Chapitre 1 : Petit-déj à deux, ou presque
Ce matin-là, dans la clairière la plus joyeuse du quartier des Bois-Marrons, deux petits renards roux s'agitaient déjà, alors que le soleil n'avait même pas encore fini de bâiller. L'un, c'était Léo, le renard espiègle, toujours le museau en l'air dès qu'il sentait l'odeur d'une aventure. L'autre, c'était Lou, son jumeau, toujours prêt à rigoler mais un brin plus gourmand.
Léo bondit hors de leur terrier en s'écriant : « À l'attaque du petit-déj ! » Il fila vers la cuisine, c'est-à-dire la grosse souche creuse où ils rangeaient leurs trésors : noisettes, pommes séchées, et surtout, la confiture de mûres que leur maman leur laissait parfois.
Lou le suivit en traînant un peu les pattes, les yeux à moitié fermés. Léo, déjà en train d'empiler deux feuilles de châtaignier, lança : « Aujourd'hui, c'est moi le chef du petit-déj ! » Il aligna les noisettes, posa une pomme séchée sur chaque feuille, puis, avec un air très sérieux, fit couler la confiture de mûres en zigzag. « Tadaaa ! Petit-déj spécial chef Léo ! »
Lou s'approcha, renifla la confiture, et fit semblant de tomber dans les pommes, patte sur le front : « Oh non, tu as oublié le plus important… Le lait de noisette ! »
Léo écarquilla les yeux. « Zut alors ! » Il fonça vers la réserve, mais glissa sur un caillou et atterrit sur les fesses. Lou éclata de rire : « Boum ! Léo le chef, chef des glissades ! »
Léo se releva, fit une révérence et dit : « Merci, public ! » Les deux frères se mirent à rire tellement fort qu'ils réveillèrent même une coccinelle qui dormait sur la table.
Après ce début de matinée mouvementé, les jumeaux grignotèrent leur petit-déj, en se lançant des regards complices. Entre deux bouchées, Lou demanda : « On fait quoi après ? »
Léo se gratta la tête, les yeux pétillants. « Pourquoi pas une chasse au trésor dans le parc ? »
Lou sauta sur ses pattes : « Oui ! Mais c'est toi qui cherches le trésor… et moi qui le trouve ! »
Les deux renards se chamaillèrent gentiment en rangeant la vaisselle (c'est-à-dire, en empilant les feuilles dans la souche), puis sortirent en courant, prêts pour une nouvelle aventure.
Chapitre 2 : Le parc, royaume des bêtises
Le parc du quartier, c'était leur royaume secret. Derrière les grands buissons, tout était possible : être pirates, chevaliers, ou même maîtres du gâteau au miel invisible. Ce matin-là, les jumeaux décidèrent que le parc serait leur terrain de rigolade.
À peine arrivés, Léo cria : « Attention, Lou, à l'attaque des coussins de mousse ! » D'un bond, il sauta sur une grosse touffe de mousse bien moelleuse. Lou le suivit, mais au lieu de sauter, il roula-boula jusqu'à Léo, et tous deux dévalèrent la pente en riant : « Wouhouuu ! »
Une fois remis sur leurs pattes, ils s'amusèrent à inventer des jeux. Léo proposa : « On fait une course d'écorce ? » Vite, chacun choisit une écorce d'arbre, la posa sur le ruisseau et souffla fort pour la faire avancer. « Allez, mon bateau ! » cria Lou. Les deux bateaux avançaient, tanguaient, puis… splach ! Le bateau de Léo coula, pendant que celui de Lou filait droit vers la victoire.
Lou fit une petite danse de la victoire, en chantant : « Lou, roi des bateaux ! » Mais Léo, pas vexé du tout, répondit en rigolant : « Oui, mais moi, je suis le roi des ploufs ! »
Après avoir bien joué, ils s'allongèrent dans l'herbe, les yeux levés vers le ciel. Soudain, Léo aperçut un écureuil qui passait en courant, une noisette coincée entre les dents. Léo chuchota : « Tu crois que c'est lui, le voleur de noisettes mystère ? »
Lou fit semblant de sortir une loupe invisible. « Je mène l'enquête ! » Il suivit la trace de l'écureuil, mais trébucha sur une branche et tomba dans un fou rire. Léo le rejoignit, et bientôt, ils étaient tous les deux pliés en deux, secoués de rires.
Le parc résonna de leurs éclats de joie. Les chamailleries du matin étaient déjà oubliées. Les jumeaux étaient d'accord sur une chose : ensemble, même les plus petites aventures devenaient des histoires drôles à raconter.
Chapitre 3 : Un post-it secret
Alors qu'ils s'amusaient à chatouiller les fourmis, Lou remarqua quelque chose de bizarre. Sous une pierre plate, un bout de papier jaune dépassait. Il tira dessus, et découvrit… un post-it ! Sur le papier, il y avait écrit, en lettres maladroites : « Mission spéciale pour les renards : trouver le grand secret du parc. »
Lou montra le post-it à Léo, les yeux écarquillés. « Ooooh ! Une mission secrète ! Tu crois que c'est pour nous ? »
Léo lut le message et fit mine de réfléchir très fort, la patte sous le menton. « Évidemment ! Qui d'autre que les deux meilleurs renards du quartier ? »
Lou sautilla sur place, excité. « On part à la recherche du grand secret ! » Les deux compères inspectèrent chaque buisson, chaque arbre, chaque caillou. Ils trouvèrent un gland croqué, une plume de mésange, et même une chaussette oubliée (qui sentait un peu le fromage, beurk !).
