Chapitre 1 : Un matin pas comme les autres
Le soleil éclaboussait la cour de l'école, dessinant des ombres allongées sur le goudron tout neuf. Comme chaque lundi, Lisa, Maïssa et Jade s'étaient retrouvées près du grand tilleul, à l'abri du tumulte des autres élèves. Lisa, la plus curieuse, avait toujours son carnet à la main, prête à noter la moindre anomalie. Maïssa, vive d'esprit et pleine d'idées farfelues, poussait doucement son fauteuil roulant avec assurance. Jade, la plus discrète, observait tout d'un œil attentif.
— Les filles, vous avez remarqué quelque chose de bizarre ce matin ? lança Lisa en scrutant la cour.
— À part les oiseaux qui chantent plus fort que d'habitude ? répondit Maïssa en souriant.
Jade plissa les yeux. — Il manque quelque chose… Ou quelqu'un, non ?
À ce moment, la cloche sonna, les invitant à rentrer en classe. Mais Lisa avait déjà une idée en tête. Elle chuchota :
— Gardez les yeux ouverts. Je sens que la journée ne fait que commencer.
Chapitre 2 : Le goûter disparu
À la récréation, alors que tout le monde déballait ses goûters, un cri retentit près du banc en bois.
— Mon pain au chocolat ! Il a disparu ! s'exclama Hugo, les mains vides et le regard paniqué.
Tout de suite, un attroupement se forma. Lisa, Maïssa et Jade échangèrent un regard complice. L'enquête pouvait débuter.
— On accepte la mission ? proposa Maïssa, un sourire malicieux sur les lèvres.
— Évidemment, répondit Jade. On ne laisse jamais un mystère sans réponse.
Lisa ouvrit son carnet, griffonna « Pain au chocolat disparu » et leva les yeux vers l'horloge de la cour. Les aiguilles indiquaient 10h17. Elle nota l'heure, parce que, selon elle, chaque détail comptait.
Chapitre 3 : La première piste
Les trois amies commencèrent par interroger Hugo.
— Tu es sûr de l'avoir apporté ce matin ? demanda Lisa.
— Oui, sûr et certain ! Je l'ai mis dans ma boîte verte, dans mon sac, expliqua Hugo, les joues rouges.
Jade observa le sac posé sur le banc. La fermeture éclair était à moitié ouverte.
— Tu as laissé ton sac ici pendant que tu jouais ? demanda-t-elle.
— Oui, mais je gardais un œil dessus, promit Hugo.
Maïssa s'approcha du banc, roulant tranquillement.
— Regardez, il y a des miettes par terre, fit-elle remarquer.
Lisa se pencha pour examiner les miettes. Elles étaient fraîches. Elle releva la tête, observant les groupes d'élèves qui riaient et couraient autour d'eux.
— On doit trouver qui est passé près du sac pendant la récré, déclara-t-elle.
Chapitre 4 : L'énigme des traces
Le trio décida d'inspecter la zone autour du banc. Jade pointa du doigt de petites traces de boue sur le goudron.
— On dirait des traces de chaussures, fit-elle remarquer.
Maïssa sortit de sa poche une loupe, trouvée dans la classe de sciences.
— On mène l'enquête jusqu'au bout, annonça-t-elle fièrement.
Les traces menaient vers le préau. Sur le chemin, elles croisèrent Thomas, qui jouait à la marelle.
— Tu as vu quelqu'un fouiller dans le sac d'Hugo ? demanda Lisa.
— Non, mais j'ai vu Lou s'approcher du banc. Elle avait l'air pressée, répondit Thomas en haussant les épaules.
Lisa nota « Lou ? » dans son carnet.
— Allons la voir, proposa Jade.
Chapitre 5 : Un indice inattendu
Lou, surprise d'être interrogée, secoua la tête.
— Je cherchais mon élastique à cheveux que j'ai perdu près du banc, expliqua-t-elle en montrant sa queue-de-cheval mal attachée. Je n'ai rien pris, promis !
Les filles la remercièrent et continuèrent leurs recherches. Lisa consulta à nouveau l'horloge de la cour. Il était maintenant 10h45.
— Il faut qu'on réfléchisse, murmura-t-elle. Si ce n'est pas Lou, qui alors ?
Soudain, Jade s'accroupit près d'une haie.
— Venez voir ! Il y a un emballage de pain au chocolat, mais il n'est pas à Hugo. C'est une marque différente.
Maïssa inspecta l'emballage.
— Et si quelqu'un avait échangé son goûter avec celui d'Hugo ?
Lisa eut un éclair.
— Ou alors, il y a deux voleurs ! Un qui a pris celui d'Hugo, et un autre qui a laissé le sien.
Chapitre 6 : Les suspects se dévoilent
Elles décidèrent de mener leur enquête auprès des autres élèves. Elles interrogèrent Paul, qui avait l'air nerveux.
— Tu as mangé quoi à la récré ? demanda Jade.
— Euh… rien de spécial, marmonna Paul.
Lisa tendit l'emballage trouvé dans la haie.
— C'est le tien ?
Paul rougit et hocha la tête.
— Oui, mais il était tout écrasé, alors je l'ai laissé là, avoua-t-il.
— Donc tu n'as rien échangé avec Hugo ? insista Maïssa.
— Non, promis ! répondit Paul.
Lisa nota la réponse dans son carnet, mais elle sentait qu'un détail lui échappait. Elle leva les yeux vers l'horloge : 10h55. Il ne restait que cinq minutes avant la fin de la récré.
— On doit se dépêcher ! s'exclama-t-elle.
Chapitre 7 : Le coupable démasqué
Juste avant la sonnerie, Lisa eut une idée. Elle observa discrètement la poubelle près du banc. Un papier dépassait du rebord. Elle s'en approcha, suivie de Maïssa et Jade. Dans le papier, il y avait… des miettes de pain au chocolat, et une serviette en papier avec des initiales écrites dessus : « M.S. »
Maïssa éclata de rire.
— Oh non, c'est Malo ! Il écrit toujours ses initiales sur ses serviettes !
Elles foncèrent vers Malo, qui discutait avec un groupe d'amis.
— Malo, tu voulais du pain au chocolat ce matin ? demanda Lisa en agitant la serviette.
Malo haussa les épaules, un sourire gêné sur le visage.
— Je voulais juste y goûter… J'ai vu le sac ouvert, j'ai cru que c'était le mien. Mais après, je me suis rendu compte que non, alors j'ai tout mangé, chuchota-t-il.
— Tu sais que tu aurais pu demander à Hugo, répondit Jade en souriant.
Malo hocha la tête, penaud.
— Je m'excuse, je lui rendrai un pain au chocolat demain !
Chapitre 8 : La maîtresse lève le mystère
La cloche sonna la fin de la récré. Les trois amies rejoignirent leur classe, fières d'avoir résolu l'affaire. Lisa jeta un dernier coup d'œil à l'horloge de la cour : 11h pile. Elle referma son carnet avec satisfaction.
En entrant en classe, la maîtresse, madame Dubois, leur lança un clin d'œil complice.
— Alors, jeunes détectives, vous avez percé le secret du goûter disparu ?
Les trois filles échangèrent un regard malicieux.
— Mission accomplie, madame ! répondit Maïssa.
La maîtresse sourit, puis ajouta :
— Je savais que je pouvais compter sur votre créativité. N'oubliez jamais : un bon enquêteur regarde toujours l'horloge… et les miettes sur le chemin !
Les filles éclatèrent de rire. Le soleil filtrait à travers les vitres, et l'école semblait, ce jour-là, un peu plus pleine de mystères à découvrir.