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Histoire d'Astronaute 11 à 12 ans Lecture 17 min.

Lina, mission Terre : le retour des étoiles

Une astronaute prépare et partage son quotidien depuis la station spatiale, expliquant l'importance de la rigueur, de la communication claire et de l'entraide pour réaliser des rêves ambitieux.

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Une astronaute d’environ 30 ans, cheveux bruns courts, visage souriant et fier, tient une petite balle en mousse jaune et un carnet avec une photo de la Terre, flottant face à une caméra en combinaison spatiale blanche et orange, casque visière relevée, posture détendue et confiante; un homme (Marco), ~35 ans, cheveux bouclés châtain et barbe courte, flotte derrière et à droite en combinaison grise, sourit en regardant une tablette au poignet, expression attentive. À travers un grand hublot rond, la Terre apparaît immense, bleu vif avec nuages et lueur atmosphérique, la lumière bleue éclaire l’intérieur du module rempli de panneaux gris, câbles, outils accrochés, écrans rétro-futuristes et quelques plantes en sachets; objets et bulles d’eau flottent. Scène de conférence en direct : l’astronaute explique en gesticulant, la balle en mousse sert d’accessoire pédagogique, atmosphère chaleureuse et rassurante. Style graphique : encre colorée, traits nets, palette douce dominée par bleus, blancs et touches d’orange, textures légères et éclairage contrasté entre intérieur tamisé et lumière de la Terre. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1

« Je suis fière de moi. » Le murmure de Lina rebondit contre la visière de son casque, comme une petite bulle de savon qui refuse d'éclater. Elle ne le dit pas pour se vanter. Elle le dit pour se rappeler le chemin.

Autour d'elle, la station spatiale ronronne doucement. Ça cliquette, ça souffle, ça vibre. Rien n'est laissé au hasard : les câbles sont attachés, les outils rangés, les écrans surveillent l'air, l'eau, l'électricité. Dans l'espace, l'oubli est un ennemi.

Lina pousse délicatement sur une poignée et glisse dans le module comme un poisson dans une rivière invisible. Son carnet flotte devant elle, retenu par un élastique.

— Lina, tu m'entends ? demande une voix dans son oreillette.

— Cinq sur cinq, répond Lina. Salut, Marco.

— Dans trente minutes, répétition de la conférence grand public. N'oublie pas : phrases courtes, mots simples, et surtout… respirer.

Lina sourit. Même à des centaines de kilomètres au-dessus de la Terre, on peut oublier de respirer quand on est stressée.

— Reçu. Je prépare mon “kit de clarté”.

Elle attrape trois choses : une petite balle en mousse (pour rappeler de parler calmement), une photo de la Terre (pour se souvenir pourquoi elle fait tout ça), et une liste de mots à éviter devant les enfants : “apogée”, “inertiel”, “dépressurisation”. Elle remplacera par : “plus haut”, “sans frein”, “perte d'air”.

Lina adore son métier. Mais être astronaute, ce n'est pas seulement flotter en faisant des pirouettes. C'est surtout expliquer, vérifier, répéter, coopérer. Et ce soir, elle doit raconter tout ça à des gens qui l'attendent en direct.

Elle jette un coup d'œil au hublot. La Terre est un immense bleu, bordé d'un fin halo lumineux. Un dessin parfait, sauf que c'est vrai.

— Je suis fière de moi, répète-t-elle, plus fort cette fois.

Et, pour la première fois de la journée, son cœur se détend un peu.

Chapitre 2

La répétition commence dans le module de travail, où les écrans clignotent comme des lucioles carrées. Marco flotte face à Lina, une tablette attachée au poignet.

— On y va. Première question du public : “Que fait un astronaute toute la journée ?” Réponse ?

Lina prend une seconde, comme on vérifie un nœud avant de grimper.

— Je dirais… “On travaille beaucoup.” Ça, c'est vrai, mais c'est trop vague. Attends.

Elle regarde sa balle en mousse et la presse doucement.

“Un astronaute suit un planning précis. Il fait des expériences, entretient la station, fait du sport, et communique avec l'équipe au sol.”

Marco hoche la tête.

— Bien. Ajoute un exemple concret. Les gens adorent les exemples.

— Exemple : aujourd'hui, j'ai vérifié un filtre à air. Parce qu'ici, l'air doit être fabriqué et gardé propre. Et j'ai aussi arrosé des plantes en microgravité.

— Parfait. Deuxième question : “Pourquoi faire du sport ? Vous flottez, non ?”

Lina rit.

