Chapitre 1
Le soleil se levait sur la plaine comme une pièce d'or posée sur un drap de poussière. Les herbes sèches frémissaient sous le vent, et, au loin, les collines bleutées semblaient dormir encore.
Mara ajusta son chapeau, puis posa la main sur la barrière du corral. Le bois était rugueux, tiède déjà. Son cheval, Cendre, reniflait l'air en secouant la crinière, impatient de partir. Sur la porte du ranch, un drapeau roulé attendait : les couleurs du ranch de la Mesa Rouge, un tissu solide, cousu par les femmes du camp, avec une étoile blanche au centre.
— Tu as l'air de partir à la guerre, lança une voix derrière elle.
C'était Eli, un garçon du ranch, pas plus âgé qu'elle de deux ans, mais déjà avec le regard sérieux de ceux qui ont trop vu la sécheresse et les troupeaux maigres.
— Je pars montrer qu'on tient debout, répondit Mara. À Fort Clay, ils doivent voir nos couleurs au rassemblement. Sinon, on dira que la Mesa Rouge se cache.
Eli eut un petit sourire, moitié moqueur, moitié admiratif.
— Et si quelqu'un essaie de te les voler ?
Mara déroula un coin du tissu, juste assez pour que l'étoile apparaisse.
— Qu'il essaye.
Le vieux contremaître, Jonas, s'approcha en boitant. Son visage était tanné comme une selle.
— Écoute-moi, Mara. La piste est longue. Il y a eu des orages au nord, la rivière a peut-être gonflé. Et… on parle de coupe-jarrets près du canyon.
Mara hocha la tête. Son ventre se serra, mais elle ne laissa rien paraître.
— Je ne suis pas seule, dit-elle en tapotant l'encolure de Cendre. Et j'ai mon cerveau.
Jonas lui tendit le drapeau, soigneusement enveloppé dans une toile.
— Présente-le bien haut. Pas pour faire la fière. Pour rappeler qu'on s'entraide, qu'on ne plie pas au premier coup de vent.
Mara glissa le paquet dans ses sacoches. Puis, avant de monter en selle, elle se pencha vers Eli.
— Tu gardes l'abreuvoir plein, hein ?
— Promis. Et toi… reviens.
Mara talonna Cendre. Les sabots claquèrent, puis s'enfoncèrent dans la terre. Le ranch rapetissa derrière elle, jusqu'à devenir un point brun au milieu de l'océan d'herbes.
Chapitre 2
La piste vers Fort Clay suivait d'abord une vallée ouverte. Le vent apportait l'odeur des pins brûlés et du cuir. Mara avançait d'un bon rythme, comptant ses réserves : une gourde, du pain dur, quelques tranches de viande séchée, une corde, et la toile avec les couleurs du ranch.
À midi, elle aperçut une silhouette près d'un bouquet de rochers. Un homme était assis, dos contre la pierre, les jambes allongées. Son chapeau était tombé à côté de lui. Un mulet broutait non loin, la corde traînant au sol.
Mara ralentit, la main proche de son lasso. Dans l'Ouest, on n'approche pas un inconnu sans réfléchir.
— Hé ! appela-t-elle.
L'homme leva la tête. Il était jeune, le visage pâle, et il grimaça comme si même regarder lui faisait mal.
— Je… je suis pas un bandit, murmura-t-il. J'me suis juste tordu la cheville.
Mara descendit de cheval, sans quitter ses mains des yeux.
— Comment tu t'appelles ?
— Toby. Je conduisais du courrier pour le relais. Mon mulet s'est effrayé, j'ai glissé… et voilà.
Il montra sa cheville enflée, rouge comme une braise. Mara s'accroupit.
— Tu peux marcher ?
— Si je marche, je crie. Et si je crie… les coyotes vont se moquer de moi, dit-il avec une tentative d'humour qui se termina en grimace.
