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Histoire d'Astronaute 11 à 12 ans Lecture 21 min.

Le coin tranquille des astronautes

Maëlle, future astronaute, prépare une mission en choisissant des objets et en créant un "coin tranquille" pour préserver corps et esprit en microgravité, tout en apprenant à ses coéquipiers l'importance des routines de bien-être.

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Maëlle, astronaute au visage serein et concentré, sourit doucement ; elle porte une combinaison spatiale blanche à attaches bleues, cheveux bruns en chignon, tenant une petite pierre lisse grise dans une main et une photo cornée dans l'autre, flottant en apesanteur. À sa droite, Lina, jeune femme d'environ 20 ans aux cheveux blonds courts, regard à la fois excité et timide, est assise en flottant et tend une gourde attachée vers Maëlle. En arrière-plan gauche, Kenji, homme d'une quarantaine d'années aux cheveux noirs courts et à l'expression calme et bienveillante, observe doucement le rideau du renfoncement, prêt à aider. L'intérieur du module spatial est rond et compact : parois métalliques claires, panneaux de contrôle à voyants colorés, sangles et pochettes transparentes, petit hublot montrant l'arc bleu de la Terre et un rideau textile beige fixé à une structure. La scène montre l'aménagement d'un « coin tranquille » près du hublot avec un petit sablier attaché, un casque audio en pochette, une poche plastique pour la photo et des objets personnels flottant doucement ; l'ambiance est lumineuse, douce et chaleureuse, contrastant le métal froid et les textures textiles confortables. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — Une mission, un coin tranquille

Dans le grand bâtiment blanc du centre spatial, les couloirs sentaient le savon et le métal neuf. On entendait des pas pressés, des portes qui chuchotaient en se fermant, et, quelque part, un bip régulier comme un petit cœur électronique.

Maëlle ajusta sa combinaison d'entraînement et consulta la liste accrochée à une tablette.

« Vérification des systèmes, briefing, puis simulation d'orbite », lut-elle à voix haute.

À côté d'elle, Hugo, l'ingénieur de vol, leva un sourcil.

« Et n'oublie pas ta spécialité, Maëlle. »

« Ma spécialité ? »

« Sur cette mission, tu es aussi responsable du “coin tranquille”. »

Maëlle sourit. Ce n'était pas écrit en grosses lettres sur les affiches, mais elle savait à quel point c'était important. Dans l'espace, tout flotte, y compris les émotions. Quand la fatigue grimpe, quand le bruit des ventilateurs devient irritant, quand la Terre manque un peu trop… un endroit calme peut sauver une journée.

« Un coin tranquille, c'est quoi exactement ? » demanda une voix derrière eux.

C'était Lina, nouvelle recrue, les yeux brillants d'envie et d'inquiétude mélangées.

Maëlle lui répondit avec douceur :

« C'est un petit espace dans la station où chacun peut se poser, respirer, se recentrer. On y met quelques objets apaisants, on y respecte le silence, et on y va quand on a besoin de retrouver sa tête et son calme. »

« Comme une cabane secrète… mais en orbite ? »

« Exactement. Sauf que la cabane doit aussi respecter la sécurité : rien qui s'envole dans un ventilateur, rien qui bloque une poignée, rien qui gêne une sortie d'urgence. »

Hugo tapota la tablette.

« Et ce n'est pas que du confort. Le corps, là-haut, travaille autrement : les muscles perdent de la force si on ne fait pas de sport, les os se fragilisent. Le cerveau aussi a besoin de pauses. »

Maëlle posa une main sur son ventre, comme pour sentir un ancrage invisible.

« C'est pour ça qu'on apprend à prendre soin de soi comme d'un instrument précieux. Si on veut explorer, il faut d'abord rester bien. »

Lina hocha la tête, très sérieuse.

« Alors… tu vas choisir quoi, pour ce coin tranquille ? »

Maëlle laissa la question flotter un instant, comme si elle observait déjà des objets tourner lentement autour d'elle.

« Je vais y penser. Et je vais choisir quelques objets personnels à emporter en orbite. Des petits morceaux de Terre, qui tiennent dans la main. »

Au loin, un écran affichait une image de la station spatiale : un grand puzzle de modules et de panneaux solaires. Maëlle sentit un frisson d'émerveillement, mais aussi le poids joyeux de la responsabilité.

