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Histoire de petits enquêteurs 11 à 12 ans Lecture 23 min.

Le mystère du moulin doré et l’escargot de la vitrine

Mila, une jeune détective en herbe, enquête sur la disparition mystérieuse d’un moulin en papier doré à la boulangerie en suivant des indices comme une trace de terre, un dessin d’escargot et une odeur de violette. Sa quête la mène du comptoir de la boulangerie au potager partagé, où chaque détail rapproche du responsable.

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Mila, 12 ans, calme et fière, cheveux châtain courts, tient une petite boîte contenant un moulin en papier doré froissé; à côté, Timéo, 8 ans, nerveux et repentant, regarde le moulin; derrière le comptoir, Madame Lenoir, ~50 ans, aux mains farinées et lunettes rondes, affiche surprise et compassion près d’un plateau de croissants; Léo, adolescent d’environ 16 ans, tablier trop grand et mèche rebelle, sourit gêné adossé près d’un sac de farine; le tout se déroule dans l’intérieur chaleureux d’une petite boulangerie — comptoir en bois, vitrine brillante, étagères de pains et viennoiseries, petite porte arrière — dans une lumière douce aux teintes brunes, dorées et violettes évoquant réparation et pardon. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : La vitrine qui cligne de l'œil

Mila adorait marcher lentement, comme si chaque trottoir cachait un indice. À onze ans, elle avait déjà un carnet à spirale, un crayon toujours taillé, et une manie : observer les détails que les autres laissaient filer.

Ce mercredi, en rentrant du collège, elle s'arrêta devant la vitrine de la boulangerie “Au Croissant Joyeux”. La vitre brillait comme un lac, et pourtant… quelque chose n'allait pas.

Derrière la vitre, une pyramide de financiers était un peu de travers. Et surtout, il manquait la pièce centrale de la décoration : le petit moulin en papier doré qui tournait d'habitude au-dessus des brioches.

Mila plissa les yeux. Sur la vitre, un reflet dansait : une affiche annonçait “Concours du plus beau légume” au potager partagé du quartier. Mila connaissait ce potager. On y cultivait des tomates qui sentaient le soleil et des salades craquantes comme des secrets.

— Bizarre, murmura-t-elle.

La boulangère, Madame Lenoir, sortit avec un torchon sur l'épaule. Elle avait des lunettes rondes qui lui donnaient l'air d'un hibou pressé.

— Mila ! Tu peux m'aider ? On m'a volé mon moulin en papier. Ça paraît idiot, mais c'est… enfin, c'est mon porte-bonheur. Et demain, je fais une fournée spéciale pour la kermesse.

— Un vol ? demanda Mila, déjà en train d'ouvrir son carnet.

— Je l'ai vu ce matin, j'en suis sûre. Puis à midi… pouf. Disparu. La vitrine n'est pas cassée, la porte était fermée. Je ne comprends pas.

Mila se pencha vers le bas de la vitrine. Sur le rebord intérieur, il y avait une minuscule trace de terre, comme un grain de cacao… mais brun, et un peu humide.

— Madame Lenoir, vous avez arrosé vos plantes ? demanda Mila.

— Quelles plantes ? Ici, à part les brioches, rien ne pousse.

Mila sourit. Un grain de terre dans une boulangerie, c'était comme une empreinte de chaussure sur un nuage : ça se remarque.

— D'accord. Je m'en occupe. Mais j'ai besoin d'informations. Qui a accès à la vitrine ?

— Moi. Et Léo, mon apprenti, quand il nettoie. Et parfois, je laisse la porte arrière entrouverte pour aérer.

Mila nota : porte arrière, apprenti, trace de terre. Puis elle regarda encore la vitrine. Une autre chose la chatouillait : sur la vitre, à hauteur d'enfant, un petit dessin au feutre effaçable, presque invisible. Un escargot.

— Vous aviez déjà vu ça ?

Madame Lenoir se rapprocha.

— Un escargot ? Non… Je n'ai pas le temps de dessiner, moi.

Mila referma son carnet d'un claquement satisfait.

