Chargement en cours...
Conte africain 5 à 6 ans Lecture 12 min. (5)

Awa, messagère de l'eau

Awa, une jeune fille du village, part en voyage pour apporter une bonne nouvelle à ses voisins sur le retour de l'eau dans leur puits, rencontrant en chemin divers animaux qui l'aident ou l'interrogent sur sa mission. Sa détermination et son cœur généreux lui permettent de surmonter les obstacles et de rassembler les communautés.

Télécharger cette histoire en PDF

Idéal pour partager ou imprimer cette histoire !

Télécharger l'e-book (.epub)

Lisez cette histoire sur votre liseuse électronique

Awa, une jeune femme au teint doré et aux yeux doux, sourit rayonnante. Elle porte une robe colorée en tissu africain et tient une calebasse pleine de promesses. À ses côtés, Néné Fanta, une femme âgée aux cheveux argentés, est assise sous un grand baobab, regardant Awa avec fierté. Le décor est une savane dorée, baignée par la lumière du soleil couchant, avec un vieux baobab majestueux et des herbes dansantes. Awa annonce une bonne nouvelle aux villageois rassemblés, leurs visages illuminés par l'excitation, tandis que les enfants jouent en arrière-plan et les adultes écoutent attentivement, remplis d'espoir et de joie. signaler un problème avec cette image

Le départ d'Awa

Écoutez, écoutez, petits oreilles, grands cœurs. Là-bas, sous un ciel large comme une calebasse, brillait une savane dorée. Les herbes jaunes dansaient comme des flèches de soleil, et le vieux baobab, grand-père aux bras gros, gardait le village comme un gardien de contes.

Dans ce village vivait Awa. Awa avait des yeux doux et un pas patient. Elle parlait bas mais vrai. On disait d'elle: “Awa, c'est la corde qui ne casse pas.” Ce matin-là, les tambours parlaient. Boum, boum. Boum, boum. Le vent apportait une odeur d'herbe et de lait chaud.

Sous l'ombre du baobab, les anciens se rassemblèrent. Néné Fanta, la plus sage, tenait une petite calebasse. Sa voix avait la douceur du miel:

— Awa, fille de la patience, nous avons une bonne nouvelle. L'eau est revenue dans le puits ancien. Le puits a chanté la nuit. L'eau a remonté comme un serpent d'argent heureux. Nous voulons inviter le village voisin. Qu'ils viennent boire, qu'ils viennent manger. Qu'ils posent leurs pieds chez nous. Tu porteras la bonne nouvelle.

Awa posa la main sur son cœur.

— J'y vais, Néné Fanta. Je marcherai jusqu'au bout du chemin. Je porterai la parole comme on porte une flamme.

Néné Fanta plaça dans la calebasse une coquille de cauri, blanche comme un sourire.

— Voilà la preuve. Le cauri est la voix de l'eau. Garde-le, et donne notre parole. Dis: “Nos portes sont ouvertes. Notre ombre est large. Notre calebasse est pleine.”

Le soleil montait comme un tambour chaud. Awa attacha la calebasse contre sa poitrine, la calebasse du cœur. Elle salua sa mère, elle salua le baobab.

— Je pars, je marche, je reviens avec des amis.

La savane bruissa. Les oiseaux dirent: “Bon voyage.” Le sable fit un long ruban, serpent de poussière. Awa marcha, Awa marcha, Awa marcha encore.

La route de la savane

Le chemin était long, mais Awa était longue dans le courage. Le vent lui mettait un foulard de poussière. Le soleil battait comme un tambour. Elle chantait, pour tenir la route:

— Petit pas, grand chemin. Petit pas, grand chemin. Je porte la bonne nouvelle, je ne la renverse pas.

Un chacal apparut, tache d'ombre silencieuse.

— Où vas-tu, Awa? demanda-t-il.

— J'apporte la bonne nouvelle. L'eau est revenue. Nos portes sont ouvertes.

— Je suis un voyageur de nuit, dit le chacal. As-tu un peu d'eau pour un frère du désert?

Awa ouvrit sa gourde. Elle partagea. Le chacal but, ses yeux brillèrent.

— Que ta route soit fraîche, Awa. Va.

Awa marcha encore. Elle traversa un champ d'herbes hautes. Les herbes chuchotaient comme des vieilles tantes. Tout à coup, elle entendit un rire qui n'était pas un rire d'enfant. Ha-ha-ha, hiii ! Une hyène sortit de l'ombre.

— Petite femme, petite gourde, où vas-tu? Ha-ha-ha!

Awa respira doucement.

— Je porte la bonne nouvelle à nos voisins. Nous les invitons à manger, à boire, à se reposer chez nous.

La hyène plissa le museau.

— Et si je dis que tu ne passeras pas?

Awa sourit, yeux calmes.

— Si tu m'arrêtes, la bonne nouvelle te perdra. Si tu me laisses passer, elle te trouvera aussi. Nos portes sont ouvertes pour tous, hyène aussi, s'il vient en paix.

