Chapitre 1 : Les jumeaux sur le banc
Ce matin-là, dans le parc, Malo s'assoit sur son banc préféré. Malo a cinq ans, des boucles brunes et un sourire qui chatouille les nuages. Juste à côté, son jumeau Léo, aussi brun que lui mais un peu plus espiègle, gigote déjà, prêt à démarrer une nouvelle aventure. Les deux frères ont le même rire, celui qui fait trembler les feuilles des arbres.
– Tu rêves encore, Malo ? demande Léo en tapotant la tête de son frère du bout du doigt.
Malo ne répond pas tout de suite. Il regarde les oiseaux, les fourmis, le ciel. Il imagine des histoires de dragons qui dorment dans les buissons et de princesses cachées dans les arbres. Léo, lui, veut jouer à chat. Ou à cache-cache. Ou même à saute-mouton, tant qu'on court et qu'on rit.
– On fait la course jusqu'au banc ? propose Léo, déjà debout.
– On est déjà sur le banc, rigole Malo.
Ils éclatent de rire. Léo grimpe sur le dossier du banc, prêt à bondir. Malo, lui, préfère rester tranquille, les pieds qui balancent dans le vide. Il regarde son frère, amusé, un peu rêveur.
– Tu crois qu'on peut toucher le ciel si on saute très haut ? demande Malo.
– Non, mais on peut toucher la tête de Maman si elle passe, répond Léo en riant.
Les deux frères se chamaillent gentiment. Léo pousse un peu Malo, juste pour voir s'il va râler. Malo tire la langue, Léo tire la langue en retour. Ils se chatouillent, roulent en boule sur le banc, et finissent par s'écrouler l'un sur l'autre, tout essoufflés.
– Tu sens quelque chose qui colle ? demande soudain Malo.
– Beurk, c'est sûrement du vieux chewing-gum, s'écrie Léo en grimaçant.
Malo se penche, curieux. Il regarde sous la table du banc, là où personne n'ose jamais mettre la main. Mais aujourd'hui, Malo n'a pas peur.
Chapitre 2 : L'indice collé
Sous la table du banc, Malo aperçoit un petit papier jaune, coincé et collé par quelque chose de tout gluant. Il hésite, fait une grimace, puis tend le doigt. Léo le regarde, bouche grande ouverte.
– Beurk, c'est dégoûtant ! Tu vas avoir les doigts tout collants, Malo !
Mais Malo ne recule pas. Il décolle doucement le papier, en faisant bien attention de ne pas se salir trop les mains. Quand il arrive à l'arracher, il lit à voix haute :
– “Si tu veux trouver le trésor, cherche l'arbre qui a trois bras…”
Léo saute du banc, tout excité.
– Un trésor ! Un vrai trésor ! Vite, on y va !
Malo, lui, prend le temps de réfléchir. Il regarde autour de lui. Dans le parc, il y a beaucoup d'arbres, mais un seul a trois grosses branches qui partent du même endroit. Il le montre à Léo.
– Là-bas, regarde ! C'est l'arbre aux trois bras !
Les deux frères courent, trébuchent, rient et se poussent. Léo veut arriver le premier, Malo fait exprès de ralentir, puis accélère d'un coup, juste pour embêter son frère. Arrivés à l'arbre, ils tournent autour, cherchent, soulèvent les feuilles, grattent la terre avec leurs chaussures.
– Je ne vois rien, grogne Léo.
– Cherche bien, dit Malo, concentré.
Léo commence à s'impatienter. Il tape du pied, grimace, souffle fort. Malo, lui, prend son temps. Il regarde, il observe, il touche le tronc. Soudain, il sent quelque chose sous sa main : un autre papier, cette fois-ci plié en deux.
Chapitre 3 : Les chamailleries rigolotes
– Laisse-moi voir ! s'écrie Léo en essayant d'attraper le papier.
– Attends, c'est moi qui l'ai trouvé ! proteste Malo en tenant le papier hors de portée.
Léo saute pour l'attraper, mais Malo le soulève plus haut. Léo tire la manche de Malo, qui rit. Les deux frères tournent en rond, se chamaillent, se chatouillent, jusqu'à ce que le papier tombe par terre.
– Zut ! s'exclame Léo.
– Tant pis, on va le lire ensemble, propose Malo.
Ils ouvrent le papier ensemble. Dedans, il y a un dessin : un banc, et dessous, une grosse flèche qui pointe vers le bas.
– C'est le banc où on était ! s'exclame Léo.
– Oui, mais tu crois qu'il y a un trésor sous le banc ? demande Malo, les yeux grands ouverts.
Léo n'en peut plus d'attendre. Il court déjà vers le banc, Malo sur ses talons. Ils se précipitent dessous, se cognent la tête en même temps – “Aïe !” – puis rigolent en se frottant le front.
Sous le banc, il n'y a rien d'autre que des cailloux, des feuilles et… un tout petit sac en tissu rouge.
– C'est le trésor ! crie Léo.
– Chut, il ne faut pas réveiller les fourmis, chuchote Malo en riant.
Ils ouvrent le sac, tout excités. À l'intérieur, il y a… une poignée de billes colorées, un vieux bouton doré, et un petit mot : “Bravo, vous êtes patients !”
Léo regarde Malo.
– C'est tout ? Des billes et un bouton ?
– Oui, mais c'est rigolo, non ? On a trouvé un trésor secret, dit Malo.
Léo fait la moue, puis éclate de rire.
– On va cacher le trésor pour d'autres enfants ?
– Oui ! répond Malo, les yeux pétillants.
Ils referment le sac, le cachent sous une grosse pierre et se tapent dans la main.
Chapitre 4 : Un signe au loin
Fatigués mais contents, les jumeaux s'allongent sur le banc. Ils regardent les nuages, qui ressemblent à des moutons géants. Malo rêve encore, la tête posée sur les genoux de Léo. Léo, lui, fait semblant de dormir, mais il surveille Malo du coin de l'œil.
Soudain, au loin, un grand signe les fait sursauter : c'est leur maman qui leur fait coucou de l'autre bout du parc, en agitant les bras comme un moulin à vent.
– C'est maman ! crie Léo.
– Elle a l'air pressée, remarque Malo.
Les deux frères se lèvent d'un bond, ramassent leurs affaires et filent vers elle en riant. Sur le chemin, ils se bousculent, se chatouillent encore, mais cette fois-ci, ils ne se disputent pas. Ils savent que le plus important, c'est d'avoir partagé cette drôle d'aventure ensemble.
Arrivés près de maman, ils racontent tout : le banc, le papier collé, l'arbre aux trois bras, le trésor, les billes, le bouton. Maman les écoute en souriant, puis les serre tous les deux dans ses bras.
– Vous avez été patients, mes petits explorateurs, dit-elle.
Malo et Léo se regardent, fiers et heureux. Ils n'ont pas trouvé de pièces d'or, mais ils ont découvert quelque chose de bien plus précieux : le plaisir d'attendre, de chercher ensemble, et de rire, même quand on se dispute un peu.
En rentrant à la maison, ils marchent côte à côte, main dans la main, prêts pour une nouvelle aventure… ou une nouvelle rigolade, dès demain !