Chapitre 1 : Le jouet qui disparaît
Samy avait onze ans et une règle à lui : quand quelque chose cloche, il faut regarder, écouter… et réfléchir. Pas paniquer. Réfléchir.
Ce samedi, la troupe du quartier répétait dans la salle de spectacle de la Maison des Associations. Une vraie petite salle : des rangées de sièges rouges qui grinçaient, une scène en bois avec des rideaux noirs, et l'odeur mélangée de poussière et de projecteurs chauds.
Sa petite sœur Lina, six ans, n'était pas sur scène. Elle attendait au premier rang avec son jouet préféré : un petit robot bleu qui clignotait quand on appuyait sur son ventre. Lina l'appelait “Bip”.
Samy finissait d'accrocher des affiches près de l'entrée, parce qu'il aimait aider. Et parce qu'il aimait avoir un rôle, même discret.
— Samy ! s'écria Lina d'une voix toute serrée.
Il la trouva les yeux ronds, les mains vides, le sac ouvert.
— Bip… il est plus là.
Samy se pencha. Sous le siège : rien. Dans le sac : un paquet de mouchoirs, une barre de céréales écrasée, et une chaussette solitaire. Pas de robot.
— Tu l'avais quand, la dernière fois ? demanda Samy.
— Quand la dame a dit “Silence, ça commence !”. Je l'ai mis dans mon sac… enfin je crois.
“Enfin je crois”, c'était le genre de phrase qui compliquait tout. Samy inspira. Il regarda la salle : des parents, des enfants, des bénévoles qui se croisaient, un technicien qui réglait une lumière en hauteur. Beaucoup de pieds qui bougeaient, beaucoup d'occasions de perdre un robot… ou de le prendre.
— On va le retrouver, dit Samy. Mais on fait ça comme des pros. D'accord ?
Lina hocha la tête, renifla, puis tenta un petit sourire. Samy lui donna son carnet à spirale.
— Tiens. Tu es mon assistante. Tu notes ce qu'on voit.
Lina se redressa, fière d'avoir une mission.
Samy observa les lieux comme un enquêteur de roman : trois portes au fond (loges, réserve, sortie de secours), une allée centrale, et sur le côté, un long couloir qui menait au foyer. Dans le foyer, il y avait une table avec des gobelets et un carton “Buvette”.
Le mystère venait de commencer.
Chapitre 2 : Les premières pistes
Samy s'accroupit près du premier rang. Il scruta le sol comme s'il cherchait une pièce d'or.
— Lina, tu te souviens… tu as ouvert ton sac quand ?
— Pour sortir mon goûter… mais après.
— Après quoi ?
— Après que le monsieur a fait “boum boum” sur la scène.
Sur scène, le régisseur tapait parfois du pied pour tester le son. Samy nota mentalement : Lina avait pu ouvrir son sac pendant la répétition.
Il se tourna vers les sièges derrière eux. Un garçon de l'âge de Samy grignotait des chips. Il avait un sweat gris et des lacets verts fluo.
— Salut, dit Samy. Tu étais assis là tout à l'heure ?
— Ouais. J'suis Tom. Pourquoi ?
Samy montra le sac vide, sans trop en faire.
— On cherche un petit robot bleu. Tu as vu quelque chose tomber ? Ou quelqu'un se pencher ?
Tom haussa les épaules.
— J'ai vu un truc briller, mais je croyais que c'était une pièce. Et y avait une fille qui est passée, avec un grand carton. Elle a failli me marcher sur les pieds.
Samy regarda le couloir. Un grand carton… Ça pouvait être un accessoire. Ou une boîte pour la buvette. Ou un costume. Beaucoup de cartons dans un spectacle.
Lina écrivit en grosses lettres : “CARTON + TRUC BRILLE”.
Samy sourit malgré lui.
— On va vérifier la zone du passage, dit-il.
Ils suivirent l'allée. Au pied d'un siège, Samy repéra un minuscule morceau de plastique bleu. Pas le robot, mais une petite écaille, comme un bout de coque.