— Justement ! Comme on ne porte pas son corps, les muscles et les os se fragilisent. Alors on fait du sport pour rester en forme et revenir sur Terre sans tomber comme une girafe sur des patins.

Marco pouffe.

— Image validée. Mais rappelle la sécurité.

— Oui. “On s'attache au tapis roulant avec des sangles, pour ne pas s'envoler à chaque pas.”

Marco fait défiler.

— Troisième question : “C'est dangereux ?”

Lina sent une petite pointe dans le ventre. Elle choisit ses mots comme des pierres plates pour traverser une rivière.

“Il y a des risques, mais on les réduit au maximum.” On s'entraîne pendant des années : sorties en piscine géante, simulations d'incendie, de fuite d'air, de panne d'électricité. Et on vérifie tout deux fois. Parfois trois.

— Excellent. Et le plus important ?

— On ne travaille jamais seule sur une tâche critique. On communique, on se relit, on se confirme. On dit : “J'ai compris, je répète.” Comme ça, pas de malentendu.

Marco se redresse un peu.

— Ça, c'est une vraie leçon. Continue.

Lina s'imagine des enfants sur un canapé, des parents derrière, des grands-parents curieux. Elle veut que chacun comprenne sans se sentir bête. Elle veut donner des étoiles, pas des mots compliqués.

— Tu sais, dit-elle, expliquer clairement, c'est aussi une manière de protéger la Terre. Si les gens comprennent, ils respectent plus.

Marco sourit.

— Et si toi, tu expliques bien, tu montres que les rêves, ça se construit étape par étape.

Lina regarde encore la photo de la Terre. Une planète qui n'a pas de plan B.

— D'accord, dit-elle. On recommence depuis le début. Cette fois, je parlerai comme si je racontais une aventure… mais vraie.

Chapitre 3

L'heure de la conférence arrive, et même dans l'espace, on peut avoir la gorge sèche… sauf que là, une gorgée d'eau forme une sphère brillante qui flotte comme une bille. Lina aspire la bulle avec une paille, soigneusement, pour éviter les éclaboussures qui se transformeraient en mini-catapulte.

— Attention, on passe en direct dans dix… neuf… annonce une voix du centre de contrôle.

Lina s'installe devant la caméra. Derrière elle, un hublot laisse voir un morceau de nuit, piqué de lumières. Des villes. Des routes. Un collier d'or sur une peau sombre.

— Trois… deux… un… Vous êtes à l'antenne.

Lina inspire.

— Bonsoir à tous. Je m'appelle Lina, je suis astronaute, et je vous parle depuis une station spatiale qui tourne autour de la Terre à environ quatre cents kilomètres d'altitude. Ça veut dire… plus haut que les avions, mais pas aussi loin que la Lune.

Elle voit sur un écran les questions qui s'affichent.

“Comment vous dormez ?” demande une personne.

Lina rit doucement.

— Très bonne question. On dort dans des petits sacs de couchage accrochés au mur. Sinon, on se réveillerait la tête dans un coin et les pieds dans un autre. Et on met parfois un masque sur les yeux, parce que le Soleil se lève et se couche très vite ici.

Une autre question apparaît : “Vous mangez quoi ?”

— On mange des plats préparés, souvent déshydratés. On ajoute de l'eau, on réchauffe, et on mange avec des ustensiles qui ne s'envolent pas. Les miettes, c'est notre cauchemar : une miette peut aller se coincer dans un ventilateur. Alors on nettoie beaucoup. Et on dit toujours où on a posé quelque chose.

Lina se penche vers la caméra, complice.

— Dans l'espace, ranger, c'est gagner. Et parler clairement, c'est éviter les accidents.

“C'est quoi votre outil préféré ?” demande un enfant, d'après le prénom affiché : Samy.

Lina attrape une clé à cliquet attachée par une cordelette.

— Celui-ci. Pas parce qu'il est magique, mais parce qu'il me rappelle une règle : un outil doit être accroché, toujours. Sinon il flotte, disparaît, et on le retrouve… quand il décide. Et dans un endroit important, évidemment.

Le public envoie des rires. Lina continue.

“Est-ce que vous avez peur ?” demande une autre question.

Lina marque une pause. Sa voix reste calme, comme un feu de camp qui crépite.

— Oui, parfois. La peur, c'est un signal. Elle me dit : “Fais attention.” Alors je reviens aux procédures, à la checklist, à l'équipe. Je parle avec mes collègues. Je demande confirmation. Et je respire.

Elle lève son carnet.

