Chapitre 1
Le soleil tapait fort sur la plaine, comme une paume brûlante posée sur la terre. Tom Caldwell, quinze ans, avançait au trot derrière un petit troupeau de veaux, la poussière lui collant aux lèvres. Son chapeau trop grand lui mangeait le front, mais ses yeux restaient vifs, attentifs à chaque mouvement d'oreille, à chaque souffle de vent.
À l'horizon, la bourgade de Dry Creek se dessinait : quelques bâtiments en bois, une pompe, un saloon qui semblait bâiller. Tom n'y venait pas pour s'amuser. Il venait pour Ezra Pike, le maréchal-ferrant.
Quand Tom poussa la porte de la forge, une bouffée de chaleur le frappa au visage. Ça sentait le fer chaud, le cuir, et la fumée de charbon. Au milieu, Ezra, large comme un baril, martelait une barre rougeoyante. Chaque coup sonnait net, comme une cloche.
— Tom ! cria Ezra sans lever la tête. J'parie que tu viens encore me demander des clous gratuits !
Tom esquissa un sourire.
— J'viens surtout voir si vous avez besoin d'un coup de main. Et j'ai une nouvelle.
Ezra posa le fer sur l'enclume, essuya son front d'un revers de manche.
— Une nouvelle ? Avec ta tête, ça sent pas le gâteau.
Tom inspira, puis lâcha :
— Votre meilleure enclume… elle a disparu.
Le silence tomba, lourd. Puis Ezra éclata :
— Ma « Grande Daisy » ? Celle qui pèse plus qu'un mulet têtu ? Disparu ? Mais… qui volerait une enclume ?
Tom haussa les épaules.
— Quelqu'un qui veut vous empêcher de ferrer. Sans elle, vous êtes coincé.
Ezra serra les mâchoires. Son regard alla vers l'étagère où s'alignaient les fers en demi-lune.
— Sans ferrage, les chevaux boitent. Sans chevaux, les chariots restent plantés. Et ici, tout le monde a besoin de sabots solides. C'est pas qu'une histoire de métal, gamin… c'est une histoire de devoir.
Tom hocha la tête. Il avait senti ça, cette urgence, quand le vieux Hank s'était plaint que sa jument glissait sur les cailloux.
— Je peux la retrouver, dit Tom. J'suis pas un grand, mais j'sais suivre des traces.
Ezra le dévisagea, partagé entre l'inquiétude et la fierté.
— Si tu t'en mêles, tu fais pas ça pour jouer au héros. Tu le fais parce que c'est juste. Tu comprends ?
— Oui, monsieur.
Ezra lui tendit une gourde.
— Alors bois. Et ouvre l'œil. Dry Creek a l'air tranquille, mais le vent raconte toujours des histoires.
Chapitre 2
Tom commença par l'endroit le plus évident : derrière la forge, là où le sol gardait les marques des charrettes. La poussière fine était comme un cahier où tout s'écrivait.
Il s'accroupit. Des traces de bottes. Deux paires au moins. Une lourde, talon carré. L'autre plus légère, qui glissait un peu, comme si le marcheur était pressé ou nerveux. Et surtout… des marques profondes, parallèles, traînées, comme si on avait fait glisser quelque chose de très lourd.
— Ils l'ont pas portée, murmura Tom. Ils l'ont traînée.
Un bruit de rire éclata dans la rue. Deux hommes passèrent devant la forge, chapeaux bas, ceinturons trop voyants. Tom les observa du coin de l'œil. Ils avaient cette manière de marcher qui dit : « Je prends la place. »
Il suivit la piste qui contournait l'écurie, puis filait vers le nord, là où le terrain devenait pierreux. La trace faiblissait, mais Tom repéra un éclat sombre coincé entre deux cailloux : un petit morceau de charbon, encore friable.
— Ils ont pris du charbon aussi… ou ils en ont renversé.
