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Histoire de ville futuriste 7 à 8 ans Lecture 22 min.

Le secret des panneaux météo de Clairjardin

Dans la cité de Clairjardin, le renard Roussel, la tortue Mirna et l'écureuil Pio suivent des panneaux météo vivants pour traverser une brume douce et accomplir une petite mission solidaire.

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Roussel, un renard roux au pelage lumineux et à la queue touffue, avance délicatement en tenant un anneau aimanté brillant ; Mirna, une vieille tortue à la carapace mosaïque verte et bleue, la suit calmement sur des dalles humides, tandis que Pio, un petit écureuil gris aux yeux ronds, saute d'excitation à côté de Roussel ; derrière eux, un robot-cabine rectangulaire crème aux grands yeux-écran s'ouvre et laisse apparaître un tiroir d'où sort l'anneau, le tout sur le quai des Aulnes (planches de bois sombre et mouillées, rails verts couverts de fougères, lampes-perles, eau calme reflétant les arbres et dôme de verre brumeux) ; ambiance de brume douce, lumière dorée tamisée, silence respectueux, panneau discret indiquant « ENSEMBLE », style visuel aux couleurs saturées-pastel, contours nets en cel-shading, volumes ronds et expressions lisibles. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : Sous les dômes clairs

Le renard s'appelait Roussel. Son pelage avait la couleur du soleil sur une feuille d'automne, et sa queue faisait un joli balai qui frôlait le sol en rythme quand il marchait.

Ce matin-là, Roussel traversait la grande cité du futur, celle qu'on appelait Clairjardin. On disait que c'était une ville d'anticipation, née bien après les anciennes, quand les humains avaient décidé de construire autrement : avec la technologie d'un côté, et la nature de l'autre… mais surtout, les deux ensemble, main dans la patte.

Au-dessus de lui, des dômes transparents s'arrondissaient comme de gigantesques bulles de verre. Ils gardaient un climat doux, comme un printemps qui ne finit jamais. Sous les dômes, les arbres poussaient sur des terrasses, des lianes grimpaient le long des façades, et des fleurs dépassaient des balcons. Entre les rues, de petits canaux murmuraient, et l'eau était si claire qu'on voyait les cailloux briller.

Roussel s'arrêta au bord d'une place. Au milieu, un grand arbre poussait dans un cercle de mousse. Autour, des bancs en bois vivant — oui, vivant : on les taillait dans des branches solides, et ils repoussaient doucement.

“Bonjour, Roussel !” lança une voix joyeuse.

C'était Lila, une fillette aux chaussures à roulettes silencieuses. Sur son poignet, un bracelet lumineux clignotait doucement.

“Bonjour, Lila,” répondit Roussel en inclinant la tête. “Tu vas où si vite ?”

“À l'école-jardin ! On fait une expérience avec des graines qui écoutent la musique.” Elle rit. “Et toi ?”

Roussel hésita. En vérité, il n'avait pas d'endroit précis. Il aimait se promener, observer, sentir la ville. Il était toujours étonné par ce que la cité inventait.

“Je me promène,” dit-il. “J'ai l'impression que chaque coin de rue cache une surprise.”

Lila fit un signe vers le haut. “Regarde les panneaux aujourd'hui ! Ils sont trop rigolos.”

Roussel leva les yeux. Sur les murs, des panneaux lisses, comme des miroirs, affichaient des messages colorés. Mais ce n'était pas tout : les images changeaient doucement, comme si elles respiraient.

Un panneau montrait un soleil en train de mettre un chapeau de paille. Puis, en une seconde, une petite nuage apparut et le soleil sortit un parapluie minuscule.

Roussel cligna des yeux.

“Ça… ça change avec la météo ?” demanda-t-il.

“Oui !” dit Lila. “Ce sont des panneaux météo-malins. Ils sentent l'air, ils écoutent le vent, et ils se mettent à jour tout seuls. Quand il fait humide, ils proposent des chemins couverts. Quand il fait chaud, ils indiquent les fontaines brumisantes.”

