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Histoire rigolote sur les copains 9 Ă  10 ans Lecture 16 min. Disponible en histoire audio (5)

Les jeux bizarres du banc vert

Tom et ses amis décident d'organiser des "Jeux Bizarres" au stade, où ils apprennent à gérer leurs émotions tout en s'amusant à travers des défis amusants et originaux. En chemin, ils découvrent l'importance de la communication et de l'amitié.

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Un garçon de 10 ans, Tom, avec des cheveux bruns en bataille et un grand sourire espiègle, est assis sur un vieux banc vert au stade municipal. Il porte un t-shirt bleu vif et des shorts rouges. À côté de lui, Lina, une fille de 9 ans avec des cheveux blonds tressés, rit aux éclats dans une robe à fleurs colorées. Sami, un garçon de 10 ans avec des lunettes rondes, fait une grimace amusante, tandis que Zoé, une fille de 9 ans avec des lunettes carrées, prend des notes avec un air concentré. Le stade est ensoleillé, avec une pelouse verte, des gradins en bois et un ciel bleu. Tom et ses amis rient ensemble après une course amusante, entourés de chaussettes glissantes, exprimant joie et camaraderie. signaler un problème avec cette image

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Durée de l'histoire audio : 15:20

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Chapitre 1 – Le coin au bout du stade

Tom avait neuf ans et un visage qui changeait tout le temps. Une seconde il souriait, la suivante il fronçait les sourcils, et après il faisait une tête de poisson. On aurait dit que ses émotions avaient un bouton turbo.

Tous les mercredis, Tom retrouvait ses copains au stade municipal. Il y avait Lina, qui courait plus vite qu'une trottinette électrique (d'après elle). Sami, qui riait tellement fort qu'on l'entendait depuis le parking. Et Zoé, qui se promenait toujours avec un carnet pour tout noter, même les blagues ratées.

Le stade municipal, c'était leur royaume : la grande pelouse, les gradins qui grinçaient un peu, la piste rouge autour du terrain et, tout au fond, derrière le but, le vieux banc vert.

Le vieux banc vert, c'était le coin spécial de Tom. Son coin pour se calmer.

Quand Tom était trop énervé, trop triste ou trop vexé, il annonçait d'une voix sérieuse :

— Pause émotions. Direction le banc vert.

Et il y allait s'asseoir, respirait fort, regardait les nuages, et attendait que son cœur arrête de faire la samba.

Ses copains connaissaient la règle.

— On le laisse respirer, disait Lina.

— On ne le suit pas, ajoutait Zoé.

— Mais on continue à l'inviter dans nos jeux, disait Sami, parce qu'on n'abandonne pas un copain.

Ce mercredi-là, en arrivant au stade, Tom avait une idée qui lui démangeait la langue.

— Les amis, annonça-t-il, aujourd'hui, on va organiser… LES JEUX BIZARRES DU STADE !

Sami leva les bras au ciel.

— Oui ! Oui ! Oui ! Même si je ne sais pas ce que c'est, je dis oui !

Lina tapa dans ses mains.

— Je vais tout gagner !

Zoé sortit son carnet.

— Je prends les notes officielles. Les Jeux Bizarres du Stade, édition numéro un.

Tom sourit. Il sentait déjà l'aventure. Et un tout petit peu de panique aussi, mais il la rangea dans un coin de sa tête, juste derrière ses oreilles.

Chapitre 2 – Le défi des chaussettes glissantes

Pour le premier jeu, Tom avait tout prévu.

— On va faire la Course des Chaussettes Glissantes, expliqua-t-il. On enlève nos chaussures, on garde nos chaussettes, et on court sur l'herbe. Interdiction de tomber. Celui qui tombe fait le cri du lama en colère.

— Le cri du… quoi ? demanda Zoé.

— Du lama en colère, répéta Tom, très sérieux. C'est dans le règlement officiel. Tu peux noter.

Zoé écrivit : “Lama en colère : à perfectionner”.

Ils enlevèrent tous leurs chaussures et les posèrent en ligne, comme une petite armée de baskets. Puis ils se mirent sur la ligne de départ.

— À vos marques, prêts… GLIIIIISSEZ ! cria Sami au lieu de “Partez”.

