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Histoire de petits enquêteurs 11 à 12 ans Lecture 24 min.

Le mystère de l’ascenseur aux bonbons à la violette

Roussel, un renard curieux, enquête sur des signaux mystérieux et des indices autour de l’ascenseur clignotant du 12, rue des Marronniers. Il rassemble les voisins de la Salle des Lucioles pour découvrir qui se cache derrière ces farces.

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Roussel, renard chibi roux aux grands yeux, debout sur une chaise pliante blanche, tient une petite clé brillante et regarde une grille d’aération au plafond; Noa, hérisson chibi rond aux piquants châtain, accroupi près de la chaise avec un tournevis, fixe une boîte noire collée derrière la grille; Inès, chatte chibi grise au carnet à spirales, se tient en retrait à gauche en pointant un papier plié marqué NE REGARDE PAS EN HAUT; Lila, loutre chibi brune, maigre et vive, tient une lampe torche rouge dans l’ombre du couloir à droite, prête à éclairer la grille; lieu: hall d’immeuble coquet aux murs crème, affiches rouges «Salle des Lucioles», carrelage géométrique, ascenseur métallique ouvert et tapis d’entrée usé; ambiance: découverte et tension douce, lumière de torche créant des ombres, mystère enfantin, couleurs chaudes, style mignon et expressif. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : Le bouton qui clignote

Dans l'immeuble du 12, rue des Marronniers, l'ascenseur avait un tic nerveux. Le bouton du troisième étage clignotait, même quand personne ne le pressait. Ça faisait rire les petits… et soupirer les grands.

Moi, je ne riais pas. Je m'appelle Roussel, je suis un renard. Pas un renard des bois qui vole des poules, non. Un renard de ville, curieux, propre sur moi, amateur d'énigmes et de biscuits secs. Je vivais au quatrième, avec une vue sur les toits et une obsession : comprendre ce qui se passe.

Ce matin-là, en descendant, j'ai vu Mme Blaireau, la gardienne, debout devant l'ascenseur, les bras croisés.

— Encore ton ascenseur qui fait des caprices, grommela-t-elle.

— Il fait surtout des signes, ai-je répondu.

Elle a levé un sourcil.

— Des signes… pour quoi ?

Je me suis penché. Le bouton du 3 clignotait : court, court, long… puis une pause. Et ça recommençait.

— On dirait un code, ai-je murmuré.

À ce moment, les portes se sont ouvertes. Une odeur de poussière et de parfum sucré s'est échappée, comme si quelqu'un avait renversé un bonbon à la violette.

Je suis entré. Le miroir renvoyait mon museau roux, sérieux comme un détective dans un film.

Au troisième, les portes se sont refermées… puis rouvertes toutes seules. Personne sur le palier. Juste un petit bout de papier, plié en triangle, posé au bord du tapis. Je l'ai ramassé. Dessus, en lettres pressées :

« NE REGARDE PAS EN HAUT. »

J'ai regardé en haut. Évidemment. Rien, à part la grille d'aération et une poussière qui tournoyait, tranquille.

— Très malin, ai-je soufflé. Très, très malin.

Je suis ressorti. Le couloir du troisième donnait sur la salle de spectacle de l'immeuble : la Salle des Lucioles. Une petite scène, des rideaux rouges un peu râpés, et des sièges pliants qui grincent comme des souris. Ce soir, il y avait une représentation : un spectacle de variétés préparé par les habitants.

Sur la porte, une affiche annonçait : « GRAND SOIR ! Dernière répétition à 16 h. »

Je n'aimais pas les coïncidences. Surtout quand elles sentent la violette.

Chapitre 2 : Les coulisses sentent la violette

À 16 h pile, je suis entré dans la Salle des Lucioles. On entendait déjà des bruits : un tambour qu'on essayait, des pas qui couraient, un rideau qu'on tirait trop fort. La lumière de la scène dessinait des carrés dorés sur le plancher.

Au fond, Lila la loutre, régisseuse bénévole, tenait une liste et une lampe torche.

— Roussel ! Tu viens voir la répétition ?

— Je viens surtout voir… si tout est en ordre.