— Vous voulez une phrase de l'espace, facile à retenir ? Quand on n'est pas sûr, on ne devine pas. On demande.

Puis vient la question qui la fait sourire : “Pourquoi vous faites tout ça ?”

Lina tourne légèrement pour montrer la Terre.

— Pour apprendre. Pour inventer. Pour comprendre comment notre corps réagit, comment faire pousser des plantes, comment réparer des machines loin de tout. Et surtout… pour regarder la Terre et se rappeler qu'elle est fragile et magnifique. D'ici, on ne voit pas de frontières. On voit une maison.

Elle termine avec un petit geste : elle lâche sa balle en mousse, qui flotte devant la caméra.

— Et pour ceux qui ont un rêve : commencez par une étape simple. Apprenez, demandez, entraînez-vous. Et parlez clairement. Les mots, c'est comme des cordes : ils peuvent aider à tirer tout le monde dans la même direction.

Quand la voix du contrôle annonce la fin du direct, Lina sent ses épaules se relâcher.

— Belle performance, dit Marco dans l'oreillette. Et très clair.

Lina ferme les yeux une seconde.

— Merci. Je suis fière de moi.

Chapitre 4

Le lendemain, la station se réveille avec son concert de bips. Dans le planning, un mot clignote : “Retour — préparation”.

Lina flotte jusqu'au panneau des checklists. Les listes, c'est la poésie de la sécurité : elles ne brillent pas, mais elles sauvent.

Marco arrive, cheveux en bataille, comme une touffe d'herbe qui aurait décidé de partir explorer.

— Prête pour la danse du retour ? demande-t-il.

— Prête. Et je promets de ne pas improviser un pas.

Ils se mettent au travail. Lina vérifie le sac de rentrée : combinaisons, eau, rations d'urgence, radio, balise. Chaque objet est compté. Chaque fermeture est testée.

— Point de contrôle numéro un : communication, dit Lina.

— Je répète : communication. On confirme chaque étape, répond Marco.

Ils s'amusent à parler comme des robots très polis, mais ils savent que cette rigueur n'a rien de drôle quand il faut l'utiliser pour de vrai.

Lina s'entraîne ensuite à s'attacher dans le siège. Elle tire sur les sangles, vérifie les boucles, les serrages.

— Ici, dit-elle, le corps flotte. Mais pendant la rentrée, on subit des forces qui poussent très fort. On a l'impression qu'un géant s'assoit sur la poitrine.

— Et la chaleur, ajoute Marco. La capsule chauffe parce qu'elle traverse l'air à une vitesse énorme.

Lina acquiesce.

— C'est pour ça que le bouclier thermique existe. Il protège, et il brûle un peu à notre place.

Ils passent encore en revue les gestes : quoi faire si un voyant s'allume, comment parler au contrôle, comment rester calme. Lina répète à voix haute, et Marco confirme.

“Si je vois une alarme rouge, je…” commence Lina.

— …tu annonces clairement ce que tu vois, tu lis le message, tu dis ce que tu vas faire, et tu attends la validation si c'est une action critique, termine Marco.

Lina sourit.

— Merci. J'aime quand on parle la même langue.

Plus tard, Lina fait sa dernière séance de sport. Elle court, attachée, en regardant par un écran la courbe bleue de la Terre. Elle pense aux gens qui l'ont écoutée hier soir. Elle espère qu'ils ont compris : astronaute, ce n'est pas un costume, c'est une responsabilité.

Avant de ranger, elle colle la photo de la Terre sur son carnet, comme un marque-page.

— Prête à rentrer à la maison ? demande Marco.

Lina regarde le hublot une dernière fois, longuement.

— Oui. J'ai envie de sentir des choses qui ne flottent pas.

Chapitre 5

La capsule tremble au moment du départ, comme une boîte de conserve qu'on secoue pour vérifier si elle est vide. Sauf qu'ici, elle est pleine de vies, de matériel, et de silence concentré.

— Séparation confirmée, annonce la radio.

Lina sent une première pression sur son corps. Ce n'est plus la légèreté. C'est la gravité qui revient, pas à pas, comme un vieux pull qu'on remet et qui gratte un peu.

— Respiration régulière, murmure-t-elle. Check.

Le bruit augmente. La capsule vibre. Lina pense à une comète qui choisirait de devenir une pierre, puis une pluie, puis une promesse d'arrivée.

Dans son casque, le centre de contrôle parle avec une précision rassurante.

— Lina, état ?

— Stable. Je ressens une forte pression. Mais tout est normal.

— Reçu. Continue de lire les paramètres à voix haute.

