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Histoire de voyage dans le temps 7 à 8 ans Lecture 21 min.

La boîte qui tictaque et le parc des mémoires

Zoé et son ami Samir découvrent chez Mamie Lou une boîte qui permet de visiter le Parc des Mémoires, où les arbres gardent des souvenirs, et, guidés par Madame Lierre, ils partent à la recherche d’un souvenir volé tout en respectant les règles du temps.

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Zoé, 8 ans, cheveux châtain clair en tresses et visage tacheté de rousseur, s'accroupit, émerveillée, main près d'une petite feuille-lumière qui flotte; Samir, garçon d'environ 8 ans aux cheveux noirs, penché derrière elle avec une lampe de poche en poche, observe curieusement; Madame Lierre, femme âgée au chapeau de jardin et manteau vert tenant un arrosoir, sourit près d'un tilleul immense au tronc sculpté et aux feuilles lumineuses; une bille opaline miroitante repose malicieusement dans l'herbe près des racines; l'atmosphère est gaie et réparatrice, tons verts profonds, jaunes doux et touches de bleu, la feuille-lumière fusionne doucement avec le tronc tandis que Zoé dit « merci » et la couleur revient dans la partie grise du parc. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : La boîte qui tictaque

Zoé avait sept ans et un regard qui aimait tout remarquer. Dans la cour, elle voyait les fourmis tracer des routes. Dans le salon, elle entendait la pendule faire “tic… tac…” comme si elle chuchotait un secret.

Ce mercredi-là, il pleuvait doucement. Zoé était chez sa grand-mère, Mamie Lou, dans une maison qui sentait la confiture et le bois chaud. Zoé s'ennuyait un peu, mais pas longtemps : l'ennui, chez elle, se transformait vite en curiosité.

Sur une étagère, une petite boîte en métal brillait. Elle n'était pas très grande, juste assez pour tenir dans deux mains. Elle avait une molette, un bouton vert, et une étiquette écrite au feutre : “À utiliser avec prudence et sourire”.

Zoé leva les yeux vers Mamie Lou.

« Mamie, c'est quoi, ça ? »

Mamie Lou haussa un sourcil, puis sourit comme si elle attendait cette question depuis longtemps.

« Ah… la boîte qui tictaque. Tu l'as trouvée. »

« Elle fait vraiment tic-tac ? »

Mamie Lou posa la boîte sur la table. Quand elle la toucha, un “tic… tac…” très discret commença, comme le pas d'un petit insecte.

Zoé ouvrit de grands yeux.

« C'est un jouet ? »

« Pas tout à fait. C'est un outil. Un outil pour… visiter le temps. »

Zoé resta bouche ouverte, puis la referma vite, comme si les mots pouvaient entrer trop vite.

« Visiter le temps… comme visiter un musée ? »

« Un peu. Sauf que le musée, c'est le monde. Et les salles, ce sont les moments. »

Zoé se pencha.

« Et on peut aller où ? »

Mamie Lou prit une feuille et dessina un trait, puis un autre au-dessus.

« Ici, c'est aujourd'hui. Et là, c'est hier. Et plus loin, c'est demain. Mais attention, Zoé : on ne doit pas changer les choses. On observe. On apprend. On respecte. »

Zoé hocha la tête, très sérieuse, comme une petite scientifique.

On frappa à la porte. C'était Samir, le voisin du dessus, huit ans et demi, toujours avec une petite lampe dans sa poche “au cas où”. Il adorait les plans, les cartes, et poser des questions encore plus vite que Zoé.

« Salut ! J'ai entendu… enfin… j'ai cru entendre “visiter le temps” ? » dit-il en entrant, l'air de ne pas vouloir rater une aventure.

Zoé se tourna vers lui, fière.

« Mamie a une boîte qui tictaque ! Elle sert à voyager dans le temps ! »

Samir plissa les yeux, intéressé.

« Je suis prêt. Mais… on met un casque ? »

Mamie Lou rit doucement.

« Pas de casque. Juste une règle : pas de bêtises. Et une deuxième : si vous voyez votre vous d'un autre moment… vous ne lui parlez pas. »

Zoé fronça le nez.

« Pourquoi ? »

« Parce que ça fait des nœuds dans l'histoire. Un nœud, c'est compliqué à démêler. »

Samir leva un doigt.

