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Conte africain 5 à 6 ans Lecture 8 min.

La flamme qui danse sous le baobab

Aminata part à la recherche d'une légende cachée sous le baobab et découvre une flamme qui révèle les souvenirs et relie le village à son histoire.

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Aminata, femme adulte au visage rond et peau brun chocolat, sourit émerveillée en robe rouge vif, assise au pied d’un énorme baobab en touchant l’écorce et tenant une petite perle noire brillante; une fillette d’environ 8 ans aux couettes et pagne coloré est agenouillée à côté d’elle, mains jointes, regardant une petite flamme bleue qui danse au-dessus des racines et projette des silhouettes d’ancêtres en lueurs dorées; un garçon d’environ 6 ans en débardeur ocre est assis en tailleur, levant les yeux, et un griot âgé en boubou beige, au visage ridé et bâton sculpté, veille en retrait; nuit étoilée sous le baobab, sol de terre rouge, herbe courte, lueur dorée et bleutée dansante, ambiance intime aux contrastes chauds et froids et lumière douce et magique. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — Le rêve sous le baobab

Il y avait, au cœur d'un village qui sentait le sable chaud et le beurre de karité, un baobab si vieux qu'on disait qu'il tenait le ciel comme une grande marmite. Ses branches étaient des bras qui racontaient des histoires. Sous son ombre vivait Aminata, une jeune femme au sourire comme une petite rivière. Aminata aimait écouter. Elle aimait écouter les oiseaux qui chantaient comme des petites cloches, les enfants qui couraient comme des antilopes, et surtout les anciens qui tissaient les légendes comme on tisse un pagne.

Une nuit, la lune posa sa lampe sur les feuilles du baobab. La brise chuchota un secret. On racontait qu'au creux des racines dormait une légende : une flamme qui se souvient. Cette flamme, disait-on, pouvait faire danser le feu et montrer les visages des ancêtres. Aminata entendit et tint son rêve comme une graine chaude dans sa paume. Elle voulut vérifier si la légende était vraie. Son cœur battait comme un tam-tam, prêt à apprendre.

Les enfants du village la regardèrent partir. Ils savaient qu'Aminata était zélée, comme un oiseau qui n'arrête jamais de chercher la pluie. Elle prit un petit sac de calebasse, un bout de corde, une étoffe rouge et la douceur d'un chant appris au berceau. Elle alla s'asseoir au pied du baobab, les yeux ouverts comme deux fenêtres. Le baobab la regarda aussi, patient, et sembla dire : "Va, mais souviens-toi."

Chapitre 2 — Le chemin de la mémoire

Aminata suivit la piste des anciens pas. Le sol racontait : ici un pas de danse, ici un pas de chasse. Les ombres jouaient à cache-cache avec le soleil. Elle se souvenait des paroles du griot : "La mémoire est une rivière qui n'oublie pas les pierres." Aminata ramassa une pierre lisse et la mit dans son sac. Chaque pierre était une parole, chaque feuille un souvenir. Elle chantait doucement, et le chant guidait ses pas.

Sur le chemin, elle rencontra une vieille femme qui vendait des perles. La vieille avait des yeux comme des petits feux. Sans dire beaucoup, elle tendit à Aminata une perle noire. "Garde-la pour ne pas oublier", dit la vieille en souriant. Aminata prit la perle et sentit la force de la mémoire dans sa paume. Elle la glissa près du tissu rouge et marcha encore.

La nuit vint, et le ciel boucha le monde d'un grand voile de velours. Aminata s'arrêta près d'un ruisseau. Elle versa un peu d'eau pour écouter les histoires que l'eau chuchote. L'eau se souvenait des danses, des mariages, des colères et des réconciliations. Aminata se sentit plus riche de ces souvenirs. Elle savait que chercher la légende, c'était aussi prendre soin de ce que le temps n'efface pas.

Chapitre 3 — La rencontre avec la légende

Un matin, au réveil du jour, elle revint au baobab. Le soleil y avait allumé des auréoles. Les racines du baobab s'ouvraient comme des livres. Aminata posa sa main sur l'écorce, et l'écorce chanta sous ses doigts. Peu à peu, un souffle monta du sol, calme comme une chanson de berceau. De petites étincelles apparurent, timides comme des lucioles. Elles tournoyaient, se rassemblaient, et prenaient la forme d'une petite flamme bleue.