Le vent se leva, apportant une odeur d'orage lointain. Tom se redressa. À l'entrée de la ville, il croisa Daisy, la serveuse du saloon, qui portait un plateau de verres.
— Tom ! Tu cours après quoi, comme ça ? lança-t-elle.
— Quelqu'un a volé l'enclume d'Ezra.
Daisy siffla.
— Ça, c'est bas. J'ai vu deux types hier soir, au saloon. Ils parlaient d'un « vieux forgeron » qu'il fallait « calmer ». Un des deux avait une boucle de ceinture en forme de tête de coyote.
Tom sentit son ventre se nouer.
— Tu sais où ils sont allés ?
— Vers les collines de Red Mesa. Ils ont loué une charrette… et ils ont payé en pièces qui sentent le mensonge.
Tom remercia et partit presque en courant vers l'enclos où paissait son cheval, un alezan nerveux nommé Biscuit.
— Allez, mon vieux, souffla-t-il en serrant la sangle. On a une mission.
Biscuit renâcla, comme s'il n'aimait pas l'idée. Tom lui tapota l'encolure.
— T'inquiète. On va faire ça propre.
Il passa la limite de Dry Creek. La ville rétrécit derrière lui, avalée par la chaleur tremblante. Devant, l'Ouest s'ouvrait : herbes hautes, ravines, roches rouges comme des braises. Et quelque part là-dedans, une enclume volée, lourde comme un secret.
Chapitre 3
La piste vers Red Mesa était un ruban de terre sèche. Tom avançait prudemment, les yeux au sol et les oreilles tendues. Le silence n'était jamais total : il y avait les criquets, le frottement du cuir, et parfois le cri lointain d'un faucon.
Vers midi, Biscuit s'arrêta net. Ses oreilles pointèrent vers une petite vallée.
— Qu'est-ce que t'as vu ? chuchota Tom.
Il glissa de selle et s'approcha à pas feutrés. Entre deux buissons d'armoise, il aperçut des traces fraîches de roues. Et plus loin, un panache de fumée pâle qui montait comme un doigt accusateur.
Tom se plaqua derrière un rocher. En contrebas, un camp : une charrette, deux chevaux attachés, et deux hommes près d'un feu. L'un portait effectivement une boucle de ceinture en coyote. L'autre avait une moustache pointue, comme dessinée au couteau.
Et là, couchée sur le côté, presque absurde dans la poussière… l'enclume d'Ezra.
Tom eut un élan de joie, mais il le ravala. Deux contre un, c'était un mauvais calcul. Et il n'avait pas l'intention de finir en crêpe de cow-boy.
Il observa. Les hommes parlaient fort.
— J'te dis qu'on la revend à Silver Bend ! disait le moustachu. Là-bas, les mineurs paient pour tout.
— Et Pike ? grogna celui au coyote.
— Pike ? Il peut taper ses fers sur une pierre. Ça lui fera les mains.
Tom sentit la colère lui chauffer les joues. Ezra n'était pas juste un forgeron : c'était celui qui réparait les charnières, qui refaisait les clous, qui aidait même les enfants à bricoler des patins pour les jours de gel.
Tom eut une idée. Une idée pas très héroïque, mais efficace : il fallait les séparer.
Il ramassa un caillou et le lança à l'opposé du camp, vers un bouquet de rochers. Le caillou ricocha avec un bruit sec.
— T'as entendu ? fit le moustachu.
— Probablement un lapin, répondit l'autre, mais il se leva quand même, la main sur son revolver.
Il s'éloigna de quelques pas. Tom retint son souffle. Puis il glissa comme une ombre vers la charrette. L'enclume était là, massive. La toucher, c'était comme poser la main sur une montagne.
— Bon sang… souffla Tom.
Il chercha une chaîne, une corde. Il en trouva une, usée mais solide, sous une bâche. Tom l'attacha rapidement à l'enclume, puis à l'arrière de la charrette. Son cœur battait si fort qu'il avait peur que les bandits l'entendent.
Le moustachu revint.