— Très bien. Premier indice : terre humide. Deuxième indice : un escargot dessiné. Troisième indice : aucun bruit de vitre cassée. Donc… le moulin est sorti autrement.

Elle reprit sa marche, mais plus vite cette fois. Son enquête venait de commencer.

Chapitre 2 : Le potager partagé et la piste de la terre

Le potager partagé se trouvait derrière la bibliothèque, coincé entre deux immeubles comme un petit monde secret. Des carrés de bois formaient des parcelles, et des arrosoirs colorés dormaient au pied d'un cabanon.

Quand Mila entra, l'air sentait la menthe et la terre chaude. Elle repéra tout de suite Monsieur Rachid, le voisin qui avait toujours un chapeau de paille, même quand il pleuvait. À côté de lui, Nour, une grande de sixième qui se prenait pour une influenceuse des tomates, faisait des photos de ses radis.

— Mila ! lança Monsieur Rachid. Tu viens pour le concours ?

— Pas exactement. J'enquête.

Elle le dit avec sérieux, mais ça la fit quand même rire intérieurement. “J'enquête”, c'était un peu comme dire “Je suis une espionne”, sauf que personne ne vous tirait dessus, au pire on vous offrait une tisane.

— On m'a volé quelque chose à la boulangerie, expliqua-t-elle. Et j'ai trouvé de la terre humide. Ici, vous avez arrosé ce matin ?

Nour leva la main, fière.

— Moi ! J'ai arrosé tôt. Les radis détestent avoir soif.

Mila s'accroupit près d'un carré fraîchement mouillé. La terre avait exactement la même couleur que la trace sur la vitrine : un brun profond, presque chocolat amer.

— Tu es passée par la boulangerie après ? demanda Mila.

— Oui, pour acheter une chouquette. Pourquoi ?

— Tu portais quels gants ?

— Des gants verts, ceux du potager. Je les ai mis dans ma poche après, répondit Nour. Mais je n'ai rien volé, hein !

— Je n'ai pas dit ça. Je rassemble des faits.

Mila sortit son carnet et dessina un petit escargot.

— Question : est-ce que quelqu'un ici dessine des escargots ?

Monsieur Rachid éclata de rire.

— Les escargots, c'est plutôt eux qui dessinent sur mes salades ! Mais… attends, il y a bien quelqu'un. Le petit Timéo. Il colle des autocollants d'escargots partout.

À ce moment-là, un garçon de huit ans passa en courant avec un arrosoir trop grand pour lui. Sur son tee-shirt, un escargot souriait, comme s'il connaissait une blague.

— Timéo ! appela Mila. Tu as dessiné un escargot sur la vitrine de la boulangerie ?

Timéo s'arrêta net, l'air pris la main dans le pot de confiture.

— Euh… peut-être. C'est joli, les escargots. Ils vont lentement mais ils arrivent toujours. Comme ma maîtresse dit.

Mila nota : “escargot = persévérance”.

— Et tu as vu un moulin en papier doré ? Celui qui tourne ?

Les yeux de Timéo s'agrandirent.

— Oh ! Oui ! Il était trop beau. Il brillait comme un trésor.

— Tu l'as pris ?

— Non ! Enfin… je l'ai touché. Juste une seconde. Après, j'ai entendu “Hé !” et j'ai couru.

— Qui a dit “Hé !” ?

Timéo réfléchit, les sourcils froncés, comme si son cerveau pédalait dans la boue.

— Une voix… pas très forte. Et ça sentait… le parfum sucré. Comme les bonbons à la violette.

Mila releva la tête. Parfum à la violette. Une odeur, c'était un indice qui ne s'effaçait pas facilement.

— Merci, Timéo. Tu viens de m'aider.

Timéo sourit, soulagé.

— Je suis un assistant détective ?

— Presque. Mais il faut être discret. Comme un chat. Ou comme… un escargot ninja.

Timéo éclata de rire et repartit, fier comme un haricot géant.

Mila, elle, resta un instant à regarder les parcelles. Les arrosoirs, les gants, la terre… et quelque part, une odeur de violette.

Elle devait maintenant relier tout ça à la boulangerie.