« Donc, on fait comme des chats dans une vitrine : on regarde, mais on ne touche pas. »

« Exactement, » dit Mamie Lou.

Mamie Lou appuya sur le bouton vert. Le “tic-tac” devint plus rapide. L'air autour de la boîte vibra comme un petit bourdonnement de moustique, mais en gentil.

Sur la table, un cercle de lumière apparut. Pas une lumière qui brûle, plutôt une lumière qui chatouille les yeux. À l'intérieur, on voyait… un parc. Un parc avec des arbres énormes, des bancs, et une grande allée. Mais l'image bougeait un peu, comme une flaque d'eau.

Zoé chuchota :

« On dirait notre parc… mais pas pareil. »

Mamie Lou prit une grande inspiration.

« C'est le Parc des Mémoires. Les arbres y gardent la mémoire. »

Samir cligna des yeux.

« Les arbres… ont des souvenirs ? »

« Oui. Pas comme nous. Ils se souviennent avec leurs cernes, avec leur écorce, avec l'air qui les entoure. »

Zoé sentit son cœur battre, pas de peur, plutôt d'excitation.

« On y va ? »

Mamie Lou posa sa main sur l'épaule de Zoé.

« D'accord. Mais vous revenez dès que je dis “retour au présent”. Et vous gardez vos mains dans vos poches… sauf si je vous dis le contraire. »

Samir glissa ses mains dans ses poches comme un soldat.

« Mains en sécurité. »

Zoé prit la main de Samir. Ensemble, ils posèrent un pied dans le cercle de lumière. Ça fit comme entrer dans un rayon de soleil tiède.

Le salon disparut. Le “tic-tac” devint un souffle. Puis… plus rien, sauf le chant des oiseaux.

Ils étaient dans le parc.

Chapitre 2 : Le Parc des Mémoires

Le parc était très vert, très clair. Le ciel avait la couleur d'un bleu neuf, comme un cahier qui n'a pas encore été gribouillé. Les arbres semblaient plus grands que dans le parc de Zoé, et surtout… ils semblaient attentifs. Comme s'ils regardaient aussi.

Zoé tourna sur elle-même.

« On est où, exactement ? »

Samir sortit sa petite lampe par réflexe, puis la rangea aussitôt.

« Il fait trop jour pour ma lampe. »

Zoé rit.

Un panneau en bois indiquait : “Parc des Mémoires — Merci de marcher doucement”. Juste en dessous, une phrase gravée disait : “Ici, le passé pousse en feuilles.”

Zoé s'approcha d'un grand chêne. Son tronc était énorme, avec une écorce pleine de dessins naturels.

« Il a l'air… vieux. »

Samir posa l'oreille contre le tronc.

« J'entends… rien. »

Zoé fit pareil. Au début, rien. Puis, très faiblement, comme une musique lointaine, elle entendit des bruits : des rires, des pas, une clochette.

Zoé se recula.

« J'ai entendu quelqu'un rire ! »

Samir fit de grands yeux.

« Moi aussi ! Comme si… le bois avait enregistré un souvenir. »

Zoé plissa les yeux vers les branches.

« Alors… si on écoute, on peut… entendre le passé ? »

Une voix douce derrière eux répondit :

« Oui. Mais seulement si vous écoutez avec patience. »

Ils se retournèrent.

Une dame était là, avec un chapeau de jardin et un manteau vert. Elle tenait un arrosoir, mais il n'y avait pas de fleurs autour, seulement des arbres.

Samir murmura :

« C'est la gardienne du parc ? »

La dame sourit.

« On m'appelle Madame Lierre. Je veille sur les arbres-mémoires. Et vous… vous n'êtes pas d'ici. »

Zoé avala sa salive, puis se rappela que c'était une aventure gentille.

« On vient… d'un autre moment. On observe. »

Madame Lierre hocha la tête, sans surprise.

« Alors vous connaissez la règle : on ne change rien. »

Samir acquiesça.

« Oui, madame. Promis. »

Madame Lierre leur fit signe d'avancer.

« Venez. Je vais vous montrer comment le parc garde les souvenirs. »

Ils marchèrent sur une allée de gravier. Les cailloux craquaient sous leurs chaussures comme de petits biscuits.