Ils se mirent à courir. Enfin, à courir… à essayer.

Sami partit trop vite, glissa, tenta de se rattraper, agita les bras comme un moulin en panique et… PLOUF ! Dans l'herbe.

— Béééééé ! fit-il.

Tom éclata de rire.

— Mais ça, c'est un mouton ! Pas un lama !

Sami se releva et essaya encore.

— Grrrrrr-iiiiiii-aaaaah !

— On dirait un lama enrhumé, commenta Lina.

Zoé écrivait à toute vitesse : “Lama n°2 : à moitié réussi”.

Lina, concentrée, avançait en faisant de petits pas rapides.

— Je vais gagner, je vais gagner, je vais gagner…

Elle arriva presque au cône orange qui faisait office de ligne d'arrivée. Puis son pied gauche décida soudain de tourner tout seul. FLAP ! Elle termina assise dans l'herbe.

Elle leva la main.

— Je refuse de faire le cri du lama.

Tom s'arrĂŞta net.

— Pourquoi ?

— Parce que je vais me ridiculiser, voilà.

Tom sentit son ventre se serrer. Son super jeu était en train de tourner au drame des chaussettes.

Il inspira. Il pensa au banc vert, juste derrière le but. Son coin calme. Il n'y alla pas, mais il imagina qu'il y était. L'air plus frais, le bois qui grince, les pigeons qui regardent sans juger.

Il parla doucement.

— Lina, moi, j'adore quand tu fais la folle, tu sais. Je ne me moquerai pas. On peut le faire tous en même temps si tu veux.

Sami approuva.

— Oui, on fait un lama collectif ! Un méga-lama !

Lina hésita, puis sourit.

— Un méga-lama, ça ne se refuse pas.

Les quatre se mirent en rond, se regardèrent, et crièrent ensemble :

— GGRRRRIIII-LLLAAAAA-MAAA !

Un pigeon, sur le poteau du but, s'envola d'un air vexé. Les enfants éclatèrent de rire, pliés en deux.

— Course des Chaussettes Glissantes : succès, déclara Zoé. Et aucun ami vexé. Note maximale.

Chapitre 3 – Le ballon qui décide tout seul

Pour le deuxième jeu, Tom brandit un ballon de foot un peu dégonflé.

— Nouveau défi : le Foot Sans Cri. On ne peut pas crier, on ne peut pas râler, on ne peut pas dire “Mais euh !”. On ne peut parler que en phrases gentilles. Sinon, pause au banc vert.

— Même toi ? demanda Zoé.

— Même moi, confirma Tom, qui commençait à trouver son idée légèrement dangereuse.

Le match commença. Lina et Tom contre Sami et Zoé.

Tom dribblait avec application. Le ballon roulait, roulait, roulait… puis décida de s'enfuir. Il glissa entre ses pieds, fila sur le côté, bondit sur une petite bosse de terre et prit une trajectoire complètement folle.

— Reviens, boule têtue ! s'écria Tom, avant de se souvenir.

Oh non. Il avait déjà oublié la règle. Pas de cris, pas de râleries.

Le ballon alla se coincer sous un banc dans les gradins. Lina posa ses poings sur ses hanches.

— Ce ballon a un cerveau de cacahuète.

— Lina…, dit Zoé en levant un sourcil.

Lina soupira.

— D'accord, d'accord. Je reformule. Ce ballon a beaucoup d'imagination, mais parfois, ça nous complique la vie.

Tom sentit la colère monter. Il avait envie de donner un coup dans le banc. De hurler : “C'est nul, ce jeu !”. De transformer le ballon en purée. Mais il pensa à son banc vert.

— Stop, dit-il. Pause émotions pour moi.

Il marcha jusqu'au banc vert, sans courir, sans taper du pied, sans rien balancer. Il s'assit. Respira une fois, deux fois, trois fois. Il ferma les yeux.

Les autres restèrent près du ballon coincé, sans bouger.

— On attend, dit Sami. C'est son coin, on respecte.

— Et après, on lui demande comment il se sent, ajouta Zoé, très sérieuse.

Tom revint au bout de quelques minutes. Ses épaules étaient un peu plus détendues.

