Dans le salon, le sapin brillait. Les boules rouges luisaient comme des pommes. Une odeur de chocolat chaud flottait. Dehors, la nuit était douce et froide. Dedans, tout était chaud.
Quatre garçons jouaient sur le tapis. Il y avait Léo, Sami, Hugo et Noé. Ils avaient presque le même âge. Noé avait son petit fauteuil à roulettes, et il riait très fort, comme les autres.
Sur la cheminée, une chaussette de Noël pendait. Et juste à côté, un ruban rouge était noué en grand nœud. Un nœud bien joli, bien sage.
Mais dans l'ombre, un tout petit lutin se cachait.
C'était le Lutin Farceur de Noël.
Ses yeux pétillaient.
Il chuchota : « Hé hé… ce soir, je fais une mini bêtise. Une bêtise douce, comme un flocon. »
Les garçons ne le voyaient pas. Ils parlaient de cadeaux et de rennes.
« Moi, je veux un camion ! » dit Hugo.
« Moi, un livre ! » dit Léo.
Sami tapa dans ses mains. « Moi, je veux des biscuits ! »
Noé sourit. « Moi, je veux surtout qu'on soit ensemble. »
Le lutin entendit ça. Son cœur fit “boum”. Il aimait quand on disait des mots gentils.
Alors il décida : « Je vais faire une farce… et aussi un cadeau. »
Il sauta sur la cheminée, tout léger. Il attrapa le ruban rouge avec ses petites mains. Il tira. Il glissa. Il fit un nœud, puis un autre, puis encore un autre.
« Oups… » souffla-t-il.
Le grand nœud avait disparu.
Le ruban rouge n'était plus sur la cheminée.
Le lutin le traîna jusqu'au sapin. Il l'enroula autour d'une branche, puis autour d'une autre. Il fit comme un serpent rouge qui danse.
Puis il ajouta une clochette. Ding ding.
Et il murmura : « Voilà. Un sapin encore plus joyeux. »
Le matin arriva. La lumière entra comme du lait chaud.
« Oh ! » fit Léo en ouvrant de grands yeux.
« Le ruban rouge ! » dit Sami.
« Il a bougé ! » dit Hugo.
Noé rit : « C'est le lutin, je crois. Bonjour, Lutin ! »
Ils cherchèrent autour.
Sous le sapin, rien.
Sur la table, rien.
Dans les chaussettes, rien.
Puis Hugo dit, un peu inquiet : « Et si le ruban était perdu ? Maman va être triste… »
Noé leva la main. « On va le retrouver ensemble. »
Sami répéta : « Ensemble, ensemble ! »
Léo ajouta : « On peut aussi refaire un nœud. On sait faire. »
Hugo souffla : « Oui… on peut aider. »
Le lutin, caché derrière une guirlande, entendit “aider”. Il se sentit tout chaud. Mais il ne voulait pas de tristesse, même petite.
Il tapa doucement sur la clochette du sapin : ding ding ding.
Les garçons levèrent la tête.
« Là ! » dit Léo.
Et ils virent le ruban rouge, joli, dansant, tout autour des branches.
Sami applaudit. « C'est beau ! »
Hugo sourit. « Il n'est pas perdu. Il fait la fête. »
Noé dit doucement : « Merci, Lutin. Mais… on a besoin d'un ruban pour un cadeau aussi. »
Justement, sur la table, il y avait une boîte brune. Une boîte simple. Pour un voisin qui habitait au bout de la rue. Il était souvent seul. Les garçons avaient préparé des biscuits pour lui.
Léo chuchota : « On voulait lui donner ça. Avec un ruban rouge. C'est plus joli. »
Hugo regarda le sapin. « Le ruban est déjà pris… »
Sami pensa très fort. « On peut partager ! »
Noé dit : « Oui. Un petit bout pour le sapin, un petit bout pour le cadeau. »
Ils prirent une autre ficelle, blanche. Ils laissèrent le ruban rouge sur le sapin, mais juste un peu. Et ils coupèrent un petit morceau du bout, tout doucement, pour la boîte.
Ils firent un nœud. Pas parfait. Mais plein d'amour.
À ce moment-là, le lutin sortit un tout petit peu de sa cachette. Juste sa main. Il posa, sans bruit, une étoile en papier doré près de la boîte.
Une étoile qui disait : “Pour toi”.
« Oh ! » fit Sami. « Une étoile ! »
Hugo rit : « Le lutin nous aide ! »
Léo dit : « Il aime quand on donne. »
Noé chuchota : « Merci, Lutin Farceur. Ta farce devient un cadeau. »
Plus tard, ils allèrent porter la boîte au voisin, avec un grand sourire. Puis ils revinrent au salon. Le sapin brillait encore. Le ruban rouge dansait doucement.
Le lutin, content, se roula en boule derrière une boule de Noël, comme un petit chat.
Et ce soir-là, près du feu, les quatre garçons burent du chocolat chaud.
Ils regardèrent le sapin.
Ils se sentirent bien.
Noé dit tout bas : « Noël, c'est partager. »
Et dans le silence joyeux, on entendit juste : ding… ding… comme un rire de lutin.