Chapitre 1 – Le silence qui cloche
— On se retrouve devant l'hypermarché à quinze heures, d'accord ?
— D'accord, chef ! répondit Malik en saluant au garde-à-vous.
Jules leva les yeux au ciel en riant. Dans leur bande, ce n'était pas vraiment le chef, mais c'était le plus calme, celui qui observait tout. On l'appelait parfois « le détective tranquille ».
Les quatre amis se retrouvèrent devant les portes automatiques de MaxiMonde.
Il y avait Jules, Malik, Théo et Sami, qui se déplaçait en fauteuil roulant. Ils avaient tous onze ans, la tête pleine d'idées et les poches pleines… de miettes de biscuits.
— Bon, résuma Jules, on a une mission très importante : acheter des bonbons pour la soirée film chez moi.
— Et du pop-corn ! ajouta Théo.
— Et des chips ! lança Malik.
— Et des légumes, parce que ta mère va nous surveiller, rappela Sami avec un sourire.
Les portes s'ouvrirent dans un souffle. Une vague de bruits les enveloppa : caddies qui grincent, annonces au micro, bips des caisses, musique de fond un peu trop joyeuse.
— On dirait une fourmilière géante, murmura Jules.
Ils entrèrent. Tout de suite, Malik attrapa un petit chariot.
— Pour la mission snacks, annonça-t-il.
Ils commencèrent à avancer dans l'allée principale. Les affiches fluo criaient « PROMO ! » de partout. Ça sentait le pain chaud et les savons mélangés.
Jules, lui, écoutait. Il avait cette habitude bizarre de « tendre l'oreille » aux endroits.
Ils passèrent devant le rayon jouets. D'habitude, une chanson agaçante sortait d'un cheval en plastique qui hennissait dès qu'on s'en approchait. Mais là… rien.
Un trou dans le bruit. Un petit silence, pile à cet endroit.
Jules ralentit.
— Attendez. Écoutez.
Les trois autres s'arrêtèrent.
— J'entends juste ton ventre qui gargouille, commenta Sami.
— Non, sérieux. D'habitude, le cheval en plastique fait toujours du bruit. Là, il est muet.
Ils s'avancèrent jusqu'au rayon. C'était étrange. Plusieurs jouets lumineux étaient éteints. Le petit train qui tournait en rond sur le présentoir était immobile.
— Peut-être qu'ils ont enlevé les piles, proposa Théo.
— Peut-être, répondit Jules. Mais regarde.
Il montra une grande affiche : « DEMAIN – GRANDE CHASSE AU TRÉSOR DE MAXIMONDE ! Venez suivre les indices dans tout le magasin ! »
— Une chasse au trésor ? s'enthousiasma Malik. On va revenir demain, c'est obligé !
— Si ça se trouve, ils préparent déjà, supposa Sami.
Jules allait repartir quand un détail le stoppa. Au fond du rayon, une porte grise, légèrement entrouverte, laissait passer un filet de lumière.
— C'est la réserve, chuchota Théo.
Jules sentit une petite piqûre dans son cerveau. Comme quand quelque chose ne colle pas.
Le silence bizarre. La porte entrouverte.
Il n'avait pas encore d'explication, mais son instinct de détective venait de se réveiller.
Chapitre 2 – Alerte à MaxiMonde
Ils continuèrent leur mission snacks, mais Jules jetait des coups d'œil partout. Les bruits lui semblaient soudain trop forts, comme pour cacher autre chose.
Au bout d'un moment, une voix retentit dans les haut-parleurs :
— Mesdames et messieurs, veuillez excuser cette interruption. Nous demandons à tout le personnel de se rendre près du stand événementiel, au milieu du magasin, immédiatement. Merci.
— Ouh là, ça a l'air sérieux, commenta Sami.
— Venez, on va voir ! proposa Malik, déjà en train de pousser le chariot à toute allure.
Ils zigzaguèrent entre les rayons jusqu'à atteindre le centre de l'hypermarché. Là, on avait installé une grande scène avec des ballons colorés et une pancarte : « DEMAIN – INAUGURATION DE LA MASCOTTE GÉANTE DE MAXIMONDE ».