— Regarde, Lina. Ça, c'est une preuve.
Lina chuchota, comme dans un film :
— Une PREUVE.
Samy glissa le morceau dans une enveloppe de ticket de buvette. Il n'avait pas de sachet plastique, alors il improvisait. Autonomie, pensait-il. Faire avec ce qu'on a.
Au fond, près de la porte des loges, une affichette pendait de travers : “Accès réservé”. Juste à côté, un fil de gaffer noir était collé au sol.
Samy s'arrêta net.
— Tu vois le ruban ? On scotche souvent les câbles comme ça. Si Bip est tombé et a glissé, il peut être parti vers les coulisses.
Lina ouvrit la bouche.
— Dans les coulisses… comme les espions ?
— Plutôt comme les artistes, dit Samy. Mais oui, un peu.
Ils approchèrent de la porte. Elle n'était pas verrouillée, juste entrouverte. Samy hésita : “Accès réservé”, c'était sérieux. Mais Lina avait les yeux mouillés. Et le robot n'allait pas se retrouver tout seul.
— On ne fait rien de dangereux, dit-il. On regarde juste, et si on voit un adulte, on demande.
Ils glissèrent la tête à l'intérieur.
Le couloir des coulisses sentait la peinture fraîche et le tissu. À gauche, des portants avec des costumes. À droite, des caisses. Et au sol… des traces de poussière, marquées par des semelles.
Samy plissa les yeux.
— Là, Lina. Tu vois ces empreintes ? Elles vont vers la réserve.
Lina griffonna : “EMPREINTES”.
Samy ajouta tout bas :
— Et moi, je commence à avoir une idée.
Chapitre 3 : Le portrait dans le carnet
La réserve était une petite pièce pleine de bric-à-brac : rouleaux de décors, guirlandes de papier, boîtes de vis, chutes de tissu. Samy y entra prudemment, comme si chaque carton pouvait se mettre à parler.
Il n'y avait personne. Mais au sommet d'une caisse, un gobelet de chocolat chaud fumait encore un peu.
— Quelqu'un était là récemment, murmura Samy.
Lina pointa du doigt un coin du sol : un autre petit morceau bleu, plus grand, avec une minuscule vis.
— Ça vient de Bip ! dit-elle.
Samy hocha la tête. Son robot avait perdu des morceaux… donc il avait été manipulé. Ou il avait pris un choc.
Samy sortit son crayon. Depuis le début, il avait une idée fixe : si on ne sait pas qui chercher, on peut au moins dresser un portrait. Pas un portrait “joli”, un portrait utile : un portrait-robot.
Il s'assit sur une caisse et ouvrit son carnet. Lina se pencha à côté de lui, très sérieuse.
— On fait la liste, dit Samy. Qui avait accès ici ? Qui se balade avec un carton ? Qui boit du chocolat ? Qui a des semelles qui laissent ces empreintes ?
Il se rappela les semelles vert fluo de Tom, mais Tom était resté dans la salle. Et puis les empreintes ici semblaient plus petites, plus fines.
Samy dessina une silhouette : pas très grande. Il ajouta un détail : une capuche, parce qu'il avait aperçu, au fond du couloir, une capuche rouge filer tout à l'heure. Juste une seconde. Il n'avait pas relevé sur le moment.
— Tu as vu quelqu'un avec une capuche rouge ? demanda-t-il à Lina.
— Oui ! La grande fille qui portait un carton, elle avait un truc rouge, comme un sweat.
Samy dessina un sweat à capuche. Il nota : “ado / grande fille”.
Il observa le gobelet. Sur le bord, il y avait une trace de rouge à lèvres très léger… ou plutôt du baume teinté. Pas la plupart des garçons. Pas une certitude, mais un indice.
Il ajouta sur le dessin : “baume ?”.
— Samy, pourquoi tu dessines ? demanda Lina.
— Parce que ça m'aide à penser. Et si on doit décrire quelqu'un, on aura déjà les détails. Un enquêteur ne garde pas tout dans sa tête, sinon ça déborde.
