Chapitre 1 : La tente aux cent couleurs
Martin et Lucas avaient toujours rêvé de marcher sur un fil en haut d'un chapiteau ou d'apprivoiser des lions. Mais le plus fou, c'était que ce matin, ce rêve semblait tout à coup possible. La veille, le célèbre Cirque des Mille Merveilles était arrivé dans leur petite ville : une ribambelle de roulottes bariolées, des girafes à pois, un éléphant avec un chapeau à pompons, et, surtout, la grande tente aux cent couleurs plantée au milieu du terrain vague.
Sur le chemin de l'école, Martin n'arrêtait pas de parler de tout ce qu'il voulait voir.
— Je parie qu'il y a un clown qui jongle avec des tartes !
— Et moi, je veux voir le magicien qui fait disparaître son chapeau, répondit Lucas, les yeux brillants.
— Tu crois qu'on pourrait devenir artistes, nous aussi ?
— Facile, répondit Martin, sûr de lui, il suffit de demander !
Après la classe, ils se faufilèrent discrètement du côté du cirque. L'air sentait la barbe à papa et les cacahuètes grillées. Un petit chien en tutu rose leur fit la fête, suivi de près par une dame moustachue qui jonglait avec des oranges.
— Eh, vous deux, vous cherchez le recrutement spécial des apprentis artistes ?
— Oui ! s'exclamèrent-ils d'une seule voix.
La dame sourit.
— Alors suivez-moi. Mais attention ! Ici, il faut de l'audace et le sens de l'humour.
Ils entrèrent sous la tente, la bouche grande ouverte, éblouis par les couleurs éclatantes, les odeurs sucrées et les éclats de rire. Sur la piste, un monsieur au haut-de-forme violet se tenait debout en équilibre sur un ballon géant.
— Bienvenus, jeunes curieux ! lança-t-il en les saluant d'un grand geste. Je suis Gustave le Magicien. Voulez-vous franchir le rideau magique avec moi ?
Martin hocha la tête avec enthousiasme. Lucas papillonnait déjà des yeux, impatient de découvrir tous les secrets du cirque.
Chapitre 2 : L'épreuve du Popcorn Volant
Gustave le Magicien emmena les deux garçons dans les coulisses, là où tout paraissait plus mystérieux encore. On croisait des lapins en gilet, un acrobate endormi suspendu au trapèze, et même un perroquet qui répéta :
— La magie, c'est fantastique ! La magie, c'est fantastique !
Gustave leur tendit une cape brillante.
— Toute entrée au cirque commence par une épreuve. Ici, c'est l'épreuve du Popcorn Volant.
Martin et Lucas virent alors une machine à popcorn, mais pas n'importe laquelle ! Les grains de maïs sautaient partout comme des petites billes folles, rebondissant sur les murs, le sol… et même dans les chaussures.
— Pour devenir un artiste du cirque, il faut attraper dix grains de popcorn dans le chapeau magique sans en laisser tomber un seul ! annonça Gustave.
Lucas s'équipa du chapeau, Martin de la cape, et la chasse au popcorn commença. Les garçons couraient, sautaient, glissaient. Martin rata de peu un grain qui atterrit dans le nez de Lucas. Lucas éternua, faisant jaillir le grain… pile dans le chapeau ! Ils éclatèrent de rire.
— Il nous en manque trois ! cria Martin.
Lucas se jeta sous une table pour rattraper un grain qui roulait comme un mini-bolide. Martin leva le chapeau, Lucas bondit et, d'un geste, lança les trois derniers grains en l'air. D'un coup de chapeau magistral, Martin les rattrapa tous.
— Bravo ! lança Gustave. Vous avez réussi l'épreuve du Popcorn Volant. Vous voilà apprentis du cirque.
En guise de récompense, la dame moustachue leur offrit une énorme boule de barbe à papa multicolore. Martin enfonça son nez dedans et en ressortit le visage tout rose, ce qui déclencha une nouvelle crise de rire.
Chapitre 3 : Les Clowns Catastrophes
Maintenant apprentis, Martin et Lucas devaient choisir leur discipline. Ils hésitaient entre monter sur le dos du poney acrobate, faire jongler les assiettes, ou même devenir clowns.
C'est alors qu'un grand éclat de voix retentit. Deux clowns, Tartine et Nougatine, couraient dans tous les sens, poursuivis… par un seau plein de confettis !
— Attrapez cette chose ! cria Tartine.
— Pas question qu'il me mouille la perruque, ajouta Nougatine en sautant sur un monocycle.
Lucas et Martin éclatèrent de rire.
— Vous avez besoin d'aide ?
— Si vous êtes assez braves pour affronter le Sévère Seau à Confettis, vous pouvez devenir clowns d'un jour, répondit Tartine, riant sous ses grosses moustaches rouges.
Martin, armé d'une épuisette, Lucas d'un parapluie, ils se lancèrent dans une course-poursuite mémorable. Le seau semblait avoir une vie propre : il roulait, zigzaguait, projetait des confettis sur tout le monde.
Bientôt, la piste fut recouverte d'un tapis coloré. Tartine glissa, Martin trébucha en riant, Lucas lança son parapluie qui atterrit sur le nez du magicien.
— Quel numéro ! s'exclama Gustave. Voilà de vrais clowns dans l'âme !
Pour fêter leur victoire contre le seau, Tartine leur dessina une énorme étoile bleue sur le front. Martin croisa son reflet et s'écria :
— On dirait que j'ai un soleil sur la tête !
— Moi, on dirait une fusée, répondit Lucas en tournant sur lui-même.
Le reste de la journée, ils s'exercèrent à jongler avec des balles en mousse, à marcher pieds nus sur la ligne blanche, et même à faire la grimace la plus rigolote de tout le cirque. Et chaque fois que le seau passait, tout le monde s'écartait en riant.