Mara souffla. Elle avait une mission. Mais Jonas avait parlé d'entraide, et ses mots revenaient comme un clou qu'on ne peut pas retirer.
— D'accord, Toby. Je ne vais pas te laisser ici.
— Je ne veux pas te ralentir. Et puis, Fort Clay, c'est loin.
— Alors on va être intelligents.
Mara inspecta le mulet, puis ses sacoches. Elle trouva une bande de tissu, arracha une longue lanière à un vieux sac, et, avec précaution, elle enveloppa la cheville.
— Ça ne guérira pas, mais ça tiendra.
Toby serra les dents.
— Tu sais faire ça ?
— Quand tu grandis sur un ranch, tu apprends à réparer tout ce qui boite : clôtures, seaux, et parfois les gens.
Elle réfléchit, puis pointa du doigt.
— Tu montes sur le mulet. Moi sur Cendre. On ira plus lentement, mais on ira. Et si quelqu'un nous cherche des ennuis… on se tiendra l'un l'autre.
Toby déglutit.
— T'es courageuse.
— Non, dit Mara en le hissant comme elle put. Je suis pressée, et ça m'énerve de perdre du temps à avoir peur.
Ils repartirent. Le soleil chauffait la poussière, et les ombres des deux montures glissaient devant eux comme deux animaux noirs.
Chapitre 3
En fin d'après-midi, le terrain changea. La vallée s'étrangla, et des parois de pierre se dressèrent, hautes, striées de rouge et d'ocre. Le canyon avalait la lumière. Le vent y faisait un bruit de flûte cassée.
Toby jeta un regard inquiet.
— On devrait contourner.
Mara scruta le ciel. Des nuages s'amoncelaient au nord, lourds, sombres.
— Si on contourne, on perd une journée. Et l'orage nous rattrapera dans la plaine, sans abri.
Ils entrèrent dans le canyon. Les sabots résonnaient, et chaque bruit semblait doublé, comme si les rochers répétaient leurs secrets.
Au détour d'un passage étroit, trois cavaliers apparurent. Ils ne portaient pas de foulard de ranch, pas de marque connue. Juste des manteaux poussiéreux et des regards trop fixes.
Le premier, moustache fine, sourit sans joie.
— Eh bien… une dame et son petit facteur. Vous allez où comme ça ?
Mara sentit son cœur taper, mais sa voix resta stable.
— À Fort Clay.
— Avec de jolies sacoches, ajouta un autre. On pourrait vous alléger. Pour votre confort.
Toby bougea, maladroit sur le mulet. Mara posa une main sur son bras, discrète.
— Ne parle pas, souffla-t-elle.
Elle fixa les cavaliers.
— On n'a rien qui vous intéresse.
Le moustachu pencha la tête.
— Les gens qui disent ça mentent souvent.
Mara pensa au drapeau dans ses sacoches. Si on lui volait les couleurs, elle arriverait à Fort Clay avec les mains vides. La Mesa Rouge aurait l'air faible. Et Jonas… Jonas serait déçu.
Elle inspira, chercha autour d'elle. Le canyon était étroit, mais une corniche, à droite, montait vers une pente de cailloux. Au-dessus, une saillie de roche paraissait instable, comme un tas de pierres mal empilé.
Mara fit semblant de se résigner. Elle leva un peu les mains.
— Très bien. Prenez ce que vous voulez.
Le moustachu s'avança, confiant. Ses deux hommes le suivirent, rapprochant leurs chevaux.
Mara glissa alors sa main vers la gourde accrochée à la selle. Elle l'ouvrit d'un geste brusque et en jeta l'eau sur le sol poussiéreux, juste devant les sabots.
— Hé ! protesta le moustachu.
— Vous vouliez du confort, répondit Mara.
Elle talonna Cendre. Au même instant, le mulet de Toby, surpris, recula d'un pas. Les chevaux des bandits glissèrent sur la boue soudaine. Un sabot chassa, un autre s'emmêla. L'un des hommes lâcha un juron.
