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Fantasy humoristique 5 à 6 ans Lecture 11 min. (2)

Mathis et l'arc qui tousse

Mathis découvre un arc de brume tout raide et, aidé de petites magies, d'une amie appelée la bonne humeur et de créatures lumineuses, entreprend de le détendre en usant d'humour et de gentillesse.

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Mathis, garçon de 6 ans joyeux et fier, cheveux châtain clair en bataille, tâches de rousseur et yeux rieurs, porte une serviette à rayures rouges en cape et une poche pleine de cailloux; il danse sur un pied en faisant une grimace drôle, bras tendus, regardant un large arc de brume bleu-rosé tendu entre deux vieux chênes; un feu follet minuscule et chaleureux clignote orange et or sur son épaule droite en laissant tomber de petites étincelles, et un chat gris aux yeux verts malicieux, assis sur une souche à gauche, observe la scène, queue enroulée; au premier plan, une rangée de fourmis minuscules (une "reine" avec une petite couronne) fait des pompes sur l'arc; le pré herbeux est parsemé de fleurs sauvages et de lucioles formant une guirlande lumineuse, le ciel crépusculaire lavande avec touches de rose et d'indigo, lumière douce venant du feu follet; composition centrée sur Mathis et l'arc, style gouache avec traits visibles, couleurs opaques et textures de pinceau, ambiance humoristique et féerique, expression exagérée et lisible pour les enfants. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — Le garçon et l'arc qui tousse

Mathis avait six ans et une poche pleine de cailloux ronds. Il avait aussi une tête pleine d'idées folles. Ce matin-là, en rentrant de l'école, il trouva dans le pré une chose très étrange : un arc de brume, tout pâle et tout raide, planté entre deux vieux chênes comme un archet oublié.

L'arc de brume était comme un sourire mouillé dans le ciel. Mais aujourd'hui il frissonnait, se tendait, et, si on écoutait bien, il faisait un petit bruit comme un chat qui tousse. Les moutons l'évitaient. Les fleurs basses se pliaient en deux. Même le vent semblait gêné.

Mathis s'approcha sans peur. Il aimait les choses bizarres. Il aimait les réparer aussi. « Bonjour, arc de brume, ça va ? » demanda-t-il en s'inclinant comme un chevalier devant une girafe. L'arc fit une petite volatilée de gouttes, comme pour dire oui, mais trop raide pour rire.

« Il faut le détendre, » dit Mathis au chat qui passait par là. Le chat cligna des yeux. « Détendre un arc de brume, ce n'est pas dans mon manuel, » répondit-il dans sa langue secrète que Mathis comprenait très bien quand il voulait.

Mathis prit son caillou préféré. Il le lança en l'air, puis l'attrapa. Il fit la grimace. Il improvisa des exercices de gymnastique pour l'arc, parce qu'il avait vu son père étirer ses muscles le matin. L'arc de brume fit un soupir élastique. « Presque, » pensa Mathis.

Chapitre 2 — Les petites magies et les grands quiproquos

Mathis se dit qu'il fallait plus sérieux. Il alla chercher sa boîte à sortilèges. Dans cette boîte il y avait surtout des gommettes, une plume rose et un chiffon qui sentait la pomme. Il n'y avait pas de sortilège tout prêt, seulement des petites magies du quotidien : de l'auto-dérision, des compliments ridicules et une recette de soupe pour consoler les nuages.

Il commença par l'auto-dérision. Il fit une danse qui ressemblait à un pingouin qui a perdu son chapeau. Il se regarda dans une flaque. « Regardez le grand héros ! » s'exclama-t-il, et il se prit les pieds dans sa cape (une serviette à rayures). Les nuages en firent un rire qui ressemblait à un tic-tac de pluie.