Ils arrivèrent devant trois arbres alignés. Un bouleau, un pin, et un tilleul.

« Chaque arbre garde un type de mémoire, » expliqua Madame Lierre. « Le bouleau garde les petits gestes. Le pin garde les grands événements. Et le tilleul… garde les mots. »

Zoé chuchota :

« Les mots… comme les secrets ? »

« Comme les promesses, les excuses, les mercis, » répondit Madame Lierre.

Zoé se sentit soudain très intéressée par le tilleul. Elle posa sa main sur le tronc… puis la retira vite, en se souvenant de la règle. Elle mit plutôt son oreille.

Et là, elle entendit une phrase, très claire, comme si quelqu'un la disait juste derrière elle :

« Merci d'être venue me voir. »

Zoé se redressa, surprise.

« Quelqu'un a dit merci ! »

Samir écouta aussi.

« Je l'entends ! Mais… ce n'est pas une voix d'aujourd'hui. »

Madame Lierre sourit, contente.

« Bien. Vous commencez à capter. Ici, les arbres ne parlent pas au présent. Ils rejouent le passé, comme un livre qu'on rouvre. »

Zoé regarda autour d'elle.

« Et on est… dans quel passé ? »

Madame Lierre fit tourner doucement son arrosoir, comme si elle mesurait le temps.

« Aujourd'hui, vous êtes tombés sur un jour spécial : le jour du “Petit Paradoxe”. »

Samir se redressa.

« Un paradoxe ? C'est un… problème de temps ? »

Madame Lierre répondit simplement :

« C'est quand deux moments veulent prendre la même place, et qu'ils se chamaillent un peu. Ici, ça arrive parfois. Mais ne vous inquiétez pas : ce parc aime réparer les nœuds. »

Zoé sentit un frisson, mais un frisson de mystère, pas de peur.

« Et le petit paradoxe, il fait quoi ? »

Madame Lierre pointa un banc vide.

« Il a volé un souvenir important. Un souvenir de gratitude. Et sans lui, le parc devient… un peu gris. »

Samir regarda les feuilles.

« Je crois que c'est vrai. Là-bas, c'est moins vert. »

Zoé suivit son regard. Une zone du parc avait des couleurs plus fades, comme si quelqu'un avait effacé un peu de peinture.

Zoé demanda :

« On peut le retrouver, ce souvenir ? »

Madame Lierre posa son arrosoir.

« Oui. Et vous pourriez m'aider. Mais sans courir après le temps. Juste en observant bien. Les paradoxes se cachent dans les détails. »

Samir chuchota à Zoé :

« On est des détectives de moments. »

Zoé sourit.

« Des détectives gentils. »

Madame Lierre les mena vers la zone grise. Plus ils s'approchaient, plus l'air semblait silencieux. Même les oiseaux chantaient moins, comme s'ils cherchaient leurs notes.

Au pied d'un érable, une petite chose brillait : une feuille, mais pas une feuille normale. Elle semblait faite de lumière, comme un souvenir plié.

Zoé s'accroupit, sans la toucher.

« On dirait… une feuille-temps. »

Samir hocha la tête.

« Si je la touchais, elle pourrait… se déplacer. Donc on ne touche pas. On observe. »

La feuille de lumière trembla, puis glissa doucement vers un autre arbre, comme si elle flottait sur une brise invisible.

Zoé la suivit des yeux.

« Elle nous montre le chemin. »

Madame Lierre approuva.

« Très bien. Le souvenir volé essaie de rentrer à la maison. Le petit paradoxe l'a seulement… égaré. »

Ils marchèrent, en suivant la feuille-temps. Elle tournait à gauche, puis à droite, toujours juste assez vite pour qu'ils la gardent en vue.

Samir murmura :

« C'est comme jouer à “suis-moi”… avec un bout de passé. »

Zoé répondit :

« Sauf qu'ici, le passé marche en chaussettes, pour ne pas faire de bruit. »

Madame Lierre rit.

« J'aime bien cette image. »

Tout à coup, la feuille-temps s'arrêta devant un arbre plus petit, un jeune pommier. Ses branches semblaient hésiter, comme si elles ne savaient pas dans quelle direction pousser.

Zoé pencha la tête.

« Lui, il a l'air… perdu. »

Madame Lierre posa une main près du tronc, sans le toucher.