Mais sur la scène, au lieu d'une mascotte géante… il n'y avait qu'un socle vide. Et une directrice pas contente du tout.
La directrice, une femme grande avec un tailleur rouge, parlait vite à deux employés.
— Comment ça, disparue ?! La mascotte ne peut pas disparaître toute seule !
— On l'a installée ce matin, affirma un vendeur, paniqué. Elle était là, j'en suis sûr !
— Si on ne la retrouve pas avant demain, l'événement est foutu, gémit la directrice.
Jules sentit son cœur faire un petit bond. Une disparition. Dans un hypermarché plein de monde. Une mascotte géante envolée.
Malik chuchota :
— C'est énorme… Au sens propre. Comment tu caches un truc géant ?
— Sauf si tu le fais passer par la sortie de secours, proposa Sami.
— Ou si tu le démontes en morceaux, ajouta Théo.
La directrice remarqua les quatre garçons qui observaient la scène.
— Vous ne devriez pas rester là, les enfants. Il n'y a rien à voir.
— Euh… si vous voulez, on peut aider, proposa Malik. On est très doués pour manger des gâteaux, mais on peut aussi…
— Pour enquêter, coupa Jules calmement. On aime les mystères.
La directrice hésita. On voyait bien qu'elle avait envie de dire non. Puis elle souffla, découragée.
— Très bien. Mais vous ne touchez à rien, et vous ne courez pas partout. Je suis Madame Durand, directrice de MaxiMonde. On a perdu notre mascotte géante, « Maxou le Panda ». Elle était sur ce socle ce matin. À midi, plus rien. Et personne ne l'a vue partir.
Jules plissa les yeux.
— Personne ? Aucun client, aucun employé ?
— Apparemment non. C'est ça le pire, répondit-elle.
Jules écouta le brouhaha autour, puis se concentra. À nouveau, il repéra quelque chose d'étrange. Un silence.
Là-bas, du côté du rayon jouets, la même absence de musique.
— Madame, demanda-t-il, il y a eu une coupure de courant ?
— Non, pourquoi ?
— Certains jouets ne font plus de bruit, signala Jules. Peut-être que quelqu'un a éteint quelque chose.
La directrice regarda dans cette direction, surprise.
— Je vais envoyer quelqu'un vérifier, dit-elle.
Jules se tourna vers ses amis.
— Je crois qu'on commence l'enquête.
— C'est toi le détective, dit Sami. Tu décides par où on attaque.
— On se répartit les tâches, proposa Jules. Comme une vraie équipe.
Avant de continuer, tu peux déjà essayer de réfléchir :
Si tu voulais faire disparaître une mascotte géante dans un hypermarché plein de monde, que ferais-tu ? Tu la cacherais où ? Tu ferais quoi pour passer inaperçu ?
Garde tes idées en tête. On va voir si une d'elles fonctionne…
Chapitre 3 – Indices entre les rayons
— On commence par la scène, dit Jules. Cherchons des indices.
Les garçons montèrent prudemment sur l'estrade. Le socle était rond, avec quelques confettis par terre. Malik s'accroupit.
— Des traces de chaussures, annonça-t-il. Mais bon, normal, non ?
— Regarde mieux, suggéra Sami.
Il désigna une marque plus nette, comme une rayure légère sur le sol, qui partait du socle pour descendre la petite rampe de la scène.
— On dirait que quelque chose de lourd a été glissé ou poussé, observa Théo.
— Ou roulé sur un chariot, ajouta Jules.
La trace continuait sur le carrelage, presque invisible sauf si on se penchait. Ils la suivirent.
— On se croirait dans un jeu vidéo de détective, sourit Malik.
La trace les mena jusqu'au rayon papeterie… puis sembla disparaître.
— Zut, fit Théo. Piste perdue.
— Pas forcément, répondit Jules. Il faut lever la tête aussi.
Ils observèrent autour. Là, entre les cahiers et les stylos, tout était calme. Trop calme, même. Pas de clients.
— Ce rayon est loin de la scène, nota Sami. Pourquoi amener une mascotte géante ici ?
