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Histoire de petits enquêteurs 11 à 12 ans Lecture 28 min. (1)

Le collier de Pixel, enquête n°17 de Léo

Léo, un jeune détective, doit résoudre le mystère de la disparition du collier de sa maman, porté jadis par sa grand-mère, en suivant des indices qui l’amènent à interroger son voisin et à explorer des pistes étonnantes qui pourraient impliquer leur chat, Pixel. Au fil de son enquête, il découvre que les apparences peuvent parfois être trompeuses et que la vérité se cache là où on s’y attend le moins.

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Léo, un garçon de 12 ans aux cheveux châtains ébouriffés, porte une chemise à carreaux bleus et un jean. Concentré, il tient un carnet à spirale et un stylo pour noter des indices. À ses côtés, sa mère, une femme brune dans la trentaine avec un chignon et un t-shirt rose, semble inquiète, les mains sur les hanches, regardant autour d'elle avec désespoir. La scène se déroule dans un salon chaleureux avec un canapé en velours rouge, une étagère remplie de livres et une boîte en velours bleu ouverte sur la table basse, laissant échapper des perles brillantes. Léo enquête sur le sol à la recherche de preuves concernant la disparition du collier de sa grand-mère. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 – Le collier disparu

Je m'appelle Léo, j'ai douze ans, et dans ma classe, tout le monde dit que je suis « le détective tranquille ».

Je ne crie jamais, je ne cours pas partout… mais j'observe. J'écoute. Je note.

Ce matin-là, j'étais dans ma chambre, en train de finir un problème de maths, quand j'ai entendu maman crier :

« Léo ! Tu peux venir, s'il te plaît ?! Tout de suite ! »

Je suis descendu quatre à quatre. Maman était dans le salon, les mains sur la tête.

La boîte en velours bleu qui se trouvait d'habitude sur l'étagère était ouverte… et vide.

« Il est parti… » a murmuré maman.

« Quoi, il ? »

« Mon collier. Le collier de mamie. Je l'avais posé là hier soir… et ce matin, plus rien. »

Je me suis approché. Sur la table basse, il y avait quelques perles minuscules, transparentes, comme des grains de sucre.

« Tu es sûre de ne pas l'avoir rangé ailleurs ? »

« Léo, je l'ai mis ici, j'en suis certaine. On devait le montrer à ta cousine Emma cet après-midi, tu te souviens ? Elle en a besoin pour son spectacle de danse. »

Je me suis accroupi pour regarder le sol. Trois autres perles claires brillaient dans la lumière du matin.

« Personne d'autre n'est entré ? »

« Seulement toi, ton père, et… » Elle a hésité. « Et monsieur Delorme, le voisin, hier soir. Il est venu nous apporter des invitations pour le match de foot de ce soir. »

Je n'ai rien dit tout de suite. J'ai sorti de ma poche mon petit carnet à spirale et mon stylo.

« D'accord, maman. On va le retrouver. »

« Tu crois ? »

« Je te le promets. »

J'ai écrit en haut de la page :

ENQUÊTE N°17 – COLLIER DE MAMIE.

Puis, j'ai commencé à relever les indices.

Indices visibles :

1. Boîte bleue ouverte, vide.

2. Perles transparentes sur la table et par terre.

3. Maman, papa, moi et monsieur Delorme présents hier soir.

Je te propose d'appuyer sur pause, là, dans ta tête.

Si tu étais à ma place, quel serait ton premier réflexe ?

Chercher partout ? Interroger quelqu'un ? Tester une hypothèse ?

Garde ta réponse en mémoire. Tu verras si on pense pareil.

Chapitre 2 – Les premières pistes

J'ai commencé par fouiller le salon méthodiquement. Sous le canapé. Entre les coussins. Derrière la télé. Rien. Juste des moutons de poussière et un ticket de bus vieux de six mois.

Papa est entré à ce moment-là, un bol de café à la main.