Chapitre 3 : L'apprenti, le cabanon et l'objet qui manque

Le lendemain, Mila retourna “Au Croissant Joyeux”. Cette fois, elle ne resta pas dehors. Elle poussa la porte. Une clochette tinta, et l'odeur de beurre chaud lui chatouilla le nez.

Léo, l'apprenti, était derrière le comptoir. Il devait avoir seize ans, un tablier trop grand, et une mèche rebelle qui tombait devant ses yeux.

— Mila ? Tu veux un pain au chocolat ?

— Pas aujourd'hui. Je cherche un moulin en papier. Celui de Madame Lenoir.

Léo cligna des yeux, un peu trop vite.

— Ah. Oui. Le moulin… triste histoire.

— Tu étais là quand il a disparu ?

— J'ai nettoyé la vitrine à midi. Je l'ai… enfin, je l'ai vu, je crois. Puis après, j'ai dû sortir les poubelles.

Mila se pencha légèrement, comme si elle cherchait quelque chose sous le comptoir.

— Les poubelles où ?

— Derrière. Par la porte arrière.

Mila sentit que l'enquête tirait sur un fil. Elle n'aimait pas accuser. Elle aimait comprendre.

— Léo, question simple : tu connais le potager partagé ?

— Oui. Ma grand-mère a une parcelle là-bas.

— Tu y vas parfois ?

— Le week-end.

Mila observa ses chaussures. Il portait des baskets noires, plutôt propres. Pas de boue visible. Mais la boue peut sécher, et puis, on peut aussi faire attention.

— Tu as remarqué un dessin d'escargot sur la vitrine ? demanda Mila.

— Un escargot ? Non. Enfin… je n'ai pas fait attention.

Madame Lenoir arriva, les joues roses, un plateau de croissants dans les mains.

— Alors ? demanda-t-elle, impatiente. Mila, tu avances ?

— Oui. J'ai besoin de voir l'arrière-boutique. Et la porte arrière.

Madame Lenoir hésita une seconde, puis hocha la tête.

— D'accord. Mais ne touche pas à la farine, je viens juste de balayer.

Ils passèrent derrière le comptoir. L'arrière-boutique était étroite, avec des sacs de farine empilés comme des coussins géants. La porte arrière donnait sur une petite cour.

Mila s'accroupit près du seuil. Là, sur le sol, il y avait un petit morceau de papier doré, froissé, collé par quelque chose de sucré.

— Ça, c'est… murmura-t-elle.

Madame Lenoir porta la main à sa bouche.

— Un bout du moulin !

Mila le prit délicatement et le glissa dans une pochette plastique de son sac (elle en gardait toujours une, “au cas où”). Sur le mur, juste à côté de la porte, elle repéra une petite trace violette, comme un frottement de bonbon ou de parfum.

— Ça sent la violette, dit Mila.

Léo se gratta la nuque.

— Peut-être… quelqu'un est passé avec des bonbons ?

Mila ne répondit pas. Elle regarda la cour. Au fond, un petit grillage séparait la boulangerie d'un passage qui menait… vers la bibliothèque. Et derrière la bibliothèque… vers le potager.

Le fil se resserrait.

— Madame Lenoir, dit Mila, est-ce que quelqu'un pourrait passer par ici sans entrer dans la boutique ?

— Si la porte est entrouverte, oui… et si le grillage n'est pas bien fermé.

Mila s'approcha du grillage. Le loquet pendait, mal accroché.

— Voilà le chemin, dit-elle doucement. Quelqu'un a pris le moulin par la porte arrière. Pas besoin de casser une vitre. Et cette personne venait du côté du potager ou de la bibliothèque.

Léo fronça les sourcils.

— Tu crois que c'est… quelqu'un du potager ?

— Je crois que c'est quelqu'un qui connaît les deux endroits, répondit Mila. Et qui aime la violette.

Madame Lenoir soupira.

— Je déteste les mystères. Ça me donne des miettes dans la tête.

Mila sourit.

— Ne vous inquiétez pas. On va le retrouver. Mais il faudra être persévérantes. Comme un escargot.