Roussel s'approcha d'un panneau. Une phrase apparut, puis s'effaça comme une craie sur un tableau :

“PETITE BRUME DANS 12 MINUTES : LES FEUILLES VONT DANSER.”

Roussel pencha la tête. “Les feuilles vont danser ?”

Lila éclata de rire. “Ça veut dire qu'il y aura un petit vent. Ils parlent un peu comme des poètes.”

Roussel sourit. “Moi aussi, j'aime quand le vent fait danser les feuilles.”

Un autre panneau montra un dessin de parapluie, puis une flèche. Et juste en dessous : “CHEMIN DOUX SOUS LA VIGNE. SUIVEZ LE PARFUM.”

Roussel renifla l'air. Une odeur de raisin et de menthe flottait, légère.

“Tu vois ?” dit Lila. “Clairjardin te guide gentiment. Bon, je file !”

“Bonne expérience,” dit Roussel.

“Et toi, bonne surprise !” lança Lila en s'élançant.

Roussel resta là, la queue remuant doucement. Une pensée lui chatouillait le museau : et si ces panneaux avaient quelque chose d'important à lui montrer aujourd'hui ?

Il suivit la flèche, guidé par le parfum.

Chapitre 2 : Les panneaux qui chuchotent

Le chemin doux passait sous une longue pergola couverte de vignes. Des grappes violettes pendaient, protégées par de petits filets brillants. Au sol, les dalles étaient tièdes, comme si elles avaient gardé un peu de soleil pour les pattes des passants.

Roussel marcha en silence, son regard sautant d'une merveille à l'autre : un robot-arrosoir qui chantonnait en arrosant des bacs de tomates, une fontaine qui faisait des bulles en forme de poissons, des oiseaux mécaniques qui se posaient sur les branches pour aider les vrais oiseaux à faire leurs nids.

“Quel drôle de monde,” murmura Roussel, sans se rendre compte qu'il parlait à voix haute.

“Drôle et pratique !” répondit une voix.

Roussel sursauta… puis se détendit aussitôt. C'était juste une vieille tortue, posée à l'ombre, avec une carapace décorée de petites mosaïques. Sur son dos, un sac de courses rond comme un melon.

“Bonjour,” dit Roussel. “Je ne voulais pas te faire peur.”

La tortue cligna lentement. “Oh, moi, je ne me presse jamais assez pour avoir peur. Je m'appelle Mirna. Et toi, petit renard vif ?”

“Roussel.”

“Tu suis les panneaux ?” demanda Mirna.

Roussel hocha la tête. “Oui. Ils changent avec la météo. C'est… étonnant.”

“Ah, les panneaux-météo,” dit Mirna. “Ils sont bien utiles, surtout pour moi. Quand il y a de la brume, mes lunettes se couvrent de gouttes.”

Elle montra un petit panneau au coin de la rue. La surface se mit à onduler, puis afficha un dessin : une tortue souriante avec une serviette sur la tête. Ensuite, une phrase apparut :

“BRUME DOUCE : PRÉVOYEZ UN PETIT TISSU. MIRNA A VALIDÉ.”

Mirna eut un rire discret. “Ils ont même appris mon nom.”

Roussel sentit son cœur se gonfler d'amusement. “Ils te connaissent !”

“Dans cette ville, on se connaît,” répondit Mirna tranquillement. “Même les machines apprennent à être gentilles. Mais tu as l'air de chercher quelque chose.”

Roussel baissa les oreilles. “Je ne sais pas. J'ai juste… comme une idée qu'aujourd'hui, il va se passer un truc.”

“Alors marchons ensemble,” dit Mirna. “Tu vas plus vite que moi, mais tu peux faire des pauses. Et moi, je connais des raccourcis.”

Roussel se redressa, fier. “D'accord !”

Ils avancèrent. Au-dessus d'eux, le dôme laissait voir un ciel bleu pâle, sans agressivité. Le soleil y brillait comme une lampe douce. Dans les rues, des tramways glissaient sans bruit sur des rails couverts d'herbe.

