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Histoire rigolote sur les copains 9 à 10 ans Lecture 25 min. (1)

Le journal des bonnes nouvelles

Clara et ses amis décident de créer un journal des bonnes nouvelles pour partager des sourires dans leur quartier, mais au fil de leur aventure, ils apprennent que l'acceptation et l'écoute sont tout aussi importantes que l'expression. Leur quête les mène à découvrir de petites histoires touchantes et à renforcer leurs liens d'amitié.

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Clara, 10 ans, a des cheveux châtains bouclés et porte un foulard coloré. Elle sourit, les yeux pétillants, tenant un bracelet d'amitié. Max, 9 ans, avec des cheveux en bataille et un t-shirt vert fluo, rit à ses côtés, tenant une boîte à outils peinte. Lila, 10 ans, dessine avec des crayons colorés sur une grande feuille, assise par terre. Noah, 10 ans, saute joyeusement, les bras levés et un grand sourire. La scène se déroule dans un atelier de bricolage lumineux, rempli de pots de peinture, ciseaux et feuilles colorées. Clara et ses amis préparent leur premier numéro d'un journal des bonnes nouvelles, entourés de rires et de créativité, avec des confettis ajoutant une touche de magie. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — Le plan qui pétillait

Clara avait un sourire qui ressemblait à un soleil quand on lève le visage après la pluie. À dix ans, elle portait toujours un foulard trop grand et des poches pleines de petits trésors: une plume tordue, une gomme en forme de nuage, un caillou peint en rouge. Elle avait un don, Clara : transformer tout en bonne nouvelle, même les bêtises.

Ce matin-là, elle courait vers l'atelier de bricolage municipal, ses bottes faisant "ploc ploc" dans les flaques, sa liste serrée dans la main. Sur la liste, en lettres rondes : Journal des Bonnes Nouvelles. Sous-ligne. Trois mots comme une promesse.

Ses copains l'attendaient déjà sous la vieille enseigne qui grinçait. Max, neuf ans et demi, les cheveux en bataille, tenait une boîte à outils qu'il avait peinte en vert fluo. Max adorait inventer des machines qui faisaient rire — parfois elles faisaient aussi cuire des tartines sur la tête d'une poupée; c'était un détail. Lila, dix ans elle aussi, avait un carnet rempli de dessins et des yeux calmes qui observaient tout. Noah, dix, était une boule d'énergie : il sautillait, il chantonnait, il racontait des blagues, en doublant la mise avec des gestes.

— Tu as apporté ton totem ? demanda Lila en ouvrant son sac comme si c'était une boîte secrète.

— Bien sûr ! dit Clara, fière. Le totem de l'amitié, celui qu'on a trouvé au camp l'été dernier. Il ressemblait à un petit bâton sculpté, avec trois petits visages souriants gravés dedans. "Pour se souvenir", avait dit Clara, "que même quand on se chamaille, on reste copains."

Ils entrèrent dans l'atelier. L'odeur de colle et de bois flottait, comme un parfum de bricolage éternel. Les murs étaient couverts d'affiches colorées : des marteaux rigolos, des règles qui faisaient des grimaces. Une grande table au centre était semée de pots de peinture, ciseaux, feuilles, trombones et une vieille machine à coudre qui ronronnait doucement comme un chat.

— Le plan ? demanda Max en déposant sa boîte. Il sortit de dessous une pile de feuilles où il avait griffonné des schémas à moitié incompréhensibles. Il montrait des bulles, des flèches, une énorme machine à confettis.

— On fait un journal, expliqua Clara, les yeux brillants. Un vrai journal qui ne parle que de bonnes nouvelles. Des choses qui font sourire, qui réchauffent. On en imprimera une chaque semaine et on la collera sur le panneau devant l'école.

— Et on mettra des dessins, proposa Lila. Et des recettes pour des biscuits qui ne collent pas au plafond.

— Des blagues ! cria Noah. Et des interviews ! Interview du chat qui miaule à 4 heures du matin !