Chapitre 4 : Le concours du plus beau légume et le faux trésor

L'après-midi, au potager partagé, tout le monde s'agitait pour préparer le concours. Des tables pliantes apparaissaient, des paniers se remplissaient, et une banderole “BRAVO LES JARDINIERS !” pendait de travers, ce qui, pour Mila, était presque un crime esthétique.

Mila avançait entre les parcelles comme dans une scène de film. Sauf qu'ici, les “armes” étaient des courgettes, et les “suspects” portaient des gants de jardinage.

Monsieur Rachid installait ses tomates alignées au millimètre. Nour polissait une betterave comme si c'était un trophée. Timéo courait partout en proposant son aide à tout le monde, ce qui compliquait beaucoup sa propre aide.

Mila repéra un détail : près du cabanon, une petite boîte en métal ouverte. À l'intérieur, des sachets de graines… et un parfum sucré flottait, léger.

Elle s'approcha.

— Qui a cette boîte ? demanda-t-elle.

Une voix répondit derrière elle :

— C'est à ma tante.

Mila se retourna. C'était Zoé, une fille de son âge, avec des cheveux attachés en queue-de-cheval et des ongles un peu tachés de terre. Zoé était connue pour deux choses : ses dessins magnifiques et ses bonbons à la violette qu'elle mâchonnait quand elle réfléchissait.

— Ta tante ? demanda Mila.

— Oui. Elle gère l'atelier “décos pour stands”. Elle stocke tout dans le cabanon. Pourquoi ?

Mila pointa la boîte.

— Ça sent la violette.

Zoé rougit.

— C'est moi. J'ai mis mes bonbons dedans par erreur. Je les avais dans la poche.

— Tu es passée à la boulangerie hier ? demanda Mila.

Zoé hocha la tête.

— J'ai acheté un éclair pour ma petite sœur.

Mila sortit son carnet.

— Zoé, je dois te poser une question un peu bizarre. As-tu vu un moulin en papier doré ?

Zoé fit une grimace.

— Le truc qui tourne ? Oui. Il était joli.

— Tu l'as pris ?

— Non ! Mais… j'ai vu quelqu'un près de la porte arrière de la boulangerie. Une silhouette. J'ai cru que c'était Léo, l'apprenti, alors je n'ai pas fait attention.

Mila sentit son cerveau faire “clic”. Léo. Zoé. La porte arrière. Le grillage mal fermé.

— Tu pourrais décrire la silhouette ?

Zoé réfléchit.

— Pas très grand. Un sac à dos. Et… des gants verts.

Mila se tourna vers Nour, qui était justement en train d'agiter ses gants verts en racontant une histoire de radis héroïques.

— Nour, dit Mila, je peux te parler ?

Nour s'approcha, méfiante.

— Je te préviens, mes radis sont innocents.

— Ce n'est pas pour les radis. Hier, tu as arrosé tôt, tu es passée à la boulangerie… et tu as des gants verts. Quelqu'un t'a vue près de la porte arrière.

Nour ouvrit de grands yeux.

— Moi ? Mais non ! Je suis passée devant, oui, mais je ne suis pas allée derrière ! Et puis, voler un moulin en papier… pour quoi faire ?

Mila nota : “mobile” absent. Il fallait une raison. Un vol sans raison, c'est souvent… un malentendu.

Mila regarda autour d'elle. Sur une table, des décorations étaient prêtes : fanions, rubans, et un grand panneau “Stand Kermesse” à moitié vide.

Une idée surgit, simple et un peu agaçante.

— Et si le moulin n'avait pas été volé… mais emprunté ? murmura Mila.

Elle se dirigea vers le cabanon. La porte était entrouverte. À l'intérieur, des cartons, des pots de peinture, des rouleaux de papier… et, au fond, une caisse où dépassait quelque chose de doré.

Mila s'agenouilla et tira doucement.

Le moulin en papier était là, un peu écrasé, mais reconnaissable. Son papier doré avait perdu un peu de brillant, comme s'il avait eu peur.

— Je l'ai trouvé, souffla Mila.

Derrière elle, une voix paniquée :

— Oh non.

C'était Timéo, figé sur le seuil, les mains pleines de ficelle.

— Timéo ? demanda Mila. Qu'est-ce que tu fais là ?

