Une matinée froide
Léa se réveille. Dehors, tout est blanc. La fenêtre montre des petits flocons qui tombent doucement. Léa a quatre ans. Elle bâille et serre son doudou. Sa maman entre dans la chambre avec un sourire chaud.
"Bonjour, mon trésor," dit la maman. "Veux-tu une grosse écharpe et des gants ?"
Léa met son bonnet. Elle regarde la neige et sent l'air frais sur son nez. C'est froid, mais beau. Les arbres sont comme des bonhommes tout blancs. Les pas dans la neige crissent sous les bottes. Léa rit. Le bruit est doux comme du papier froissé.
Ils vont au parc. Léa marche avec sa petite pelle. Elle voit une branche couverte de givre. Elle touche doucement. C'est froid et chatouilleux. Elle fait une petite boule de neige avec ses mains. Ses doigts deviennent tout rouges, mais elle ne pleure pas. Sa maman lui tend ses gants. Le froid devient un jeu.
Un après-midi de bricolage
De retour à la maison, la cuisine sent la soupe. La maman prépare des toasts chauds. Léa s'assoit sur une chaise et dépose ses petits trésors sur la table : un cœur en papier rouge, un dessin de soleil, une fleur faite avec des boutons, et une petite étoile en carton peint.
"On range tout dans une boîte souvenir ?" propose la maman.
"Oui !" dit Léa. Elle aime l'idée de garder. Elle pose chaque bricolage avec soin. Elle souffle doucement sur l'étoile pour enlever la poussière. Elle colle un dessin dans la boîte. Elle colle un autre. Elle chante doucement une chanson.
La boîte est en carton décoré. Elle est rose avec des pois dorés. Léa ferme le couvercle et le serre contre elle. La boîte est chaude comme un secret.
Après le goûter, la maman propose un jeu. Elles prennent des feutrines, des boutons et de la laine. Elles fabriquent une petite carte pour la grand-mère. Léa colle une pompon en forme de flocon. Sa langue sort un peu, concentration. Sa maman sourit et dit : "Bravo, ma petite artiste."
Léa est fière. Elle montre la carte à son papa qui revient du travail. Il la prend dans ses bras. "Tu as si bien travaillé," dit-il. Léa sent son cœur qui bat fort et doux.
La promenade au crépuscule
Le jour devient court. Le ciel se colore en rose et en orange. Les lampadaires s'allument. Léa met son manteau. La neige crisse encore. Le soir, tout semble plus calme. Les oiseaux se sont tus. Les maisons ont des lumières comme des petits yeux.
Léa marche près de la main de sa maman. Parfois elle court un peu pour voir sa vapeur sortir de sa bouche. Elle rit à nouveau. "On dirait de la fumée de petit dragon," dit-elle.
Soudain, Léa voit un petit chaton sur le pas d'une porte. Il tremble un peu. Léa voudrait le prendre, mais il est loin. Sa maman lui explique : "Le chaton est chez sa voisine. Il est bien, il a une couverture."
Léa souffle. Elle ressent un petit pincement dans sa poitrine. Elle n'aime pas voir quelqu'un qui a froid. Sa maman la regarde et dit doucement : "C'est normal de ressentir ça. Parler de ton sentiment peut aider."
Léa se souvient de la boîte. Elle a fait un dessin pour dire merci. Elle a aussi fabriqué une petite écharpe en papier pour sa poupée. Elle comprend qu'elle peut dire ce qu'elle ressent.
Assise sur un banc, Léa prend la main de sa maman et dit : "J'avais peur pour le chaton. J'étais triste."
Sa maman lui caresse la joue. "Merci d'avoir dit ce que tu ressens. Tu as eu du courage."
Léa sent comme un petit soleil dans son ventre. Dire ses émotions l'aide à se sentir mieux. Sa maman ajoute : "Et ton cœur a été courageux aujourd'hui. Tu as pris soin de tes bricolages et tu as partagé ta gentillesse."
La nuit douce
De retour à la maison, la lampe du salon est chaude. Elles ouvrent la boîte souvenir. Léa regarde tout ce qu'elle a fait. Elle sort la petite étoile en carton. Elle la tient contre sa joue. Elle sourit.
Avant d'aller se coucher, Léa raconte son après-midi. "J'ai mis mes bricolages dans la boîte. Et j'ai dit que j'étais triste pour le chaton," dit-elle.
"Et comment tu te sens maintenant ?" demande la maman.
"Je me sens fière," répond Léa. Elle ferme les yeux. La couverture est douce. La maison sent la soupe et le pain chaud. Dehors, la neige continue de tomber, lente et légère.
Léa pense au matin, aux flocons, au bricolage, au chaton. Elle pense au mot courage. Elle a appris qu'on peut avoir peur, puis parler, puis se sentir mieux. Elle serre la boîte contre elle comme un trésor.
Dans son lit, elle entend un petit pas, un bisou sur le front, et la voix de sa maman qui chuchote : "Bonne nuit, mon courageux trésor."
Léa sourit. Elle s'endort doucement, emmitouflée, apaisée et fière.