La flamme n'était pas comme celles des feux de cuisine. Elle était douce, claire comme un regard d'enfant, et elle brillait avec des images. Aminata vit des silhouettes qui se détachaient dans la lumière : des visages d'ancêtres, des mains qui plantaient, des mains qui cueillaient, des rires qui roulaient fort. La flamme montrait la vie du village, les histoires que la terre gardait. Aminata comprit : la flamme n'était pas seulement feu, elle était mémoire. Elle dansait pour rappeler, pour relier, pour réchauffer les cœurs oubliés.

Aminata resta silencieuse. Elle se souvenait des paroles du griot et du chant de la vieille femme. La perle noire dans son sac sembla vibrer. La flamme la regarda, puis descendit en une petite pluie d'étincelles sur la perle. La perle s'éclaira comme un soleil minuscule. Aminata sentit que la mémoire, comme une corde, reliait la flamme, la perle, le baobab et elle-même.

Chapitre 4 — Le feu qui danse

La nuit suivante, le village tout entier vint sous le baobab. Les enfants s'asseyaient comme des graines serrées, les anciens comme des tam-tams, et Aminata au milieu, comme une porte ouverte. La flamme se mit à danser. Elle tournait, bondissait, faisait des arabesques dans l'air. Elle était musique et lumière, un miroir qui reflétait les histoires. Les silhouettes des ancêtres souriaient et retournaient danser avec la flamme. Le feu dansait avec la mémoire, et la mémoire souriait au feu.

Personne ne parla beaucoup. Les gestes disaient tout. Les pieds frappaient le sol en rythme, les mains claquaient comme des petites pluies. Aminata leva les yeux. Elle vit les visages des anciens, jeunes à nouveau dans la lumière. Elle vit les enfants devenir les gardiens de demain. Son cœur se gonfla d'une chaleur douce, comme une soupe partagée.

Quand la flamme se calma, elle laissa derrière elle une lueur qui resta dans les yeux de chacun. Le village comprit que la légende était vraie : la mémoire vit, et elle danse quand on la nourrit. Aminata posa sa main sur la perle noire. Elle la tendit aux enfants, pour qu'ils gardent la flamme dans leurs poches, dans leurs chansons, dans leurs pas. Les enfants rient, la perle brillait. La mémoire passait comme un bâton de sagesse, de main en main.

Le baobab, majestueux, sembla soupirer de bonheur. Ses feuilles applaudissaient le vent. Aminata, fatiguée mais heureuse, sentit que son rêve s'était transformé en une vraie chaleur partagée. Elle avait vérifié la légende. Elle avait vu que la mémoire n'est pas lourde. Elle est légère comme un oiseau, et forte comme une racine. Elle est un feu qui danse pour rappeler qui nous sommes.

Le village retourna chez lui avec des étoiles dans les poches et des chants sur la langue. La flamme dansait encore dans leurs rêves, et le baobab garda la trace de cette nuit comme on garde un secret doux. Aminata s'endormit, le visage apaisé, sachant qu'elle avait donné au village un cadeau précieux : le souvenir vivant d'un feu qui danse, pour que jamais la mémoire ne s'éteigne.

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Légende
Une histoire très ancienne que les gens racontent depuis longtemps
Racines
Les parties de l'arbre qui restent dans la terre pour le tenir
étincelles
Petites lumières brillantes qui sortent d'un feu
Calebasse
Une grosse gourde dure utilisée pour porter ou garder des choses
Griot
Une personne qui raconte les histoires et les chansons du village
Perle noire
Une petite boule brillante et sombre que l'on peut tenir et garder
Mémoire
Tout ce que l'on garde dans la tête pour ne pas oublier
Tam-tam
Un grand petit tambour sur lequel on frappe pour faire de la musique
Pagne
Un morceau de tissu que l'on porte autour du corps
Berceau
Un petit lit pour un bébé qui se balance doucement
Arabesques
Des dessins ou mouvements qui tournent et font de belles formes
Silhouettes
Les formes foncées des personnes ou des choses que l'on voit

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