Ils choisirent un coin, déposèrent le totem au milieu, et firent un pacte : "quelqu'un qui perd son sourire le retrouve en une minute grâce au journal". Ils rirent, ils tapotèrent le totem comme on fait un dessin magique, et l'aventure commença.

Le premier événement important de la journée arriva plus vite que prévu. Alors qu'ils mélangeaient des peintures pour le titre, un bruit grave résonna dans l'atelier, comme un tambour trop sérieux. La porte s'ouvrit en grand. Tout le monde se figea.

Un homme en uniforme entra. Casque sous le bras, veste rouge et jaune qui brillait légèrement. Il avait un air rassurant, les yeux doux comme ceux d'un grand-ours-pas-fâché. Sur sa veste était cousu "POMPIER" en lettres blanches. Clara sentit son coeur faire un petit bond, ni peur ni panique, juste de la curiosité.

— Bonjour, dit-il avec une voix qui ressemblait à une couette chaude. Je m'appelle Hugo. J'habite juste à côté. J'ai entendu de la musique, et il paraît qu'il y a un journal en projet ici. Je suis venu voir si tout va bien.

Clara sentit l'optimisme lui monter à la bouche comme une limonade. Le pompier s'agenouilla, posa le casque à côté du totem, et pris le temps de leur montrer des autocollants de feuillus, des dessins de camions de pompiers, et une photo de son chien, Capitaine, qui portait un petit bonnet rouge.

— On fait un journal des bonnes nouvelles, expliqua Max, tout fier. Des blagues, des recettes, des interviews.

— Et des inventions, ajouta Max en montrant un croquis d'une machine à arroser les plantes en chantant.

— Et des dessins, dit Lila, tout doucement.

— Et des interviews du chat à quatre heures du matin, dit Noah, très solennel.

Le pompier sourit. Il prit un marqueur, fit un gros POINT sur une feuille, et dit :

— Une bonne nouvelle, c'est aussi demander de l'aide quand on en a besoin. Et partager. Et rire ensemble.

Clara lui proposa un bracelet d'amitié, en échange d'une histoire de pompier rassurante. Le pompier accepta en riant, mais il expliqua qu'il ne pouvait pas garder des objets perdus sans en informer la caserne. Il posa donc le bracelet sur la table, près du totem, comme s'il s'agissait d'un trésor à protéger.

Ils passèrent la journée à découper, coller, inventer rubriques, et prendre des photos avec un vieil appareil jetable que la mairie avait donné. Ils firent des titres ridicules, des rubriques sérieuses, et un guide pour aider les mamans à retrouver la télécommande (conseil : regarder dans le frigo, oui, ça arrive). Le pompier revint une ou deux fois, apporta des feutres fluorescents pour dessiner les camions, et raconta comment il avait appris, petit, à faire des cabanes. Chaque visite rendait l'équipe plus sûre d'elle. Le soleil sortit, entra par la fenêtre, et la salle se remplit de papier coloré.

Mais quand la nuit tomba, quelque chose cliqueta: Clara chercha son bracelet d'amitié pour le ranger. Il n'était plus là. Ils fouillèrent sous les feuilles, sous la cabine à outils, dans les pots de peinture. Rien. Le totem semblait regarder la pièce avec les trois visages, sérieux, comme s'il aurait quelque chose à dire. Clara se sentit comme si quelqu'un avait tiré un petit rideau sur ses lèvres. Elle n'en fit pas une montagne — elle sourit encore — mais le fond de son sourire avait un petit nuage.

— Ne t'inquiète pas, dit le pompier Hugo. Parfois, les bracelets ont des envies d'aventure. Ils partent, puis ils reviennent.

— Et s'il est perdu pour toujours ? demanda Noah, essayant d'être courageux mais se rongeant un ongle.

— Alors on en fabriquera un autre, dit Lila. Et on écrira l'histoire de la perte dans le journal. Perdre, c'est aussi une bonne nouvelle parfois : ça nous rend inventifs.