— Rien. J'te dis, tu t'fais des idées.
Tom se figea. Il était accroupi, à deux mètres d'eux, caché par la roue. Il sentit une goutte de sueur couler le long de son nez.
— On part, dit le coyote. Avant que quelqu'un passe.
Les deux hommes montèrent sur la charrette. Tom, toujours invisible, glissa jusqu'à Biscuit, resté derrière les rochers. Il enfourcha son cheval et s'éloigna doucement, assez loin pour ne pas se faire repérer.
Puis, quand la charrette se mit en route… Tom les suivit.
— On va pas te courir après, Tom, murmura-t-il à lui-même. On va juste… attendre le bon moment.
Chapitre 4
Le trajet devint un jeu dangereux. La charrette avançait vers un passage étroit, entre deux falaises. Tom, sur Biscuit, restait à distance, se cachant derrière des cactus et des bosses de terrain. La chaleur faisait danser l'air, comme si le monde était fait d'eau.
Soudain, un grondement lointain roula. Un orage.
Le ciel, jusque-là bleu dur, se couvrit d'un voile gris. Le vent changea, plus froid, plus tranchant. La poussière se souleva en tourbillons.
— Super, marmonna Tom. Comme si j'avais besoin de ça.
La charrette arriva au passage étroit. Les falaises formaient un couloir. Tom se dit que c'était là, l'endroit. Si quelque chose bloquait la charrette, les hommes seraient obligés de descendre.
Il repéra une grosse branche sèche coincée contre un rocher, et une pierre plate. Avec effort, il glissa la branche au milieu du chemin, puis plaça la pierre de façon à faire basculer la roue si elle passait trop près. Un piège simple, pas méchant… mais assez pour ralentir.
Il recula et attendit, les doigts serrés sur les rênes.
La charrette entra dans le couloir. La roue avant heurta la branche. Craquement. Puis elle monta sur la pierre, glissa, et la charrette s'inclina d'un coup.
— Hé ! cria le moustachu.
Les chevaux s'agitèrent. L'enclume, attachée, tira brusquement vers l'arrière. Un bruit de métal qui râpe sur le bois. Le coyote jura et sauta au sol.
— Qui a foutu ça là ?!
Tom se glissa derrière une avancée de roche. Il observait. Les hommes étaient occupés à remettre la charrette droite et calmer les chevaux.
C'était le moment… mais comment récupérer l'enclume ? Elle était toujours attachée et trop lourde. Tom sentit un frisson de panique. Il avait besoin d'intelligence, pas de force.
Son regard tomba sur la corde qui liait l'enclume. Il lui fallait juste la détacher… et la faire glisser hors du chemin.
Tom inspira, puis se lança. Il courut, rapide, silencieux malgré ses bottes. Il atteignit l'arrière de la charrette, sortit son petit couteau, et commença à scier la corde.
— Dépêche, dépêche…
Une voix éclata :
— Hé ! Là !
Le moustachu l'avait vu. Tom sentit le sang se retirer de ses oreilles. Il tira sur la corde à moitié coupée. L'enclume bascula et tomba dans la poussière avec un « BOUM » qui résonna entre les falaises.
Le coyote dégaina.
— C'est le gamin de Dry Creek !
Tom se jeta derrière l'enclume, comme derrière un bouclier. Le premier coup de feu claqua et frappa la roche, envoyant des éclats. Tom se tassa.
— J'veux pas me battre ! cria-t-il. Je veux juste rendre ça à Ezra Pike !
— Trop tard, répondit le coyote. C'est à nous !
Le tonnerre gronda plus fort. Une goutte, puis dix, puis une pluie dense qui transforma la poussière en boue collante. Les chevaux tirèrent, paniqués, et la charrette recula d'un coup. Le moustachu glissa et tomba sur les fesses.
Tom profita du chaos. Il se releva, sauta sur Biscuit, et attrapa une extrémité de la corde restée sur l'enclume.
— Allez, Biscuit ! Tire !