Elle a ri.

— Tu as encore ton air d'enquêteur.

— Je n'ai pas d'air. J'ai des questions.

Sur scène, Malo le singe répétait un numéro de jonglage. Trois pommes, deux balles, et une quille. Il faisait le malin, mais ses mains tremblaient un peu.

— Hé, Roussel ! Tu veux une pomme ?

— Pas si elle a servi de preuve, ai-je répondu.

À côté des coulisses, j'ai repéré une armoire métallique marquée « MATÉRIEL ». La porte était entrouverte. Et une odeur de violette, encore, plus forte.

J'ai demandé à Lila :

— Qui a accès à cette armoire ?

— Tout le monde, en théorie. Mais on essaie d'être raisonnables. Pourquoi ?

Je n'ai pas répondu. J'ai juste ouvert l'armoire.

À l'intérieur : des câbles, des rouleaux de gaffer, des gants, des affiches… et un petit sac de bonbons à la violette, à moitié vide. Une chose brillante dépassait : une clé d'ascenseur, du genre qui ouvre le panneau de contrôle.

Je l'ai prise entre deux doigts. Elle était tiède. Quelqu'un l'avait tenue récemment.

— Lila, tu vois ça ?

Elle a blêmi.

— On n'est pas censés avoir ça…

— Quelqu'un a ouvert l'ascenseur. Quelqu'un a voulu me faire venir au troisième. Et quelqu'un aime les bonbons à la violette.

Derrière nous, une voix a lâché :

— Oh, super. Encore une histoire de fantôme.

C'était Zoé la chouette, la responsable du club théâtre. Elle portait un châle noir et un stylo derrière l'oreille.

— Un fantôme qui mâche des violettes ? ai-je dit. Ça change.

Zoé a fait claquer son bec.

— Si tu cherches des coupables, regarde du côté des enfants. Ils adorent les farces.

Des enfants ? Ici, il y en avait deux qui traînaient souvent : Noa le hérisson, qui aimait bricoler, et Inès la chatte, qui collectionnait les codes et les énigmes comme d'autres collectionnent les autocollants.

Justement, Noa est passé en courant avec un tournevis.

— Personne n'a vu un petit ressort ? a-t-il crié.

— Un ressort de quoi ? ai-je demandé.

Il a freiné, piqué de surprise.

— D'une… euh… d'une pince à linge. Je fais un truc pour le décor.

Son regard a glissé sur la clé dans ma patte, puis il est reparti, beaucoup trop vite.

Je n'accuse jamais sans réfléchir. Je note. Je compare. Je déduis.

Et surtout, je regarde l'ascenseur.

Chapitre 3 : Trois indices et une fausse piste

Je suis retourné au hall. L'ascenseur était là, silencieux, comme s'il n'avait jamais clignoté de sa vie. Mme Blaireau balayait, l'air de dire « je te l'avais bien dit ».

— On a trouvé une clé, ai-je annoncé.

— Une clé ? Ici, les clés, ça disparaît comme les chaussettes, a-t-elle marmonné.

Je me suis accroupi près du panneau des boutons. Le troisième avait cessé de clignoter. Mais sur le métal, il y avait une trace : une marque de colle, fine, presque invisible. Comme si quelqu'un avait collé un petit autocollant… puis l'avait retiré.

Je me suis rappelé le rythme : court, court, long. Si c'était un code simple, ça pouvait vouloir dire… 2-1, ou « A A B ». Ou juste une façon d'attirer l'œil.

Je suis monté au troisième, cette fois par l'escalier, pour observer sans être observé. Devant la Salle des Lucioles, le couloir était vide. Mais au-dessus de la porte, un détecteur de fumée rougeoyait. Un fil minuscule dépassait, mal caché.

— On ne touche pas à ça, ai-je chuchoté. On ne touche jamais à ça.

Je suis redescendu et j'ai fait ce qu'un bon enquêteur fait : j'ai interrogé, calmement.

D'abord Zoé la chouette.

— Tu as déjà vu quelqu'un près de l'armoire ?

— Beaucoup de monde. Malo surtout. Il oublie toujours son ruban adhésif.