« Qu'est-ce que tu fais par terre, Léo ? »

« Enquête. Le collier a disparu. »

« Encore une de tes grandes affaires ? » a-t-il plaisanté. Puis, voyant la tête de maman, il a ajouté, sérieux :

« Ah. Bon. Tu crois qu'on s'est fait voler ? »

Je me suis relevé :

« La porte d'entrée était fermée cette nuit ? »

« Oui. Comme toujours. »

« Et la fenêtre du salon ? »

« Fermée aussi. On est au deuxième étage, oublie pas. »

J'ai noté : Pas de trace d'effraction.

Maman a repris :

« Je l'ai sorti de la boîte hier soir pour le montrer à monsieur Delorme. Il adore les vieux bijoux, ça lui rappelle sa mère, je crois. Je lui ai dit qu'Emma le porterait pour danser. Ensuite, je l'ai remis dans la boîte et je l'ai posée sur l'étagère. Voilà. »

Je l'ai laissée parler, sans l'interrompre. Quand les gens racontent, ils laissent parfois échapper un détail important.

« Tu as entendu un bruit dans la nuit ? »

« Non… Enfin si, peut-être. Un petit ‘clac' vers minuit. J'ai cru que c'était ton père qui avait oublié la cuisine à gaz. Mais quand je me suis levée, il n'y avait rien. »

Un ‘clac' dans le salon, la boîte ouverte, des perles par terre.

Je me suis tourné vers papa :

« Qui a une clé de chez nous, à part nous ? »

« Personne. »

« Et monsieur Delorme ? »

« Non, bien sûr que non. »

Je n'étais pas convaincu à cent pour cent, mais je n'accuse jamais sans preuve. C'est la règle numéro 1 de mon carnet.

RÈGLE 1 : NE JAMAIS ACCUSER SANS INDICE SOLIDE.

« Maman, à quelle heure est parti monsieur Delorme hier soir ? »

« Vers vingt heures. Il était pressé, il devait préparer la tribune pour le match de ce soir. Il s'occupe toujours de l'organisation. »

La tribune. Le terrain de foot… Je me suis souvenu des invitations.

« Les billets, tu les as mis où ? »

« Sur le buffet, là. »

Je me suis approché. Deux petits cartons rouges, avec écrit en gros :

« MATCH DE CE SOIR – ACCÈS TRIBUNE CENTRALE ».

En bas, il y avait un nom, en plus petit :

ORGANISATEUR : M. HUGUES DELORME.

Je suis resté un moment silencieux.

Si le collier n'était plus là, il avait forcément bougé.

Il pouvait être :

— encore dans l'appartement (mais bien caché)

— dehors (perdu ou emporté)

— chez quelqu'un d'autre.

J'ai décidé de remonter la piste des personnes.

« Je vais commencer par interroger monsieur Delorme, » ai-je annoncé.

« Tu es sûr ? » a demandé maman, un peu mal à l'aise. « C'est notre voisin, il est gentil… »

« Justement. Et puis je ne vais pas l'accuser. Je vais lui poser des questions. »

Dans ma tête, je te pose aussi la question :

Tu crois qu'il faut parler tout de suite au voisin, ou fouiller encore un peu l'appartement ?

Tu peux réfléchir deux secondes.

Moi, j'ai choisi d'aller frapper chez lui.

Chapitre 3 – Le voisin aux mille secrets

L'appartement de monsieur Delorme était juste en face du nôtre, sur le même palier. J'ai sonné.

On a entendu un bruit de pas, puis le cliquetis de plusieurs verrous.

La porte s'est ouverte sur un grand monsieur aux cheveux gris ébouriffés, avec des lunettes rondes qui glissaient sur son nez.

« Ah, Léo ! » a-t-il lancé avec un sourire. « Le futur Sherlock Holmes de l'immeuble ! Que me vaut l'honneur ? »

Je crois que tout le monde était au courant de ma passion pour les enquêtes.