« Allez, dit-elle. On a un rêve à préparer… pas à pas. »

Chapitre 2 — La valise des étoiles

Dans sa chambre du centre, Maëlle étala sur le lit une petite boîte et trois sachets transparents. Les règles étaient strictes : masse limitée, volume réduit, aucun objet dangereux. Chaque gramme comptait, parce qu'en fusée, la moindre chose demande du carburant pour être envoyée là-haut.

Elle ouvrit la boîte : à l'intérieur, il y avait une photo cornée de sa petite sœur, Zoé, qui faisait une grimace sur un vélo. Maëlle rit toute seule.

« Toi, tu viens avec moi, chuchota-t-elle. Tu me rappelleras de ne pas me prendre trop au sérieux. »

Ensuite, elle sortit un petit carnet à couverture bleue.

« Journal de bord personnel », annonça-t-elle comme si elle parlait à une équipe.

Dans l'espace, on écrit beaucoup : procédures, horaires, observations. Mais ce carnet-là servirait à autre chose : noter les émotions, les rêves, les petites victoires et les jours moins faciles. Maëlle savait que mettre des mots sur ce qu'on ressent, c'est déjà alléger la tête.

Elle hésita devant un troisième objet : une minuscule pierre lisse, grise et brillante, trouvée enfant au bord de la mer.

« Elle est toute bête », murmura-t-elle, « mais elle a le bruit des vagues à l'intérieur. »

Elle la roula entre ses doigts. La surface froide la calma.

On frappa à la porte.

« Je peux entrer ? » demanda Lina.

« Oui ! »

Lina s'assit au bord du lit, curieuse.

« Tu choisis quoi ? »

Maëlle lui montra les trois trésors.

« Une photo pour le cœur, un carnet pour l'esprit, une pierre pour respirer. »

« Une pierre en orbite… elle va flotter ? »

« Oui. Et c'est ça qui est drôle : je pourrai la faire tourner doucement, comme une mini-planète. »

Lina sortit de sa poche un petit sachet.

« Moi, j'ai pris… un sachet de thé à la menthe. Ça sent ma grand-mère. »

« Très bon choix. Dans l'espace, l'odorat change parfois, mais les odeurs familières peuvent rassurer. »

Maëlle attrapa une liste officielle et la posa entre elles.

« Tu sais ce qu'on emporte aussi, et qui compte encore plus ? »

« Des outils ? »

« Oui. Et… des habitudes. »

Elle pointa la feuille.

« Sport deux heures par jour. Hydratation. Sommeil régulier. Et des moments de pause. Notre corps n'a pas été conçu pour vivre sans pesanteur, alors on l'aide. »

Lina fit une moue.

« Deux heures de sport ? Même au collège, on n'en fait pas autant. »

« Là-haut, c'est non négociable. Sinon, en revenant, tu as l'impression que tes jambes sont en coton. »

Elles rirent, mais Maëlle ajouta, plus doucement :

« Prendre soin de soi, ce n'est pas une punition. C'est une façon de respecter ce qu'on veut accomplir. »

Avant de partir, Lina demanda :

« Et le coin tranquille, tu le construis comment ? »

Maëlle referma la boîte.

« Avec des objets simples… et des règles claires : silence, respect, et une minute pour respirer. Même les astronautes ont besoin d'un endroit où poser leurs pensées. »

Chapitre 3 — La répétition du calme

Le lendemain, la simulation d'orbite commença dans une grande salle remplie d'écrans. Chaque poste avait des boutons, des voyants, des câbles attachés proprement. Rien n'était laissé au hasard : dans l'espace, “à peu près” peut devenir “trop tard”.

« Équipage, vous êtes en station », annonça une voix dans les haut-parleurs.

Maëlle se glissa dans une maquette de module. Les ventilateurs faisaient un souffle constant, comme un vent invisible. Elle imagina ce son la nuit, pendant des semaines. Elle inspira lentement. Un, deux, trois… Puis elle expira comme si elle soufflait sur une bougie.

Hugo apparut sur un écran.

« Maëlle, on te laisse organiser la zone calme. Où la places-tu ? »

Maëlle balaya la maquette du regard : une paroi avec des sangles, un petit renfoncement près d'un hublot, une zone proche des sacs de rangement.