Ils rentrèrent chez eux, le totem dans la poche, le coeur léger mais avec une mission nouvelle : retrouver le bracelet.

Chapitre 2 — Les petites catastrophes qui font rigoler

Le lendemain, l'atelier ressemblait à un champ de bataille joyeux. Des feuilles froissées comme des vagues, des pots de peinture comme des fleurs, des rubans qui se battaient en petits noeuds. Clara entra, salua ses amis, et se lança : "on va enquêter".

Le premier indice fut un confetti collé sur la manche de Max. Le deuxième fut une trace de paillettes. Le troisième fut un petit bout de bracelet, non, pas un bout, mais une perle brillante coincée dans la charnière d'une vieille caisse. Ils rirent. On aurait dit une chasse au trésor scénarisée par le destin.

Max proposa un appareil détecteur spécial : un entonnoir, un fil de laine, et deux cuillères. Quand il le mit sur la table, et qu'il prononça une formule très sérieuse — "Bip-boup, trouvons le bracelet" — l'appareil ne fit rien d'autre que de faire tomber une boîte de clous. Tout le monde éclata de rire. Le rire était le meilleur détecteur.

Ils suivirent les paillettes jusqu'à la porte de la caserne des pompiers. Clara rougit un peu. "On ne dérange pas, si ?", hésita-t-elle. Mais le pompier Hugo les avait invités. Alors ils entrèrent.

La caserne sentait le savon et le métal poli. Des casques alignés comme des soldats, un camion rouge qui brillait comme une tomate. Des dessins d'enfants étaient collés sur les murs : pompiers comme des héros, ou comme des super-chats. Hugo les accueillit, mais il avait l'air préoccupé. Un petit garçon venait d'y laisser un sac, et dans ce sac, une poupée qui avait oublié son nom.

— On va regarder, proposa Hugo. Mais je vous préviens, les casernes ont des plans de rangement compliqués. Il faut savoir où poser le sandwich pour ne pas le confondre avec la trompette.

Ils fouillèrent parmi les casquettes, ouvrirent un coffre qui grinça comme un vieux bateau, et découvrirent un coffre à jouets où Max trouva une petite voiture qui sifflait plus fort qu'une trompette en colère. Lila trouva un chapeau rose qui faisait du vent quand on le mettait sur la tête. Noah trouva un papier où était écrit "NE PAS MANGER" en grosses lettres, sur un gâteau qui était pourtant trop tentant.

Et puis, derrière un casier un peu rouillé, quelque chose brilla : le bracelet ! Il était accroché à une clé, comme s'il avait été transformé en porte-bonheur de caserne. Clara courut, bondit, et fit un petit tour sur elle-même en criant "TROUVÉ !". On se serait cru à la fin d'un spectacle où la musicienne reprenait son solo.

— Comment est-il arrivé ici ? demanda Clara en regardant le bracelet comme on regarde un trésor retrouvé.

— Il a peut-être voulu dire bonjour, répondit Hugo en souriant. Les objets aiment voyager. Ils rencontrent des chaussettes, ils discutent avec des stylos. Celui-ci a peut-être dit : "Tiens, je vais voir le camion rouge !"

La scène donna lieu à un quiproquo délicieux : Noah insista pour raconter la version où le bracelet avait sauté dans la poche d'un pompier pendant qu'il dansait la polka. Tout le monde rit si fort que le chien de la caserne leva la tête et aboya une fois, comme pour applaudir. Lila prit le bracelet, le tendit à Clara. Les perles chantaient au soleil. Clara le remit à son poignet. Son sourire retrouva sa place, mais différent : plus fort, parce qu'il avait connu une aventure.

Hugo leur proposa d'écrire une page spéciale dans le journal : "Les objets en voyage", une rubrique qui expliquerait que parfois, perdre quelque chose, c'est donner une histoire à raconter. Clara, heureuse, proposa d'interviewer Hugo pour le journal. Il accepta, mais avec une condition : l'interview devait être faite en échange d'une gaufre. Lila se chargea de la gaufre. Max se chargea des questions stupides mais efficaces. Noah se chargea du bruit.