« Bonjour, monsieur Delorme. J'aurais quelques questions… si vous avez un moment. C'est important. »

« Ouh, ça a l'air sérieux. Entre ! »

Son appartement sentait la cire et la poussière. Des étagères partout, couvertes de bibelots : vieilles montres, cadres, petites boîtes en métal. On aurait dit un musée secret.

« Assieds-toi. Tu veux un jus d'orange ? »

« Non merci. » J'ai sorti mon carnet.

Il m'a regardé avec amusement.

« Tu prends des notes ? On dirait la police. »

« On a perdu quelque chose, chez nous, » ai-je expliqué. « Le collier de ma mamie. Celui que maman t'a montré hier. Tu te souviens ? »

« Bien sûr que je m'en souviens. Il était magnifique… Des perles de cristal, n'est-ce pas ? »

Ses yeux brillaient vraiment quand il en parlait. J'ai noté : aime beaucoup les bijoux anciens.

« Maman l'a remis dans la boîte après que tu sois parti, » ai-je continué. « Mais ce matin, il n'y est plus. »

« Oh. » Son sourire a disparu. « Tu veux dire… disparu ? »

« Oui. »

Je l'ai observé en silence. Ses mains ont tremblé un peu.

« Tu penses… que je pourrais y être pour quelque chose ? » a-t-il demandé d'une voix plus basse.

« Je ne pense rien pour le moment, » ai-je répondu calmement. « Je cherche à comprendre. »

Il m'a regardé, surpris, puis a poussé un soupir.

« C'est bien, ça. Tu cherches des preuves. Tu as raison. Eh bien, hier soir, je suis venu chez vous vers… dix-neuf heures trente, je crois. On a parlé du match, j'ai donné les invitations, ta maman m'a montré le collier. Ensuite je suis rentré chez moi, j'ai mangé, j'ai préparé des affiches pour la tribune. Puis je suis allé me coucher. C'est tout. »

J'ai demandé :

« Quelqu'un peut confirmer tout ça ? »

« Eh bien… non. Je vis seul. Mais je n'ai pas volé ce collier, Léo. Je l'aimais bien, mais pas au point de le prendre ! »

Il avait l'air sincère. Pourtant, je savais que parfois, les gens peuvent mentir en gardant un visage calme.

Je me suis levé et j'ai regardé autour de moi, sans rien toucher. Sur une étagère, j'ai repéré une petite boîte en velours… bleue.

Exactement la même couleur que celle de maman.

« Je peux ? » ai-je demandé.

« Bien sûr, vas-y. »

J'ai ouvert. À l'intérieur, il y avait un vieux bouton doré, pas un collier.

« J'adore les boîtes, » a expliqué monsieur Delorme. « Je garde tous les petits objets dedans. Ça évite de les perdre. Qu'est-ce qui te tracasse, Léo ? »

Je me suis tourné vers lui :

« Hier soir, vous avez parlé d'un bruit dans le couloir ou dans l'immeuble ? Quelque chose d'inhabituel ? »

« Ah oui… » Il a plissé les yeux. « Vers minuit, j'ai entendu un drôle de bruit, un genre de ‘clac' sec. Comme si quelque chose tombait. Je me suis levé pour regarder par le judas de ma porte, mais il n'y avait personne. Alors je suis retourné me coucher. »

Le même bruit que maman. J'ai noté : bruit entendu par deux personnes, vers minuit.

« Tu crois que le bruit a un lien avec ton collier ? » a demandé le voisin.

« Peut-être. Je ne sais pas encore. »

Je t'invite à y réfléchir aussi.

Un collier de perles. Une boîte ouverte. Un bruit « clac » vers minuit.

Quels scénarios imagines-tu ?

Essaie d'en trouver au moins deux différents dans ta tête.

