Chapitre 1
Malo avait onze ans et un cerveau qui adorait faire des nœuds… pour mieux les défaire. Dans l'immeuble, on l'appelait « l'enquêteur du palier B » parce qu'il remarquait tout : les traces de boue sur le tapis, les sonneries trop longues, les portes qui grincent un peu plus que la veille.
Ce mardi-là, au retour du collège, il trouva Madame Lenoir, la gardienne, plantée devant la boîte à colis de la loge, les bras croisés.
— Ça alors… maugréa-t-elle. On me l'a fait, à moi.
— Quoi ? demanda Malo, déjà en alerte.
Madame Lenoir ouvrit le carnet où elle notait tout au stylo violet.
— Le “Livre des Annonces” de la résidence a disparu. Celui où les voisins collent les petites annonces : cours de piano, chat perdu, échange de bandes dessinées. Sans lui, c'est le bazar. Et… elle baissa la voix… il y avait aussi une enveloppe pour la kermesse de samedi.
Malo pencha la tête.
— Une enveloppe avec quoi ?
— Des tickets et un petit billet. Pas énorme, mais assez pour acheter des lots. Et j'avais écrit : “À déposer dans la salle commune”. Elle soupira. J'ai dû le laisser une minute sur le comptoir, le temps d'aller chercher des étiquettes.
Malo sentit un frisson d'excitation. Un mystère, dans un endroit parfaitement familier. Le meilleur.
— Vous êtes sûre que quelqu'un l'a pris ? Peut-être qu'il est tombé.
— Je nettoie tous les jours. Rien. Et regarde.
Elle lui montra le comptoir : un rectangle clair au milieu de la poussière fine, comme si un objet avait été déplacé récemment.
— Il était là, dit Madame Lenoir.
Malo inspira, comme dans les films policiers, mais sans la musique dramatique.
— D'accord. Je peux vous aider. Mais vous me promettez une chose : vous me dites tout ce que vous savez, même si ça paraît bête.
— Promis, dit-elle. Et toi, promets-moi de rester poli.
— Promis.
Dans sa tête, Malo commença déjà une liste : qui est passé par la loge ? à quelle heure ? et pourquoi prendre un vieux cahier ?
Chapitre 2
Pour enquêter, Malo avait une méthode simple : écouter avant de parler. Ça l'empêchait de foncer dans le mur… ou dans les poubelles, ce qui arrivait parfois.
Il monta au troisième étage voir son amie Inès, douze ans, reine des détails et des sourcils levés.
— Un cahier volé ? dit Inès. C'est presque romantique. Comme une lettre secrète.
— C'est surtout embêtant, répondit Malo. Et il y avait une enveloppe pour la kermesse.
Inès prit un air sérieux.
— Qui aurait intérêt à récupérer des tickets ? Ou à empêcher la kermesse ?
— Peut-être quelqu'un qui déteste le bruit des enfants, dit Malo. Ou quelqu'un qui veut les lots.
Ils descendirent à la loge. Madame Lenoir leur raconta calmement, en regardant le plafond comme si les souvenirs étaient accrochés là-haut.
— Vers seize heures dix, j'ai eu trois passages. D'abord, Monsieur Djalil du 4C est venu chercher une clé de cave. Ensuite, une dame que je ne connais pas m'a demandé où était le local vélos. Et puis… Tom, le petit du 2A, est passé en courant. Il a dit bonjour et il a filé.
— Tom a quel âge ? demanda Inès.
— Huit ans. Un vrai courant d'air, celui-là.
Malo nota mentalement : trois passages.
— La dame inconnue, vous pouvez la décrire ? demanda-t-il.
Madame Lenoir plissa les yeux.
— Une veste jaune, un sac en toile, et… une odeur de peinture, comme quand on repeint un mur.
Inès fronça le nez.
— Une odeur de peinture, c'est précis.