L'interview fut un succès. Hugo expliqua qu'un pompier doit écouter les autres, comprendre, et rassurer. "On ne sait jamais qui a besoin qu'on vienne", dit-il. "Parfois c'est une maison, parfois c'est un chat, parfois c'est un petit garçon qui a perdu une poupée. Et parfois, c'est juste un groupe d'enfants qui a besoin d'un autocollant."

La page du journal fut écrite avec des crayons colorés, des bulles de BD et une photo du bracelet prise par Max et retouchée à grand renfort de paillettes. Ils collèrent la page dans le cahier, le signèrent avec des étoiles, et partirent, le coeur léger, la bande d'amis plus soudée que jamais grâce à un petit bijou disparu et retrouvé.

Chapitre 3 — La quête des bonnes nouvelles

Avec le bracelet retrouvé, leur énergie redoubla. Ils décidèrent d'aller dans le quartier pour collecter des petites histoires à mettre dans le premier numéro officiel du journal. Chaque ruban de rue allait devenir une rubrique.

Ils commencèrent chez Monsieur Boulanger, un vieil homme aux mains de farine qui connaissait toutes les recettes de sourires. Sa boutique sentait le pain chaud et les idées gentilles. Il leur donna un sac de mini-croissants en échange d'une anecdote : "La meilleure bonne nouvelle, c'est de voir des enfants partager," dit-il, en offrant une mini-baguette. Ils prirent des photos, firent des têtes sérieuses pour la rubrique "Portrait de talents", et s'éloignèrent avec le sourire d'un bois sculpté.

Ensuite, ils allèrent au parc où une vieille dame, Madame Kora, tricotait des écharpes pour les arbres. Oui, pour les arbres ! Elle les enveloppait de couleurs pour qu'on n'oublie jamais que même les troncs aiment les gros pulls. Elle raconta comment un petit oiseau lui avait apporté une feuille comme cadeau, et les enfants notèrent tout, émerveillés. "Accepter, c'est laisser entrer la différence", dit-elle en posant une écharpe violette autour d'un chêne.

Ils aidèrent aussi un petit garçon à retrouver sa balle coincée dans un buisson. Pour cela, ils utilisèrent une stratégie qui impliquait un paravent, une cuillère à soupe et beaucoup de persuasion. La balle tomba, tout le monde applaudit. Ils écrivirent la rubrique "Petite aide, grand sourire" avec une photo floue mais magnifique de Noah faisant la révérence.

Le soir approchait. Les pages du journal se remplissaient : "Le coin des animaux perdus", "Recettes pour biscuits qui ne collent pas", "Interviews à quatre heures du matin" (qui s'avéra être un chat et non un très sérieux noctambule). Ils bavardèrent, ils coururent, ils prirent des notes. Le groupe se sentait comme une petite armée de joie.

Mais le troisième événement important de l'histoire surgit, discret comme une ombre de feuille. En traversant la place, ils trouvèrent une banderole accrochée à des lampadaires, un peu froissée, portant les mots : "FÊTE DANS LA RUE — TOUS BIENVENUS". Elle flottait un peu tristement, comme si elle attendait qu'on la déplie vraiment. Clara pensa qu'ils pourraient y accrocher leur premier numéro et le dévoiler le week-end.

Ils cherchèrent une corde, une échelle, et l'endroit idéal pour accrocher la banderole. Mais la banlieue n'était pas toute lisse : une famille préparait un pique-nique, un musicien accordait sa guitare, et un vieux monsieur fermait la boîte aux lettres avec un soupir amoureux. Les enfants proposèrent d'aider. Ils nouèrent la banderole, testèrent les noeuds imaginaires de Max (dont l'efficacité était aléatoire), et finalement, la banderole resta accrochée, tenant fièrement.

