Chapitre 1 — L'idée qui chatouille
Au pays d'Herbechou, tout le monde sait que Milo le renard adore bricoler. Mais ce matin-là, Milo avait une idée plus brillante que sa queue au soleil : fabriquer une horloge de sable doré, qui donnerait l'heure de la rigolade à tout le village.
Il se dressa sur ses pattes, une cuillère derrière l'oreille comme s'il était déjà un grand inventeur. Il courut chez Coco la pie, la spécialiste des objets bizarres.
« Coco ! Tu as déjà vu du sable doré ? » demanda Milo en se penchant par la fenêtre de son atelier.
Coco fit tournoyer ses plumes argentées. « Du sable doré ? Juste entre ce caillou qui sent la pomme et ma collection de boutons rigolos ! »
Milo gloussa. « Tu me le montres ? J'ai une super idée pour une horloge de génie ! »
Coco s'exclama : « Génie ?! Attends, je mets mon chapeau à idées saugrenues ! »
En trois bonds, elle attrapa un chapeau en forme d'orange (personne ne sut jamais pourquoi) et fit signe à Milo d'entrer. « Laisse-moi fouiller dans mon tiroir magique... »
Coco ouvrit grand son tiroir, en sortit... une chaussette mouillée, un harmonica coincé et enfin, un petit bocal de sable qui brillait comme mille soleils miniatures.
Milo ouvrit des yeux ronds. « Par tous les chapeaux de hérisson, c'est parfait ! Tu me le prêtes ? »
Coco fit la moue. « Hum... seulement si tu promets de me laisser lire l'heure sur ton horloge. »
Milo tapa dans la patte de Coco. « Promis juré, je t'inviterai pour le premier tic-tac ! »
Chapitre 2 — Bazar chez les castors
Pour construire son horloge, il fallait plus que du sable. Il fallait du verre, solide mais joli. Chez les castors, on fabrique des tas de trucs en verre, surtout des bocaux rigolos.
Milo fila donc chez les castors frères : Gaston et Riton. Sur la porte, une pancarte disait : « Attention, inventions en cours ! »
Il toqua. Gaston surgit, la moustache pleine de savon. « Tu veux un bocal-chapeau, un bocal-tasse ou un bocal-boussole ? »
« Une horloge de sable doré ! » répondit Milo.
Riton sortit la tête de la fenêtre. « Une horloge ? Mais tu veux qu'elle fasse “coucou”, “ding-dong” ou “pfiou-pfiou” ? »
Milo éclata de rire. « Qu'elle fasse surtout “sourire” et “ah-ah !” »
Les castors sautèrent de joie et installèrent leur atelier en un clin d'œil. Mais voilà que Gaston confondit la farine et la colle, Riton fit tomber un bocal qui devint, pouf, une pantoufle transparente. Milo s'agita, cherchant des idées dans sa queue.
« Oh et si on utilisait la pantoufle comme socle ? » proposa-t-il.
« Ingénieux ! » dirent les castors.
Tout le monde se mit au travail en chantonnant. En quelques coups de marteau-magique, la base de l'horloge était prête. Il ne manquait plus que les aiguilles.
Chapitre 3 — Des aiguilles qui font la fête
Pour les aiguilles, seul Arsène le hérisson pouvait les fabriquer. Ses piquants étaient connus pour être bien droits et toujours polis.
Milo se rendit chez lui avec la pantoufle-bocal et le sable doré.
« Arsène, j'ai besoin de deux aiguilles très spéciales. Il faut qu'elles montrent l'heure... mais aussi qu'elles sachent danser ! »
Arsène, caché derrière un livre sur les tartes à la mousse, releva ses lunettes. « Danser, tu dis ? Ça, ça m'amuse ! »
Il sortit deux de ses vieux piquants (ceux qui chatouillaient trop pour dormir). « Ces deux-là adorent faire la fête, tu verras ! »
Il fixa les piquants sur l'horloge, et aussitôt, les aiguilles se mirent à tourner en valsant. Elles tournoyaient chaque fois que quelqu'un riait.
Coco arriva, toute excitée. « Ooooh, c'est déjà l'heure de la blague ? »
Gaston et Riton débarquèrent aussi. « On a apporté du jus de framboise pour la pendaison d'horloge ! »
Tous regardèrent Milo, qui versa délicatement le sable doré dans la pantoufle-bocal. L'horloge scintilla, les aiguilles gigotèrent, et même la pantoufle sembla sautiller.
Chapitre 4 — Le bal des quiproquos
Mais soudain, patatras ! Un courant d'air facétieux fit s'envoler le couvercle. Le sable doré sauta hors de l'horloge, tourbillonna dans l'air et retomba... dans les poils de Gaston, sur le bec de Coco et jusqu'au pique-nique de Riton.
« Oh non, mon sable doré ! » cria Milo, affolé.
Coco se secoua, des paillettes plein le visage. « Ce n'est pas grave, Milo, regarde ! Ton sable nous a transformés en animaux précieux ! »
Riton croqua un sandwich devenu doré. « Même mon fromage a l'air de sortir d'un conte ! »
Arsène éclata de rire. « Peut-être que l'horloge devait partager sa magie avec tout le monde, pas seulement donner l'heure. »
Milo sourit, rassuré. Il ramassa le reste du sable, le remit dans l'horloge et, d'un clin d'œil, déclara : « Dorénavant, chaque tic-tac sera une blague à partager ! »
Chapitre 5 — Confettis et éclats de rire
Le soir, tous les amis se réunirent autour de l'horloge scintillante. Les aiguilles dansaient la farandole, la pantoufle-bocal brillait, et le sable doré lançait des reflets partout.
Coco lança : « On déclare l'horloge du rire ouverte ! »
Milo, rayonnant, souffla sur le bocal : un nuage de confettis dorés s'envola et retomba en pluie joyeuse sur chacun.
Gaston éclata de rire : « C'est l'heure du bonheur ! »
Riton dansa avec la pantoufle vide, Arsène fit la roue et Coco improvisa une chanson rigolote.
Tous les amis, dorés et heureux, comprirent que parfois, les plus belles inventions sont celles qu'on partage. Et à chaque tic, à chaque tac, une blague, un sourire, un éclat de rire s'envolait... avec une poignée de confettis.