« C'est là que le paradoxe se cache souvent : près de ce qui grandit. Parce que grandir, c'est déjà un voyage dans le temps. »

Samir scruta l'herbe.

« Je vois quelque chose… là ! »

Entre deux racines, un petit objet rond, comme une bille, scintillait. Il n'avait pas l'air dangereux, plutôt malicieux. Et il tremblotait, comme s'il riait sans faire de son.

Zoé chuchota :

« C'est le paradoxe ? »

Madame Lierre acquiesça.

« Oui. Il prend souvent la forme d'une “bille-entre-deux”. Ni tout à fait passée, ni tout à fait future. »

La bille fit un petit bond, comme pour s'échapper. Mais elle resta sur place, comme si elle attendait qu'on lui parle.

Samir souffla :

« On peut lui parler ? »

Madame Lierre répondit :

« Vous pouvez. Les paradoxes aiment qu'on leur explique les règles. Ils font les malins, mais ils comprennent. »

Zoé s'avança d'un pas, bien droite, comme si elle parlait à un camarade un peu farceur.

« Bonjour, petit paradoxe. On a besoin du souvenir de gratitude. Il ne t'appartient pas. »

La bille vibra, puis une petite voix aiguë sortit de nulle part :

« Gratitude ? C'est quoi, ça ? Un gâteau ? »

Zoé cligna des yeux.

« Non. C'est… dire merci pour de vrai. »

Samir ajouta :

« C'est un souvenir qui rend le parc plus lumineux. »

La bille fit un petit tour sur elle-même.

« Moi, j'aime quand ça brille. Mais j'aime aussi… quand on me regarde. Je suis un paradoxe, personne ne me remercie jamais. »

Zoé sentit quelque chose se serrer doucement dans son cœur. Elle regarda Madame Lierre, puis Samir, puis la bille.

« On peut te remercier, » dit-elle simplement.

La bille s'immobilisa, surprise.

« Vraiment ? »

Zoé prit une grande inspiration, comme pour dire quelque chose d'important, mais pas compliqué.

« Merci d'avoir gardé le souvenir en sécurité, même si tu l'as égaré. Et merci de nous avoir montré où il était. »

Samir, un peu gêné mais sincère, ajouta :

« Merci aussi… de ne pas avoir fait un gros nœud. Un petit, ça va. »

La bille trembla… puis elle sembla rougir, si une bille peut rougir. La zone grise autour d'eux reprit un peu de couleur, comme si les feuilles avaient entendu.

La petite voix dit, plus douce :

« D'accord. Je rends le souvenir. Mais… comment on le remet ? »

Madame Lierre s'agenouilla.

« En le laissant retourner au tilleul des mots. Et en faisant un merci au présent, pas seulement au passé. »

Zoé regarda la feuille-temps de lumière, toujours là, comme une petite lanterne.

« Elle sait où aller. On la suit. »

La bille fit un dernier petit bond, puis se posa dans l'herbe, tranquille, comme une bille ordinaire.

Samir chuchota :

« On vient d'apprivoiser un paradoxe. »

Zoé sourit.

« Avec un merci. »

Chapitre 3 : Le merci qui éclaire

Ils suivirent la feuille-temps jusqu'au grand tilleul. L'air redevint musical. Les oiseaux recommencèrent à chanter comme s'ils avaient retrouvé leur chanson.

Madame Lierre s'arrêta devant le tilleul.

« Maintenant, on écoute. Le souvenir veut se recoller au bon endroit. »

Zoé posa son oreille contre l'écorce. Elle entendit des mots qui semblaient se chercher, comme des pièces de puzzle.

Samir fit pareil.

« Je crois que… j'entends un enfant dire merci à sa maîtresse. »

Madame Lierre hocha la tête.

« Oui. Et aussi une maman dire merci à son fils. Et un ami dire merci à un ami. Les mercis s'empilent ici comme des feuilles. »

La feuille-temps s'approcha du tronc, puis… se fondit dedans, doucement, comme si elle rentrait chez elle. À l'instant où elle disparut, le parc sembla respirer plus fort. Les couleurs devinrent plus vives. Même le gravier sur l'allée parut plus clair.

Zoé se recula, impressionnée.

