Chapitre 1 : Le groupe inséparable
Zoro, Robin, Baku, Gama et Gena formaient un groupe que tout le monde connaissait dans l'école. On les appelait parfois « les cinq doigts de la main », parce qu'ils étaient toujours ensemble, toujours soudés, toujours prêts à vivre une nouvelle aventure.
Zoro, le chef autoproclamé, avait un sens de l'organisation… disons, particulier. Il aimait décider, planifier, annoncer des missions secrètes, même quand il n'y avait rien de secret du tout. Robin, lui, était le cerveau du groupe : calme, réfléchi, toujours en train d'observer avant d'agir. Baku et Gama étaient les deux piles électriques : ils couraient partout, parlaient fort, riaient encore plus fort et avaient une imagination débordante.
Et puis il y avait Gena, la seule fille du groupe, mais surtout la plus mature. Elle savait calmer les disputes, ranger les idées, remettre les garçons sur le droit chemin quand ils partaient trop loin. Elle était un peu comme la grande sœur du groupe, même si elle n'était pas la plus âgée.
Ce matin-là, Zoro arriva avec un air grave, comme s'il s'apprêtait à annoncer une mission d'importance nationale. Il réunit les garçons derrière le préau, loin des oreilles indiscrètes.
— Les gars… aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Gena.
Les trois autres ouvrirent grand les yeux.
— Déjà ? fit Baku.
— On n'a rien préparé ! paniqua Gama.
— On doit lui trouver un cadeau, dit Zoro. Un vrai. Un beau. Un cadeau qui montre qu'on tient à elle.
Robin hocha la tête.
— Oui. Elle fait beaucoup pour nous. On doit lui rendre la pareille.
Les garçons se regardèrent, déterminés.
— Alors, dit Zoro, aujourd'hui… mission : cadeau parfait.
Ils levèrent tous la main comme pour sceller un pacte.
Ils n'avaient aucune idée de ce qui les attendait.
Chapitre 2 : Les idées catastrophiques
Le groupe se mit immédiatement en route. Leur première idée fut d'aller dans la petite librairie du quartier. Robin adorait les livres, alors pour lui, c'était évident : un livre, c'est un cadeau parfait.
— Oui, mais… quel livre ? demanda Baku.
Ils se retrouvèrent devant un mur de couvertures colorées, sans savoir quoi choisir.
— Elle aime les histoires d'aventure ? proposa Gama.
— Ou les romans ?
— Ou les BD ?
— Ou les livres de recettes ?
En moins de cinq minutes, ils étaient en train de se disputer. Zoro finit par les tirer dehors.
— On oublie les livres.
Deuxième tentative : le magasin de sport.
— Un ballon de foot ! s'exclama Baku.
— Elle n'aime pas le foot, rappela Robin.
— Ah oui…
Ils essayèrent ensuite un magasin de jouets. Gama tomba amoureux d'une peluche géante.
— Elle va adorer !
— Elle fait deux fois sa taille, dit Zoro. On ne peut même pas la porter.
Ils abandonnèrent.
Puis ils tentèrent un cadeau fait maison. Zoro proposa de fabriquer un collier avec des perles trouvées dans la salle d'arts plastiques.
Le résultat… ressemblait à un piège à souris multicolore.
— On ne peut pas lui offrir ça, dit Robin.
— Pourquoi pas ? demanda Gama.
— Parce que ça pique.
Ils essayèrent encore : un dessin raté, un bracelet en ficelle trop serré, une fleur cueillie dans le parc fanée en dix minutes.
Plus ils tentaient, plus ils réalisaient une chose : ils connaissaient mal les goûts de Gena.
Mais ils ne voulaient pas abandonner.
— On trouvera, dit Zoro. On doit trouver.
Ils y croyaient encore. Pour l'instant.
Chapitre 3 : La mission impossible
Après un rapide conseil de guerre, ils décidèrent de se lancer dans une mission plus sérieuse.
— On va fouiller toute la ville, déclara Zoro.
— Toute ? répéta Gama.
— Toute.
Ils commencèrent par la boulangerie.