À ce moment précis, la petite bande se rendit compte d'une chose : certaines personnes ne se sentaient pas tout à fait à l'aise d'être invitées ainsi, dans la rue, sous les regards. Un couple passa avec un bébé qui pleurait, et un adolescent resta à distance, les yeux baissés, évitant le bruit. Clara sentit une chaleur étrange : elle comprit que l'acceptation n'était pas seulement une grande affirmation peinte sur une banderole, mais un geste, une façon d'inviter doucement.

— Et si notre journal racontait aussi les histoires de ceux qui se sentent différents ? murmura Lila.

— Oui ! dit Clara. On peut inviter tout le monde à écrire une petite bonne nouvelle, même s'ils préfèrent la garder pour eux.

Ils se mirent à distribuer des exemplaires faits à la hâte : une feuille pliée en deux, une photo, deux blagues, une recette. Les visages s'éclairèrent. Certains acceptèrent timidement, d'autres avec enthousiasme. L'adolescent sourit quand il lut une blague sur les chaussettes qui partent en vacances sans prévenir. La vieille dame ajouta une note sur son tricot pour les arbres. Les commerçants promirent de garder les numéros sur le comptoir.

Le soir tomba. La ville s'orna de petites lumières. Sur le banc, l'adolescent, qui s'appelait Sam, prit la feuille, la plia et la rangea dans sa poche. Clara remarqua le geste. Il y eut un silence doux comme une couverture. Ils se dirent au revoir, se jurèrent de se retrouver pour le collage final, et chacun rentra sous un ciel qui semblait avoir lu leur histoire et décidé d'applaudir.

Chapitre 4 — La grande pliure et la leçon qui reste

Le dernier chapitre commençait dans l'atelier, comme tout avait commencé, mais tout était différent. Le cahier du journal avait l'air d'une petite pile de trésors, reliée par une ficelle multicolore. Ils avaient préparé le premier numéro, mais ils décidèrent de faire quelque chose de plus grand : une fête modeste, une petite table, une banderole propre et une place pour ceux qui préféraient écouter plutôt que parler.

Le quatrième événement important fut une grande répétition où tout faillit basculer. Max, toujours inventif, voulut construire un porte-journal automatique qui distribuerait les feuilles. Il brancha des roues, des ressorts, et un mégaphone. À la première tentative, le porte-journal se mit à lancer des feuilles partout comme une pluie de confettis incontrôlable. Les pages volèrent, des numéros atterrirent sur des têtes, dans la soupe d'un voisin, et même dans la poche d'un policier qui passait par là en faisant son trottoir. On riait tellement que le mégaphone criait : "SOURIEZ, C'EST LA FÊTE !", et un chat, qui passait par là, fit la révérence.

Ils eurent quelques minutes de panique rigolote : rassembler les papiers, calmer le mégaphone, expliquer au policier que non, ce n'était pas un coup d'État, juste un lancement artistique. Puis ils transformèrent l'accident en attraction : une pluie de "bonnes nouvelles" fut décidée comme instant rituel. Max fit une machine plus douce, Lila dessina des parachutes pour les feuilles, Noah fit une poésie sur les feuilles volantes.

Ils invitèrent Hugo le pompier, Monsieur Boulanger, Madame Kora, Sam l'adolescent, et presque toute la rue. Les gens s'assirent sur des chaises pliantes, sur des couvertures, ou se tinrent debout, curieux. Clara prit la parole. Sa voix trembla un peu, mais elle sourit, et son optimisme se répandit comme une lumière.

— Nous avons créé ce journal pour se rappeler que la vie est pleine de petits bonheurs, dit-elle. Pour apprendre à accepter : accepter les différences, accepter les erreurs, accepter qu'un bracelet parte en voyage. C'est pour ça que nous avons un totem de l'amitié. Et... pour ça aussi, dit-elle en montrant la banderole.

Ils déroulèrent la banderole. Elle était belle, peinte de mains d'enfants, de couleurs qui sautillaient. Mais à l'instant où ils allaient l'accrocher, Sam s'approcha. Il tenait dans ses mains la bouteille d'encre qui avait servi à peindre les lettres. Il s'assit, regarda les enfants, et fit un geste que personne n'attendait : il prit la banderole, la repli doucement, comme on replie un secret, puis la remit dans ses bras.