« Pas près des passages », dit-elle. « Pas près des systèmes qui demandent des manipulations fréquentes. Je la mets dans le renfoncement, avec un rideau léger, fixé. Et un panneau “Coin tranquille — on entre doucement”. »

Lina, qui jouait le rôle d'une coéquipière stressée, fit semblant de débouler.

« Maëlle ! J'ai perdu mon stylo, il flotte quelque part, j'en peux plus ! »

Maëlle la regarda sans se moquer.

« Stop. D'abord, on ralentit. Tu prends deux respirations avec moi. »

« Mais mon stylo… »

« On le retrouvera. Respire. »

Lina inspira, puis souffla.

« Ok… »

« Maintenant, on sécurise l'endroit : on vérifie les grilles d'aération, on ramasse les objets flottants avec un filet. Ensuite seulement, on cherche. »

Hugo approuva :

« Bonne gestion. Et ton coin tranquille ? »

« Je propose une routine : quand quelqu'un y va, il prend un petit sablier de trois minutes — attaché, bien sûr — et il se concentre sur une chose : sa respiration, une image de la Terre, ou une musique douce au casque. »

« Et si quelqu'un a besoin de parler ? »

« Alors, ce sera ailleurs. Le coin tranquille n'est pas une salle de discussion. C'est un refuge. »

La simulation continua : une alarme fictive, un exercice de réparation, puis un repas chronométré.

Maëlle nota mentalement tout ce qui fatiguait le cerveau : les bips, les consignes, la nécessité de toujours vérifier deux fois. Elle pensa à la vraie station, à l'orbite où le jour et la nuit se succèdent si vite qu'on peut se tromper de fatigue.

Pendant une pause, elle rejoignit Hugo près d'un tableau.

« Tu penses que c'est vraiment utile, ton coin tranquille ? » demanda-t-il, mi-taquin, mi-sincère.

« Utile ? C'est comme une vis dans une machine. Une seule vis peut sembler petite… jusqu'au moment où elle manque. »

Hugo sourit.

« Belle image. Tu sais, astronautes, ingénieurs… on a tous besoin de repos. Même les cerveaux les plus brillants ont des batteries. »

Lina arriva avec une gourde.

« J'ai un problème : je bois beaucoup moins quand je suis stressée. »

Maëlle prit un ton de capitaine calme.

« Astuce : tu attaches ta gourde toujours au même endroit. Et tu mets une alarme douce. Dans l'espace, si tu oublies de boire, ton corps te le rappelle… mais pas gentiment. »

Lina soupira.

« D'accord. Je veux garder mon cerveau en forme. »

« Et ton corps aussi », ajouta Maëlle. « C'est l'équipe complète : muscles, os, cœur, tête. »

Quand la simulation s'arrêta, Maëlle sentit une fatigue agréable. Celle qui dit : “Tu avances.” Elle regarda le hublot factice et imagina l'autre, le vrai, avec la Terre qui brille comme un secret.

Chapitre 4 — Décollage et petites planètes

Le jour du lancement, l'air vibrait. Même les silences semblaient électriques. Maëlle traversa le couloir vers la fusée, entourée d'une équipe en combinaisons, de techniciens attentifs, de gestes précis.

Dans l'ascenseur, Lina chuchota :

« J'ai l'impression que mon cœur fait des pompes. »

« Parfait, répondit Maëlle. Il s'échauffe. »

Elles s'installèrent, sanglées, serrées dans leurs sièges. Devant elles, une forêt de cadrans et d'écrans. Maëlle écouta la voix du contrôle au sol, claire et rassurante, qui déroulait les étapes comme une comptine sérieuse.

« Dix… neuf… »

Maëlle posa la langue contre son palais, comme elle le faisait pour se concentrer.

« Trois… deux… un… allumage. »

La fusée rugit. Ce n'était pas un simple bruit : c'était une montagne qui se met à chanter. La pression les écrasa dans leurs sièges. Maëlle pensa : “Reste souple. Respire.” Elle sentit l'entraînement revenir comme un réflexe.

Puis, soudain, la poussée changea. Le corps se libéra.

« On flotte ? » souffla Lina.

Maëlle rit, un rire léger comme une bulle.