La hyène se gratta l'oreille, surprise. Elle rit encore, mais son rire devint léger, comme un tambour mouillé.

— Passe, femme au cœur plein. Mais attention au ruisseau. Il a des dents.

Awa salua et marcha.

Le ruisseau! Il serpentait entre les pierres, riant, cachant parfois des yeux de crocodile. L'eau était claire, mais profonde au milieu. Awa regarda. Un petit héron blanc posa son pied fin sur une pierre.

— Crouc crouc, dit le héron, ce passage n'est pas bon.

— Héron, mon ami, où poser mes pieds?

Le héron ouvrit ses ailes, fit trois pas, montra trois pierres plates.

— Ici. Ici. Ici.

Awa posa ses pas où l'oiseau avait dit. Son pied glissa un peu, la calebasse tanguait, mais elle resta droite, le regard vers l'autre berge.

— Je porte la bonne nouvelle, je ne la renverse pas, dit-elle en souffle.

Elle arriva de l'autre côté. Le héron s'ébroua, comme pour dire: “Va, petite rivière de paroles.”

Plus loin, Awa trouva une tortue sur le dos, le ventre au ciel.

— Oh! dit Awa. Petite maison sur pattes, te voilà renversée.

Elle la souleva, la remit doucement. La tortue cligna de l'œil.

— Merci, marcheuse. Tes pas ont de la patience. Tu cherches le village voisin? Prends le sentier qui sent la mangue. Évite celui qui sent la fumée.

Awa respira l'air. Oui, une odeur de mangue mûre portait le chemin comme une chanson.

Le soleil descendit. L'ombre des acacias s'étirait comme des chats. Awa sentit la fatigue dans ses jambes. Elle arriva près d'un camp: une famille de bergers avait monté une tente. Des vaches, cloches douces, bals de mouches dorées.

Une femme sortit, sourire large.

— Viens, sœur de la route. Nous avons du lait chaud, un peu de mil. Pose ton fardeau.

Awa s'inclina.

— Merci. J'apporte une bonne nouvelle à nos voisins. Je dois aller vite.

— Alors mange, bois, et dors un clin d'œil. Un chemin se marche mieux avec un ventre qui chante.

Awa but le lait. Il était blanc comme la lune. Elle mangea le mil. Il était doux comme une promesse. La nuit posa un manteau bleu. Les étoiles furent des perles au cou du ciel. Awa ferma les yeux un moment, la calebasse contre elle, comme un bébé.

Au matin, les bergers donnèrent un peu de fromage, un peu d'eau.

— Nos portes sont ouvertes à toi aussi, dit la femme.

— Et les nôtres pour vous, dit Awa. Nos ombres sont grandes, venez.

Awa reprit sa marche. Un nuage de poussière courut comme un troupeau de gazelles. Le vent souffla dans les oreilles d'Awa des secrets de sable. Elle pensa à son village, aux rires des enfants, aux tambours. Elle pensa aux voisins qui attendaient peut-être sans savoir. Son cœur battait clair: boum, boum. Boum, boum.

La bonne nouvelle

Enfin, Awa vit les toits du village voisin, petits chapeaux de paille. Un arbre à palabres étendait ses bras. Des enfants jouaient, des femmes pilaient. Un vieux toucouleur chantonnait pour un veau. Un homme s'avança.

— Bonjour, marcheuse. Qui es-tu, de quel vent viens-tu?

Awa posa sa calebasse, ouvrit les mains.

— Je suis Awa du village au baobab. J'apporte une bonne nouvelle.

Les gens se rassemblèrent. Les enfants firent un rond. Les anciens approchèrent, cannes comme des racines.

— Dis-la, dit une vieille. La parole, c'est la pluie de la bouche.

Awa leva la calebasse et montra le cauri, petit œil de marée blanche.

— Nos portes sont ouvertes pour vous. La nuit, le vieux puits a chanté, et l'eau a remonté. L'eau claire, l'eau vive. Venez boire. Venez manger avec nous. Venez vous reposer sous notre ombre. Aujourd'hui, nous partageons. Aujourd'hui, nous sommes un seul village avec deux noms.

Un silence doux tomba, comme une plume. Puis des sourires fleurirent, rapides comme des oiseaux.

Un enfant demanda:

— Pour de vrai?

Awa rit, soleil dans les dents.

— Pour de vrai. Le cauri est la preuve. Et mon cœur aussi.

Une femme posa une main sur l'épaule d'Awa.

— Nous avons attendu une telle parole comme on attend la pluie. Tu as marché loin?

— J'ai marché et j'ai marché, dit Awa. Le soleil m'a pesé, la hyène m'a ri, le ruisseau m'a testé. Mais je n'ai pas renversé la parole. Je l'ai portée comme une graine.

Un homme au turban leva son bâton.

— Allons! Prenons nos calebasses, nos paniers, nos rires. Allons chez nos voisins.