Un roi des fourmis passa en saluant solennellement. « Hmph, quelle idée ! » fit-il. Les fourmis étaient très pratiques pour vérifier si un pont de brume tenait bien. Elles montèrent sur l'arc, y firent des pompes minuscules, et en redescendirent en disant que tout allait mieux… sauf un petit malentendu. La pluie crut que c'était l'heure de la douche. Elle fit quelques gouttes. Ce n'était pas la bonne quantité. Mathis sourit : « Voilà, maintenant on sait qu'il aime les petites blagues de pluie. »

Mathis essaya ensuite la recette de soupe pour consoler les nuages. Il mélangea une cuillère de soleil, deux cuillères de biscotte et un zeste de chanson. Il souffla la soupe vers l'arc. L'arc se tortilla un peu. Puis, catastrophe comique, la soupe se mit à chanter faux. Les oiseaux s'arrêtèrent, perplexes. « Ce n'est pas la bonne note, » grogna une mésange. Mathis rit de lui-même si fort qu'il en fit une erreur volontaire : il se maria avec sa chaussette. La chaussette protesta gentiment. L'arc fit un petit rire humide. Il s'assouplissait.

Mais voilà qu'un petit quiproquo arriva. Une farandole de lucioles, voyant la soupe chanter, crut que c'était une fête et alluma des feux follets miniatures partout. Les feux follets dansèrent, firent des pirouettes et prirent des poses très ridicules. L'arc de brume, surpris, se tendit encore plus. Maintenant il cliquetait comme une porte qui grince.

Mathis se gratta la tête. Il aimait les feux follets, mais pas quand ils provoquaient un arc raide comme une branche gelée. Il décida d'appeler à l'aide une amie très sage : la bonne humeur.

« Bonne humeur ! » cria-t-il, en faisant une révérence aux fleurs. Les fleurs répondirent par un bouquet d'applaudissements. La bonne humeur arriva en sautillant, vêtue d'un manteau de confettis et d'un sourire plus grand que la lune.

« Bonjour ! » fit la bonne humeur. « Oh, ce n'est rien, » continua-t-elle en clignant de l'œil. « Un arc qui se prend trop au sérieux ! Il faut le chatouiller avec des pardons. »

Mathis cligna des yeux. « Des pardons ? »

« Oui ! Tu lui dis : 'Pardon d'avoir été pressé.' Tu ajoutes : 'Pardon si j'ai marché sur tes gouttes.' Et puis tu racontes une blague nulle ! Les arcs de brume adorent les blagues nulles. »

Mathis prit une profonde inspiration. Il s'adressa à l'arc, tout sérieux. « Pardon d'avoir fait le pingouin. Pardon d'avoir marié ma chaussette à mon pied droit. Pourquoi la vache cherche-t-elle une étoile ? Parce qu'elle veut du lait étoilé ! » L'arc fit un petit craquement. Ce n'était pas l'éclat de rire, mais c'était un début.

Chapitre 3 — L'étirement final et le feu follet

Le soir venait, et le ciel semblait un grand drap qui se pliait pour la nuit. Mathis recommença ses exercices, mais plus doux. Il montra à l'arc comment respirer lentement. Il compta jusqu'à trois : une inspiration de pommes, une expiration de chanson. L'arc répondit par un souffle qui sentait la lavande et les tartines grillées.

Les feux follets, qui avaient monté la garde en dansant, commencèrent à s'aligner en formant une petite route lumineuse. Ils imitaient des lampions de poche. Mathis prit la main d'une luciole et lui dit merci. « Tu vois, » chuchota la luciole, « la gentillesse fait plus de bien qu'une potion compliquée. »

Il restait une dernière étape. L'arc avait besoin de se détendre comme un arc qui veut redevenir un sourire. Mathis sortit sa dernière carte secrète : il se moqua de lui-même. Il fit une tête si drôle que même la lune fit une grimace. « Regarde-moi ! Je suis Mathis, le roi des chaussettes perdues ! » cria-t-il en dansant sur un pied. Les feux follets éclatèrent de rires lumineux. L'arc, pour la première fois depuis longtemps, se laissa aller. Il s'étira en une grande boucle douce et devint souple comme une écharpe au vent.