— Il y a… ça, dit Malik en montrant un grand panneau suspendu : « SORTIE DE SERVICE – RÉSERVÉE AU PERSONNEL ».
La porte correspondante se trouvait juste derrière un présentoir de classeurs en promo.
— Si on voulait sortir quelque chose de gros sans passer par l'entrée principale, ce serait pratique, dit Jules.
Avant de découvrir ce qu'il y a derrière, à toi de jouer :
Selon toi, qu'y a-t-il probablement de l'autre côté de cette porte de service ?
1) Un parking pour le personnel
2) Un long couloir avec des réserves
3) Un endroit secret pour les mascottes géantes
Réfléchis… Puis imagine ce qui serait le plus logique pour faire disparaître Maxou.
Les garçons se regardèrent, puis Jules poussa doucement la porte. Elle n'était pas fermée à clé.
Derrière, un couloir gris et froid s'étendait, avec des néons blancs au plafond.
— Option 2, souffla Théo. Couloir moche confirmé.
Sur le sol, la trace de rayure reprenait, plus visible cette fois. Elle allait vers la droite.
— Allons-y, dit Sami.
Ils longèrent le couloir. Des portes marquées « RÉSERVE JOUETS », « RÉSERVE ALIMENTAIRE », « LOCAL TECHNIQUE » défilaient.
Devant la réserve jouets, la trace s'arrêtait.
— Bingo, dit Malik. Caché dans la réserve, notre panda !
— Attends, tempéra Jules. On doit vérifier.
La porte de la réserve était fermée par un badge magnétique. Juste à côté, un petit lecteur clignotait en rouge.
— On ne peut pas entrer, constata Théo.
— Mais quelqu'un, ce matin, a pu le faire, dit Jules. Il faudrait savoir qui.
Ils retournèrent voir Madame Durand, qui parlait maintenant avec un agent de sécurité grand et moustachu.
— On a suivi une trace jusque devant la réserve jouets, expliqua Jules.
— Vous avez quitté la zone autorisée, gronda l'agent de sécurité.
— Laissez-les finir, coupa Madame Durand. Qu'avez-vous trouvé d'autre ?
Jules résuma l'histoire du socle, de la rayure et de la porte de service.
— Si quelqu'un a utilisé la réserve jouets, il a dû badger, conclut-il.
— En effet, dit l'agent de sécurité, méfiant. Mais les badges ne laissent pas de trace pour chaque passage…
— Si, dans l'ordinateur, rappela Madame Durand. On peut savoir quels employés ont ouvert cette porte aujourd'hui.
Elle se tourna vers l'agent.
— Bruno, allez vérifier ça. Maintenant.
L'agent Bruno s'éloigna en traînant un peu les pieds.
— En attendant, proposa Madame Durand, vous pourriez interroger quelques personnes. Mais vous restez là où il y a du monde, compris ?
— Compris, dirent les quatre à l'unisson.
Jules réfléchit.
— Il nous faut des suspects, dit-il à voix basse.
Ils listèrent rapidement les personnes qui tournaient autour du centre du magasin :
1) L'animatrice du stand, une dame avec un micro sans fil.
2) Le monsieur du rayon jouets, avec son gilet bleu.
3) La dame de ménage qui passait avec sa grande serpillière.
À ton avis, qui serait le suspect le plus logique à interroger en premier ?
Celui qui a l'air le plus proche des jouets ? Celui qui a accès partout ? Ou celui qui organise l'événement ?
Pense à ce que tu ferais… puis suis leur choix.
— On commence par le vendeur de jouets, décida Jules. Il connaît forcément la réserve.
Chapitre 4 – Trois suspects et un mensonge
Le vendeur de jouets, un homme au sourire fatigué, rangeait des boîtes de puzzles.
— Bonjour, dit poliment Jules. On aide Madame Durand pour…
— Pour la mascotte, oui, j'ai entendu, soupira le vendeur. Je m'appelle Julien. Et non, je ne l'ai pas volée.
— Personne n'a dit « volée », remarqua Sami.
— Dans ce magasin, quand quelque chose disparaît, on parle de vol, répondit-il. Vous voulez quoi ?