Biscuit hésita, puis, comme s'il comprenait enfin, planta ses sabots et tira. L'enclume glissa lentement sur la boue, lourde, obstinée. Tom serrait les dents, les mains brûlées par la corde.
— Reviens ici ! hurla le moustachu, mais sa voix se noyait dans la pluie.
Tom ne regarda pas derrière. Il suivit un petit sentier latéral, connu des éleveurs, qui descendait vers un lit de rivière à sec. L'orage, ironie du sort, venait de lui offrir une chance.
Chapitre 5
L'eau arriva plus vite que Tom ne l'aurait cru. Le lit de rivière, sec depuis des semaines, se mit à gargouiller, puis à courir. Un filet, puis un courant brun.
Tom tira l'enclume jusqu'à une zone plus haute, sous un surplomb rocheux. Biscuit soufflait fort, trempé, les flancs agités. Tom lui caressa l'encolure.
— T'as été courageux, vieux. Je te dois une avoine géante.
La pluie claquait sur la roche. Tom, lui, tremblait. Pas seulement de froid : il venait d'entendre des balles siffler, et ça laisse une drôle de trace dans le ventre.
Il repensa à Ezra : « Tu le fais parce que c'est juste. » Tom avait fait son devoir, mais il n'en était pas encore au bout. Il fallait ramener l'enclume à Dry Creek… et les deux hommes ne lâcheraient pas si facilement.
À travers le rideau de pluie, Tom aperçut des silhouettes sur la crête. Les bandits. Ils avaient suivi les traces de boue.
— Mince…
Il n'avait pas d'arme, à part son couteau. Il avait une enclume, par contre. Et un cerveau.
Tom scruta le terrain. Le sentier qu'il avait pris passait près d'un vieux pont de bois, pas très solide, qui franchissait la rivière quand elle était haute. Avec l'orage, la rivière montait. Le pont allait devenir dangereux.
Tom attacha la corde autour de l'enclume, puis l'autre bout à la selle de Biscuit, pas trop serré, juste assez pour la traîner. Il se mit en route vers le pont, en gardant de l'avance.
Les bandits apparurent plus proches, criant pour se repérer.
— Il est par là ! J'vois la trace !
Tom accéléra. Le pont se dessinait : des planches disjointes, des cordes usées. L'eau bouillonnait en dessous.
— On n'a pas le choix, souffla Tom à Biscuit. Doucement, et droit.
Biscuit posa un sabot sur le pont. Une planche gémit. Tom retint son souffle. L'enclume, elle, arriva derrière, tirant fort. Les cordes du pont grinçaient comme des dents.
Ils avancèrent, mètre par mètre. À mi-chemin, une corde du pont se tendit d'un coup, puis… craqua.
— Non !
Le pont bascula légèrement. Tom se pencha en avant, talons serrés, pour garder l'équilibre. Biscuit fit un écart, mais Tom lui parla, la voix ferme malgré la peur.
— Reste avec moi. Encore trois pas.
Ils atteignirent l'autre côté. Tom sauta sur la terre ferme, haletant. Biscuit aussi. L'enclume, elle, glissa et se coinça juste au bord du pont.
Tom regarda derrière. Les bandits arrivaient, essoufflés, trempés, furieux.
— Donne-nous ça ! cria le coyote.
Tom tira sur la corde, mais l'enclume ne bougeait plus. Coincée.
Il eut une seconde d'hésitation, une douleur dans la poitrine : abandonner l'enclume, après tout ça ? Mais s'il restait, il risquait de tout perdre. Lui, Biscuit… et même l'enclume.
Alors il prit une décision. Une décision de devoir, pas d'orgueil.
Il défit la corde de sa selle, la jeta autour de l'enclume pour qu'elle reste visible, puis recula. Le coyote posa le pied sur le pont. Une planche céda sous son poids.
— Fais attention ! cria le moustachu.
Tom leva la voix, fort, pour couvrir la pluie.