À un carrefour, un grand panneau se mit à clignoter. Il affichait une carte de la ville, puis un nuage qui gonflait. Puis, en lettres claires :

“PETITE BRUME ANNONCÉE. CHEMINS COUVERTS RECOMMANDÉS. AIDEZ VOS VOISINS.”

Roussel lut à voix haute. “Aidez vos voisins…”

Mirna hocha la tête. “C'est une bonne idée, non ? Dans la brume, certains se trompent de chemin.”

Roussel renifla. L'air avait changé. Il sentait l'eau, comme quand on approche d'un lac. Une fraîcheur glissa sur ses moustaches.

Et soudain, au bout de l'allée, une petite scène se dessina : un écureuil, chargé d'un paquet trop grand, tournait sur lui-même.

“Par ici… ou par là ?” disait l'écureuil, la voix un peu perdue. “Le panneau a changé… j'ai pas vu…”

La brume commençait à arriver, un voile fin, rien d'inquiétant, juste comme une haleine de nuage. Pourtant, l'écureuil plissait les yeux.

Roussel s'approcha doucement. “Bonjour ! Tu as besoin d'aide ?”

L'écureuil sursauta, puis vit le sourire du renard et se calma. “Oh… oui, s'il te plaît. Je dois livrer ce paquet à l'atelier des Cerfs-Volants Solaires. Mais tout se ressemble avec cette brume.”

Mirna s'avança, sans se presser. “Les panneaux peuvent aider, mais ils changent vite. On va faire simple : tu nous suis, et on suit les panneaux ensemble.”

Roussel regarda le panneau le plus proche. Il affichait un dessin de cerf-volant qui brillait, puis une flèche. En dessous : “SUIVEZ LA RUE DES BOULES DE ROSEE.”

Roussel pointa du museau une rue bordée de petites lampes rondes suspendues, qui ressemblaient à des perles d'eau.

“Par là !” dit-il.

L'écureuil souffla, rassuré. “Merci… je m'appelle Pio.”

“Moi, Roussel. Et voici Mirna.”

“Enchanté !” dit Pio. “Vous êtes gentils.”

Roussel se sentit chaud de joie. La brume rendait tout plus doux, comme si la ville chuchotait. Et les panneaux, eux, semblaient vraiment parler.

Chapitre 3 : La brume et le cerf-volant solaire

La rue des Boules de Rosée brillait dans la brume. Les lampes s'allumaient toutes seules, avec une lumière dorée qui ne piquait pas les yeux. Sous leurs pattes, les dalles changeaient de texture : un léger relief apparaissait pour guider ceux qui avaient besoin de sentir le chemin.

“C'est malin,” murmura Roussel. “On peut suivre avec les pattes, même si on voit moins bien.”

“Oui,” dit Mirna. “La ville pense à tout le monde.”

Pio serra son paquet contre lui. “Moi, je pensais juste à ne pas tomber. Et à ne pas arriver en retard.”

“On va y arriver,” promit Roussel. “Tu veux que je porte ton paquet un moment ?”

Pio ouvrit de grands yeux. “Tu ferais ça ? Mais… c'est lourd.”

“Je suis un renard,” dit Roussel en redressant le poitrail. “Et puis, on est une équipe.”

Mirna ajouta, avec un petit sourire : “Et moi, je peux porter… les bons conseils.”

Pio rit. “D'accord !”

Roussel prit le paquet. Il était volumineux, mais pas terrible pour lui. Il sentit une chaleur légère à l'intérieur, comme un objet qui a pris un peu de soleil.

À l'angle suivant, un panneau changea d'image : un nuage se mit à souffler, et des feuilles dessinées se mirent à tournoyer. Les mots apparurent :

“VENT LÉGER : TENEZ VOS CHAPEAUX, ET VOS AMIS.”

Pio leva la tête. “Oh ! Le vent arrive.”

Roussel sentit sa queue frissonner. Une petite rafale passa et fit voler une feuille réelle, qui se posa sur son museau.

“Elle voulait te faire un bisou,” dit Mirna.