— Bon, dit-il, je suis revenu. J'étais fâché parce que le ballon m'a fait rater mon super dribble. Mais maintenant ça va mieux.

— Tu veux qu'on t'aide à te rattraper ? proposa Lina. On peut dire : “On recommence l'action pour toi”.

Tom hocha la tĂŞte.

— Oui. Merci de m'avoir attendu.

Sami se pencha pour attraper le ballon sous le banc et faillit rester coincé.

— Si je disparais, dit-il, dites à ma mère que je l'aim…

Le ballon sortit d'un coup, l'envoyant rouler à la renverse. Tout le monde éclata de rire.

Ils replacèrent le ballon au centre.

— On refait ton dribble, dit Zoé. Version améliorée.

Cette fois, Tom réussit son geste. Il marqua un but magnifique, en tirant doucement dans un angle bizarre.

— J'annonce, dit Sami, des étoiles plein les yeux : c'était LE BUT BIZARRE OFFICIEL DES JEUX BIZARRES.

Zoé nota : “But bizarre : validé.”

Chapitre 4 – La pyramide presque catastrophique

— Dernier gros défi, déclara Tom, qui reprenait confiance. Le Relais de la Pyramide Humaine.

Rien que le nom donnait envie de tomber par terre de rire.

— On fait comment ? demanda Lina.

Tom s'éclaircit la gorge.

— Première étape : on court chacun notre tour autour du but. Deuxième étape : on essaye de faire une petite pyramide humaine à trois. Troisième étape : le quatrième prend une photo avec mon vieux téléphone. On doit avoir l'air fiers, pas écrasés.

— Qui prend la photo ? demanda Sami.

— Toi, proposa Zoé. Tu as déjà failli te coincer sous un banc. On va te laisser entier maintenant.

Ils firent le relais en courant en zigzag, en criant :

— Je passe le relais ! Je te passe ma vitesse ! Je te passe ma transpiration !

— Garde ta transpiration, merci, répondait le suivant.

Quand les quatre tours furent finis, ils se retrouvèrent près du but. Vint le moment d'installer la pyramide.

— En bas, il faut les plus solides, dit Lina.

— Je peux être en bas, proposa Tom. J'ai des genoux de compét'.

— Je viens avec toi, ajouta Lina. On sera la base Super-Béton.

Zoé grimpa prudemment sur leur dos.

— Je suis la pointe intelligente de la pyramide.

Sami se recula avec le téléphone dans les mains.

— Souriez ! cria-t-il. Enfin, non, ne bougez pas trop ou vous allez vous écraser !

C'est Ă  ce moment que tout se compliqua.

Lina sentit le coude de Tom lui appuyer dans les cĂ´tes.

— Aïe ! Tu pousses !

— Mais non, c'est Zoé qui pèse mille tonnes !

— Je ne pèse pas mille tonnes ! protesta Zoé. Je pèse exactement…

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase. La pyramide vacilla. Lentement. Très lentement. Comme au ralenti.

— Attentionnnnnnn… fit Sami, les yeux écarquillés.

PLOUF. Les trois se retrouvèrent en tas sur la pelouse. Personne ne s'était fait mal, mais tout le monde parlait en même temps.

— Tu m'as écrasé les cheveux !

— Tu m'as mis ton genou dans le dos !

— J'ai mangé un bout de pelouse !

Sami posa le téléphone sur le sol et s'approcha d'eux.

— Stop. Vous ressemblez à un plat de spaghettis fâchés, là.

Ils se turent. Tom, allongé sur le dos, regarda le ciel.

— Je suis énervé, dit-il, mais pas contre vous. Je suis énervé parce que je voulais que ce soit parfait.

Lina roula sur le côté.

— Moi, je ne suis pas fâchée contre toi. Je suis fâchée contre… mes bras en nouilles. Ils ne tiennent rien.

Zoé s'assit.

— Je ne suis pas fâchée non plus. J'ai juste eu peur de tomber.

Sami hocha la tĂŞte.

— Donc, vous n'êtes pas fâchés les uns contre les autres. Vous êtes fâchés contre la gravité, en fait.

Ils éclatèrent de rire.

Tom se releva.

