matin du grand ménage
Le soleil pointait doucement derrière les nuages. Dans la cour de l'école, l'air sentait la terre mouillée et les fleurs qui s'éveillent. Lisa, Inès, Zoé et Maëlle, quatre amies, sautillaient sur les dalles encore fraîches. Elles avaient presque cinq ans et aimaient se retrouver chaque matin, surtout depuis que le printemps avait chassé l'hiver.
Un jour, la maîtresse leur proposa d'aider à balayer les feuilles qui restaient, celles que le vent n'avait pas emportées. Les filles étaient ravies. Lisa prit un petit balai vert, Inès un balai bleu, Zoé un balai jaune et Maëlle un balai rouge. Les balais étaient presque aussi grands qu'elles, mais elles les tenaient avec courage.
— On va faire briller la cour, dit Lisa en souriant.
Elles commencèrent à rassembler les feuilles brunes et craquantes dans de petits tas. Parfois, elles s'arrêtaient pour sentir l'odeur du sol, toucher les feuilles douces ou écouter les oiseaux chanter. Même les plus petites feuilles étaient balayées avec soin.
La cour devint vite jolie. Le soleil réchauffait les joues des filles. Elles riaient quand le vent faisait voler quelques feuilles à nouveau. Mais aucune ne se découragea. Elles étaient fières de travailler ensemble. Bientôt, la maîtresse leur proposa d'aller balayer un peu plus loin, sur la butte d'herbe derrière l'école.
La butte pleine de surprises
La butte était haute et toute verte. Des pâquerettes et des pissenlits poussaient entre les brins d'herbe. Quand les filles marchèrent dessus, l'herbe se pliait doucement sous leurs petits pieds. Là, il y avait encore beaucoup de feuilles, cachées sous les buissons et autour des pierres.
Elles commencèrent à balayer doucement pour ne pas écraser les fleurs. Parfois, elles s'arrêtaient pour observer une coccinelle qui grimpait sur une tige ou écouter le bourdonnement d'une abeille qui passait tout près. Inès s'accroupit pour regarder une limace glisser lentement dans la rosée.
— Regarde, elle laisse une trace brillante ! dit-elle émerveillée.
Zoé ramassa une feuille en forme de cœur.
— On dirait un petit bateau, murmura-t-elle. Elle la posa sur l'herbe et souffla dessus pour la faire avancer.
Maëlle, elle, découvrit un nid vide, tout rond, caché sous une branche.
— Peut-être qu'un oiseau viendra y dormir ce soir, pensa-t-elle tout haut.
Bientôt, elles virent que la butte était presque propre. Les feuilles étaient rassemblées en un joli tas doré. Elles étaient fières de leur travail. Mais juste au moment où elles pensaient avoir fini, Lisa aperçut quelque chose d'étrange près d'une pierre.
Le sauvetage du printemps
Lisa s'approcha doucement. Elle vit un petit insecte, une coccinelle, coincée sur le dos, ses pattes gigotant dans le vide. Elle avait l'air fatiguée et ne pouvait plus se retourner.
— Oh, la pauvre ! s'exclama Lisa.
Les autres filles arrivèrent en courant. Elles entourèrent la coccinelle et la regardèrent en silence. Inès proposa d'aider.
— Si on la retourne doucement avec une feuille ?
Maëlle ramassa une grande feuille toute propre et la tendit à Lisa. Ensemble, avec beaucoup de soin, elles glissèrent la feuille sous la coccinelle. Zoé tenait son souffle. D'un geste délicat, Lisa retourna la coccinelle.
La coccinelle resta immobile quelques secondes, puis, doucement, elle ouvrit ses petites ailes rouges à pois noirs. Elle grimpa sur la feuille, puis sur le doigt de Maëlle. Toutes les filles étaient émerveillées.
— Elle va s'envoler ! chuchota Zoé.
La coccinelle battit ses ailes et s'envola lentement, montant vers le ciel bleu. Les filles la regardèrent partir, les yeux brillants de joie.
Le partage du printemps
La maîtresse revint les voir. Elle leur sourit et les félicita.
— Vous avez rendu la cour et la butte toutes propres, et vous avez pris soin d'un petit habitant du printemps, dit-elle doucement.
Les filles se sentaient heureuses. Elles avaient partagé les balais, les idées et l'envie d'aider. Elles avaient découvert qu'en travaillant ensemble, tout devenait plus joli et plus facile. Elles avaient aussi compris qu'il fallait faire attention aux petites bêtes, même les plus discrètes.
Assises sur l'herbe, elles sentirent le soleil caresser leurs bras et le vent doux leur chatouiller les cheveux. Elles écoutèrent les oiseaux, regardèrent les fleurs et sentirent l'odeur fraîche du printemps.
Lisa murmura :
— On a aidé la coccinelle à retrouver sa liberté.
Inès ajouta :
— Et on a fait briller la cour et la butte, toutes ensemble.
Zoé et Maëlle hochèrent la tête, des étoiles plein les yeux. Elles étaient fières d'avoir partagé ce moment, d'avoir pris soin de la nature et d'avoir appris qu'ensemble, on est toujours plus forts, même pour les petites choses.
Quand la cloche sonna, elles se levèrent doucement, main dans la main, le cœur rempli de douceur et de joie. Le printemps venait de commencer, et déjà, il avait apporté de belles surprises à partager.