— Et le “Livre des Annonces” ressemble à quoi ? demanda Malo.
— Un grand cahier bleu, avec un élastique rouge. Assez lourd.
Assez lourd. Malo aimait ce mot. Un objet lourd laisse des traces, ralentit, oblige à le tenir d'une certaine façon.
— On commence par où ? demanda Inès.
Malo regarda autour de lui : la loge, la porte vitrée, l'ascenseur, et au fond du couloir, une porte grise avec un pictogramme : une poubelle.
— On commence par écouter les lieux, dit Malo. Les lieux parlent.
Inès éclata de rire.
— D'accord, Sherlock du palier B. Allons écouter les poubelles.
Chapitre 3
Le local poubelles était étonnamment propre. Ça sentait le savon et le carton humide, pas la catastrophe. Les bacs étaient alignés comme des soldats : verre, papier, déchets ménagers. Une petite fenêtre laissait entrer une lumière pâle.
— J'avais peur que ce soit pire, avoua Inès.
— Moi aussi, dit Malo. Je m'attendais à une attaque de banane.
Ils inspectèrent. Malo ne touchait à rien sans regarder d'abord. Il observa le sol : des traces de roues fines, comme celles d'un chariot ou d'une petite valise, dessinaient une ligne jusqu'au bac jaune.
— Regarde, chuchota-t-il.
Inès se pencha.
— On dirait qu'on a tiré quelque chose.
Malo s'approcha du bac jaune (emballages). Il souleva doucement le couvercle. Rien de suspect au-dessus : du plastique, des boîtes, un rouleau de papier.
— Si quelqu'un voulait cacher un cahier, il pourrait le glisser ici, dit Inès. Mais ça se verrait.
Malo fit le tour du local. Près de la fenêtre, il y avait une étagère pour les cartons pliés. Et là, coincé derrière une pile bien rangée, il vit un coin bleu.
Son cœur fit un petit saut, mais il resta calme. Toujours.
— Inès, sans bouger trop vite… tu vois le coin bleu ?
— Oh ! Oui.
Malo tira délicatement. Un grand cahier bleu apparut, avec un élastique rouge. Le “Livre des Annonces”.
— On l'a, souffla Inès. C'est fini ?
— Pas encore, dit Malo. Il manque l'enveloppe.
Il examina le cahier : la couverture était un peu poussiéreuse, et il y avait une petite tache jaune, comme de la peinture sèche.
— Veste jaune… odeur de peinture… murmura Malo.
— La dame inconnue, dit Inès. Elle l'a peut-être caché ici.
— Ou quelqu'un d'autre a touché la peinture, répondit Malo. Il ne faut pas sauter.
Il ouvrit le cahier : à l'intérieur, une feuille dépassait, pliée en deux. Pas une annonce. Un message.
« DÉSOLÉ. JE LE REMETTRAI. PROMIS. »
Pas de signature.
— Ça ressemble à un enfant, dit Inès.
— Tom, peut-être, dit Malo. Mais Tom a huit ans. Il aurait eu le temps d'écrire ça ?
Inès désigna l'écriture : ronde, appliquée, avec des majuscules un peu tremblées.
— Ça peut être un adulte qui imite un enfant, murmura-t-elle.
Malo referma le cahier.
— Ou un préado stressé, dit-il. Quelqu'un qui a peur de se faire gronder.
Ils se regardèrent. Dans un polar, c'était le moment où on se demande : qui panique le plus ?
— On va peser le cahier, dit Malo.
— Pourquoi ? demanda Inès.
— Parce que Madame Lenoir a dit “assez lourd”. Et si l'enveloppe était glissée dedans au début, on peut comparer. Si je trouve un indice sur le poids, je saurai si quelqu'un l'a enlevée avant de le cacher.
Inès cligna des yeux.
— Tu as une balance ?
— Chez moi. Balance de cuisine. Ma mère fait des gâteaux au gramme près.