— Le pont va lâcher ! Laissez tomber ! Cette enclume ne vaut pas vos os !
Le coyote hésita. L'eau rugissait en dessous. Il recula d'un pas… puis, têtu, il avança quand même.
Le pont gémit, trembla, et cette fois, une partie céda d'un coup. Le coyote hurla, s'agrippa à une corde, puis réussit à se hisser en arrière, trempé jusqu'à la taille, jurant comme un diable.
Le moustachu le tira.
— T'es fou !
Tom profita de leur confusion. Il s'éloigna au galop, puis contourna la rivière par un gué plus stable, connu des ranchers. Une demi-heure plus tard, il revint par un autre côté du pont, là où personne ne l'attendait.
L'enclume était toujours là, coincée, mais récupérable. Avec patience, et en utilisant un levier de bois, Tom la fit basculer sur la terre ferme. Il la traîna jusqu'à un chemin large, puis prit la route de Dry Creek, le cœur lourd mais déterminé.
— On rentre à la maison, murmura-t-il. Et cette fois, pour de bon.
Chapitre 6
Le soir tomba sur Dry Creek en silence, comme une couverture sombre qu'on tire doucement. Les nuages s'étaient éloignés, laissant derrière eux une odeur de terre mouillée. Les lumières des fenêtres vacillaient, petites et rassurantes.
Quand Tom entra dans la forge, il était trempé, couvert de boue, et ses mains étaient rouges d'avoir tiré la corde. L'enclume, elle, reposait sur une planche qu'il avait fait glisser jusqu'à l'entrée.
Ezra leva la tête. Ses yeux s'écarquillèrent.
— Par tous les saints clous… Tom ?!
Tom, épuisé, réussit quand même à sourire.
— J'vous l'ai ramenée. Elle a pris un peu la pluie, mais… elle est entière.
Ezra s'approcha, posa une main sur le métal comme on touche l'épaule d'un vieil ami. Son visage se détendit, puis se durcit d'émotion.
— T'as fait ça… tout seul ?
— Avec Biscuit, admit Tom. Et avec un peu de chance. Et beaucoup de peur.
Ezra éclata d'un rire bref, qui sonnait comme un marteau heureux.
— La peur, c'est pas un défaut. C'est un avertissement. Le courage, c'est d'avancer quand même.
Il regarda les mains de Tom.
— Assieds-toi. J'vais te soigner ça.
Tom s'assit sur une caisse. Ezra sortit de la graisse et un linge propre. Pendant qu'il nettoyait les éraflures, Tom raconta tout : la fumée, le camp, la charrette, le couloir étroit, le pont qui gémissait.
Ezra écoutait sans interrompre, les yeux plissés.
— Ces deux-là, murmura-t-il, on les retrouvera. Le shérif n'aime pas les voleurs, surtout quand ils s'attaquent au travail des autres.
Tom baissa les yeux.
— J'ai failli laisser tomber au pont. J'ai eu l'impression… de reculer.
Ezra lui releva le menton du bout des doigts, sans brusquer.
— Reculer pour protéger ce qui compte, c'est pas fuir. C'est réfléchir. Le devoir, c'est pas foncer tête baissée. C'est choisir la bonne chose, même si ça coûte.
Tom sentit quelque chose se dénouer en lui. Une tension qu'il n'avait pas remarquée.
Dehors, Biscuit mâchonnait du foin, au sec. Dans la forge, la chaleur du foyer avait repris, douce. Ezra remit du charbon, alluma le feu. La flamme dansa, orange et vivante.
— Tu sais, dit Ezra, demain, y'aura des chevaux à ferrer. Des roues à réparer. Et toi… tu vas dormir.
Tom hocha la tête, les paupières lourdes.
Ezra regarda un instant la forge, ses outils, l'enclume revenue à sa place. Puis, avec un geste calme, il baissa la petite lampe à huile qui éclairait l'atelier.
La flamme vacilla une dernière fois… et Ezra éteignit la lampe.