Mais pas de secret en vue. Léo commença à faire des grimaces, le museau froncé : « Peut-être que le secret, c'est… que tu es le roi des fouines ? »
Lou fit semblant d'être vexé : « Oh non, je suis le roi des détectives, nuance ! » Et il s'élança vers une grosse souche d'arbre creuse.
À l'intérieur, ils découvrirent une drôle de boîte, recouverte de feuilles. Léo l'ouvrit avec précaution, s'attendant à trouver un trésor fabuleux, mais… la boîte était remplie de petits papiers pliés et colorés.
Lou lut à voix haute : « Blague numéro un : pourquoi les écureuils ne mangent-ils jamais de soupe ? Parce qu'ils préfèrent les noisettes ! »
Les deux renards éclatèrent de rire. Léo attrapa un autre papier : « Blague numéro deux : qu'est-ce qui court et qui tombe ? Un renard pressé ! »
Lou se roula par terre en tapant du pied. « Mais c'est génial ! C'est ça, le grand secret du parc : un coffre à blagues ! »
Chapitre 4 : Chamailleries et éclats de rire
La découverte du coffre à blagues changea la mission secrète en concours de rigolade. Les jumeaux piochaient chacun à leur tour un papier, lisaient la blague, puis essayaient de ne pas rire le plus longtemps possible. Évidemment, ils éclataient de rire à chaque fois.
« Pourquoi les renards ne mangent-ils jamais de citron ? Parce que ça les fait grimacer ! » annonça Lou, en se tordant la bouche comme s'il avait vraiment goûté un citron.
Léo lut à son tour : « Que dit une noisette à une amande ? Tu es craquante ! » Les deux frères se mirent à faire des grimaces si drôles que même un vieux blaireau, qui passait par là, s'arrêta pour regarder en souriant.
Mais bientôt, Lou voulut garder le coffre à blagues pour lui tout seul. « Je suis le chef des blagues ! » déclara-t-il. Léo protesta : « Oh non, c'est moi ! Tu as déjà été le roi du bateau, à mon tour ! »
Ils se chamaillèrent gentiment, chacun tirant sur la boîte, essayant de la récupérer. « Donne ! » « Non, c'est à moi ! » Mais la boîte leur glissa entre les pattes et tomba par terre, s'ouvrant en grand. Tous les papiers s'envolèrent, virevoltant dans le vent comme des papillons colorés.
Un silence. Puis, Lou et Léo se regardèrent, surpris, puis éclatèrent de rire ensemble. « On a semé des blagues partout ! » s'exclama Léo.
Les deux frères se mirent à courir après les papiers, mais à chaque fois qu'ils en attrapaient un, ils le lisaient à voix haute, et repartaient dans un fou rire.
Finalement, ils décidèrent de ramasser tous les papiers et de les remettre dans la boîte, mais cette fois, ils firent une promesse : « On partage toutes les blagues, pour toujours. »
Chapitre 5 : Le cahier de blagues
Sur le chemin du retour, Léo et Lou n'arrêtaient pas de rigoler. Ils avaient les joues toutes rouges d'avoir tant ri. Arrivés à la maison, ils eurent une idée brillante.
Léo proposa : « Et si on écrivait nos propres blagues ? Comme ça, on pourra les raconter à tous nos amis du parc ! »
Lou approuva tout de suite. Ils prirent un vieux carnet, des crayons de couleur, et s'installèrent côte à côte, la langue tirée de concentration.
« Pourquoi les hérissons ne jouent-ils jamais à cache-cache ? Parce qu'ils se piquent toujours ! » écrivit Léo, très fier de sa trouvaille.
Lou, pas en reste, ajouta : « Que fait une grenouille sur un banc ? Elle attend le bus-croâ ! »
À chaque nouvelle blague, ils se lançaient des regards complices, riaient, se disputaient pour savoir laquelle était la meilleure, puis finissaient par rigoler encore plus fort. Parfois, l'un essayait de chipper le crayon à l'autre, parfois ils se bousculaient gentiment pour écrire plus vite, mais à chaque fois, ils se réconciliaient en écrivant une blague à deux.
Leur carnet se remplit vite, de blagues, de dessins rigolos, et de petits souvenirs de leurs aventures. Quand ils eurent terminé, Lou déclara : « Ce sera notre cahier secret des blagues ! On pourra le lire quand on sera tristes, ou quand on voudra rigoler encore plus fort. »
Léo acquiesça, le cœur léger : « Et on le partagera avec tous les amis du quartier. »
Le soir venu, blottis l'un contre l'autre dans leur terrier, Léo chuchota : « Finalement, le meilleur trésor, c'est celui qu'on partage, non ? »
Lou sourit, ferma les yeux, et répondit doucement : « Surtout quand c'est un trésor de blagues… et de fous rires ! »
Et c'est ainsi que, dans la clairière des Bois-Marrons, les petits renards jumeaux vécurent encore beaucoup d'aventures, toujours plus drôles, toujours plus tendres… et toujours à deux.