Avant le départ, un petit garçon apporta un bol de dattes à Awa.

— C'est pour ta bouche qui a porté le miel de la nouvelle.

Awa prit une datte, la coupa en deux, en donna la moitié au garçon.

— La bonne nouvelle est comme ça, dit-elle. Quand on la partage, elle devient plus douce.

La colonne se forma. Les femmes portaient des calebasses, les hommes des nattes, les enfants des chansons. En route, ils rencontrèrent la hyène. Elle regarda, surprise, tant de monde sur le sentier.

— Où allez-vous tous, ha-ha?

— Chez nos amis, dit Awa. Tu viens, si tu viens en paix?

La hyène plissa les yeux, puis détourna sa tête. Elle n'aimait pas la lumière des rires. Elle laissa passer la rivière de gens.

Au ruisseau, le héron s'inclina comme un maître de pont. Il montra encore les trois pierres. Tout le monde passa sans mouiller les genoux. Les vaches observèrent, avec des cloches timides. La tortue, au bord du chemin, hocha lentement la tête. Elle savait, elle aussi, que la patience porte loin.

Ils arrivèrent au village d'Awa. Les tambours se mirent à parler. Boum, boum. Boum, boum. Les anciens sous le baobab levèrent les bras.

— Soyez les bienvenus! Venez boire, venez manger, venez vous reposer.

Les enfants du village courant apportèrent des calebasses pleines d'eau claire. L'eau brillait comme un sourire liquide. Chacun buvait, chacun riait, chacun se sentait chez lui. On mit des plats de mil, des beignets, des noix. On étendit des nattes comme des rivières de paille.

Néné Fanta prit la main d'Awa.

— Tu as porté la parole jusqu'au bout. Tu as été le vent, tu as été la corde, tu as été le tambour. Regarde: aujourd'hui, nos deux villages n'en sont qu'un.

Awa sentit son cœur gonfler comme une voile. Elle regarda les gens assis ensemble, les pieds mêlés, les calebasses qui tournaient, les rires qui faisaient des ponts au-dessus des têtes. Elle pensa: “Quand on ouvre sa porte, le monde entre avec des cadeaux.”

Le soleil glissa derrière l'acacia, doré comme une mangue mûre. Le ciel devint rose, puis violet. Les femmes rangèrent les mortiers. Les hommes roulèrent les nattes. Les enfants bâillèrent, mais leurs yeux brillaient encore. On chanta une chanson simple, qui disait merci à l'eau, merci au chemin, merci aux cœurs ouverts.

Awa s'assit au pied du baobab. La calebasse vide reposait sur ses genoux, légère comme un nuage. Elle sourit au ciel. La nuit tendit ses oreilles. Alors, dans l'herbe fraîche, les petits griots cachés se mirent à jouer leurs violons invisibles. Les grillons, en chœur, chantèrent doucement, comme pour bercer la savane:

Cri-cri, cri-cri, cri-cri.

Sans publicité 3 € par mois

Envie d’une lecture sans interruption ? Soutenez Mes Histoires du Soir, retirez toutes les publicités et profitez d’autres avantages inclus dès 3 € par mois.

Voir les forfaits & tarifs
Partager

signaler un problème avec cette histoire

Qu'avez-vous pensé de cette histoire ?

Donnez votre avis en attribuant une note à cette histoire en fonction de ce que vous et/ou votre enfant en avez pensé. Merci par avance !

Merci ! Votre note a été prise en compte !

Note actuelle : 4.5 sur 5 (5 avis)

Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Calebasse
Un récipient en forme de fruit, souvent utilisé pour porter de l'eau ou des aliments.
Tambour
Un instrument de musique qui produit un son en étant frappé.
Puits
Un trou creusé dans le sol pour atteindre de l'eau.
Hyène
Un animal sauvage qui ressemble à un chien, connu pour son rire caractéristique.
Tortue
Un animal qui a une carapace dure et qui se déplace lentement.
Acacia
Un type d'arbre qui a des feuilles fines et des fleurs jaunes ou blanches.

Créez une histoire magique et unique pour votre enfant !

Créez en quelques minutes une aventure personnalisée où votre enfant devient le héros. Avec notre outil exclusif, c'est facile, gratuit et divertissant !

Créer une histoire

Téléchargez cette histoire :

Télécharger cette histoire en PDF Télécharger l'e-book (.epub)

À lire ensuite dans Contes africains pour 5 à 6 ans

Recevez de nouvelles histoires chaque dimanche soir !

Recevez 7 histoires passionnantes et captivantes, adaptées à l'âge et aux goûts de votre enfant, chaque dimanche à 17h*. C'est gratuit et garanti sans spam !
*E-mail envoyé à 17h, heure de Paris.
Nous n'aimons pas non plus le spam. Ainsi, nous ne vous enverrons que des histoires. Vous pourrez vous désinscrire quand vous le souhaiterez.