Timéo avala sa salive.

— Je… je voulais aider. Pour la kermesse. Je me suis dit que le moulin serait parfait sur le stand. Il tourne, ça fait joyeux. Et… je voulais faire une surprise à Madame Lenoir.

Mila resta calme. Un bon détective ne crie pas. Il écoute.

— Tu l'as pris comment ?

— Par la porte derrière, dit Timéo, tout petit. Elle était ouverte. J'ai touché le moulin, et après j'ai entendu “Hé !” alors j'ai eu peur. J'ai couru avec. J'ai caché ça ici. J'ai mis un escargot sur la vitrine… pour dire que je reviendrais le rendre. Mais j'ai… j'ai oublié.

Mila s'accroupit à sa hauteur.

— Tu n'as pas oublié. Tu as juste eu peur. Ça arrive.

Timéo renifla.

— Je voulais être persévérant, comme un escargot. Mais je suis juste… lent dans ma tête.

— Être persévérant, dit Mila, ce n'est pas ne jamais se tromper. C'est continuer à réparer quand on s'est trompé.

Timéo la regarda, surpris.

— Tu crois que Madame Lenoir va me détester ?

— Je crois qu'elle va surtout vouloir récupérer son moulin. Et comprendre. On va l'aider.

Mila prit le moulin avec précaution.

— Viens. On va expliquer. Ensemble.

Chapitre 5 : Les aveux, la réparation et la clé du détail

Ils retournèrent à la boulangerie en fin d'après-midi. Timéo marchait comme s'il portait un énorme sac de pierres, alors que le moulin ne pesait presque rien.

Mila tenait l'objet dans une boîte à chaussures, pour éviter de l'abîmer davantage. Devant la vitrine, elle s'arrêta. Le dessin d'escargot y était encore, pâle mais visible.

— Tu vois, dit-elle à Timéo, ton escargot a tenu bon. Il est resté. C'est déjà de la persévérance.

Timéo esquissa un micro-sourire.

Ils entrèrent. Madame Lenoir leva la tête. Léo était là aussi, en train de ranger des pains.

Mila posa la boîte sur le comptoir.

— Madame Lenoir, j'ai retrouvé votre moulin.

Madame Lenoir porta ses mains farineuses à sa poitrine.

— Oh ! Où était-il ?

Timéo prit une grande inspiration, comme avant de plonger.

— C'est moi… Je l'ai pris. Je voulais faire une surprise pour la kermesse. Je suis passé par derrière. J'ai eu peur quand quelqu'un a crié “Hé !” et j'ai couru. Je l'ai caché au cabanon du potager. Je suis désolé.

Le silence dura une seconde. Une seconde très longue, comme un chewing-gum qui colle.

Puis Madame Lenoir soupira, mais ses yeux n'étaient pas méchants.

— Timéo… tu sais, si tu voulais l'emprunter, il fallait demander. Un porte-bonheur, ça se prête parfois, mais ça ne se vole pas.

Timéo hocha la tête, les joues rouges.

— Je sais. Je ferai plus… plus intelligent.

— Plus courageux, corrigea Mila doucement. L'intelligence, tu l'as. Le courage, ça s'entraîne.

Léo se racla la gorge.

— C'est moi qui ai crié “Hé !”, avoua-t-il. Je t'ai vu filer avec quelque chose, mais je n'ai pas couru. J'étais en plein sac de farine. Et après… j'ai cru que j'avais rêvé. Désolé, Madame.

Madame Lenoir posa une main sur l'épaule de Léo.

— D'accord. On respire. On répare. Mila, tu peux ouvrir la boîte ?

Mila souleva le couvercle. Le moulin était un peu froissé, mais ses plis tenaient encore.

— On peut le remettre en forme, dit Léo, déjà en train de chercher du ruban adhésif fin. J'ai des doigts de pâtissier, c'est utile aussi pour l'origami.

Madame Lenoir eut un petit rire.

— D'accord, Monsieur Origami. Et Timéo… tu vas m'aider à le raccrocher. Et tu feras une affiche : “Décoration prêtée pour la kermesse, avec autorisation.” Comme ça, plus de mystère.