Chapitre 4 : La Grande Répétition
Le soir venu, Gustave le Magicien réunit tous les apprentis sur la piste.
— Ce soir, c'est la grande répétition ! Chacun doit montrer son numéro à toute la troupe. Vous êtes prêts ?
Martin et Lucas échafaudèrent un numéro : ils allaient combiner magie, acrobaties et clowneries.
— Je serai le magicien, décida Lucas, et toi, tu seras mon assistant rigolo !
— D'accord, mais c'est moi qui fais disparaître le lapin ! lança Martin, déjà tout excité.
Gustave leur prêta sa cape magique et son chapeau. Les deux garçons montèrent sur la scène, les jambes tremblantes d'excitation.
Lucas s'approcha du chapeau et murmura :
— Abracadabra, confettis et barbe à papa, faites apparaître… une chaussure qui danse la samba !
Martin bondit hors du chapeau, une vieille chaussure au pied, et se mit à danser n'importe comment. La troupe éclata de rire, surtout quand la chaussure se détacha et fit un vol plané, atterrissant sur la tête d'un singe acrobate.
— Pour le grand final, s'exclama Lucas, je vais faire disparaître mon assistant !
Martin entra dans une grande boîte peinte de rayures. Lucas agita la baguette et… rien ne se produisit.
— Euh… Il doit être coincé dans le tiroir magique, bredouilla Lucas.
Gustave s'approcha pour ouvrir la boîte, mais Martin surgit en faisant le clown, couvert de ballons, et lança des confettis sur tout le monde.
— C'est la pluie de confettis magiques !
Tout le monde applaudit à tout rompre.
— Pas mal ! Vous avez du talent et surtout beaucoup d'imagination, félicita Gustave. Vous êtes prêts pour le spectacle de demain !
Martin et Lucas se regardèrent, les yeux pétillants.
— On l'a fait !
— On l'a fait !
Puis ils se mirent à sautiller sur place comme des grenouilles sous la pluie.
Chapitre 5 : Le Grand Soir et la Surprise du Magicien
Le soir du spectacle arriva enfin. Les gradins étaient pleins à craquer. Les spectateurs riaient, tapaient des mains, et certains mangeaient des cornets de frites géants.
En coulisse, Martin avait la boule au ventre.
— J'espère que je ne vais pas tomber ou oublier le tour de magie…
— T'inquiète pas, dit Lucas, on est une super équipe ! Et puis, même si on se trompe, ça fera rire tout le monde.
Gustave s'approcha, un sourire mystérieux aux lèvres.
— Je crois en vous deux, mes petits artistes ! Mais j'ai une surprise : pour le final, vous serez mes assistants pour le plus grand tour de magie du cirque !
Martin et Lucas en restèrent bouche bée.
— Mais… on ne sait pas faire de magie pour de vrai…
— Ah, mais la magie, c'est surtout beaucoup d'imagination… et un brin de folie ! répondit Gustave en leur tendant des chapeaux scintillants.
Le numéro commença. Lucas fit sortir une baguette du nez d'un spectateur, Martin jongla avec des pommes de terre en plastique. Tout le monde riait, surtout quand une des pommes de terre tomba dans la barbe du directeur du cirque.
— Heureusement qu'elle est fausse, sa barbe ! murmura Martin.
Puis vint le grand tour : Gustave annonça qu'il allait faire disparaître… le directeur du cirque lui-même !
Martin et Lucas, en assistants magiciens, agitèrent leur baguette (qui ressemblait en fait à une grosse saucisse en plastique).
Le directeur disparut dans une explosion de confettis.
— Oups, fit Lucas, on a peut-être mis trop de confettis…
Mais le directeur réapparut, le costume couvert de paillettes, et éclata de rire.
— C'est le plus beau tour de magie du monde ! s'écria-t-il sous les applaudissements.
La soirée se termina par un défilé géant sur la piste. Martin et Lucas portaient des capes qui brillaient, entourés des clowns, des acrobates et, bien sûr, de Gustave le Magicien.
Chapitre 6 : La magie, c'est pour la vie
Après le spectacle, alors que la lune brillait haut dans le ciel, Martin et Lucas s'assirent sur une balle géante, les jambes pendantes dans le vide.
— Tu crois qu'on pourra revenir au cirque, l'année prochaine ? demanda Lucas, les yeux rêveurs.
— Bien sûr, répondit Martin. Et peut-être qu'on inventera le numéro le plus fou de toute l'histoire du cirque !
Gustave les rejoignit, toujours vêtu de son haut-de-forme violet.
— Le cirque, c'est comme la magie : il suffit d'y croire pour que tout devienne possible.
Puis il leur tendit chacun une étoile en papier doré.
— Gardez-la bien. Elle vous portera chance, et vous rappellera que la magie est partout… surtout dans les moments de rire avec les amis.
Martin et Lucas rentrèrent chez eux, les poches pleines de confettis, les joues collantes de barbe à papa et des rêves de chapiteau plein la tête.
Le lendemain, ils racontèrent à toute la classe comment ils avaient dompté un seau à confettis, fait envoler des chaussures, et même disparu un directeur de cirque…
Certains rigolèrent, d'autres n'y crurent pas, mais tous avaient envie, au fond, de croire que la magie du cirque existait vraiment.
Et si un jour un cirque coloré venait planter sa tente près de chez toi… n'oublie pas : la magie commence quand on ose rêver, rire et tenter l'impossible avec un ami.
La nuit, quand Martin et Lucas s'endormirent, ils se dirent qu'il n'y avait rien de plus magique que de partager des aventures folles, entourés d'étoiles en papier, de confettis et d'amis pour rire à l'infini.