Roussel souffla et la feuille partit en dansant. “Alors je lui rends !”

Ils arrivèrent devant un atelier tout rond, avec un toit couvert de gazon. Sur la porte, un symbole : un cerf-volant qui avait un soleil au milieu. Et juste à côté, un panneau annonçait :

“ATELIER DES CERFS-VOLANTS SOLAIRES : LIVRAISONS À DROITE, SOURIRE À GAUCHE.”

Pio gloussa. “Je vais prendre à gauche d'abord, alors.”

Il sourit très fort, puis se dirigea vers la petite rampe de livraison. Roussel déposa le paquet avec soin.

Une porte s'ouvrit, et un grand humain aux cheveux bouclés apparut, avec des lunettes rondes. Il avait de la colle sur le bout du nez.

“Ah ! Pio !” dit-il. “Et… un renard livreur ? Voilà qui est nouveau.”

Pio se gratta la tête. “J'ai eu un peu de brume, alors Roussel et Mirna m'ont aidé.”

L'humain posa une main sur son cœur. “Merci à vous. Dans cette ville, on avance mieux à plusieurs.”

Roussel sentit une fierté douce, comme quand on trouve un endroit chaud pour dormir.

Le grand humain ajouta : “Ce paquet contient une toile très spéciale. Elle capte la lumière, même quand le ciel est blanc de brume. Grâce à elle, nos cerfs-volants pourront éclairer les jardins ce soir.”

“Éclairer les jardins ?” répéta Roussel, étonné.

“Oui,” répondit l'humain. “On les fait voler au-dessus des serres. Ils renvoient une lumière douce sur les plantes. Elles aiment ça.”

Mirna hocha la tête. “La technologie qui aide la nature… et la nature qui rend la ville belle. C'est Clairjardin.”

Roussel regarda la brume. Elle s'était épaissie un peu, mais restait gentille. On entendait les gouttes minuscules se poser sur les feuilles.

Pio demanda : “Je peux voir un cerf-volant solaire ?”

“Bien sûr !” dit l'humain. “Mais d'abord… j'ai un petit souci.”

Roussel dressa les oreilles. “Un souci ?”

“Rien de grave,” répondit l'humain en souriant vite, comme pour rassurer. “Juste un détail. Un cerf-volant est prêt, mais il manque une petite pièce : un anneau aimanté. Sans ça, il ne s'attache pas bien au fil. Et avec la brume, je préfère que tout soit parfait.”

Mirna demanda : “Tu en as d'autres ?”

“Oui, mais ils sont à l'autre bout, au quai des navettes,” dit l'humain. “Et aujourd'hui, le quai est… silencieux. La navette de pièces n'est pas encore arrivée. Peut-être un retard.”

Pio fit une moue. “Oh non… et si les jardins ne sont pas éclairés ?”

Roussel sentit l'étonnement revenir, comme une petite étincelle. Un quai silencieux, une navette en retard… et des panneaux qui demandent d'aider les voisins. Tout se reliait.

“On peut aller voir,” dit Roussel. “Moi, je peux courir. Et vous, vous pouvez me dire où aller.”

Mirna cligna des yeux. “Voilà une bonne idée. Et je peux venir. J'aime les quais. Ça sent l'eau et les départs.”

Pio sauta sur place. “Moi aussi ! Je veux aider.”

L'humain rit doucement. “Vous êtes une sacrée équipe. D'accord. Suivez les panneaux : ils vous mèneront au quai le plus proche, le Quai des Aulnes. Si vous trouvez l'anneau aimanté au bureau des pièces, ramenez-le. Et surtout, prenez votre temps. Rien de dangereux.”

Roussel hocha la tête. “Promis. On y va.”

Ils repartirent, les pattes sur les dalles tièdes, la brume autour d'eux comme une écharpe. Les panneaux, sur leur chemin, semblaient attendre leur passage.

Chapitre 4 : Le quai silencieux

Le panneau suivant afficha un dessin de goutte qui faisait un clin d'œil, puis une flèche vers une avenue bordée d'aulnes. En dessous, il écrivit :

“BRUME AMICALE : MARCHEZ ENSEMBLE. LES VOIX SE RETROUVENT.”

