Début
Ce soir-là, Tom a quatre ans. Il porte un pyjama bleu avec des étoiles. Dans le salon, le sapin brille. Les guirlandes font “clic clic” comme de petites lucioles. Ça sent le chocolat chaud et les biscuits.
Tom chuchote : « Coucou, Père Noël. »
Et, juste à côté du sapin, il y a le Lutin Farceur. Tout petit. Tout rouge et vert. Avec un bonnet qui tombe sur une oreille.
Le Lutin cligne des yeux. Il sourit comme s'il cachait un secret.
« Chut… je prépare une surprise », semble dire son sourire.
Tom se frotte les yeux. Il bâille. Il va dormir.
Mais avant, il regarde une dernière fois le salon. Tout est rangé. Tout est calme.
« Bonne nuit, sapin », dit Tom.
« Bonne nuit, lutin », ajoute-t-il.
Le Lutin Farceur, lui, ne dort pas tout de suite. Oh non. Il adore quand la maison est silencieuse. Il adore surtout… faire des farces gentilles.
Milieu
Le matin, Tom court en chaussettes. Patatras, patapouf, il arrive dans le salon.
Et là… il s'arrête net.
« Oh ! »
Des chaises ! Beaucoup de chaises ! Elles sont alignées, collées, retournées, comme un long serpent. Elles font un tunnel, un vrai ! Un tunnel en chaises, avec une couverture dessus, comme un toit doux.
Au bout du tunnel, le Lutin Farceur est assis, très fier. Il tient une mini pancarte en papier : “TUNNEL RIGOLO”.
Tom rigole. « C'est toi ? »
Le Lutin fait un petit salut. On dirait qu'il dit : « Peut-être… peut-être pas… »
Maman arrive. Elle ouvre de grands yeux. Puis elle sourit.
« Ouh là ! On dirait qu'un lutin a eu une idée ! »
Papa arrive aussi, avec une tasse. Il regarde le tunnel. Il dit :
« Tunnel autorisé ? »
Tom répond vite : « Ouiii ! Tunnel de Noël ! »
Le Lutin Farceur tapote une chaise, comme un chef d'orchestre. Et hop, Tom entre dans le tunnel. Il avance à quatre pattes. La couverture fait des ombres douces. On entend juste ses rires : « Hi hi hi ! »
À l'intérieur, Tom trouve des surprises. Pas des grosses surprises. Des petites. Des boules de coton comme de la neige. Une chaussette de Noël qui fait “ploc” quand on la secoue. Et un petit papier qui dit : “BISOU BONJOUR”.
Tom sort du tunnel et annonce : « Encore ! »
Alors il recommence. Encore. Encore. Encore.
Le Lutin Farceur change la farce, tout doucement. Il déplace une chaise de deux doigts. Il met une chaise de travers, juste un peu. Le tunnel devient un “tunnel zigzag”.
Tom s'exclame : « Oh ! Ça tourne ! »
Il rit très fort. Maman rit aussi. Papa fait semblant d'être un train :
« Tchou-tchou ! Attention au virage ! »
Le Lutin, content, ajoute une règle rigolote. Il pose une cuillère en bois à l'entrée, comme un micro. Tom doit dire un mot magique avant d'entrer.
Tom essaye : « Sapin ! »
Rien.
« Neige ! »
Rien.
Le Lutin secoue la tête, très sérieux, mais avec des yeux qui dansent.
Tom réfléchit. Il chuchote : « Joie… »
Et là, le Lutin applaudit en silence, très fort, avec ses petites mains. Oui, c'était ça. Le mot magique : joie.
Tom crie : « JOIE ! »
Et il repart dans le tunnel, plus heureux encore.
Mais tout à coup, une chaise fait “scritch” et glisse un peu. Le tunnel penche. Tom s'arrête. Il ne pleure pas. Il dit juste, inquiet :
« Le tunnel tombe ? »
Maman s'agenouille tout de suite. Sa voix est douce.
« Ne t'inquiète pas, mon cœur. On va le remettre. »
Papa tient la couverture. Tom tient une petite chaise avec ses deux mains. Et le Lutin Farceur, très sérieux maintenant, pousse une chaise à sa place. Ensemble, ils font “un, deux, trois”… et le tunnel redevient bien droit.
Tom souffle : « Ouf. »
Le Lutin lui donne un mini clin d'œil, comme pour dire : « Farce gentille. Pas de bobo. »
Fin
Après, ils transforment le tunnel en jeu de Noël calme. Tom passe doucement. Il fait le chat : « Miaou. » Puis le lapin : « Hop hop. » Puis le père Noël : « Ho ho ho. » Papa rit à chaque fois.
Quand la lumière de l'après-midi devient dorée, Maman dit :
« On va ranger un peu, pour que le salon respire. »
Tom regarde le tunnel. Il l'aime beaucoup. Mais il sait que les chaises ont envie de redevenir… des chaises. Alors il aide. Il porte une chaise, très fier. Le Lutin Farceur aide aussi, à sa façon : il met une chaussette sur sa tête, comme un chapeau, et ça fait rire tout le monde.
Bientôt, tout est rangé. Le sapin brille toujours. Le salon est doux. Sur la table, Maman pose des biscuits.
Tom s'approche du Lutin Farceur. Il chuchote :
« Merci pour la joie. »
Le Lutin s'incline, comme un petit artiste. Puis il se pose près du sapin, bien sage… pour l'instant.
Le soir, Tom revient en pyjama. Il baigne dans la lumière des guirlandes. Il bâille et dit :
« Bonne nuit, sapin. Bonne nuit, lutin. »
Et juste avant de fermer les yeux, Tom pense au tunnel en chaises. Il pense aux rires, au mot magique, à la joie. Son cœur est chaud comme un chocolat.
Dans le salon, tout est calme. Mais si on écoute bien, on dirait qu'un tout petit bonnet fait “froufrou”. Le Lutin Farceur prépare peut-être une autre surprise… une surprise douce, une surprise de Noël.