— Malo aime la violette ?

— Malo aime tout ce qui se mange.

Ensuite Malo le singe, en train de récupérer ses pommes.

— Tu as déjà ouvert l'ascenseur ?

— Moi ? J'ai déjà du mal à ouvrir un bocal de confiture. Pourquoi ?

Il a souri, trop large.

— Et les bonbons à la violette ?

Il a haussé les épaules.

— Je préfère la banane.

Puis Inès la chatte est arrivée, un carnet à spirales sous le bras.

— Roussel, j'ai entendu « code » ? J'adore les codes.

— Quelqu'un a fait clignoter le bouton du troisième. Tu as une idée ?

Ses yeux ont brillé.

— Court-court-long… c'est comme « pip-pooo ». Ça ressemble à un signal pour dire « regarde ici ». Peut-être pour guider quelqu'un.

— Quelqu'un comme moi, ai-je dit.

Je lui ai montré le papier : « NE REGARDE PAS EN HAUT. »

Inès a éclaté de rire.

— Classique ! Quand on te dit de ne pas regarder, tu regardes. C'est une farce.

— Peut-être. Mais la clé d'ascenseur, ce n'est pas une farce. C'est dangereux.

Elle s'est calmée.

— D'accord. Là, c'est sérieux.

Je lui ai demandé :

— Qui, dans l'immeuble, pourrait savoir bricoler un ascenseur et aimer les énigmes ?

Elle a hésité.

— Noa bricole. Moi, j'aime les énigmes. Mais je n'ai touché à rien, promis. Et… il y a aussi quelqu'un d'autre.

— Qui ?

— M. Dumas, le bouc du deuxième. Il fait partie d'une troupe… Il parle souvent de « mécanismes » et de « trucs de scène ». Et il adore les bonbons à la violette. Il en offre à tout le monde, pour avoir l'air gentil.

Voilà. Un suspect parfait. Trop parfait, même.

Je suis allé voir M. Dumas. Il portait une chemise à carreaux et un sourire poli.

— Des bonbons à la violette ? Bien sûr ! a-t-il dit en fouillant sa poche. Tenez, Roussel.

J'ai refusé.

— Vous avez une clé d'ascenseur ?

Il a ouvert de grands yeux.

— Moi ? Jamais. J'ai le vertige rien qu'en montant sur un tabouret.

Il disait vrai. Ses sabots tremblaient un peu.

Sur le chemin du retour, je me suis dit : attention aux pistes trop faciles. En enquête, la personne qui « va bien avec le décor » n'est pas toujours la bonne.

Et pendant ce temps, quelque part, quelqu'un attendait que je regarde en haut.

Chapitre 4 : Le plafond parle

Le soir tombait. La répétition finissait, et la Salle des Lucioles se vidait. Je suis resté, assis au dernier rang, comme un spectateur invisible. Lila éteignait des projecteurs. Zoé rangeait des scripts. Malo faisait rouler une pomme sur sa tête.

Et moi, j'observais l'ascenseur, par la porte entrebâillée du couloir : il faisait des allers-retours, transportant des chaises, des costumes, des boîtes. Un détail m'a frappé : à chaque montée, l'ascenseur s'arrêtait une seconde de plus au troisième. Comme s'il attendait… un signal.

Je suis monté au troisième par l'escalier, sans bruit. Devant la porte de la salle, j'ai levé les yeux. Le détecteur de fumée, le fil… et, juste à côté, une grille d'aération au plafond du couloir.

« NE REGARDE PAS EN HAUT. »

C'était donc là.

J'ai pris une chaise pliante et je l'ai posée doucement. J'ai grimpé. La grille était mal fixée. Derrière, pas de poussière seulement : une petite boîte noire, scotchée, avec un bouton et une LED. Un émetteur, comme ceux qu'on utilise pour déclencher un effet.

— D'accord, ai-je murmuré. Tu joues avec les nerfs des gens.

Je n'ai pas touché au bouton. Je l'ai photographié avec mon vieux téléphone et je suis redescendu. Dans ce genre de situation, on veut comprendre avant d'agir.

