Matin au bord de l'eau
Ce matin, Naya ouvre les yeux. L'eau est tiède. Le soleil est doux. La mer chuchote. C'est l'été. C'est le temps des vacances.
Naya est une petite sirène. Elle aime la plage calme. Elle aime le sable fin. Elle aime chercher des trésors simples. Aujourd'hui, elle veut regarder des coquillages.
Elle nage près de la crique. Un grand rocher fait de l'ombre. Un ruisseau clair glisse dans la mer. L'air sent le sel et les algues fraîches. Naya sourit.
Lulu la tortue arrive. Pic l'hippocampe arrive. Pince le crabe arrive aussi. Ils sont contents.
"On y va ?" dit Naya.
"On y va. Ensemble," dit Lulu.
Naya touche son front. Il est chaud. Elle reste sous l'ombre un petit moment. Elle respire doucement. Elle boit une gorgée d'eau douce du ruisseau. C'est frais. C'est bon. Elle mouille ses épaules. Elle se sent bien.
Naya regarde ses amis. Elle parle doucement. Elle dit les règles simples. Rester ensemble. Aller lentement. Toucher doucement. Ne rien casser. Garder de la place pour chacun. Se reposer quand on a chaud. Tout le monde est d'accord.
Petites découvertes sur le sable
La crique est silencieuse. Le sable est doré. De petites vagues viennent. Elles font des lignes. Elles font de petits ronds clairs.
Dans le sable, quelque chose brille. Naya s'approche. Elle regarde. Elle touche doucement. C'est noir et lisse. C'est froid. Pince se penche.
"Regardez, une moule !" dit Pince.
La moule est fermée. Elle tient sa maison. Pic la contemple avec ses yeux ronds.
"On la laisse. Elle est fermée," dit Pic.
Naya sourit. Elle respecte. Elle pose la moule où elle était. Elle dit merci du regard.
Un peu plus loin, des rayures fines apparaissent. C'est blanc. Il y a des traits beiges. C'est en forme de petit cœur. Naya rit.
"Et ça ? C'est rayé," dit Naya.
"Une coque," dit Lulu.
Naya la retourne doucement. Elle écoute. Personne dedans. La coque est vide. Elle est légère. Naya l'essuie dans l'eau. Elle sent le sel sur ses doigts. Elle la garde pour la regarder.
Les amis avancent un peu. Ils vont lentement. Ils regardent beaucoup. Ils parlent peu. Ils écoutent la mer.
Sous un rocher, il y a un petit chapeau collé. Il est gris clair. Il est fort. Il ne bouge pas. Naya reconnaît.
"Patelle," chuchote-t-elle. Une patelle est une maison. Elle colle très bien. Alors Naya ne tire pas. Elle observe. Elle décrit. Un petit chapeau conique. Un rond solide. Elle sourit. Elle apprend.
Près d'un caillou, un petit coquillage tout rond, avec une petite spirale, avance très lentement. C'est un bigorneau. Sa maison brille un peu. Il sort une petite antenne. Naya le salue du bout des doigts. Elle lui laisse la place. Le bigorneau continue sa route.
Plus loin, sur le sable, un éventail rose et orange attend. C'est une coquille Saint‑Jacques. Elle a des rayons comme un soleil. Elle est vide. Naya la prend. Elle la met contre son oreille. Elle ferme les yeux. Elle entend la mer dans la mer. Elle entend un souffle doux. Elle rit doucement.
Pince marche de côté. Il fait attention à ses pinces. Il ne claque pas fort. Lulu avance tranquille. Pic tourne comme une plume. Ils aident Naya à regarder. Ils montrent. Ils nomment. Ils apprennent ensemble.
Le soleil monte un peu. La chaleur aussi. Alors les amis vont sous l'ombre du grand rocher. Ils respirent. Ils boivent une gorgée d'eau du ruisseau. Ils trempent leurs mains. Ils se reposent un peu. Le vent passe. Il est tiède et léger. Naya chante bas. Sa voix est douce comme l'eau.
Ils retournent près de l'eau claire. Naya voit une longue ligne noire. C'est un collier de petites moules accrochées. Elles sont vivantes. Elles filtrent l'eau. Naya ne les touche pas. Elle regarde. Elle dit bravo à la mer. Elle pense à la règle. Regarder. Respecter. Partager l'espace.
Bientôt, la poche d'algues de Naya contient deux coquilles vides. Une coque et une coquille Saint‑Jacques. C'est assez. Elle le sait. Elle ne prend pas plus. Elle laisse aux autres. Elle laisse à la plage. Elle sourit à ses amis.
"Je garde celle‑ci. Elle est vide," dit Naya.
Soir doux et cœur tranquille
Le soleil devient doré. La mer devient rose. L'air sent la lumière chaude. La plage se calme encore plus. Naya et ses amis s'assoient au bord de l'eau. Ils regardent le ciel. Ils parlent doucement de ce qu'ils ont vu.
Naya pose ses coquilles sur le sable. Elle les aligne. Elle les touche du bout des doigts. Elle répète les noms. Une moule, lisse et noire, qu'on laisse quand elle est fermée. Une coque, avec des rayures et un petit cœur. Une patelle, comme un chapeau collé. Un bigorneau, tout rond et en spirale. Une coquille Saint‑Jacques, en éventail, comme un soleil. Elle les connaît mieux maintenant. Elle se sent fière et calme.
"Merci la mer," chuchote Naya.
Elle remet dans l'eau ce qui doit y retourner. Elle laisse la plage propre. Elle lisse le sable du plat de la main. Elle attend une vague. Elle regarde la vague effacer ses traces. Elle sent une joie simple.
La lumière baisse. Le vent est doux. Les amis se serrent un peu. Pas pour avoir peur. Pour le plaisir d'être près. Naya bâille. Lulu bâille. Pic se berce. Pince ferme ses yeux.
Naya rentre à la crique. Elle pose sa coquille Saint‑Jacques vide près de son lit de sable. Ce sera une petite coupe pour des perles d'eau. Elle pose la coque vide aussi. Ce sera une petite boîte pour un souvenir de demain. Elle sourit. Elle pense aux règles. Aller lentement. Toucher doucement. Partager. Se reposer au besoin. Et toujours respecter.
La mer chuchote encore. Le ciel devient violet. Naya s'allonge. Ses cheveux flottent un peu. Elle pense à demain. Elle se pense courageuse et gentille. Elle sourit une dernière fois. Sa respiration est calme. La mer répond. La nuit vient. Douce. Paisible. Et Naya s'endort, le cœur tranquille.