Chapitre 1 : Sous le Grand Chapiteau
Dans la ville de Mirabelladelle, là où les bonbons poussent presque sur les arbres et où les bicyclettes roulent toutes seules, le cirque Arc-en-Ciel venait d'arriver. Quand la troupe posait son grand chapiteau, tout le monde accourait. Mais cette année, il y avait un garçon qui connaissait tous les prénoms, même ceux des poissons rouges de la ménagerie. Il s'appelait Oscar – Oscar Duvivier, neuf ans et déjà la mémoire d'un éléphant.
Oscar adorait se promener entre les roulottes colorées. Il saluait tout le monde : « Bonjour, Marceline ! » lançait-il à la funambule, « Salut, Ernest ! » criait-il au clown aux chaussures qui couinaient. Il connaissait même le nom du poney le plus grognon, Barnabé, qui répondait par un hennissement fougueux.
C'était un vrai plaisir de voir Oscar jongler avec les prénoms. Dans les coulisses, il glissait entre les costumes à paillettes, passait sous les portiques de lumières et tapait dans la main de chaque artiste avec le bon prénom. On l'appelait souvent “le magicien des prénoms”, ce qui lui plaisait beaucoup. Oscar, lui, rêvait surtout de faire un numéro à lui, sur la piste, au milieu des confettis.
Ce matin-là, alors que tout le monde répétait, Oscar décida qu'il était temps de s'inventer un numéro. Il voulait marcher sur place, mais d'une façon si rigolote que tout le monde éclaterait de rire. Pas une marche ordinaire, non ! Une marche qui ferait bouger ses oreilles, ses orteils, et même ses sourcils.
Chapitre 2 : La Marche sur Place Magique
Oscar voulut tout tester. Il commença à marcher sur place devant le miroir des artistes, relevant ses genoux très haut, tirant la langue, puis clignant des yeux en rythme. Ça avait l'air plus bizarre qu'amusant. Il essaya de tourner les bras en moulinets : il ressemblait à un moulin à vent pris dans la tempête.
C'est à ce moment que Rosalie, l'acrobate aux cheveux bleus, passa devant lui en faisant la roue. « Oscar, tu fais une danse du pingouin ou quoi ? »
Mais Oscar, concentré, répondit : « Je m'entraîne à ma Marche sur Place Magique ! Je veux faire rire tout le chapiteau ! »
Rosalie éclata de rire et proposa : « Essaie de sauter à cloche-pied en même temps, c'est encore plus rigolo ! »
Oscar testa, se prit le pied dans une plume de boa et tomba sur un coussin qui faisait “pouêt”. Dans les coulisses, tout le monde se retourna, intrigué par ce “pouêt” inattendu.
Au même instant, un drôle de cerceau roula jusqu'à lui. Il semblait vivant ! On aurait dit qu'il avait des petits yeux dessinés et un sourire malicieux. C'était Circello, le Cerceau Vivant, spécialité du cirque Arc-en-Ciel. Circello savait faire des bonds, des roulades, et même des grimaces avec son ruban.
« Salut Oscar ! Tu veux que je t'aide ? » dit Circello en rebondissant.
Oscar était ravi. Ensemble, ils commencèrent à inventer des pas de marche sur place, Circello sautant par-dessus ses pieds ou roulant autour de ses jambes. Le duo déclencha des éclats de rire dans tout le vestiaire, surtout quand Circello fit semblant de s'enrouler autour d'Oscar comme un spaghetti.
Chapitre 3 : Les Péripéties de la Répétition
Tout excité, Oscar voulait présenter leur numéro à Lucien, le directeur du cirque, un Monsieur au nez rouge et au chapeau plein de confettis. Mais pour arriver à la piste, il fallait ruser : la famille des jongleurs répétait avec mille balles colorées, Paloma la dompteuse d'oiseaux menait la danse des canaris, et Barnabé le poney faisait exprès de bloquer le passage en mâchant son chapeau.
Oscar, fidèle à sa réputation, salua tout le monde par leur prénom, même les oiseaux : « Bonjour, Picolo ! Bonjour, Titi ! » Les canaris arrêtèrent presque de chanter, épatés qu'il se souvienne d'eux.
Avec Circello, Oscar dut sauter par-dessus des cordes, se faufiler sous des trapèzes, éviter un seau de confettis posé pile sur leur chemin (d'ailleurs, c'est Oscar qui se le prit sur la tête, déclenchant un “oooh !” dans les coulisses).
