Le matin brillant
Il était une fois un renard roux. Il habitait dans une grande cité du futur. La cité était pleine de lumière. Les gratte-ciel chantaient doucement. Ils avaient des jardins sur les toits. Ils avaient des fenêtres comme des yeux qui sourient.
Le renard s'appelait Léo. Léo aimait les mots. Il aimait compter les sons. Il aimait les petites phrases qui font image. Aujourd'hui, il voulait écrire un haïku. Un haïku, c'est trois lignes. Une image douce. Une image courte.
Léo marchait sur un pont lumineux. Des tramways volants passaient. Ils faisaient de petits sifflets gentils. Des robots arrosoirs faisaient danser des gouttes comme des perles. Tout était calme et joyeux.
Léo regarda les gratte-ciel. Ils brillaient comme des étoiles. Il compta les étages. Il compta les fenêtres. Il conta les jardins. "Trois phrases," se dit Léo. "Trois images."
Le haïku à inventer
Léo s'assit sur une marche chaude. Il prit un crayon de bois qui venait d'un atelier lumineux. Mais le crayon glissa. Il roula dans une fontaine douce. "Oh!" dit Léo. Il rit. Un petit robot canard vint aider. Le robot canard tapota la pierre et fit sortir le crayon. "Merci," dit Léo. "Merci," dit le robot canard. Ils sourirent. Les gouttes étincelaient.
Léo regarda encore les tours. Une tour avait des fleurs bleues. Une autre avait des miroirs argentés. Une autre jouait de la musique avec le vent. Léo chuchota des mots. "Lumière... jardin... souffle."
Il essaya une première fois.
"Tour comme une mer,
feuilles qui dansent dans la ville,
vent chante haut."
Il secoua la tête doucement. C'était joli. Mais il voulait plus simple. Il voulait que les enfants le comprennent vite.
Il essaya encore.
"Ville pleine de fleurs,
gratte-ciel qui touchent le ciel,
lumière qui dort."
C'était beau. Mais Léo souhaitait quelque chose de plus doux. Il voulut un haïku qui sentait la caresse d'un matin.
Le robot canard dit : "Répète." Le crayon était propre. Le soleil était chaud. Les amis vinrent écouter : une petite fille avec un ballon et un oiseau-lanterne.
La lecture sous les tours
Léo prit une grande inspiration. Il baissa les yeux et choisit les mots simples.
"Gratte-ciel lumineux,
les jardins sourient au vent,
matin doux, je souris."
Il chuchota le haïku. Il le dit encore. Il le dit plus fort. Les oiseaux-lanternes tournèrent. Les fenêtres scintillèrent comme des applaudissements. La petite fille applaudit. Le robot canard fit un petit saut. Léo se sentit chaud au cœur.
Un voisin, un vieux robot jardinier, dit : "C'est parfait." Sa voix était douce. Le renard roux rougit un peu. Il se sentit fier et calme.
Le soir arriva doucement. Les lumières des tours se mirent à clignoter lentement. Les jardins respirèrent la nuit. Léo rentra chez lui, son haïku dans la tête. Il s'endormit en souriant.
Dans la grande cité du futur, tout était inventif, lumineux et rassurant. Les mots de Léo flottaient comme des lanternes. Les tours les gardaient, tendres, jusqu'au matin suivant.