En allant vers la porte, mon regard a été attiré par quelque chose près de la fenêtre : un petit éclat transparent sur le tapis.

Je me suis penché. C'était une perle, exactement comme celles retrouvées dans notre salon.

Je l'ai montrée à monsieur Delorme :

« Vous savez d'où ça vient ? »

« Ah ! Ça ! » Il a éclaté de rire. « Tu vas me trouver encore plus suspect, là… Mais je te promets que ce n'est pas ce que tu crois. Hier, en rentrant de chez vous, j'ai senti quelque chose rouler dans mon pantalon. J'ai mis la main dans ma poche, et j'ai trouvé cette perle. Elle devait être tombée du collier pendant que ta maman me le montrait. Je voulais te la rendre aujourd'hui. Et puis j'ai oublié. Elle a dû rouler jusqu'ici, je suis un peu maladroit. »

Moi, je me demandais surtout :

Comment une perle du collier s'était-elle retrouvée dans la poche du voisin ?

Accident ? Simplement parce qu'il l'avait tenue dans sa main ?

Ou autre chose ?

RÈGLE 2 : UN INDICE PEUT ÊTRE INNOCENT… OU CACHER AUTRE CHOSE.

Je suis reparti avec la perle dans ma poche et une idée dans la tête : ce soir, au match, j'allais surveiller de près monsieur Delorme… et la tribune.

Chapitre 4 – La tribune sous surveillance

Le soir, le stade municipal était plein. Des familles, des amis, des voisins, tout le monde semblait s'être donné rendez-vous.

La tribune centrale était décorée avec des banderoles rouges et blanches. En haut, un grand panneau indiquait :

« MATCH DE GALA – BIENVENUE ! »

Emma, ma cousine, attendait à l'entrée avec sa mère.

« Alors, le collier ? » m'a-t-elle demandé aussitôt.

« L'enquête est en cours, » ai-je répondu sérieusement. « Mais je te le retrouverai avant ton spectacle de fin d'année, promis. »

Elle a souri, un peu rassurée.

On a montré nos invitations et on est montés dans la tribune. Les bancs étaient en bois, un peu durs. De là où j'étais assis, je pouvais voir tout le terrain, mais aussi, surtout, la zone des organisateurs.

Monsieur Delorme courait partout avec un talkie-walkie, un plan dans les mains.

« À ta place, Léo, j'aurais besoin d'un carnet géant, » a glissé papa en rigolant.

Je n'ai pas répondu. J'avais déjà sorti mon carnet normal.

Je regardais les détails :

— Les sacs posés au pied des sièges.

— Les petites portes d'accès sous la tribune.

— Les barrières, les escaliers, les panneaux.

Et puis, j'ai remarqué quelque chose.

Sous un des bancs, deux rangées plus bas, une petite chose brillait, coincée dans une fissure du bois.

Je me suis penché, en faisant attention à ne pas tomber.

C'était une autre perle, transparente, identique aux autres.

Je te laisse une seconde pour faire le lien.

Une perle chez nous.

Une chez monsieur Delorme.

Une dans la tribune.

Tu penses que quelqu'un a transporté le collier jusqu'ici ?

Ou que le collier s'est cassé et que les perles ont roulé un peu partout ?

Je l'ai ramassée discrètement.

« Encore une ? » a murmuré Emma, qui avait tout vu.

« Oui. Le collier a peut-être voyagé plus qu'on ne le croit. »

Le match a commencé. Les cris, les applaudissements, les sifflets recouvraient tout.

Mais moi, j'écoutais autre chose : les bruits dans la tribune, sous nos pieds. Par moments, ça grinçait, ça claquait, comme si quelqu'un ouvrait ou fermait des trappes en bois.

À la mi-temps, j'ai vu monsieur Delorme descendre par un escalier réservé aux organisateurs.

Il a poussé une petite porte sous la tribune, jeté un coup d'œil discret autour de lui… et disparu à l'intérieur.