“On dirait qu'il nous encourage,” dit Pio.

“Il a raison,” répondit Roussel. “Reste près de nous.”

Ils avancèrent au pas de Mirna, parce que Mirna avait expliqué : “La solidarité, c'est aussi aller à la même vitesse.”

Roussel trouva ça intelligent. Il ralentit, et sa queue balaya doucement l'air. Pio marcha à côté, ses petites pattes rapides qui faisaient un bruit de pluie sur le sol.

Le quartier des navettes apparut bientôt. Sous le dôme, la lumière était plus pâle, comme dans une serre au matin. Des rails se croisaient, des bornes de recharge dormaient avec un petit ronronnement. Et, au bout d'une passerelle, le quai.

Le Quai des Aulnes.

Roussel s'arrêta net. Quelque chose était différent.

“On n'entend rien,” chuchota Pio.

C'était vrai. Habituellement, la ville faisait un fond de musique : un tram qui passe, une fontaine qui glougloute, des pas, des voix. Là, sur le quai, tout semblait posé, comme si quelqu'un avait appuyé sur un bouton “silence”.

Mirna inspira. “C'est… calme.”

Roussel sentit une petite pointe de doute, mais elle ne dura qu'une seconde. Ce silence n'était pas effrayant. Il était comme une pause, un moment pour écouter vraiment.

Sur un mur, un panneau clignota très doucement, comme pour ne pas déranger. Il afficha une phrase simple :

“QUAI EN MODE REPOS : MERCI DE PARLER DOUCEMENT.”

Pio souffla. “Ah ! Donc c'est normal.”

Roussel sourit. “C'est un silence gentil.”

Ils marchèrent sur le quai. Les dalles étaient plus sombres, et des plantes poussaient entre les lignes : de petites fougères brillantes qui aimaient l'humidité. Au bord, l'eau d'un canal passait lentement, et on voyait des reflets d'arbres, renversés comme dans un miroir.

Une petite cabine vitrée se trouvait au milieu. Sur la porte, il y avait écrit : “BUREAU DES PIÈCES.”

Roussel s'approcha et frappa doucement avec une patte.

Un robot s'alluma à l'intérieur. Il avait une forme de boîte sur roues, avec de grands yeux ronds dessinés sur un écran. Il parla à voix basse, comme au théâtre :

“Bonjour. Mode repos activé. Que puis-je faire pour vous ?”

Roussel répondit en chuchotant aussi, par respect : “Bonjour. On cherche un anneau aimanté pour un cerf-volant solaire. L'atelier en a besoin.”

Le robot cligna. “Demande comprise. Vérification…”

Ses yeux devinrent deux petites loupes, puis redevinrent ronds.

“Anneau aimanté disponible,” dit-il. “Mais… livraison retardée. La navette de pièces n'a pas pu entrer. Brume trop dense à l'entrée du dôme nord. Les capteurs ont préféré attendre.”

Pio demanda : “Donc on ne l'aura pas ?”

“Si,” répondit le robot. “Solution simple : il y a un stock de secours dans la cabine. Je peux vous le donner. Mais il faut un code de solidarité.”

Roussel pencha la tête. “Un code de solidarité ?”

Le robot répondit : “Dans Clairjardin, les pièces de secours sont partagées. Le code confirme que vous les prenez pour aider quelqu'un, pas pour collectionner.”

Mirna sourit. “C'est bien pensé.”

Roussel demanda : “Et… on l'a, ce code ?”

Le robot afficha un petit symbole : trois mains qui se tiennent. Puis il dit : “Le code se trouve sur les panneaux météo, aujourd'hui. Ils le donnent quand plusieurs habitants se déplacent ensemble.”

Pio ouvrit de grands yeux. “Oh ! Comme nous !”

Roussel tourna la tête. Sur le quai, un panneau discret s'alluma, comme une luciole. Il montra un nuage qui se transformait en cœur, puis il écrivit :

“CODE DU JOUR : ENSEMBLE.”