Mara tira sur les rênes et lança Cendre vers la corniche. Les cailloux roulèrent sous les sabots, mais Cendre grimpa comme un chat.
— Accroche-toi ! cria Mara à Toby.
Le mulet suivit, maladroit, mais Mara saisit sa corde et l'aida à se hisser. Les bandits, en bas, tentaient de reprendre le contrôle. Le moustachu leva son arme.
— Arrêtez !
Mara, déjà sur la pente, attrapa un petit rocher et le lança vers la saillie instable. Le caillou frappa, et, comme si la montagne avait retenu son souffle trop longtemps, plusieurs pierres se détachèrent.
Un grondement sec. Un éboulement court, violent, s'abattit dans le passage étroit, soulevant un nuage de poussière. Pas de quoi enterrer un homme… mais assez pour bloquer le chemin et effrayer les chevaux.
Les bandits reculèrent en toussant, leurs montures nerveuses.
— T'es folle ! hurla le moustachu.
Mara répondit, la voix portée par l'écho :
— Non. Je suis juste de passage.
Elle et Toby prirent un sentier de chèvre qui serpentait au-dessus du canyon. Le vent leur fouettait le visage, et la poussière leur collait aux lèvres, mais ils étaient vivants.
Toby éclata d'un rire essoufflé.
— Tu viens de faire tomber une montagne !
— Une petite colère de pierre, corrigea Mara. Ne t'habitue pas. Ça ne marche pas deux fois.
Chapitre 4
La nuit tomba vite, avalant les couleurs. Ils trouvèrent un renfoncement sous un rocher, assez large pour s'abriter. Mara fit un feu discret, juste une petite flamme, et couvrit une partie avec des pierres pour qu'elle ne se voie pas de loin.
Toby mangea un morceau de viande séchée en faisant une grimace.
— On dirait du cuir de botte.
— C'est peut-être une botte, dit Mara. Sur un ranch, on recycle.
Il rit, puis son visage se fit plus grave.
— Pourquoi tu tiens tant à apporter ce drapeau ?
Mara fixa les braises. Elles crépitaient comme des petites voix.
— Parce que les autres ranchs veulent racheter nos terres. Ils disent qu'on n'a pas assez d'eau, pas assez de bétail. Si on ne se montre pas au rassemblement, ils diront qu'on abandonne. Et si on abandonne… tout le monde ici perd sa place.
Toby hocha la tête, lentement.
— Le courrier, c'est pareil. Si je ne livre pas, les gens pensent qu'ils sont oubliés. Une lettre, ça tient un lien. Ça dit : “Tu comptes.”
Mara releva les yeux.
— Alors on est deux à tenir des liens.
Un grondement lointain leur répondit. L'orage approchait. Des éclairs pâles éclairaient le ciel comme des fissures.
Ils repartirent avant l'aube, quand l'air est encore froid et que les rêves collent aux paupières. La rivière qu'ils devaient traverser apparut bientôt, gonflée, brune, rapide. L'eau roulait des branches et des morceaux de feuilles, et son bruit ressemblait à une dispute sans fin.
Toby pâlit.
— On ne passera jamais.
Mara observa. Plus loin, un arbre était tombé en travers, formant un pont naturel, mais il bougeait au rythme de l'eau.
— On n'a pas le choix. On va le faire ensemble.
Elle descendit, attacha une corde autour de sa taille et l'autre bout à la selle de Cendre. Puis elle passa la corde autour du mulet, pour que les deux bêtes restent reliées.
— Si l'un glisse, l'autre le retient. Et si je tombe, tu tires de toutes tes forces.
— Avec ma cheville ? protesta Toby.
— Tu tireras avec ta fierté, alors.
Ils avancèrent. Mara posa le pied sur le tronc humide. Il était glissant, couvert de mousse. L'eau rugissait juste en dessous, prête à avaler une erreur.