Mon cœur s'est mis à battre plus vite.

Je me suis levé aussitôt.

« Je vais acheter une boisson, » ai-je annoncé à mes parents.

« Ramène-moi une bouteille d'eau, » a dit maman, sans se douter de rien.

Je me suis dirigé vers les escaliers. Mais, au lieu de descendre vers le stand de boissons, j'ai pris l'autre passage, celui que monsieur Delorme avait emprunté.

RÈGLE 3 : POUR COMPRENDRE UN MYSTÈRE, IL FAUT PARFOIS VOIR LES COULISSES.

Chapitre 5 – Sous la tribune

L'intérieur de la tribune était très différent de l'extérieur.

Plus sombre. Plus silencieux.

Des poutres en métal, des planches de bois, et, au loin, la lumière d'une petite pièce où quelqu'un parlait.

Je me suis approché doucement, en essayant de ne pas faire grincer le sol.

La porte de la petite pièce était entrebâillée.

J'ai entendu la voix de monsieur Delorme :

« … je vous dis que je vais le retrouver. Ce collier est trop précieux pour traîner n'importe où. »

Une autre voix, grave, a répondu :

« Hugues, on n'a pas de temps à perdre. Les juges du concours arrivent dans dix minutes. »

J'ai jeté un coup d'œil dans l'entrebâillement.

Dans la petite pièce, il y avait une table avec des papiers, un ordinateur portable, des gilets fluos.

Et, surtout, sur une chaise, un énorme sac de sport bleu entrouvert.

Monsieur Delorme se tenait juste à côté, l'air nerveux.

« Je sais ce que je fais, » a-t-il dit. « Ce collier n'est pas à nous. Il appartient à la famille du petit. Dès que le match est fini, je vais… »

Je n'ai pas pu entendre la suite, car quelqu'un a bougé derrière moi.

Je me suis plaqué contre le mur, le cœur sur le point de sortir de ma poitrine.

Un homme avec un gilet fluo est passé à deux mètres de moi, en marmonnant :

« Toujours quelque chose qui cloche… »

Il ne m'a pas vu.

Quand il a disparu au bout du couloir, j'ai repris mon souffle.

Je savais maintenant deux choses importantes :

1. Monsieur Delorme parlait bien du collier.

2. Il ne semblait pas vouloir le garder, mais le « retrouver ».

Alors, pourquoi ne pas l'avoir rendu tout de suite ?

Et comment était-il arrivé jusque sous la tribune ?

Je me suis glissé plus près de la porte, en retenant ma respiration.

La voix grave avait disparu.

Monsieur Delorme était seul, assis, la tête dans les mains.

J'ai frappé doucement à la porte.

« Entrez, » a-t-il dit sans lever la tête.

J'ai poussé la porte. Quand il m'a vu, il a sursauté.

« Léo ?! Mais… qu'est-ce que tu fais ici ? »

« Je suis venu parler du collier, » ai-je répondu simplement.

Je te laisse deviner sa réaction.

Gêné ? En colère ? Soulagé ?

Tu choisirais quoi, toi ?

En réalité, il avait l'air surtout épuisé.

« Écoute, » a-t-il dit. « Je voulais t'en parler après le match. Mais tu es rapide, hein. Assieds-toi. »

Je suis resté debout.

« D'abord, j'ai une question, » ai-je dit. « Où était le collier cette nuit, à minuit ? »

Il m'a fixé, surpris par la précision.

« Comment veux-tu que je… ? »

Je l'ai coupé, plus ferme :

« Cette nuit, il y a eu un bruit chez nous. Un ‘clac'. La boîte du collier était ouverte. Des perles sont tombées. On en a trouvé une chez toi. Une autre, ici, dans la tribune. Et je suis sûr qu'il y en a d'autres quelque part. Le collier n'a pas disparu par magie. Il a bougé. Comment ? »

Il m'a regardé longtemps. Puis il a baissé la voix :

« Tu as un chat, Léo, n'est-ce pas ? »

Je suis resté bouche bée.