— Je veux garder l'idée de la fête un peu pour moi, dit-il bas. J'aime que ce soit doux. J'aime quand les choses n'obligent pas à crier. J'aime quand on accepte qu'on puisse préférer regarder plutôt que parler.

Un silence. Puis des compréhensions comme des petites vagues. Clara sourit plus fort encore. Elle comprit que l'acceptation n'était pas seulement de dire "viens", mais de dire aussi "si tu veux regarder, regarde" et "si tu veux parler, parle". Elle proposa alors quelque chose de nouveau : la banderole resterait repliée pendant la fête. Les numéros seraient là, les pages aussi, mais rien ne forcerait qui que ce soit à se mettre en avant.

Le repli de la banderole fut un geste doux. Ils posèrent des feuilles sur une table, les yeux de chacun croisèrent d'autres yeux. Les gens prirent, lisèrent, riaient, ou hochèrent la tête. Certains restèrent à distance, mais leurs épaules se détendirent. C'était comme si la banderole repliée disait : "Tu es accueilli tel que tu es."

Enfin, ils firent un rituel simple : chacun qui avait contribué prit le totem de l'amitié, le toucha, et fit une petite phrase de partage. Clara dit : "Je garde nos sourires", Max dit : "J'apprends à rester calme quand ma machine part en vrille", Lila dit : "J'aime écouter", Noah dit : "Je promets de moins voler les gaufres", et Sam ajouta : "Je promets de ne pas toujours rester dans mon coin."

Hugo, le pompier, prit la parole de manière inattendue. Il parla de courage tranquille, du genre qui ne fait pas de bruit, du genre qui accepte que chacun ait sa façon d'être. Les enfants écoutèrent. On aurait dit une cloche qui sonnait sans bruit. Et puis, parce que la fête était aussi une fête, Max fit démarrer une petite chanson inventée sur le moment ; c'était une chanson avec des rimes stupides et des gestes compliqués. Les mains claquèrent. Les sourires s'accrochaient aux visages.

La soirée se termina sur une note douce. Ils roulèrent les feuilles, les mirent dans une boîte pour le prochain numéro, et prirent une dernière photo : Clara et ses amis, Hugo le pompier, le boulanger, la dame aux écharpes, Sam qui souriait, et même le chien Capitaine, qui posa avec dignité. Tout le monde se sentait un peu plus léger. Tout le monde avait appris quelque chose : accepter les autres, accepter soi-même, accepter qu'une bande d'enfants puisse faire une grande chose avec peu.

Quand tout fut rangé, Max plia la banderole une dernière fois, doucement, comme on plie une lettre d'amour. Lila posa un ruban dessus pour la garder en sécurité. Le bracelet de Clara brillait encore à son poignet, comme un petit soleil. Le totem fut remis dans sa boîte à trésors. Les rires s'éloignèrent. La ville retrouva son calme. Un dernier souffle de vent fit frissonner les feuilles des arbres.

Et dans l'atelier, sur la table, au milieu des feutres et des croissants, la banderole repliée racontait sa propre histoire : celle d'une fête qui avait su inviter tout le monde, même ceux qui préfèrent écouter en silence. On aurait pu l'accrocher le lendemain, ou le mois suivant, ou jamais; ce qui comptait, c'était qu'elle avait été faite avec amour, et qu'elle avait été respectée.

Clara rentra chez elle, prit son caillou rouge, parla doucement au totem : "Merci pour aujourd'hui." Puis, avant d'éteindre la lumière, elle regarda son bracelet, toucha une perle, et sut qu'il y aurait encore des aventures. Elles seraient parfois drôles, parfois calmes, mais toujours partagées. Elle sourit, accepta tout ce qu'elle était, accepta les autres, et ferma les yeux avec la certitude qu'on peut toujours trouver une bonne nouvelle, même dans une chaussette disparue.

La banderole repliée resta sur la table, paisible, comme une promesse qu'on garde au chaud.

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