Tout le monde applaudit : les fourmis, les oiseaux, la bonne humeur, et même la chaussette qui avait retrouvé son pied. Puis, comme pour dire merci, une petite lueur apparut au bord de la route de feux follets. C'était un petit feu follet, pas plus grand qu'un ballon de baudruche, qui claquait des doigts en faisant des étincelles joyeuses.

« Bonjour, Mathis, » dit la lueur d'une voix de grelot. « Je suis venu parce que tu as détendu un arc qui refusait de sourire. »

Mathis sourit, un sourire qui faisait des petites vagues. Il avait réussi. « Bonjour, feu follet, » répondit-il modestement. Il se sentit fier, mais il se moqua un peu de lui encore : « J'ai failli danser avec ma soupe. C'était presque romantique. »

Le feu follet rit comme une petite clochette. Il choisit alors de rester près de Mathis. Il n'était pas grand, pas très lumineux, mais il avait un cœur crépitant. Il se posa sur l'épaule de Mathis et dit : « Je serai ton ami-invisible-lumineux. On fera des blagues, on calmera des arcs, on chatouillera des nuages. »

Mathis gloussa. « Promis ? »

« Promis, » répondit le feu follet en faisant un petit salut digne d'un chevalier. Puis il fit un tour en rond et laissa derrière lui une traînée d'étincelles qui sentaient la cannelle.

Chapitre 4 — Le retour et la leçon

Le village retrouva son calme drôle. L'arc de brume resta dans le pré, mais sans tension. Il ondulait lentement comme un chat qui s'étire au soleil. Les gens passaient, regardaient et disaient : « Tiens, cet arc a l'air d'avoir fait du yoga. » Mathis aimait bien cette comparaison.

Ce soir-là, dans son lit, Mathis serra le petit feu follet comme on serre un secret doux. Le feu follet s'installa dans la poche de sa chemise et fit une lumière toute tendre. « Tu as été très courageux, » murmura-t-il.

Mathis pensa à ses erreurs de la journée. Il avait trébuché, raconté des blagues pas terribles, marié sa chaussette. Il rit tout bas. Il comprit quelque chose d'important et très simple : se moquer gentiment de soi aide à faire rire les autres et à détendre les choses tendues. L'auto-dérision n'était pas méchante ; elle était comme une clé qui ouvre une boîte à rires.

Avant de s'endormir, il chuchota au feu follet : « On ira détendre d'autres arcs demain ? » Le feu follet fit un petit "ding" lumineux. « Demain, et après-demain, et quand tu voudras. »

Mathis ferma les yeux. Dans la nuit, l'arc de brume sourit doucement au-dessus du pré. Les étoiles firent un clin d'œil. Et quelque part, un petit feu follet gentil gardait la poche de Mathis, prêt à allumer une étincelle chaque fois que le monde aurait besoin d'un peu d'humour tendre.

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Arc de brume
Un arc fait de vapeur dans l'air, comme un sourire mouillé dans le ciel.
Frissonnait
Trembler un peu, comme quand on a froid ou qu'on est surpris.
Raide
Pas souple, dur à plier ou à bouger.
Soupir élastique
Un petit souffle qui rebondit, comme un caoutchouc qui revient.
Auto-dérision
Se moquer gentiment de soi pour faire rire, sans être méchant.
Quiproquo
Un malentendu où l'on comprend mal ce qui se passe.
Lucioles
Insectes qui brillent la nuit comme de petites lampes.
Feux follets
Petites lumières qui dansent la nuit, comme des lanternes magiques.
Solennellement
Avec sérieux et importance, comme lors d'une cérémonie.
étincelles
Petites lumières qui jaillissent, comme des points brillants.

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