— Un gâteau ? proposa Baku.
— Elle n'aime pas trop le sucre, rappela Robin.
Ils ressortirent.
Puis ils allèrent dans la boutique de décoration. Les garçons n'y étaient jamais entrés. L'endroit sentait la lavande et la cire parfumée.
— Ça pique le nez, dit Gama.
Ils regardèrent des bougies, des cadres, des vases… mais rien ne semblait correspondre à Gena.
— Elle mérite mieux que ça, dit Zoro.
Ils continuèrent leur exploration :
Un magasin de bijoux ? Trop cher.
Un magasin de papeterie ? Trop compliqué.
Un magasin de jeux vidéo ? Trop éloigné de ses goûts.
Ils marchèrent longtemps, très longtemps.
— On veut lui faire plaisir, dit Robin, mais on n'y arrive pas.
— On est nuls, ajouta Gama.
— On n'est pas nuls, répondit Zoro. On est juste… un peu perdus.
Ils rirent un peu, mais la vérité les rattrapait : ils avaient essayé, vraiment essayé… et pourtant, ils n'avaient rien trouvé.
Le soleil commençait à se coucher.
— On doit rentrer, dit Robin.
— On ne peut pas rentrer les mains vides, protesta Baku.
— On n'a pas le choix, dit Zoro.
Ils marchèrent en silence.
Pour la première fois de la journée, ils se sentaient vraiment vaincus.
Chapitre 4 : L'aveu difficile
Ils retrouvèrent Gena sur leur banc habituel, celui où ils se réunissaient tous les jours après l'école. Elle les accueillit avec un grand sourire.
— Alors, vous avez fait quoi aujourd'hui ?
Les garçons se regardèrent. Aucun n'osait parler.
Finalement, Zoro prit une grande inspiration.
— Gena… on voulait te trouver un cadeau.
— Un cadeau ?
— Oui. Pour ton anniversaire.
Elle sourit encore plus.
— C'est gentil !
Zoro baissa la tête.
— On a cherché partout. On a essayé plein de trucs. On a couru dans toute la ville. On a réfléchi, discuté, fabriqué…
— Mais… ?
— Mais on n'a rien trouvé, termina Robin.
— Rien du tout, ajouta Baku.
— On est désolés, dit Gama.
Ils s'attendaient à ce qu'elle soit déçue. Peut-être même fâchée.
Mais Gena resta silencieuse un moment, les regardant un par un.
— Vous avez cherché… toute la journée ?
— Oui, dit Zoro. On voulait vraiment te faire plaisir.
Elle posa sa main sur son cœur.
— Toute la journée… juste pour moi ?
— Oui, dirent-ils en chœur.
Elle sourit doucement.
Un sourire qui disait déjà beaucoup.
Chapitre 5 : Le plus beau des cadeaux
Gena s'assit avec eux sur le banc.
— Vous êtes vraiment bêtes, dit-elle en riant.
Les garçons se regardèrent, surpris.
— Le plus beau cadeau, ce n'est pas un objet.
— Hein ? fit Gama.
Elle les regarda avec tendresse.
— C'est ce que vous avez fait aujourd'hui. Vous avez passé toute la journée à penser à moi, à chercher quelque chose pour me faire plaisir. Vous vous êtes donné du mal. Vous avez essayé, encore et encore.
Elle posa sa main sur celle de Zoro.
— Et ça… c'est le plus beau cadeau qu'on puisse recevoir.
Les garçons restèrent silencieux.
Puis un sourire se dessina sur leurs visages.
Zoro se redressa.
— Alors… joyeux anniversaire, Gena.
Elle éclata de rire.
— Merci. Vous êtes les meilleurs amis du monde.
Ils restèrent ensemble jusqu'au coucher du soleil, parlant, riant, se rappelant leurs tentatives catastrophiques.
Et même si Gena n'avait reçu aucun objet… elle avait reçu quelque chose de bien plus précieux : la preuve que ses amis tenaient à elle plus que tout.
Morale de l'histoire : L'amitié, quand elle est sincère, vaut plus que n'importe quel cadeau.