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Fantasy humoristique 5 à 6 ans Lecture 10 min.

Zoé et le train de bulles

Zoé, six ans, décide de siffler un train de bulles et organise une gare avec une cuillère, des cordes et le chat Moustache pour guider son convoi, affrontant vent et ponts grâce à son ingéniosité.

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Zoé, 6 ans, rayonnante, souffle des bulles à la paille en courant près d’un train de bulles colorées ; cheveux châtain clair en couettes, robe à pois, genouillères, yeux brillants, bouche entrouverte. À côté, un chat gris mâle, gros et moelleux, moustachu, assis près des cordes‑voie, patte levée et regardant les bulles. La gare improvisée — rebord de bac à sable avec une vieille cuillère peinte en panneau, cordes à sauter formant une voie sinueuse, une louche en avant comme rampe, un banc en bois et un petit pont au‑dessus d’une rigole brillante — laisse passer un train de bulles translucides réfléchissant des éclats arc‑en‑ciel, sous un vent coquin ; couleurs vives, lignes stylisées, textures lisses, ambiance joyeuse et magique. signaler un problème avec cette image

Début : La mission la plus pétillante

Ce matin-là, Zoé, six ans et une langue qui courait plus vite que ses chaussettes, avait une idée énorme dans la tête. Une idée ronde. Une idée qui faisait « pop » rien qu'en y pensant.

Elle voulait siffler un train de bulles.

Pas une bulle. Pas deux. Un train. Avec des wagons, des fenêtres en savon, et même une petite fumée brillante, mais sans fumée qui pique le nez, parce que Zoé n'aimait pas les nez qui piquent.

Dans la cuisine, elle trouva le flacon de savon à bulles. Le flacon la regardait, tout innocent, comme un pot de confiture qui jure qu'il n'a rien vu.

Zoé prit sa paille à bulles, inspira comme une trompette, et souffla.

Une bulle sortit. Elle était belle. Elle tremblait comme une petite lune.

Puis une deuxième bulle sortit. Puis une troisième.

Zoé sourit. « Ça commence. Ça commence ! » Elle se parlait à elle-même, comme si elle annonçait une grande parade.

Sauf que les bulles ne faisaient pas la file. Elles partaient chacune de leur côté, comme des canards qui ont vu une miette de pain.

Zoé posa les mains sur ses hanches. « Un train, ça a besoin d'une gare. » Elle hocha la tête très sérieusement, comme une reine qui décide d'un truc important.

Elle sortit dans la cour. Dans ce quartier, la magie du quotidien traînait partout. Elle se cachait dans les boîtes aux lettres, dans les pots de fleurs, et parfois dans les chaussettes perdues. On disait même que les balais balayaient un peu quand personne ne regardait.

Zoé fit son plan. Il lui fallait une gare, une voie, et surtout un conducteur. Un train de bulles, ça ne se siffle pas tout seul. Enfin… peut-être. Mais Zoé préférait quand ça se fait en rigolant.

Milieu : La gare de la cuillère et le chef de quai farceur

Zoé installa sa « gare » sur le rebord du bac à sable. Elle posa une vieille cuillère en bois comme panneau. Elle dessina un grand rond dessus avec un feutre : c'était le symbole officiel du Royaume des Bulles.

Ensuite, elle construisit une voie ferrée. Avec quoi ? Avec des cordes à sauter, évidemment. Les cordes faisaient deux lignes bien droites. Elles n'étaient pas tout à fait droites. Elles faisaient des bosses, comme des serpents qui rigolent. Mais Zoé déclara que c'était « une voie de montagne », donc très chic.

Restait le chef de quai.

À ce moment-là, le chat du voisin, un gros chat gris nommé Moustache, arriva. Il marchait avec l'air important d'un monsieur qui sait tout. Il s'assit pile au milieu des cordes.

Zoé le regarda. « Toi, tu es mon chef de quai. »

Moustache bâilla. Il avait l'air de dire : « D'accord, mais je suis payé en caresses. »

Zoé caressa. Beaucoup. Parce qu'une mission de train, ça commence par de la bienveillance.

Puis elle retourna au flacon. Elle souffla. Longtemps. Doucement. Comme si elle chantait avec ses joues.

Cette fois, les bulles ne partirent pas toutes en vrac. Elles se mirent à suivre la voie… enfin… presque. Une bulle se posa sur le nez de Zoé. Une autre se posa sur l'oreille de Moustache. Moustache loucha, très vexé, et éternua sans bruit.

Et là, mini-rebondissement : les bulles commencèrent à se coller entre elles. Elles se touchaient et faisaient des ponts brillants. Une bulle devenait une petite cabine, deux bulles devenaient un wagon, trois bulles… un wagon énorme qui gigotait comme un jelly rigolo.

Zoé tapa dans ses mains. « Ça fait un train ! Ça fait un train ! »

Sauf que le train de bulles avait un défaut. Il avait un chef de gare un peu trop poilu.

Moustache se leva, passa une patte sur une bulle, et la bulle se mit à gonfler. Elle gonfla, gonfla, et devint aussi grosse qu'un ballon.

Le train prit de la vitesse, comme s'il avait reçu un coup de fouet invisible.

Zoé se mit à courir à côté, en parlant sans s'arrêter. Elle commentait tout, comme une présentatrice de course. Elle disait que le wagon numéro un était courageux, que le wagon numéro deux avait un peu peur, et que le wagon numéro trois avait mangé trop de mousse.

Mais le train filait vers le petit pont du jardin. Un pont en bois, au-dessus d'une rigole, avec deux planches qui grincent et une barrière qui se ferme quand on pousse un loquet.