Jules l'observa. Ses mains tremblaient légèrement.
— Vous avez utilisé la réserve jouets aujourd'hui ?
— Bien sûr. Plusieurs fois. C'est mon travail.
— Vous y êtes allé… vers midi ?
— Euh… je… peut-être. Je ne regarde pas l'heure.
Jules nota mentalement : pas très précis.
— Vous avez remarqué quelque chose de bizarre ? Des bruits ? Des gens dans le couloir ?
— J'ai entendu… une sorte de grincement, vers onze heures et demie, dit Julien. Comme si on poussait un truc lourd. Je croyais que c'était la livraison.
Nouvelle info. Le grincement pouvait être la mascotte qu'on déplaçait.
Ils le remercièrent, puis se dirigèrent vers l'animatrice, une femme à queue de cheval qui testait son micro.
— Un, deux, test, test… Ah, bonjour les garçons !
— Bonjour. Vous étiez ici ce matin ? demanda Théo.
— Oui, j'ai installé la scène, j'ai testé le micro, tout ça.
— Vous avez vu la mascotte ?
— Bien sûr ! On l'a posée ensemble avec les techniciens. Elle était trop mignonne, avec son chapeau de fête.
— Et ensuite ? insista Jules.
— Ensuite, je suis allée faire ma pause vers onze heures. Je suis revenue à midi… et plus de panda. Pfiou ! Disparu !
Elle accompagna le « pfiou » d'un geste de magicien.
— Vous avez remarqué quelqu'un de bizarre ?
— Bizarre comment ?
— Nerveux. Pressé. Qui regardait trop la scène.
— Mmm… L'agent Bruno tournait dans le coin, comme toujours. Et Julien, le vendeur de jouets, est passé avec un chariot vide. Ah, et la dame de ménage est venue laver ici juste avant ma pause.
Encore des détails à garder.
Ils allèrent voir la dame de ménage. Elle poussait son chariot avec un air très concentré.
— Bonjour, madame, dit Sami.
— Bonjour, les jeunes. Vous ne courez pas, hein ? J'ai déjà failli me faire renverser trois fois aujourd'hui.
Ils rassurèrent la dame. Jules posa ses questions.
— Vous étiez ici juste avant midi ?
— Oui, oui. Fallait nettoyer la scène, y avait du scotch collé partout, raconta-t-elle.
— La mascotte était encore là ?
— Bien sûr ! Impossible de la rater, avec son sourire de panda. Je lui ai même parlé pendant que je lavais.
— Et vous avez vu quelqu'un s'en approcher ?
— Pas vraiment… J'étais concentrée sur la serpillière. Ah si, j'ai entendu un drôle de « clic » vers le rayon jouets. Comme si on éteignait un truc. Et puis, plus de musique qui saoule. J'ai trouvé ça reposant.
Jules sentit ses neurones s'agiter. Le clic. Le silence dans le rayon jouets. La mascotte encore présente à ce moment-là.
Avant de continuer, essaie de rassembler les infos :
— À onze heures, la mascotte est sur la scène.
— Vers onze heures et demie, le vendeur entend qu'on pousse quelque chose de lourd dans le couloir.
— Juste avant midi, la dame de ménage voit encore la mascotte sur la scène.
— À midi, l'animatrice revient, et la mascotte a disparu.
— Quelqu'un a éteint des jouets, créant un drôle de silence.
D'après toi, à quel moment Maxou a pu disparaître vraiment ? Et qui ment, ou se trompe dans l'heure ?
Prends quelques secondes pour y penser.
Jules, lui, fronçait les sourcils.
— Il y a un détail qui ne colle pas, dit-il doucement à ses amis. On va devoir vérifier les horaires grâce aux caméras.
Chapitre 5 – Le silence qui parle
L'agent Bruno revint avec un air plus crispé encore.
— J'ai vérifié les badges, annonça-t-il à Madame Durand. La réserve jouets a été ouverte trois fois ce matin : à neuf heures, neuf heures quinze… et onze heures trente-cinq.
— Par qui ? demanda Jules, avant même que la directrice ne le fasse.