« Bienvenue en microgravité. »

Un stylo qu'on avait mal attaché fit une danse maladroite avant d'être attrapé par un filet.

« Première règle : rien ne se promène sans autorisation », rappela Maëlle en le fixant correctement.

Quelques heures plus tard, elles rejoignirent la station. L'amarrage se fit avec une douceur surprenante, comme deux mains qui se rejoignent. Dans le sas, Maëlle eut une pensée pour la Terre : là-bas, des gens dormaient, d'autres se réveillaient, et elle, elle était entre les deux, au-dessus de tout.

Une fois à l'intérieur, Maëlle sortit ses objets personnels de leur sachet : la photo, le carnet, la pierre.

La pierre, libérée, se mit à flotter devant elle, lente et majestueuse.

« Regardez, dit-elle. Une planète de poche. »

Lina tenta de la toucher du bout du doigt.

« On dirait qu'elle a peur de nous. »

« Elle n'a pas peur. Elle prend son temps. Ici, tout prend son temps… sauf nos horaires. »

Le planning était affiché : expériences scientifiques, maintenance, sport, communications. Maëlle savait que la station, malgré ses hublots magiques, était aussi un atelier très sérieux.

Avant le premier repas, elle rassembla l'équipage.

« J'installe le coin tranquille. Qui veut m'aider ? »

Un astronaute japonais, Kenji, leva la main.

« Je peux fixer le rideau. Et je propose une règle : pas d'entrée si quelqu'un a mis le panneau “occupé”. »

« Excellente règle », dit Maëlle.

Ils choisirent le renfoncement près d'un petit hublot rond. Maëlle fixa une poche de rangement pour un casque audio, un sablier attaché, et un petit carton plastifié : “Respirer. Regarder. Revenir.”

Elle glissa la photo de Zoé dans une pochette transparente, à l'abri.

« Ça, c'est pour le sourire », murmura-t-elle.

Quand tout fut prêt, Lina s'approcha, impressionnée.

« Ça fait… vrai. Comme si on avait construit un endroit où les pensées peuvent se poser. »

Maëlle hocha la tête.

« Même en apesanteur, on a besoin d'un sol. Pas sous les pieds… mais dans la tête. »

Chapitre 5 — Le bruit, la Terre et le sablier

Les jours suivants s'alignèrent comme des perles : sport, expériences, repas, vérifications, messages à la Terre. Maëlle courait après les minutes, mais elle gardait un œil sur les visages, les gestes, les silences.

Un soir — enfin, “soir” selon l'horloge de la station — Kenji resta un peu trop longtemps devant un panneau de contrôle, immobile.

Maëlle s'approcha.

« Tout va bien ? »

« Je pense beaucoup », répondit-il. « Mon esprit tourne comme un tournevis. »

« Alors viens. »

Elle l'emmena au coin tranquille. Le petit rideau se referma doucement. La lumière y était plus douce, et le hublot montrait un arc bleu : l'atmosphère de la Terre, fine comme une coquille d'œuf.

Maëlle accrocha le sablier.

« Trois minutes. Rien à faire, juste être là. »

Kenji s'assit en flottant, les mains posées sur ses genoux, comme s'il s'attachait lui-même au calme.

Dehors, la Terre défilait, splendide et silencieuse.

« Elle est fragile », souffla Lina, qui attendait à l'extérieur du rideau.

Maëlle répondit sans la regarder, les yeux sur le bleu.

« Oui. Et c'est pour ça qu'on la respecte. Quand on la voit d'ici, on comprend que tout est lié : les nuages, les océans, les villes, les forêts. Rien ne mérite d'être gaspillé. »

Plus tard, une petite tension éclata au moment du sport. Lina râlait : le vélo d'exercice résistait trop, la sangle la gênait, et elle se sentait “bizarre” en apesanteur.

« J'en ai marre ! » lâcha-t-elle. « J'ai l'impression de pédaler dans du vide ! »

Maëlle lui donna une serviette, puis parla calmement.