Timéo hocha la tête, soulagé à en trembler.

Mila observa la scène et sentit une satisfaction tranquille. L'enquête se terminait sans cris, sans punition terrible, juste avec des explications et une réparation. C'était son genre de victoire.

Pourtant, un détail lui revint : le grillage mal fermé, la porte arrière entrouverte. Un autre mystère, plus petit, mais important : la sécurité.

— Madame Lenoir, dit Mila, il faudrait peut-être accrocher le loquet du grillage. Sinon, n'importe qui pourrait entrer.

— Tu as raison, répondit la boulangère. Je le ferai ce soir. Merci, détective.

Mila rougit légèrement. Elle n'aimait pas trop qu'on la regarde comme une héroïne. Elle préférait être un regard dans l'ombre… mais une ombre avec un carnet.

Chapitre 6 : La fenêtre ouverte

Le soir, Mila rentra chez elle, le cerveau encore plein de pistes et de petits “clic”. Chez elle, c'était au deuxième étage. Elle posa son sac, sortit son carnet, et écrivit en haut d'une page : “Affaire du moulin doré : résolue.”

Sous cette phrase, elle ajouta trois lignes :

1) Observer les détails (terre, odeur, dessin).

2) Ne pas accuser trop vite.

3) Persévérer, même quand ça semble petit.

Dans le salon, sa mère pliait du linge.

— Tu as l'air contente, dit-elle.

— J'ai résolu un mystère, répondit Mila, avec une fierté calme.

— Quel genre de mystère ? Un mystère de chaussettes disparues ?

— Pire. Un moulin en papier.

Sa mère rit.

— Ah, les moulins. Ça disparaît plus vite que les chaussettes, ça.

Mila alla vers sa chambre. La lumière du soir y entrait en biais, dorée comme le moulin. Elle s'approcha de la fenêtre… et s'arrêta.

La fenêtre était ouverte.

Pas grande ouverte. Juste assez pour laisser passer un filet d'air frais, qui faisait bouger son rideau comme une vague lente.

Mila fronça les sourcils. Elle était certaine de l'avoir fermée le matin. Elle regarda le rebord : rien de suspect, pas de trace, pas de papier doré. Juste… une petite feuille de menthe, coincée dans l'angle, sûrement apportée par le vent depuis le potager.

Elle sourit malgré elle.

— Encore toi, murmura-t-elle à l'air du soir.

Elle referma la fenêtre doucement, sans brusquer le silence. Puis elle la rouvrit d'un cran, juste pour sentir le vent.

Parce que les mystères, parfois, ne sont pas là pour faire peur. Ils sont là pour rappeler qu'il faut rester curieuse, attentive, et persévérante.

Et Mila, elle, était prête.

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Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Vitrine
La grande fenêtre d’un magasin où l’on expose des objets à voir.
Pyramide
Une forme qui s’élève en pointe, ici une pile d’objets arrangés.
Financiers
Petits gâteaux riches en beurre, souvent en forme rectangulaire ou ovale.
Moulin en papier doré
Un petit objet en papier qui tourne et brille, décor ou porte-bonheur.
Porte-bonheur
Un objet que l’on garde pour se sentir chanceux ou protégé.
Apprenti
Une personne qui apprend un métier en aidant quelqu’un plus expérimenté.
Trace de terre
Petit morceau ou marque de terre laissé sur un objet ou un sol.
Potager partagé
Un jardin où plusieurs personnes cultivent des légumes ensemble.
Arrosoirs
Récipients que l’on utilise pour verser de l’eau aux plantes.
Cabanon
Un petit abri ou local simple, souvent pour ranger des outils de jardin.
Loquet
Petit mécanisme qui sert à fermer une porte ou un portail.
Persévérance
Continuer d’essayer malgré les difficultés, sans abandonner vite.
Grillage
Clôture faite de fils métalliques entrecroisés pour séparer des lieux.
Kermesse
Fête de quartier avec stands, jeux et ventes pour se rassembler.
Arrière-boutique
La partie d’un magasin située derrière le comptoir, réservée au travail.
Origami
Art japonais du pliage du papier pour créer des formes et objets.

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