— Par moi à neuf heures, pour vérifier la livraison, répondit Bruno. Par Julien, le vendeur, à neuf heures quinze. Et… à onze heures trente-cinq… par…
Il hésita.
— … par moi aussi.
Madame Durand le fixa.
— Vous avez dit tout à l'heure que vous n'y étiez pas retourné après neuf heures.
— J'ai… j'ai dû oublier, se rattrapa Bruno. On a beaucoup de travail.
Jules se tourna vers ses amis.
— Il ment, souffla Malik.
— Ou il cache quelque chose, corrigea Théo.
— Ou il a juste une mémoire nulle, proposa Sami. On ne sait pas encore.
Jules, lui, réfléchissait vite.
— On peut regarder les caméras ? demanda-t-il.
— Normalement, non, répondit Bruno.
— Exceptionnellement, oui, coupa Madame Durand. Venez.
Ils furent conduits dans une petite pièce remplie d'écrans. Sur l'un d'eux, on voyait la scène de la mascotte. Sur un autre, le couloir de service. Sur un troisième, le rayon jouets.
— Avançons jusqu'à onze heures trente, proposa Jules.
Bruno manipula les commandes. L'image accéléra : des gens passaient, des chariots défilaient, la mascotte souriait bêtement au milieu de tout ça.
À onze heures trente-trois, la caméra du rayon jouets montra quelqu'un qui entrait dans le cadre : Julien, le vendeur, qui appuya sur un interrupteur près du mur. D'un coup, plusieurs jouets s'éteignirent. Le cheval en plastique se tut.
— Le clic, murmura Sami.
Puis Julien sortit du champ.
— Il a coupé le bruit, nota Jules.
— Je vous jure que je ne me souviens pas de ça, protesta Julien, mal à l'aise. On me demande sans cesse d'éteindre les jouets qui font du bruit…
Sur l'écran du couloir, à onze heures trente-cinq, on vit l'agent Bruno pousser un grand chariot vide en direction de la réserve jouets.
— Et voilà, commenta Bruno. Je suis allé ranger les cartons. Rien de mystérieux.
— Ralentissez, demanda Jules. Juste un peu avant ça.
Bruno rembobina légèrement. On vit la porte de la réserve s'ouvrir… et Bruno sortir avec le même chariot, mais cette fois, chargé d'un grand truc recouvert d'une bâche bleue.
— Stop, dit Jules. Là. Agrandissez.
L'image resta floue, mais on distinguait la forme : énorme, ronde, avec deux bosses qui ressemblaient… à des oreilles.
— Où alliez-vous avec ça ? demanda calmement Madame Durand.
Bruno déglutit.
— Je… je devais juste…
— Suivons le chariot, proposa Jules.
Sur un autre écran, on vit Bruno tourner au bout du couloir, ouvrir une grande porte marquée « LOCAL ANIMATION » et pousser le chariot à l'intérieur. Puis ressortir… avec le chariot vide.
— Il n'a pas quitté le magasin, constata Sami.
— Maxou est toujours ici, assura Jules.
— Pourquoi vous ne l'avez rien dit ? s'énerva Madame Durand.
— Je… Je croyais qu'on l'avait rangé là pour demain, bredouilla Bruno. Je ne voulais pas avoir d'ennuis pour avoir bougé la mascotte sans ordre.
Jules prit une inspiration.
— Donc, à onze heures trente-cinq, vous avez déplacé la mascotte de la scène jusqu'au local animation, résuma-t-il. Sans prévenir personne.
— Et après, quelqu'un a vu la scène vide à midi et a cru à une disparition, comprit Théo.
— C'est un faux mystère ! s'exclama Malik. Un malentendu géant !
Avant d'aller vérifier dans le local animation, à toi de jouer encore un peu :
D'après toi, Maxou le Panda est :
1) Tranquille dans le local animation
2) Tombé derrière une pile de cartons
3) Démonté en morceaux pour une réparation surprise
Choisis dans ta tête. Puis voyons si tu avais raison.
Chapitre 6 – Le bilan de l'équipe
Ils se dirigèrent tous vers le local animation : Madame Durand, l'agent Bruno, les quatre garçons, et même Julien, le vendeur de jouets, qui semblait curieux.