Cendre fit un pas, puis un autre, les oreilles en arrière. Le mulet hésita. Toby tremblait, mais il parla doucement à l'animal, comme s'il racontait une histoire.
— Allez, vieux. Imagine que c'est juste une rue de Fort Clay… avec un peu plus d'eau.
Le mulet souffla, puis posa ses sabots sur le tronc. Le bois craqua. Mara sentit la corde se tendre. Elle avançait lentement, les yeux fixés sur la rive opposée.
Un moment, le mulet glissa. Toby poussa un cri, mais Mara planta ses talons, tira sur la corde. Cendre, solide, se bloqua. Toby, les mains crispées, tira aussi, le visage tordu d'effort.
Le mulet retrouva l'équilibre.
— Ça va ! haleta Toby.
— Continue, ordonna Mara, le souffle court.
Ils atteignirent l'autre rive, trempés de sueur et d'éclaboussures. Mara s'agenouilla un instant, posa la main sur la terre ferme, comme pour vérifier qu'elle existait.
Toby la regarda, admiratif.
— On l'a fait.
Mara essuya une goutte sur son front.
— On l'a fait parce qu'on a tiré ensemble.
Chapitre 5
Fort Clay apparut en fin de journée : des bâtiments en bois, une palissade, des toits de tôle qui renvoyaient le soleil. L'air y sentait le fer, la fumée et le pain chaud. Des charrettes passaient, des chevaux piaffaient, et des voix se croisaient comme des balles de ping-pong.
Sur la place principale, plusieurs ranchs avaient déjà planté leurs couleurs. Des drapeaux claquaient au vent : des bandes vertes, des cercles noirs, des symboles peints à la main. Des gens se rassemblaient, curieux.
Mara sentit sa gorge se serrer. Ses bottes étaient pleines de poussière, ses bras lourds, mais ses yeux brillaient.
— On y est, murmura Toby.
Ils traversèrent la foule. Certains regardaient Mara avec surprise : une jeune femme en tête, seule en apparence, avec un drapeau à porter. D'autres, surtout des cow-boys plus âgés, hochèrent la tête comme s'ils reconnaissaient quelque chose dans sa démarche.
Un homme au gilet propre, moustache épaisse, se posta devant elle.
— Qui représentez-vous ?
— Le ranch de la Mesa Rouge, dit Mara.
Il eut un petit silence. Un sourire glissa sur son visage, pas forcément gentil.
— On pensait que vous ne viendriez pas.
Mara défit la toile et sortit le drapeau. L'étoile blanche apparut, nette, fière. Elle sentit tout à coup le poids de ceux qui l'avaient cousu, les doigts piqués par l'aiguille, les discussions tard le soir.
Elle grimpa sur une caisse, planta le mât dans un support prévu, et leva bien haut les couleurs. Le tissu se déploya d'un coup, claquant comme une réponse.
Autour, des murmures. Quelqu'un applaudit. Puis un autre. Même ceux qui n'aimaient pas la Mesa Rouge ne pouvaient pas nier la présence du drapeau. Il était là, dans le vent, et il disait : “Nous sommes encore debout.”
Mara descendit. Ses jambes tremblaient, mais elle se tenait droite.
Toby, à côté d'elle, souffla :
— Mission réussie.
— Pas encore, répondit Mara en voyant l'homme au gilet se rapprocher.
— Vous arrivez avec un blessé, dit-il en regardant Toby. Et sans escorte. Drôle de choix.
Mara croisa son regard, calme.
— Ce n'est pas un choix. C'est la route. Et sur la route, on aide. Sinon, on finit seul dans un canyon.
Un vieux rancher, qui avait tout entendu, s'approcha. Il portait un foulard délavé et un sourire fatigué.
— Elle a raison, dit-il. J'ai connu la Mesa Rouge. Ils donnent de l'eau aux voyageurs quand les autres ferment leurs puits. Le drapeau a sa place ici.