Ils ressortirent, le cahier serré contre Malo comme un dossier confidentiel.
Chapitre 4
Dans la cuisine de Malo, la balance électronique attendait sur le plan de travail. Sa mère, en train de rincer une salade, les regarda entrer avec un cahier.
— Vous faites un club de lecture ? demanda-t-elle.
— Une enquête, répondit Malo.
— Tant que vous ne transformez pas la cuisine en scène de crime, ça me va, dit-elle. Et écoutez bien : pas de bêtises.
Malo acquiesça. Il aimait quand les adultes rappelaient les règles sans crier. Ça donnait envie de les respecter.
Il posa le cahier sur la balance. L'écran afficha : 812 g.
— Huit-cent-douze grammes, annonça Malo.
Inès sortit son carnet.
— Et alors ?
— On a besoin d'un point de comparaison, dit Malo. L'enveloppe devait contenir des tickets et un billet. Ça pèse combien ?
Ils cherchèrent un objet similaire. Malo prit une enveloppe vide, y glissa une dizaine de tickets de cinéma usés (il les collectionnait) et deux pièces pour simuler un petit poids.
— Ce n'est pas parfait, dit-il, mais ça donne une idée.
Il pesa l'enveloppe : 46 g.
— Donc si l'enveloppe était dans le cahier, il ferait plutôt autour de… 858 g, dit Inès.
— Environ, oui.
Malo réfléchit. Si quelqu'un avait volé le cahier pour l'enveloppe, il aurait sûrement retiré l'enveloppe avant de cacher le cahier. Le cahier retrouvé à 812 g suggérait qu'il était “allégé”. Ce n'était pas une preuve, mais une direction.
— Qui aurait eu le temps de retirer l'enveloppe ? demanda Inès. Dans la loge, ça se voit.
Malo se souvenait du rectangle clair sur le comptoir.
— Madame Lenoir a dit qu'elle l'a laissé une minute. Une minute, c'est long si tu es rapide.
Inès tapa du crayon.
— Monsieur Djalil ? La dame inconnue ? Tom ?
Malo leva un doigt.
— On va écouter les personnes, pas les soupçons. On commence par Monsieur Djalil. Il est calme. Il répondra.
Ils descendirent au 4C. Monsieur Djalil, grand et toujours souriant, ouvrit avec un torchon sur l'épaule.
— Malo ! Inès ! Vous cherchez du sucre ?
— On cherche des réponses, dit Malo, très sérieux.
Monsieur Djalil les fit entrer. L'odeur de pain grillé flottait.
— Je vous écoute, enquêteurs.
Malo expliqua. Monsieur Djalil ouvrit des yeux ronds.
— Ah non, pas le cahier bleu ! Ma femme avait mis une annonce pour des cours d'arabe. Mais moi, à seize heures dix, je suis passé prendre ma clé de cave et je suis remonté direct. Demandez à Madame Lenoir : je lui ai parlé de la fuite du robinet.
— Et l'enveloppe ? demanda Inès.
— Je n'ai rien vu. Et je déteste les histoires de vol. Ça me rend tout triste.
Malo observa ses mains : farine, eau, rien de jaune. Pas d'odeur de peinture.
— Merci, Monsieur Djalil, dit Malo. On vous croit.
En sortant, Inès chuchota :
— Tu l'as cru pour de vrai ?
— Oui, dit Malo. Il avait l'air sincère. Et surtout, il a donné un détail inutile : le robinet. Les menteurs évitent les détails qui se vérifient.
Inès sourit.
— Pas mal.
Restait la dame inconnue… et Tom.
Chapitre 5
Ils retrouvèrent Tom dans la cour, en train de faire rebondir un ballon contre le mur. Le ballon semblait avoir une dent contre la gravité.
— Tom, dit Malo, on peut te parler ?
Tom s'arrêta, essoufflé.
— J'ai rien cassé, moi.