Zoé ralentit. « Oh oh. Pont. Ça, c'est sérieux. »

Deuxième mini-rebondissement : un vent coquin arriva. Un petit vent, pas méchant, mais très farceur. Il souffla sur le train de bulles comme sur une plume.

Le train dérailla. Pas de beaucoup. Juste assez pour que les bulles glissent vers les fleurs de maman.

Les fleurs, elles, n'avaient rien demandé. Elles dormaient tranquillement au soleil.

Zoé freina avec ses pieds. Ce n'était pas très efficace, mais ça faisait un bruit comique : « frrt frrt ».

Elle chercha vite une solution. Dans les histoires de chevaliers, on brandit une épée. Dans les histoires de sorciers, on brandit une baguette. Zoé, elle, brandit une louche.

La louche de cuisine était restée dans le bac à sable, parce que Zoé avait une vie très organisée… à sa manière.

Elle attrapa la louche et la posa devant le train. La louche, c'était comme une grande bouche en métal. Elle attrapait l'air. Elle attrapait les bulles. Elle les guidait.

Et miracle du quotidien : les bulles obéirent. Elles se rangèrent derrière la louche comme des petits canetons transparents.

Zoé rit. « Voilà. On fait les choses gentiment. »

Elle fit passer le train sur la voie de corde. Les bulles tremblaient. Elles brillaient. Elles avaient l'air d'être fières, comme si elles portaient des chapeaux invisibles.

Moustache suivait, chef de quai très concentré. Il marchait sur le côté, sans toucher les bulles cette fois. Il avait compris que sa patte était un accélérateur magique.

Zoé arriva devant le pont. Elle s'arrêta. Le pont grinça, comme s'il disait : « Mot de passe ? »

Zoé réfléchit. Puis elle souffla un petit sifflement.

Mais pas n'importe lequel. Elle siffla comme un train. Un « touuuut » doux, pas trop fort, avec une fin qui fait rire.

Le train de bulles répondit en tremblant de joie. Les wagons-bulles se mirent en ligne parfaite. Un vrai train. Un train propre. Un train poli.

Zoé sentit son cœur faire « hop ». Elle avait réussi à siffler un train de bulles.

Fin : Le pont qui se referme, et tout le monde rentre heureux

Le train traversa le pont. Les bulles passaient au-dessus de l'eau de la rigole et se mirèrent dedans. On aurait dit un ciel qui se promenait.

Zoé marcha doucement derrière. Elle parlait encore, mais plus doucement, comme quand on raconte un secret. Elle disait merci aux bulles, merci à la louche, merci au vent même, parce qu'il avait rendu l'aventure plus drôle.

Au milieu du pont, une bulle-wagon se mit à tanguer. Zoé eut un petit frisson. Elle tendit la main, très lente, pour ne pas la casser.

Elle ne la toucha pas. Elle fit juste une ombre douce avec sa paume, comme un parasol pour bulle.

La bulle se calma. Elle retrouva sa place.

De l'autre côté, le train fit une petite courbe et se posa près du banc. Les bulles commencèrent à se détacher une par une. Elles montèrent dans l'air, tranquilles. Elles éclatèrent en silence, comme des bisous invisibles.

Zoé regarda Moustache. Il avait l'air content, comme un chef de gare qui a réussi sa journée sans se mouiller les moustaches.

Zoé s'accroupit et lui fit une grande caresse. « Merci, chef de quai. Tu as été… très… poilu mais utile. »

Moustache ronronna. On aurait dit un petit moteur.

Zoé ramassa les cordes, la cuillère, la louche. Elle remit les choses en place. Parce que la magie, c'est encore mieux quand ça ne laisse pas de bazar pour les autres.

Puis elle revint au pont. Elle posa la main sur le loquet. Elle pensa à son train de bulles, à ses wagons transparents, et à sa mission réussie.

Elle poussa doucement.

Le pont se referma. Les deux planches se collèrent avec un petit « clac » rassurant.

Zoé sourit. Dans sa tête, la gare du Royaume des Bulles restait ouverte. Mais pour ce soir, l'aventure était rangée, comme un doudou bien plié.

Et Zoé rentra, légère, avec des idées rondes plein les poches. Demain, peut-être, elle sifflerait une montgolfière en mousse. Ou une soupe qui applaudit. On ne sait jamais, dans un monde où même une louche peut devenir héroïne.

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Gare
Endroit où les trains s'arrêtent pour laisser monter ou descendre des gens.
Chef de quai
Personne qui aide les trains et qui veille à la sécurité sur le bord du quai.
Bac à sable
Grand bac rempli de sable où les enfants jouent et construisent des châteaux.
Voie ferrée
Les rails posés sur le sol par lesquels roulent les trains.
Mini-rebondissement
Petit événement surprenant qui change un peu l'histoire ou l'action.
Rigole
Petit canal ou fossé où l'eau coule, souvent au bord d'un jardin.
Loquet
Petit objet que l'on pousse ou tourne pour fermer une porte ou un pont.
Tanguer
Se balancer d'un côté à l'autre, comme un bateau qui bouge sur l'eau.
Parasol
Grand objet qui protège du soleil, on l'ouvre comme un petit toit.
éternua
Action de faire un bruit brusque avec le nez quand on a du chatouillement.
Montgolfière
Gros ballon qui vole dans le ciel et qui transporte des personnes en nacelle.
Louche
Grande cuillère en métal ou en bois, utilisée pour verser de la soupe ou de l'eau.

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