Je n'avais pas pensé à ça.

Chapitre 6 – Le vrai coupable

Notre chat s'appelle Pixel. Il adore tout ce qui brille. Les ficelles, les fils, les rubans. Et les colliers, évidemment.

Je me suis assis, d'un coup.

« Tu veux dire que… ? »

« Hier soir, quand je suis parti de chez toi, j'ai croisé Pixel dans le couloir, » a expliqué monsieur Delorme. « Il jouait avec quelque chose qui semblait scintiller. J'ai cru que c'était un vieux bout de ruban. Je ne me suis pas méfié. Deux heures plus tard, j'ai entendu un bruit dans le couloir, comme si quelque chose frappait la porte de mon appartement. J'ai regardé par le judas, mais je n'ai vu que Pixel, qui filait dans l'escalier. Je n'ai pas ouvert. J'étais fatigué. »

Il a soupiré.

« Ce matin, en arrivant au stade pour préparer la tribune, j'ai trouvé le collier. »

Il a désigné le gros sac bleu sur la chaise.

« Il était là-dedans, au milieu des drapeaux et des gilets. Abîmé. Le fil cassé. Des perles partout. J'ai tout ramassé à la hâte, car je devais lancer les préparatifs. Je pensais que c'était à quelqu'un du club. Puis j'ai reconnu le pendentif : le petit médaillon en argent, avec la gravure. Le même que chez ta maman. Et j'ai compris. Pixel avait joué avec le collier, l'avait fait tomber, puis traîné jusqu'au couloir… Peut-être même jusqu'au rez-de-chaussée. Ensuite, quelqu'un a dû ramasser le collier et le mettre dans ce sac en pensant qu'il appartenait à l'équipe. »

Je revoyais Pixel, la veille, qui tournait autour de l'étagère, la queue en l'air.

Je revoyais les perles au sol, les bruits dans la nuit.

RÈGLE 4 : NE JAMAIS OUBLIER LES PETITS SUSPECTS À QUATRE PATTES.

« Pourquoi tu ne nous l'as pas dit tout de suite ? » ai-je demandé.

« Parce que je ne savais pas encore si toutes les perles étaient là, » a-t-il répondu. « Je voulais reconstituer le collier avant de vous le rendre. J'ai eu peur que ta maman soit fâchée contre moi si je venais avec un collier cassé. »

Il a ouvert doucement le sac.

À l'intérieur, dans une petite pochette en tissu, se trouvait le collier.

Le fil avait été réparé grossièrement, mais toutes les perles semblaient présentes. Le petit médaillon en argent brillait au milieu.

Il me l'a tendu.

« Voilà. Il manque peut-être une ou deux perles, mais… »

J'ai sorti les deux perles que j'avais dans ma poche et les ai posées sur la table.

« Je crois qu'on les a toutes. »

Il a souri.

« Tu es vraiment un bon enquêteur, Léo. »

Je te pose la question, à toi qui lis :

À quel moment aurais-tu soupçonné le chat, toi ?

Dès le début ?

Ou seulement maintenant ?

Je me suis levé, le collier dans les mains.

« Je vais le rendre à maman, » ai-je dit. « Et je lui expliquerai que Pixel est le vrai coupable. »

« Dis-lui aussi que je suis désolé, » a ajouté monsieur Delorme. « Et que je suis prêt à emmener le collier chez le bijoutier pour le réparer vraiment. »

Je lui ai promis.

Avant de partir, j'ai jeté un dernier regard à la petite pièce sous la tribune.

Je me suis dit que souvent, les réponses se cachent dans les endroits qu'on ne regarde jamais.

Chapitre 7 – La dernière déduction

Je suis remonté dans la tribune en courant. Le match venait de reprendre, mais je ne voyais plus les joueurs.