— On peut essayer encore, dit-il. Mais cette fois, on se parle doucement. Si quelque chose ne va pas, on le dit gentiment. Genre : “Tom, ton coude fait mal, tu peux le bouger ?” au lieu de “Aïe, tu m'écrabouilles !”.

Ils recommencèrent. Tom et Lina en bas, bien stables. Zoé monta, en parlant tout le temps :

— Je pose le pied là. Est-ce que ça va ? Pas trop lourd ? Vous me dites, hein.

— Ça va, dit Tom. Je sens mon dos, mais pas comme une catastrophe. Plutôt comme un sac à dos plein de biscuits.

— Moi aussi ça va, ajouta Lina. Et je suis fière de mes bras, là. Bras en béton, pas en nouilles.

Sami prit la photo. Le téléphone fit un petit “clic”, comme un oiseau timide.

— C'est dans la boîte ! cria-t-il, avant d'ajouter plus doucement : Enfin, dans le téléphone.

Ils laissèrent Zoé redescendre, tranquillement. Et personne ne tomba.

Chapitre 5 – Retour au banc vert

Le soleil commençait à descendre derrière les gradins. Le stade se remplissait doucement de parents, de joggeurs, de gens qui marchaient en discutant. Le bruit montait, mais pour Tom et ses copains, c'était comme si une petite bulle calme s'installait.

Ils allèrent tous ensemble s'asseoir sur le vieux banc vert, le coin calme de Tom.

— Normalement, c'est mon banc à moi, dit-il. Mais aujourd'hui… j'ai envie de le partager.

Sami posa ses fesses en exagérant.

— Attention, moment historique : le banc vert devient… le Banc de l'Équipe.

Zoé ouvrit son carnet.

— Je note : “Le banc vert est maintenant le coin calme de tout le monde. Règle officielle.”

Ils regardèrent la photo sur le téléphone. On les voyait tous les trois en pyramide, avec des têtes concentrées mais fières. Au fond, un pigeon passait en volant, l'air choqué.

— On dirait qu'il n'approuve pas la pyramide, rigola Lina.

Tom sentit une chaleur douce dans sa poitrine. Il repensa à la course glissante, au ballon têtu, à la pyramide qui s'écroulait, à sa petite pause tout seul sur ce même banc.

— Vous savez, dit-il, aujourd'hui, j'ai été en colère plusieurs fois.

— On avait remarqué, répondit Sami avec un demi-sourire.

— Mais… continua Tom, j'ai aimé que vous me laissiez aller au banc sans me suivre, et que vous m'attendiez. Ça m'a aidé à me calmer sans avoir peur qu'on se dispute.

Zoé hocha la tête.

— Moi aussi, j'ai appris un truc. Quand je dis ce que je ressens sans accuser quelqu'un, ça se passe mieux. Genre “J'ai eu peur de tomber” au lieu de “C'est ta faute si je tombe”.

Lina ajouta :

— Et quand on se parle gentiment, on peut faire une pyramide humaine sans finir en crêpe.

Ils restèrent un moment sans rien dire, à regarder le ciel qui se colorait doucement. Le stade faisait encore du bruit, mais sur le banc, c'était tranquille, presque doux.

Sami rompit le silence.

— On refait les Jeux Bizarres du Stade la semaine prochaine ?

Tom sourit.

— Oui. Avec encore plus de jeux bizarres. Mais on garde les mêmes règles : on se parle gentiment, on se calme quand on en a besoin, et on rigole beaucoup.

— Surtout le lama, ajouta Lina. On garde le lama.

— Surtout le banc, corrigea Zoé. On garde le banc.

Tom appuya sa tête contre le dossier du vieux bois vert. Ses émotions semblaient maintenant ranger leurs valises pour la nuit. Il se sentait fatigué, mais d'une bonne fatigue. Celle qu'on a après avoir couru, crié de joie, et parlé avec son cœur.

— En fait, murmura-t-il, aujourd'hui, on a inventé un nouveau sport.

— Ah bon ? fit Sami. Le foot lama ?

— Non, répondit Tom en souriant. Le sport de l'amitié calme.

Personne ne trouva rien à ajouter. Ils se contentèrent de rester là, serrés sur le banc vert, à partager le même silence tranquille, en se disant que, vraiment, ils avaient passé une excellente journée ensemble.

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