Le matin de Lila
Lila ouvrit doucement les yeux. Derrière les rideaux blancs, une lumière dorée dansait déjà sur les murs de sa chambre. Lila savait que le printemps était là, car la lumière du jour arrivait plus tôt. Elle étira ses bras et sourit en entendant les oiseaux chanter dehors. C'était un chant joyeux, comme un bonjour pour commencer la journée.
Aujourd'hui, Lila avait envie de compter les heures de lumière. Elle se demanda combien de temps le soleil resterait avec elle. Maman lui avait dit qu'au printemps, les journées grandissaient, un peu comme si le soleil voulait jouer plus longtemps avec les enfants.
Lila se leva, enfila sa robe préférée avec des petites fleurs jaunes, et se dirigea vers la cuisine. L'odeur du pain grillé et du chocolat chaud réchauffait la maison. Lila mangea tout en regardant la lumière qui grandissait doucement dehors. Elle pensa à l'école, à ses camarades, et surtout au ciel bleu qu'elle voyait par la fenêtre de la classe.
Les rêves de Lila en classe
À l'école, la maîtresse expliqua les saisons. Lila écoutait, mais parfois ses yeux glissaient vers la fenêtre. Elle voyait le ciel bleu, les arbres qui portaient de jeunes feuilles toutes douces. Les rayons du soleil faisaient briller la cour comme un trésor. Parfois, Lila rêvait qu'elle sautait dans la lumière et qu'elle courait dans l'herbe.
La maîtresse demanda : « Qui peut me dire combien d'heures dure la journée ? » Lila leva la main et répondit : « Les journées sont plus longues au printemps ! » La maîtresse sourit et dit que c'était vrai, et que chaque jour, il y avait un peu plus de lumière.
À la récréation, Lila et ses amis jouèrent à cache-cache. Ils couraient, riaient, touchaient les troncs rugueux des arbres et sentaient l'odeur fraîche de l'herbe mouillée du matin. Lila sortit sa petite montre rose pour voir l'heure. Elle compta les heures depuis qu'elle était réveillée et pensa : « Encore beaucoup de soleil avant la nuit ! »
Au bord de l'étang
Après l'école, Maman proposa une promenade. Lila sauta de joie. Elles mirent leurs bottes en caoutchouc et prirent un petit goûter dans un sac. Lila adorait l'étang du village. C'était un endroit calme, où la lumière du printemps dessinait des reflets dorés sur l'eau tranquille.
En arrivant, Lila vit les canards glisser sur l'eau. Il y en avait des blancs, des marron, des canetons tout duveteux qui suivaient leur maman. Lila s'accroupit pour mieux regarder. Elle entendit le « coin-coin » joyeux des canards, le bruit doux de l'eau qui clapote, et sentit le parfum léger des fleurs blanches sur la berge.
Un garçon de sa classe, Hugo, était là aussi avec sa grande sœur. Ils avaient apporté un peu de pain dur pour les canards. Hugo demanda à Lila : « Tu veux m'aider à leur donner à manger ? » Lila accepta avec plaisir. Ensemble, ils lancèrent des petits bouts de pain sur l'eau. Les canards se rapprochaient, en faisant de petits ronds dans l'eau. Lila rit en voyant un caneton glisser et plonger sous l'eau, puis ressortir en secouant ses plumes.
Hugo et Lila décidèrent de ramasser les papiers et les petits déchets autour de l'étang. Ils voulaient que les canards aient un bel endroit propre pour jouer. Maman et la grande sœur d'Hugo les encouragèrent : « Bravo, les enfants ! Vous aidez la nature. »
Quand tout fut propre, ils s'assirent sur l'herbe qui chatouillait leurs jambes. Ils écoutèrent le vent dans les roseaux, le cri doux d'une grenouille cachée, le bourdonnement d'une abeille qui passait. Lila ferma les yeux et respira très fort. L'air sentait la terre, l'eau, et un peu la promesse de l'été.
Une fin en harmonie
Le soleil commençait à descendre lentement. Lila regarda sa montre. Elle compta les heures de lumière depuis le matin. « Aujourd'hui, la journée était très longue, » pensa-t-elle, « et très belle aussi. »
Hugo proposa de faire un dessin de leur journée. Ils prirent des bâtons et dessinèrent dans la terre humide : un canard, un arbre, un grand soleil. Ils rirent en voyant les dessins, puis se donnèrent la main pour dire au revoir à l'étang.
Sur le chemin du retour, Lila sentit la main de sa maman bien chaude dans la sienne. Elle regarda les nuages roses qui glissaient lentement dans le ciel. Elle pensa à toute la lumière qu'elle avait vue, aux canards, à l'herbe, aux amis et à l'étang.
Le soir, dans son lit, Lila ferma les yeux. Elle se souvint de la lumière du matin, du chant des oiseaux, des jeux à l'étang et du soleil qui avait accompagné toute sa journée. Elle savait que demain, il y aurait encore un peu plus de lumière, encore plus de moments à partager avec ses amis, à aider la nature et à regarder le monde changer doucement.
Lila s'endormit en souriant, heureuse d'être un petit rayon de printemps dans ce grand monde plein de douceur et de couleurs.