« Tu pédales pour ton futur toi. Pour tes os. Pour ton cœur. Pour que, quand tu reviendras sur Terre, tu puisses courir sans tomber. »

« Mais c'est long… »

« Oui. C'est long. C'est comme apprendre un instrument : au début, c'est difficile, puis ça devient un rythme. Et ton corps te remerciera. »

Hugo, depuis le sol, leur envoya un message :

« N'oubliez pas : la fatigue se gère aussi avec le sommeil. Coupez les écrans un peu avant de vous coucher si possible. »

Lina répondit :

« Même en orbite, on a des devoirs. »

Maëlle tapota sur la tablette :

« Devoirs de bien-être, oui. »

Cette nuit-là, Maëlle alla au coin tranquille seule. Elle sortit sa pierre, la fit tourner doucement. Elle écrivit dans son carnet : “Aujourd'hui, j'ai appris que le courage peut être silencieux. Il s'appelle parfois respiration.”

Avant de repartir, elle colla sur la paroi un petit rappel, simple et net : “Boire. Bouger. Dormir. Parler quand il faut. Se taire quand c'est bon.”

Chapitre 6 — Retour, douceur et repos mérité

Après des semaines intenses, la date du retour arriva comme un point final qu'on attend et qu'on redoute un peu. Maëlle rangea les objets du coin tranquille avec un soin particulier, comme on ferme une maison qu'on aime.

Lina passa sa main sur le rideau.

« Je crois que cet endroit m'a sauvée plus d'une fois. »

« Il t'a surtout rappelé que tu pouvais te sauver toi-même », répondit Maëlle.

Dans le vaisseau de retour, tout redevint serré, attaché, compté. La rentrée dans l'atmosphère secoua la capsule comme une boîte à biscuits dans une tempête. Maëlle sentit la pesanteur revenir, lourde et étonnamment familière, comme une couverture très épaisse.

« Mes bras… pèsent une tonne », gémit Lina.

« Normal. La Terre te fait un câlin un peu trop fort », plaisanta Maëlle, même si elle serrait les dents.

L'atterrissage se fit dans un nuage de poussière. Quand la trappe s'ouvrit, l'air de la Terre entra d'un coup : il sentait l'herbe, le soleil, et quelque chose de vivant qu'on ne peut pas mettre en bouteille.

Maëlle fut aidée à sortir. Ses jambes tremblaient, mais elle se redressa, fière et prudente. Les médecins vérifièrent tout : tension, équilibre, hydratation. On ne plaisante pas avec le retour du corps à la gravité. Là aussi, la sécurité d'abord.

Plus tard, dans une salle calme, Maëlle retrouva sa sœur Zoé. Elle avait grandi un peu — ou alors Maëlle avait changé de regard.

Zoé pointa la photo que Maëlle tenait.

« Tu l'as vraiment emportée ? Même avec ma grimace ? »

« Surtout avec ta grimace. Elle m'a rappelé de rire, même quand c'était compliqué. »

Le soir venu, Maëlle s'allongea enfin dans un lit qui ne flottait pas. Les draps avaient un poids rassurant. Elle posa la pierre de mer sur la table de nuit, puis ouvrit son carnet.

Elle écrivit : “On peut aller très loin sans oublier ce qui compte. Prendre soin de son corps, c'est protéger son aventure. Prendre soin de son esprit, c'est garder la lumière allumée à l'intérieur.”

Elle éteignit la lampe. Dans le noir, elle imagina le coin tranquille, là-haut, près d'un hublot, attendant d'autres voyageurs. Et elle se laissa glisser dans un repos profond, mérité, avec la Terre tout près, solide, et les étoiles qui, pour une fois, pouvaient patienter.

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Centre spatial
Grand bâtiment ou complexe où l'on prépare et lance des fusées.
Simulation d’orbite
Exercice qui imite le passage d'un engin autour de la Terre.
Coin tranquille
Petit endroit réservé au calme pour se reposer et se concentrer.
Microgravité
État où la pesanteur est très faible, on flotte presque.
Hublot
Petite fenêtre ronde d'une station ou d'un vaisseau spatial.
Sas
Petit passage étanche entre deux espaces, on l'ouvre avec précaution.
L’amarrage
Action de relier doucement un vaisseau à une station spatiale.
Apesanteur
Sensation de ne plus sentir le poids du corps, on flotte.
Sangles
Bandes solides utilisées pour attacher ou maintenir des objets ou personnes.
Sablier
Objet qui mesure le temps avec du sable qui coule lentement.

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