En bas, Inès m'attendait, comme si elle avait deviné.

— Tu as trouvé quelque chose ?

— Une boîte au plafond. Quelqu'un déclenche quelque chose à distance. Et l'ascenseur… réagit.

— Comment ça, il réagit ?

Je lui ai expliqué la seconde en plus au troisième.

Inès a froncé les moustaches.

— Comme s'il recevait un ordre : « ouvre-toi », « ferme-toi », « clignote ». Ça veut dire que quelqu'un a accès au panneau de contrôle. Avec la clé.

À ce moment-là, Noa est arrivé, les joues piquées.

— Vous complotez ? a-t-il demandé.

— On enquête, ai-je répondu. Tu veux aider ?

Il a hésité, puis a hoché la tête. Ses piquants ont frémis comme des points d'exclamation.

— D'accord… Mais je n'ai rien cassé, hein.

Je l'ai regardé bien en face.

— Noa, tu as perdu un ressort. Un tournevis. Tu cours partout. Et tu as regardé ma clé comme si elle t'avait mordu. Dis-moi la vérité.

Il a avalé sa salive.

— Je… j'ai juste voulu faire un effet spécial pour le spectacle. Une surprise. Un « moment magique ». Je sais bricoler. Et Inès m'a dit que les codes, c'était cool…

Inès a ouvert la bouche.

— Pardon ?

— Pas toi, pas toi ! a-t-il dit vite. Je t'ai entendue en parler, c'est tout.

Je suis resté calme.

— Et l'ascenseur ?

— Je voulais qu'il s'arrête au troisième pile au bon moment, pour faire une entrée spectaculaire. Genre : les portes s'ouvrent, fumée, musique, et hop, l'artiste arrive !

— Sauf que tu as touché à un ascenseur. Ce n'est pas un jouet.

Noa a baissé la tête.

— Je sais… Et puis, ça a dérapé. La boîte au plafond devait juste déclencher un petit bruit, pas faire clignoter les boutons. Je crois que j'ai branché sur le mauvais fil.

Inès s'est adoucie.

— Tu aurais pu demander.

— Je voulais surprendre… et je pensais que vous diriez non.

Je n'ai pas crié. Un enquêteur ne crie pas. Il cherche une solution.

— On va réparer. Ensemble. Et on va le faire proprement, avec Lila et Mme Blaireau. D'accord ?

Noa a hoché la tête, soulagé.

— D'accord.

Et quelque part en moi, une autre question s'est allumée : si Noa voulait juste un effet, pourquoi le message « NE REGARDE PAS EN HAUT » ?

Ce message-là… c'était trop théâtral. Trop « quelqu'un d'autre ».

Chapitre 5 : La répétition du vrai coupable

Nous avons réuni Lila et Mme Blaireau dans le hall, près de l'ascenseur. Mme Blaireau a pris une voix de tempête.

— Vous avez touché à MON ascenseur ?

Noa a tremblé.

— Un peu…

Je me suis interposé.

— Il a fait une erreur, mais il veut réparer. Et surtout, quelqu'un a ajouté un message et une mise en scène.

Lila a pâli.

— Quel message ?

Je lui ai montré le papier.

« Ne regarde pas en haut. » Ce n'est pas Noa, si ?

Noa a secoué la tête.

— Non. Je n'écris pas comme ça. Et je n'ai pas mis de papier.

Inès a levé une patte.

— Moi non plus. Même si j'aurais pu.

Mme Blaireau a soupiré comme une porte qui grince.

— Bon. On coupe la poire en deux : on sécurise l'ascenseur, on enlève vos gadgets, et on continue le spectacle sans bêtises.

Avec sa clé à elle, la vraie, elle a ouvert le panneau de contrôle. À l'intérieur, un petit ruban violet était coincé entre deux câbles. Pas un bonbon. Un ruban de costume.

— Ça ne vient pas de Noa, ai-je dit doucement. Lui, il bricole avec du scotch gris. Pas avec du ruban de scène.

Lila a cligné des yeux.

— On utilise ce ruban pour le numéro final… le tour de piste. Celui où tout le monde passe sur scène avec des rubans lumineux.