Roussel répéta doucement : “Ensemble.”

Le robot répondit : “Code validé. Merci.”

Un tiroir s'ouvrit avec un petit “ploc” silencieux. À l'intérieur, un anneau rond, en métal clair, brillait faiblement. Roussel le prit délicatement entre ses dents, puis le posa dans la paume de sa patte.

Pio souffla, soulagé. “On l'a !”

Mirna regarda le quai, toujours calme. “Et on n'a dérangé personne.”

Roussel observa l'eau. Le silence du quai lui donnait l'impression d'entendre des choses minuscules : le glissement de la brume, le frisson d'une feuille, son propre souffle.

“Tu sais,” dit-il à Pio, “je crois que ce silence, c'est aussi une façon d'aider. Ça repose la ville.”

Pio hocha la tête très sérieusement, puis chuchota : “Alors on va rentrer doucement, comme des chatons.”

Ils repartirent, l'anneau bien gardé. Les panneaux les guidèrent avec des flèches claires, et la brume, peu à peu, se fit plus fine. Comme si elle avait accompli sa petite mission : ralentir les pas, rapprocher les gens, et donner une occasion d'être solidaires.

Quand ils revinrent à l'atelier, l'humain aux lunettes les accueillit avec un sourire énorme.

“Vous l'avez !”

Roussel posa l'anneau sur la table. “On l'a eu grâce au code du jour.”

“Et c'était quoi ?” demanda l'humain.

Roussel, Mirna et Pio répondirent ensemble, en riant :

“Ensemble !”

L'humain fixa l'anneau aimanté sur le cerf-volant solaire. Puis il ouvrit la porte de l'atelier. Dehors, la brume s'éclaircissait, et le dôme redevenait cristallin.

Le cerf-volant s'éleva, léger, et sa toile capta la lumière comme une cuillère attrape une goutte de miel. Une lueur douce glissa vers les serres, et les feuilles brillèrent.

Roussel sentit son étonnement se transformer en joie calme.

Mirna murmura : “Tu vois, petit renard… la ville change avec la météo, mais le plus important, c'est que les habitants changent aussi. Ils se rapprochent.”

Roussel regarda un panneau qui affichait maintenant un soleil qui souriait, tout simplement. Il pensa au quai silencieux, au robot qui parlait bas, au code “Ensemble”.

“Demain,” dit-il, “je suivrai encore les panneaux. Pas seulement pour savoir s'il y a de la brume… mais pour trouver où je peux aider.”

Pio leva une patte. “Moi aussi !”

Mirna cligna des yeux, heureuse. “Et moi, je viendrai… à mon rythme.”

Dans la cité aux dômes clairs, la lumière du soir s'alluma doucement. Et quelque part, au Quai des Aulnes, le silence restait posé comme une couverture, tranquille et rassurant.

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Cité
Une grande ville où vivent beaucoup de personnes et d'animaux.
Dômes
Grandes coupoles de verre qui protègent et gardent un climat doux.
Terrasses
Places plates construites en étage où poussent des plantes et des arbres.
Pergola
Construction en bois ou métal avec des plantes qui forment un toit léger.
Arrosoir
Récipient utilisé pour verser de l'eau sur les plantes.
Carapace
Coquille dure qui protège le dos d'une tortue ou d'un animal.
Mosaïques
Images faites avec de petits morceaux de pierre ou de verre colorés.
Navette
Petit véhicule qui transporte des personnes ou des objets d'un point à un autre.
Quai
Endroit plat au bord de l'eau où les bateaux ou navettes s'arrêtent.
Brume
Nuage très léger près du sol qui rend l'air un peu flou.
Serres
Grands abris en verre où l'on fait pousser des plantes à l'abri.
Capteurs
Appareils qui sentent des choses comme la lumière, la pluie ou la brume.
Solidarité
Fait de s'entraider et de penser aux autres quand ils ont besoin.
Anneau aimanté
Petit cercle en métal qui utilise un aimant pour bien tenir les choses.

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