Dans la grande cité du futur, les tours brillaient comme des verres propres sous le soleil. Sur les toits, des jardins faisaient des taches vertes. Au sol, il n'y avait presque pas de bruit. Pas de moteurs qui grondent. Juste des roues douces et des pas.
Léo, quatre ans, tenait la main de sa maman. Il aimait regarder les rubans d'eau claire qui couraient le long des trottoirs. “C'est pour les plantes,” disait maman. Et Léo voyait de petites fleurs bleues qui buvaient tranquillement.
Aujourd'hui, ils devaient aller à la Place des Nuages, tout en haut d'une grande rampe. Là-bas, on voyait la ville entière, et même les éoliennes blanches qui tournaient lentement, comme des moulins gentils.
Sur le chemin, Léo s'arrêta devant une navette piétonne. Elle ressemblait à une petite cabine ronde, avec des vitres tout autour. Elle glissait sans fumée, sans secousse, comme si elle flottait sur une route invisible. Un panneau disait : “Navette douce. Zéro bruit. Zéro fumée.”
La porte s'ouvrit avec un petit “ding”. Une pilote souriante se pencha un peu.
“Bonjour, petit voyageur,” dit-elle.
“Bonjour,” répondit Léo, les yeux grands. “C'est toi qui conduis ?”
“Oui,” dit la pilote. “Je m'appelle Inès. Je conduis les navettes piétonnes. Elles vont lentement, pour que tout le monde se sente bien.”
Maman regarda l'horloge de son bracelet. “On peut monter ? On va à la Place des Nuages.”
“Bien sûr,” dit Inès. “Montez. On se laisse porter.”
Léo monta. Le siège était doux, comme un coussin. Devant lui, une petite lumière verte s'alluma.
“Regarde,” dit Inès. “La navette marche avec l'énergie du soleil et du vent. La ville la partage. C'est une grande pile gentille.”
“Une pile géante ?” demanda Léo.
“Invisible,” dit Inès. “Mais toujours là.”
La navette glissa. Dehors, des vélos passaient, des gens marchaient, des trottinettes roulaient en silence. Aux carrefours, des lampes changeaient doucement de couleur, comme un jeu.
Puis, au milieu de la montée, la navette ralentit. La lumière verte devint orange.
“Oh,” fit Léo, un peu surpris.
Inès posa une main calme sur le tableau. “Rien de grave. On a une feuille sur un capteur. Ça arrive quand le vent joue dans les arbres.”
“On va tomber ?” demanda Léo, la voix petite.
“Non,” dit Inès tout de suite. “Ici, on ne tombe pas. La navette s'arrête doucement, et on s'aide.”
Elle ouvrit une petite trappe et prit une brosse toute simple. Sur le côté, un écran montrait un dessin : une feuille rigolote sur un rond.
“Tu veux m'aider à souffler ?” demanda Inès.
Léo souffla très fort. “Fouuu !”
La feuille s'envola. La lumière redevint verte.
“Bravo, copilote,” dit Inès.
La navette repartit, encore plus douce. En arrivant sur la Place des Nuages, l'air sentait le basilic des jardins en terrasse. Des bancs en bois clair attendaient les promeneurs. Au loin, des drones-jardiniers arrosaient en fines gouttes, comme une pluie polie.
Inès ouvrit la porte. “Voilà. Et merci pour ton aide.”
Léo sourit. “Moi aussi, je veux conduire une navette douce.”
“Tu pourras,” dit Inès. “Dans cette ville, on apprend tranquillement.”
Maman prit Léo dans ses bras. Ils s'assirent sur un banc. La ville brillait, calme et propre, et les éoliennes tournaient, tournaient, comme pour dire : tout va bien.