Un détail a pris sa place dans mon esprit, net comme une empreinte : Malo le singe passait son temps à prendre du gaffer… et à traîner près des costumes. Et il aimait les entrées spectaculaires.

Nous sommes montés au troisième, jusqu'à la grille d'aération. Mme Blaireau a retiré la boîte noire, en râlant tout bas. Noa a montré où il avait branché.

— Là. J'ai cru que c'était une prise pour le projecteur du couloir…

Lila a vérifié.

— Ça n'a rien à faire ici. Et ce bouton n'est pas à nous.

Je me suis tourné vers Malo, qui venait d'arriver, l'air innocent, une pomme dans la main.

— Tu nous suivais ?

— Je… je passais, a-t-il dit. On m'a dit qu'il y avait un problème.

Son regard est allé au ruban violet, puis à la boîte.

Je me suis approché.

— Malo, question simple : pourquoi il y a du ruban de ton numéro dans l'ascenseur ?

— Ce n'est pas mon ruban ! a-t-il protesté. C'est… un ruban. Voilà.

Inès a chuchoté :

— Il ment. Quand il ment, il se gratte l'oreille.

Et en effet, Malo se grattait déjà.

Je n'ai pas attaqué. J'ai posé un piège doux, un piège de logique.

— D'accord. Alors explique-nous ceci : le bouton du troisième clignotait en court-court-long. Noa n'a pas programmé ça. La boîte au plafond non plus. Il faut quelqu'un qui connaisse les signaux… ou qui fasse semblant. Quelqu'un qui veut attirer quelqu'un au troisième.

Malo a avalé sa salive.

— Pourquoi moi ?

— Parce que tu voulais que tout le monde te regarde. Et parce que tu as laissé une odeur sucrée partout.

Malo a levé sa pomme.

— C'est ma pomme !

— Non. La violette. Dans l'armoire, dans l'ascenseur, au couloir. Et tu sais qui a des bonbons à la violette tout le temps ? M. Dumas. Tu lui en as demandé pour faire croire que c'était lui.

Le singe a eu un petit rire nerveux, puis ses épaules se sont affaissées.

— Bon… d'accord. J'ai… « emprunté » des bonbons à M. Dumas. Je voulais qu'on accuse quelqu'un d'autre. Juste pour rigoler.

Mme Blaireau a fait craquer ses doigts.

— Rigoler avec un ascenseur. Tu as de l'imagination, toi.

Malo a parlé vite, comme s'il jonglait avec ses mots.

— Je voulais un mystère pour le spectacle ! Un mini-scandale avant la première, ça fait parler, ça met de l'ambiance ! Et puis, Noa bricolait déjà… alors j'ai ajouté mon message, pour faire plus… policier. « Ne regarde pas en haut », c'était stylé, non ?

Inès a levé les yeux au ciel.

— Stylé. Oui. Surtout quand ça peut faire tomber quelqu'un d'une chaise.

Je me suis adouci.

— On peut aimer attirer l'attention sans mettre les autres en danger. Tu comprends ?

Malo a hoché la tête, penaud.

— Oui… Je suis désolé.

Lila a pris une voix ferme.

— On répare, on sécurise, et ce soir, pas de surprises hors programme. Mais… on peut transformer ça en quelque chose de bien.

Je l'ai regardée.

— Comment ?

Elle a souri.

— En faisant du final un vrai « tour de piste »… et en y glissant une leçon : on a le droit d'être différent, d'aimer les codes, le bricolage, le jonglage… mais on doit se parler. S'ouvrir. Demander de l'aide.

Mme Blaireau a acquiescé, à sa façon.

— Et l'ascenseur, on le laisse respirer.

Chapitre 6 : Dernier tour de piste

Le soir de la représentation, la Salle des Lucioles était pleine. Des voisins, des cousins, des amis. Ça sentait le pop-corn et le tissu des rideaux. Sur la scène, les lumières faisaient danser des taches bleues et or.