L'homme au gilet gronda, mais il se retira. Toby laissa échapper un rire discret.
— Tu viens de gagner un allié.
Mara regarda le vieux rancher s'éloigner.
— Non. Je crois que j'ai juste rappelé quelque chose que tout le monde sait… et qu'on oublie trop souvent.
Ils conduisirent Toby au relais du courrier. Une femme costaud, tablier plein de farine, s'exclama en le voyant.
— Toby ! Par les moustaches du shérif, où étais-tu ?
— J'ai fait une pause… très longue, dit-il.
Mara expliqua rapidement. La femme posa une main ferme sur l'épaule de Mara.
— Merci. Ici, les mots voyagent parce que des gens comme toi ne regardent pas ailleurs.
Mara eut un sourire, un peu gênée.
— J'avais juste besoin d'un peu d'aide moi aussi. Il a tiré sur la corde.
Toby leva les mains.
— Avec ma fierté, comme elle dit.
Chapitre 6
Le lendemain matin, le vent était plus doux. La place de Fort Clay s'éveillait lentement. Les drapeaux flottaient, et celui de la Mesa Rouge claquait d'un bruit sec, rassurant.
Mara se tenait un peu à l'écart, près de l'abreuvoir. Cendre buvait, tranquille. Toby, la cheville bandée, s'approcha en boitant mais avec un air plus léger.
— Le médecin a dit que je garderai mon pied, annonça-t-il comme s'il parlait d'un trésor.
— Bonne nouvelle. Ça t'évitera de sauter sur un seul pied toute ta vie. Tu serais ridicule, dit Mara.
— Je suis déjà ridicule, protesta-t-il. Mais au moins, je livre le courrier.
Ils restèrent un moment silencieux, à écouter les bruits de la ville : des marteaux, des rires, un harmonica au loin.
Toby regarda la route qui repartait vers l'ouest.
— Tu repars quand ?
Mara inspira. Elle regarda les couleurs du ranch, puis la poussière du chemin.
— Tout de suite. Le drapeau est là. Il parlera pour nous. Moi, je dois rentrer.
Toby fouilla dans sa sacoche et sortit une petite enveloppe, scellée.
— Tiens. C'est pour Jonas. Un reçu du relais, et… une note du shérif. Il promet de surveiller les bandits du canyon. Il a dit que “la dame de la Mesa Rouge” avait du cran.
Mara prit l'enveloppe, touchée malgré elle.
— Dis au shérif qu'il surveille aussi les pierres. Elles ont mauvais caractère.
Toby éclata de rire, puis son sourire s'adoucit.
— Merci, Mara. Pour la rivière. Pour le canyon. Pour ne pas m'avoir laissé.
Mara serra l'enveloppe dans sa main. Elle sentit un nœud dans sa poitrine, étrange et calme.
— On se reverra, dit-elle.
— Peut-être. Les routes font ce qu'elles veulent.
Mara monta sur Cendre. Elle jeta un dernier regard à Fort Clay, aux drapeaux, aux gens qui vaquaient. Puis elle regarda Toby.
— Prends soin de ta cheville. Et de tes lettres.
— Prends soin de ton étoile, répondit-il.
Mara fit tourner Cendre vers la piste. Le cheval partit au pas, tranquille. Le bruit de la ville s'éloigna derrière elle, remplacé par le souffle du vent dans les herbes.
Elle ne se retourna pas tout de suite. Elle laissa la poussière retomber, la distance faire son travail. Puis, quand Fort Clay ne fut plus qu'une tache claire au loin, elle souleva deux doigts en guise de salut, comme on le fait entre gens qui se comprennent.
Et elle continua, dans le grand Ouest, vers un ranch qui l'attendait, le cœur solide, l'esprit en alerte, et un adieu calme posé derrière elle comme une couverture sur une nuit froide.