— On ne parle pas de casse, dit Inès. On parle d'un cahier bleu. Tu l'as vu ?
Les yeux de Tom glissèrent vers le côté, comme s'ils cherchaient une sortie de secours.
— Peut-être…
Malo s'accroupit pour être à sa hauteur.
— Écoute. Personne ne veut te punir si tu dis la vérité. On veut comprendre.
Tom tripota le ballon.
— J'ai vu le cahier sur le comptoir. Et… y'avait un gros tampon “KERMESSE” sur une enveloppe. J'ai cru que c'était pour les jeux. J'voulais juste regarder.
— Et tu l'as pris ? demanda Inès doucement.
Tom hocha la tête, minuscule.
— J'ai couru. Après, j'ai eu peur. J'ai caché le cahier dans le local poubelles… parce que c'est là où personne va. Enfin… je croyais.
Malo sentit une pointe de soulagement. Un mystère doux, pas une histoire de grand méchant. Mais il restait l'enveloppe.
— Et l'enveloppe, Tom ? Elle est où ?
Tom pâlit.
— Je l'ai mise dans ma poche. Après… j'ai croisé une dame avec une veste jaune. Elle m'a dit : “Oh, tu as trouvé quelque chose ?” J'ai dit non. Mais… l'enveloppe a dépassé, un peu. Elle a rigolé et elle a dit : “Je peux te débarrasser, si tu veux.” J'ai cru qu'elle aidait. Alors je lui ai donnée.
Inès serra les lèvres.
— Tu ne connais pas cette dame ?
Tom secoua la tête, les yeux mouillés.
— Après j'ai regretté. J'ai écrit le mot dans le cahier. Je voulais le remettre. J'vous jure.
Malo posa une main sur son épaule.
— Merci de nous l'avoir dit. C'était courageux. La prochaine fois, si tu trouves quelque chose, tu écoutes ton premier bon réflexe : tu le rends.
Tom renifla.
— Je vais me faire gronder ?
— On va en parler avec Madame Lenoir, dit Malo. Mais d'abord, on récupère l'enveloppe.
Inès souffla :
— Une dame inconnue, veste jaune, odeur de peinture… Elle n'habite peut-être même pas ici.
Malo réfléchit vite.
— Odeur de peinture… Ça peut être quelqu'un qui travaille dans l'immeuble. Il y a des travaux ?
Inès claqua des doigts.
— Le local vélos ! On a repeint la porte la semaine dernière. Et il y a un artisan qui passe souvent, celui qui retouche les murs dans le hall.
Ils coururent vers l'entrée. Sur le panneau d'affichage, une annonce : « Retouches peinture — Entreprise VERNIS & Cie — Intervention mercredi et vendredi. »
— On est mardi… dit Malo. Mais la dame était là aujourd'hui.
Ils scrutèrent le hall. Un seau de peinture était posé près des boîtes aux lettres, avec un chiffon. Et une trace de jaune sur le sol, fraîche.
— Elle est passée ici, murmura Malo.
Il écouta, vraiment : les bruits de l'immeuble. Un ascenseur. Une porte qui claque. Et, au loin, dans la cage d'escalier, des pas pressés.
— Par là, dit Inès.
Ils montèrent deux étages. Sur le palier du 2, une femme en veste jaune était accroupie devant une plinthe, pinceau à la main. Elle sursauta en les voyant.
— Oh ! Vous m'avez fait peur, les enfants.
Le mot “peur” résonna chez Malo, mais il resta poli.
— Bonjour, madame. On cherche une enveloppe “KERMESSE”. Un petit garçon vous l'a donnée par erreur.
La femme cligna des yeux, puis se redressa en essuyant ses doigts sur un chiffon.
— Par erreur ? Ah… je vois.
Elle attrapa son sac en toile, fouilla, et sortit une enveloppe un peu froissée.