Moi, Roussel, j'étais au premier rang, carnet invisible dans la tête, museau tranquille. L'ascenseur, lui, fonctionnait sans clignoter, comme un élève enfin concentré. Mme Blaireau l'avait surveillé tout l'après-midi, assise sur une chaise, telle une sentinelle.

Le spectacle a commencé. Zoé a présenté avec sa voix claire :

— Ce soir, vous verrez des numéros, des chansons… et surtout une troupe de voisins qui a appris à travailler ensemble.

Malo a fait son numéro de jonglage. Pas de triche, pas de message secret. Juste lui, ses objets, et un sourire sincère. À la fin, il a salué et a dit au micro :

— Je m'excuse pour… les bêtises. Promis, maintenant, je demande avant de « faire du suspense ».

Le public a ri, gentiment. Pas pour se moquer. Pour lui dire : on t'a compris.

Noa a présenté le décor qu'il avait construit : une ville en carton, avec des fenêtres qui s'allumaient vraiment. Et cette fois, il a expliqué comment il avait fait, en montrant ses plans.

— Si quelqu'un veut apprendre, je peux montrer, a-t-il dit.

Une petite main s'est levée dans la salle. Puis une autre. Noa a eu l'air fier, mais pas arrogant. Fier comme on l'est quand on partage.

Puis est venu le final : le « dernier tour de piste ». Tous les participants sont entrés en file, chacun avec un ruban lumineux. Lila donnait le rythme en coulisses. La musique était simple, entraînante, comme un cœur qui bat.

Et au moment où tout le monde tournait autour de la scène, Zoé a annoncé :

— Ce tour de piste, c'est notre façon de dire que chacun a sa place. Les timides, les bavards, les bricoleurs, les artistes… même ceux qui font des erreurs.

Malo s'est placé près de M. Dumas, le bouc du deuxième, et lui a tendu un petit sachet.

— Pour me faire pardonner… des bonbons à la violette. Mais cette fois, je les ai achetés. Pas « empruntés ».

M. Dumas a ri, soulagé.

— Je préfère ça, oui. Et merci de ne pas m'avoir laissé porter le chapeau trop longtemps.

Inès m'a chuchoté :

— Tu vois, ton enquête a servi.

— Notre enquête, ai-je corrigé. Sans tes idées et l'honnêteté de Noa, on serait encore en train de renifler des violettes.

Sur scène, le tour de piste s'est accéléré. Les rubans dessinaient des cercles de lumière, comme des lucioles en plein jour. La salle applaudissait en rythme.

Je me suis tourné vers l'ascenseur, visible au fond du couloir par la porte restée entrouverte. Silencieux. Sage. Presque fier, lui aussi, d'avoir arrêté les caprices.

Quand le dernier accord a retenti, tout le monde s'est arrêté net, bras levés, rubans tendus vers le plafond. Et Zoé a conclu :

— On ne résout pas un mystère tout seul. On écoute, on observe, on respecte. Et on s'ouvre aux autres.

Je me suis levé pour applaudir. Mon museau a frémis, content.

Le mystère était résolu, personne n'était blessé, et la salle brillait comme un secret qu'on partage au lieu de le cacher.

Et moi, Roussel le renard, j'avais une nouvelle règle : parfois, le vrai courage, ce n'est pas de regarder en haut. C'est de regarder les autres en face.

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Régisseuse bénévole
Personne qui organise les techniques du spectacle, aidant sans être payée.
Panneau de contrôle
Boîte où se trouvent les boutons et les commandes pour faire marcher une machine.
émetteur
Appareil qui envoie des signaux ou des ondes à distance.
Coulisses
Partie derrière la scène où les artistes se préparent et où on range le matériel.
Grille d’aération
Ouverture dans le plafond ou le mur qui laisse passer l’air.
Gaffer
Ruban adhésif solide utilisé pour fixer des choses sur scène ou dans les décors.
Détecteur de fumée
Appareil qui repère la fumée et avertit les gens d’un feu possible.
Mise en scène
Façon d’organiser le spectacle pour raconter une histoire sur la scène.
Ruban de scène
Bande de tissu utilisée pour décorer ou attacher des éléments du costume.
Projecteur
Lampe puissante qui éclaire un endroit précis de la scène.

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