Lina lit les chiffres, lentement, distinctement. Elle a l'impression d'être une narratrice de son propre courage. Chaque mot prononcé est un point d'ancrage.

Puis, soudain, le tremblement change. Comme si quelqu'un baissait le volume. Un “clac” sec, et la capsule semble respirer.

Parachutes déployés, annonce la radio.

Lina sent une secousse, puis un balancement. Elle ferme les yeux une seconde, pas pour fuir, mais pour écouter : le froissement des parachutes, la stabilité retrouvée, la voix calme au sol.

— On arrive, dit Marco dans son canal. Tu as été impeccable, Lina.

— Merci. Toi aussi.

Elle n'ose pas encore se dire qu'elle est sauvée, parce qu'elle sait que la prudence ne s'endort pas avant la fin. Mais elle sent quelque chose de nouveau : l'odeur, très légère, de l'air de la Terre qui s'invite déjà, comme un parfum oublié.

L'impact est plus doux qu'elle ne l'imaginait, un gros “pouf” qui secoue tout de même les os.

Silence.

Puis des bruits extérieurs : des pas, des voix étouffées, des attaches qu'on manipule.

— Équipe de récupération, annonce la radio. On ouvre.

La trappe s'ouvre. La lumière du jour entre d'un coup, chaude et réelle. Lina cligne des yeux.

Et là, sans prévenir, une goutte tombe sur sa joue.

Une goutte de pluie.

Chapitre 6

Lina sort, aidée par des mains gantées. Ses jambes tremblent, comme si elles réapprenaient le métier de la marche. Elle rit, un rire court, étonné.

— Bienvenue sur Terre, dit une technicienne.

Lina inspire et s'arrête, juste pour ça. Pour respirer vraiment. L'air sent l'herbe mouillée, la terre, un peu la poussière. Ça sent les souvenirs.

Le vent passe, frais, et soulève une mèche de ses cheveux plaqués. Il ne flotte pas. Il danse.

— Ça va ? demande la technicienne.

— Oui… Je crois que je vais pleurer pour une raison très bête.

— Les meilleures raisons ne sont pas bêtes.

Lina lève le visage. La pluie, fine, tapote sa peau. Chaque goutte est un minuscule message : “Tu es revenue.”

Elle pense à la station, au ronronnement des machines, aux checklists, aux mots choisis pour être compris. Elle pense aux enfants qui l'ont écoutée et qui, peut-être, répètent ce soir : “Quand on n'est pas sûr, on demande.”

Elle ferme les yeux. Le vent apporte une odeur de pin, et, plus loin, quelque chose qui ressemble à du chocolat… ou à la promesse d'un goûter.

Marco apparaît, soutenu lui aussi.

— Alors, Madame la conférencière ? demande-t-il.

Lina essuie ses joues, sans savoir si c'est la pluie ou l'émotion.

— Je suis fière de moi, dit-elle.

Puis elle ajoute, en regardant le ciel bas et vivant :

— Et je suis fière de nous. Parce qu'on a fait ça ensemble, en parlant clairement, en écoutant, en vérifiant. L'espace, c'est grand… mais la Terre, c'est précieux.

Le vent siffle doucement, comme une berceuse. La pluie continue, légère, régulière. Lina respire encore, et chaque souffle lui semble un cadeau.

Elle se dit qu'elle racontera tout, encore. Pas pour impressionner. Pour transmettre. Pour que les rêves aient des rails solides, faits de mots simples, de respect, et d'attention.

Et quand elle ouvre les yeux, la Terre sent bon.

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Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Visière
Partie transparente d'un casque qui protège les yeux et le visage.
Station spatiale
Grand bâtiment en orbite où vivent et travaillent des astronautes.
Microgravité
État de presque absence de poids, on flotte légèrement.
Hublot
Petite fenêtre ronde dans un vaisseau ou une capsule.
Apogée
Point le plus éloigné d'une orbite autour de la Terre.
Inertiel
Qui concerne la résistance d'un objet au mouvement ou au changement.
Dépressurisation
Perte d'air dans un lieu clos, ce qui peut être dangereux.
Checklist
Liste d'actions à vérifier pour ne rien oublier.
Bouclier thermique
Protection qui absorbe la chaleur quand on rentre dans l'atmosphère.
Parachutes déployés
Moment où les parachutes s'ouvrent pour ralentir une descente.
Balise
Appareil qui envoie un signal pour être retrouvé ou localisé.
Capsule
Petit véhicule qui transporte des personnes depuis l'espace jusqu'à la Terre.

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