La porte grinça en s'ouvrant. À l'intérieur, des affiches d'anciens événements, des cartons de décorations… et, au milieu, recouverte d'une bâche bleue, une grande forme familière.
— Maxou… souffla Madame Durand.
Bruno souleva la bâche. Le panda géant apparut, sourire figé, chapeau de fête légèrement de travers.
— Il est là, fit Sami, soulagé.
— Donc, personne n'a volé la mascotte, conclut Jules. Elle a juste été déplacée sans que tout le monde le sache.
— Et le silence du rayon jouets nous a mis sur la piste, ajouta Théo.
— Ouais, c'est parce que tu écoutes les silences, toi, remarqua Malik en tapant l'épaule de Jules. N'importe qui entend les bruits. Toi, tu entends ce qui manque.
Madame Durand s'appuya contre le mur, comme si elle venait de courir un marathon.
— Je vous dois des excuses, avoua-t-elle à l'agent Bruno et au vendeur Julien. J'ai pensé trop vite à un vol.
— Et moi, je vous dois la vérité, reconnut Bruno. J'ai déplacé la mascotte pour qu'on puisse nettoyer la scène plus facilement. Je pensais qu'on la remettrait plus tard. Puis j'ai été pris ailleurs… et j'ai oublié.
— On dirait moi avec mes devoirs, murmura Malik.
Tout le monde rit un peu, la tension retombant.
— Sans vous, continua la directrice en regardant les quatre garçons, demain aurait été un désastre. J'aurais passé la journée à accuser tout le monde.
— C'est toute l'équipe qui a résolu le problème, rectifia Jules. On a eu besoin de vos infos à tous.
— Et même de tes mensonges par oubli, Bruno, plaisanta Sami.
L'agent de sécurité ricana, un peu gêné.
— Vous savez, dit Théo, c'était comme un puzzle. Chacun avait une pièce :
— La trace sur le sol, commença Malik.
— Le badge de la réserve, ajouta Sami.
— Le clic du rayon jouets, compléta Théo.
— Et le silence au bon endroit, termina Jules.
Madame Durand hocha la tête.
— Vous formez une sacrée équipe. Je vous propose quelque chose : si vos parents sont d'accord, demain, pendant la chasse au trésor de MaxiMonde, vous serez… mes « assistants détectives » officiels. Vous pourrez aider les autres enfants à résoudre les énigmes.
Les quatre garçons échangèrent un regard joyeux.
— On accepte ! s'écrièrent-ils en chœur.
Plus tard, assis tous les quatre dans le rayon bonbons, enfin concentrés sur leur mission initiale, ils firent le bilan.
— Ce qui m'a impressionné, dit Malik, c'est que personne n'a trouvé la solution tout seul. On a eu besoin des idées de chacun.
— C'est ça, une bonne enquête, répondit Sami. Ça se fait en équipe.
— Et une bonne équipe, ajouta Théo, c'est quand on écoute les autres. Même quand ils disent des trucs bizarres.
— Et même quand ils parlent à un panda géant, glissa Malik en repensant à la dame de ménage.
Jules sourit.
Il repensa au moment où le silence du rayon jouets lui avait semblé étrange. S'il n'avait pas écouté ce silence-là, ils seraient peut-être encore en train de tourner dans l'hypermarché.
— Vous savez quoi ? dit-il. Demain, pendant la chasse au trésor, on fera pareil. On écoutera tout. Les bruits… et les silences. Et on partagera les indices.
— Deal, répondit Sami en tendant le poing.
Ils collèrent tous leurs poings ensemble au-dessus du chariot plein de snacks.
— À l'équipe des détectives de MaxiMonde ! proclama Malik.
— Et à Maxou le Panda, le faux disparu, ajouta Théo.
— Et à l'hypermarché le plus bruyant du monde… qui nous a aidés grâce à un petit silence, conclut Jules.
En repartant vers les caisses, ils savaient une chose : le quotidien, avec un peu de curiosité, de solidarité et de déduction, pouvait se transformer en vraie aventure. Et ce n'était sûrement pas la dernière.