— Celle-ci ? Je comptais la remettre à la gardienne. Je me suis dit que ça traînait, alors je l'ai prise pour la mettre en sécurité.
Inès ne se laissa pas impressionner.
— Pourquoi vous n'êtes pas allée directement à la loge ?
La femme haussa les épaules.
— J'étais pressée, j'avais une retouche à finir. Et puis… j'ai oublié. Ça arrive.
Malo observa l'enveloppe : le tampon “KERMESSE” était bien là. Il la prit, mais ne l'ouvrit pas.
— Merci, dit-il. On va la rendre.
La femme sourit, un peu trop vite.
— Voilà, mystère résolu !
— Presque, pensa Malo. Presque, ce n'est jamais totalement.
Chapitre 6
Ils retournèrent à la loge. Madame Lenoir était en train de coller une étiquette sur un colis, le geste précis.
— On a retrouvé le cahier, annonça Malo en le posant sur le comptoir. Et l'enveloppe.
Les yeux de la gardienne s'agrandirent.
— Dans quel monde vivez-vous, vous deux ?
Malo expliqua tout, sans embellir : le local poubelles propre, Tom, la dame en veste jaune. Il insista sur un point.
— Tom a eu peur. Il faut l'écouter. Il n'a pas voulu voler. Il a paniqué.
Tom était derrière eux, le ballon serré contre son ventre comme un bouclier.
Madame Lenoir le regarda longuement, puis soupira.
— Tom… tu aurais dû venir me parler. Mais merci d'avoir dit la vérité.
Tom murmura :
— Je suis désolé.
— Je le sais, dit-elle. Tu vas m'aider à remettre le cahier en place et à ranger la salle commune pour la kermesse. Ça, c'est une punition utile.
Tom hocha la tête, soulagé de ne pas se faire écraser par un orage.
Inès demanda :
— Et la dame en veste jaune… elle travaille vraiment ici ?
Madame Lenoir prit l'enveloppe, la soupesa dans sa main.
— Oui, c'est Clara, de VERNIS & Cie. Elle intervient parfois. Elle a tendance à “ranger” ce qui ne lui appartient pas. Je lui ai déjà dit de demander avant.
Malo sentit une dernière question lui gratter le cerveau.
— Madame Lenoir… vous pouvez vérifier que tout est dedans ?
La gardienne ouvrit l'enveloppe, compta rapidement.
— Tickets : oui. Billet : oui. Tout y est.
Malo relâcha l'air qu'il gardait dans ses poumons.
— Alors c'était surtout une chaîne de mauvaises décisions, dit Inès.
— Et de peur, ajouta Malo.
Tom leva les yeux.
— J'aime pas quand j'ai peur. J'ai l'impression que mon ventre fait des glissades.
Malo sourit.
— La peur, c'est une alarme. Des fois elle sonne pour un vrai danger, des fois juste parce que tu as fait une bêtise. Dans les deux cas, le meilleur bouton, c'est parler.
Madame Lenoir referma le cahier bleu avec l'élastique rouge, comme on ferme un dossier.
— Merci, enquêteurs. Vous avez été malins… et corrects.
Inès glissa à Malo :
— Et toi, tu as vraiment pesé un cahier pour résoudre une enquête. Tu es officiellement bizarre.
— Bizarre mais utile, répondit Malo.
Le soir, Malo remonta chez lui. Dans l'escalier, la lumière clignota une seconde. Son cœur fit un bond, réflexe. Il imagina une silhouette, un bruit, un nouveau mystère.
Puis la lumière se stabilisa. Rien que l'immeuble, calme et ordinaire.
Dans sa chambre, Malo pensa à Tom. À la dame en veste jaune. Au local poubelles propre, plus rassurant qu'il ne l'aurait cru. Et à cette petite peur qui avait couru dans les couloirs avant d'être calmée par des mots.
Il se glissa sous la couette, et murmura, comme une conclusion d'enquête :
— Affaire classée. Et peur rassurée.