« C'était… juste un souvenir, et pourtant ça change tout. »

Madame Lierre sourit.

« Un merci, ça ne pèse rien dans la main. Mais ça peut remplir un endroit entier. »

Samir demanda :

« Et le paradoxe, il va revenir ? »

« Peut-être, » répondit Madame Lierre. « Les paradoxes sont curieux. Mais s'il revient, il se souviendra que la gratitude le calme. »

Zoé réfléchit.

« Donc… dire merci, c'est un peu comme mettre un nœud bien fait, au lieu d'un nœud tout tordu. »

Madame Lierre applaudit doucement.

« Très bonne image. »

Un “tic… tac…” discret se fit entendre, comme un rappel. Zoé regarda autour d'elle. Près du banc, le cercle de lumière était revenu, comme une porte ouverte.

Une voix, lointaine mais claire, sortit du cercle :

« Retour au présent ! »

C'était Mamie Lou.

Zoé sentit un petit pincement : elle aurait voulu rester encore un peu. Mais elle aimait aussi l'idée de retrouver son temps, avec ses repères.

Samir salua Madame Lierre.

« Merci, madame, pour la visite. »

Zoé ajouta :

« Merci pour les arbres-mémoires. Et pour le parc qui répare. »

Madame Lierre inclina la tête.

« Et merci à vous d'avoir été de bons observateurs. N'oubliez pas : le présent est l'endroit où l'on peut vraiment agir avec gentillesse. »

Zoé et Samir entrèrent dans le cercle. La lumière leur chatouilla encore les yeux. Le parc s'éloigna comme une image qu'on referme dans un livre.

Le salon de Mamie Lou réapparut. L'odeur de confiture revint. Le bruit de la pluie aussi, tout doux.

Mamie Lou était là, les bras croisés, mais son sourire montrait qu'elle n'était pas fâchée.

« Alors ? »

Zoé parla vite, avec des mains qui voulaient raconter autant que sa bouche.

« Il y avait un parc où les arbres gardent la mémoire ! Et un petit paradoxe en bille ! Et… on a réparé un souvenir de merci ! »

Samir ajouta, fier :

« On n'a rien changé. On a observé. Et on a remercié. Ça a marché. »

Mamie Lou hocha la tête.

« Parfait. Le temps aime les enfants qui respectent les règles. »

Zoé demanda :

« Mamie… pourquoi tu avais cette boîte ? »

Mamie Lou regarda la pendule, puis Zoé.

« Parce que je voulais que tu comprennes une chose : les souvenirs sont précieux, mais ils ne servent à rien si on oublie d'être reconnaissant aujourd'hui. »

Zoé pensa à Madame Lierre, au tilleul, au parc redevenu coloré.

Elle se tourna vers Mamie Lou, très sérieuse, et dit :

« Merci de me faire confiance. Merci de partager tes secrets gentils. »

Mamie Lou sembla émue, mais elle garda sa voix douce.

« Et merci à toi, Zoé, d'écouter avec ton cœur. »

Samir se racla la gorge, un peu rouge.

« Et… merci de m'avoir invité aussi. Je croyais que les mercredis pluvieux étaient nuls. En fait, non. »

Zoé rit.

« Les mercredis pluvieux, c'est parfait pour voyager dans le temps. »

Mamie Lou referma la boîte qui tictaque. Le “tic… tac…” ralentit, puis s'arrêta.

« Le voyage est fini pour aujourd'hui. »

Zoé regarda ses pieds. Ses chaussures étaient un peu mouillées, avec une trace de gravier. Une preuve que tout ça n'était pas un rêve.

Mamie Lou montra l'entrée.

« Allez, on enlève les chaussures. On les range. Le présent aime l'ordre, lui aussi. »

Zoé et Samir s'assirent sur le tapis. Ils défirent leurs lacets en soupirant de contentement. Zoé posa ses baskets bien côte à côte, comme deux amis qui se reposent après une longue marche. Samir rangea les siennes juste à côté, alignées comme sur un plan.

Zoé regarda les chaussures rangées et pensa : le temps peut être un grand voyage, mais rentrer chez soi, c'est aussi une aventure.

Et dans le salon, tout sembla dire, très doucement, comme un tilleul qui murmure : merci.

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Feuille-temps
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Bille-entre-deux
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