Je voyais seulement le visage de maman quand je lui remettrais le collier.

Elle était assise à sa place, les yeux sur le terrain.

Je me suis planté devant elle et j'ai tendu la main.

Le collier a scintillé dans la lumière des projecteurs.

« Léo… » a-t-elle soufflé.

« Enquête n°17 résolue, » ai-je dit. « Coupable : le chat. Complice involontaire : la tribune du stade. »

Elle a éclaté de rire, les yeux un peu mouillés.

« Tu vas m'expliquer ça en détail, » a-t-elle dit en remettant le collier dans sa main. « Mais d'abord, merci. »

Emma m'a donné un coup de coude.

« Tu vois, je le savais que tu le retrouverais. »

« Tu pourras le porter pour ton spectacle, » ai-je répondu. « Avec deux perles en plus, offertes par la tribune. »

À ce moment-là, le public s'est levé et a crié. Un joueur venait de marquer un but splendide.

Je me suis levé aussi, mais je n'étais pas vraiment concentré sur le score.

Dans ma tête, je repassais toute l'histoire, pour vérifier que tout tenait debout.

1. Maman montre le collier à monsieur Delorme.

2. Une perle tombe dans sa poche par accident.

3. Pixel repère le collier, joue avec, tire sur la boîte, fait tomber le collier.

4. Bruit « clac » dans la nuit : la boîte qui tombe, ou Pixel qui cogne le collier contre la porte.

5. Pixel traîne le collier dans le couloir, voire dans l'escalier.

6. Quelqu'un du club le trouve au rez-de-chaussée et le met dans le sac de matériel.

7. Ce sac arrive au stade, dans la tribune.

8. Des perles tombent encore, une se coince sous un banc.

9. Monsieur Delorme retrouve le collier dans le sac, comprend qu'il est à nous, veut le réparer avant de nous le rendre.

Tout s'emboîtait.

Je te propose un dernier petit jeu mental :

Si tu devais résumer cette enquête en trois mots-clés, lesquels choisirais-tu ?

Moi, j'écrirais dans mon carnet :

CURIOSITÉ – LOGIQUE – PIXEL.

Le match s'est terminé. On est rentrés à la maison.

Pixel nous attendait dans le couloir, l'air totalement innocent.

Maman s'est penchée.

« Toi, mon petit chat, tu viens d'entrer officiellement dans le dossier des “Grands Mystères de la Famille”. »

Pixel a miaulé, puis s'est frotté contre ma jambe.

Je lui ai gratté la tête.

« Merci pour l'aventure, » ai-je murmuré. « Mais la prochaine fois, si tu veux jouer avec un collier, choisis un collier en plastique. »

Le soir, dans ma chambre, j'ai ouvert mon carnet à la page de l'enquête n°17.

En bas, j'ai écrit, en grosses lettres :

CONCLUSION :

Même les plus grands mystères commencent parfois par un simple bruit dans la nuit.

Et se résolvent avec un peu de logique… et beaucoup d'observation.

Puis j'ai fermé le carnet.

Pour l'instant.

Parce que je savais déjà que, tôt ou tard, une nouvelle affaire débarquerait dans notre immeuble, dans notre salon, ou même dans une tribune de stade.

Et que je serai prêt à sortir mon stylo.

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Détective
Une personne qui enquête pour résoudre des mystères ou des crimes.
Médaillon
Un petit bijou qui peut être porté comme collier ou accroché à un bracelet, souvent orné d'une image ou d'une inscription.
Accéder
Entrer dans un endroit ou parvenir à quelque chose.
Décorée
Fait référence à quelque chose qui a été embellie ou ornée.
Tribune
Un espace surélevé où les spectateurs peuvent regarder un événement, comme un match de sport.
ébouriffés
Désigne des cheveux qui sont en désordre ou qui ne sont pas bien coiffés.

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