Arrivés enfin devant Lucien, Oscar et Circello se mirent en place, un peu tremblants. Oscar lança : « Nous avons inventé la Marche sur Place Magique du Cirque ! »
Lucien ajusta son chapeau, fit semblant de froncer les sourcils, puis s'exclama, « Montrez-moi ça, les artistes ! »
La musique se lança. Oscar leva haut les genoux, Circello roulait autour de lui, ils firent des pas en arrière, des dérapages contrôlés, puis un final où Oscar sauta dans Circello, qui rebondit et fit tomber un seau de paillettes sur le directeur. Tout le monde éclata de rire, même le poney Barnabé fit un petit hennissement d'applaudissements.
Chapitre 4 : La Nuit des Coulisses
Ce soir-là, dans les coulisses, l'ambiance était à la fête. Les artistes déambulaient avec leurs costumes les plus extravagants : tutus à pois, chapeaux en forme de cornichons, et même des fausses moustaches pour les chats du cirque. Oscar connaissait déjà tous les prénoms, mais il passait d'un groupe à l'autre, lançant des devinettes, distribuant des gâteaux, riant à toutes les blagues.
Circello, toujours aussi bondissant, imitait les artistes : un coup la funambule, un coup le clown, un coup le chef d'orchestre. Oscar pleurait de rire en le voyant imiter Barnabé en train de mâchouiller une carotte invisible.
Rosalie, la funambule, fit une révérence devant Oscar. « Tu sais Oscar, on a tous des numéros incroyables, mais le tien, il donne envie de se sentir libre ! Marcher comme ça, n'importe comment, c'est le plus drôle des numéros ! »
Oscar rougit, puis répondit : « C'est la liberté de la piste ! On marche comme on veut, on tombe, on rigole, et on recommence ! »
Lucien les rejoignit, toujours couvert de paillettes. Il applaudit : « Ce soir, Oscar et Circello passeront en dernier. Une vraie Marche sur Place, pleine de liberté et de magie ! »
Tout le monde applaudit. Même Barnabé, qui manifesta son enthousiasme en renversant son seau d'avoine.
Chapitre 5 : Le Grand Numéro de la Marche sur Place
La nuit était tombée. Sous le grand chapiteau, mille lumières brillaient. Le public riait déjà rien qu'en voyant les artistes défiler. Quand vint le tour d'Oscar et de Circello, les projecteurs les illuminaient comme deux étoiles.
Oscar salua la foule, Circello rebondit à ses côtés. Au premier pas de la Marche sur Place Magique, Oscar leva si haut les genoux qu'on aurait cru un kangourou. Circello sauta par-dessus ses chevilles, roula autour de ses bras, puis fit semblant de s'emmêler dans ses lacets.
Chaque fois qu'Oscar avançait d'un pas, Circello inventait une nouvelle farce : il imitait la voix du directeur, faisait mine de se cacher derrière le micro, ou venait lui chatouiller le nez. Les spectateurs riaient aux éclats, certains tapaient des mains, d'autres encourageaient Oscar à marcher encore plus vite.
À la fin, Oscar fit une pirouette, Circello roula autour de lui et tous les deux tombèrent sur un coussin “pouêt-pouêt”, envoyant une pluie de confettis dans l'air. Ce fut un triomphe ! Le public se leva pour applaudir, les artistes des coulisses sortirent leur plus grand sourire, et même les canaris gazouillèrent un air de fanfare.
Lucien monta sur la piste, tout ébouriffé de paillettes. « Mesdames et messieurs, voilà la magie du cirque : chacun est libre d'inventer son numéro, même si c'est une marche sur place avec un cerceau coquin ! »
Oscar, tout fier, remercia tout le monde par leur prénom. Même Barnabé reçut une caresse sous la crinière.
Chapitre 6 : Liberté, Confettis et À Bientôt
Une fois le spectacle terminé, Oscar retourna dans les coulisses, Circello sautillant à ses côtés. Ils étaient fatigués, mais heureux comme jamais. Les artistes vinrent les féliciter, chacun lançant une blague, une accolade ou un clin d'œil.
Oscar pensa alors à ses rêves de liberté. Il se dit qu'au cirque, on pouvait être qui on voulait. On pouvait marcher sur place, sauter, rouler, inventer des histoires bizarres avec un cerceau vivant, et tout le monde trouvait ça merveilleux.
Au moment de quitter le chapiteau, Oscar s'arrêta, regarda la piste illuminée, salua tous ses amis – en n'oubliant aucun prénom, bien sûr – et dit tout haut, assez fort pour que tout le monde entende :
« À bientôt, mes amis du cirque ! »
Circello fit une dernière pirouette, lançant dans les airs un ruban en forme de point d'exclamation. Et tous ensemble, sous la pluie de confettis, ils rirent encore, déjà impatients de recommencer.