Lina approuva comme une cheffe.
— Et puis moi, je peux dessiner aussi !
Elle attrapa un autre crayon et ajouta à côté du portrait une petite bulle : “aime le chocolat”.
Samy étouffa un rire.
— OK. Maintenant, on vérifie la buvette. Si quelqu'un prend un chocolat, il doit passer par là.
Ils ressortirent, refermèrent la porte doucement, et revinrent vers le foyer. Le bruit de la répétition arrivait en vagues : musique, rires, une voix qui disait “On reprend depuis le début !”.
Au foyer, derrière la table, une femme rangeait des gobelets.
— Bonjour, dit Samy. Excusez-moi… vous avez servi des chocolats chauds ?
— Oh oui, plein ! C'est la journée “sauvetage d'énergie”. Pourquoi ?
Samy choisit ses mots.
— On cherche un petit robot bleu. Il a disparu. On a trouvé des morceaux… près de la réserve.
La femme fronça les sourcils.
— Dans la réserve ? Personne n'est censé y aller, à part les bénévoles.
— Justement, dit Samy. Est-ce que quelqu'un a pris un chocolat et est parti vers les coulisses ?
La femme réfléchit.
— J'ai vu Zoé, la jeune bénévole. Elle portait un carton d'accessoires. Elle a pris un chocolat, oui. Elle a dit qu'elle devait “sauver la scène”.
Zoé. Samy répéta le prénom dans sa tête. Ça sonnait comme une piste solide.
— Elle est où, Zoé ? demanda Lina, plus directe que Samy.
— Probablement aux loges, répondit la femme. Ou derrière le rideau, elle court partout.
Samy remercia. Puis il regarda Lina.
— On y va. Mais on reste polis. Et on ne l'accuse de rien.
Lina leva son carnet comme un badge.
— On est l'équipe enquête.
Chapitre 4 : La salle de spectacle, terrain de jeu
Ils revinrent dans la salle. Les projecteurs faisaient des taches de lumière sur la scène, comme des ronds de soleil artificiel. Un décor en carton-pâte représentait une rue : une fausse boîte aux lettres, une fenêtre peinte, un banc.
Samy sentit son cœur battre plus vite. La salle de spectacle, c'était le meilleur endroit pour cacher un objet : entre les rideaux, sous les sièges, dans les accessoires… Un vrai labyrinthe.
Ils longèrent le côté, près des rideaux. Samy repéra un détail : une petite traînée de paillettes bleues sur le sol noir. Très discrète. Comme si quelque chose de bleu avait frotté.
— Lina, paillettes ! chuchota-t-il.
— Bip ne fait pas de paillettes.
— Non. Donc Bip a peut-être été mis avec quelque chose qui en fait.
Ils avancèrent encore. Dans un coin, une caisse d'accessoires était ouverte. À l'intérieur : des chapeaux, une baguette de faux magicien, une peluche de dragon… et un paquet de ruban adhésif.
Samy fouilla du regard sans toucher trop. Il ne voulait pas déranger la troupe. Il repéra une étiquette scotchée sur la caisse : “SCÈNE - URGENT”.
— C'est sûrement le carton que Tom a vu, dit-il.
Soudain, une voix les fit sursauter.
— Hé ! Vous cherchez quoi là ?
Une adolescente apparut, essoufflée. Elle avait un sweat rouge à capuche, les cheveux attachés en chignon rapide, et des mains pleines de ruban et de pinceaux.
Samy reconnut le portrait qu'il avait dessiné… en vrai.
— Bonjour, dit-il. Tu es Zoé ?
— Oui. Et vous, vous n'êtes pas censés être là.
Samy se redressa, calme.
— Je m'appelle Samy. Et c'est Lina. Son robot bleu, Bip, a disparu. On a trouvé des morceaux dans la réserve, et on nous a dit que tu étais passée par là avec un carton.
Zoé ouvrit de grands yeux.
— Dans la réserve ? J'y suis allée, oui… parce qu'il manquait du scotch et le régisseur allait me manger toute crue. Mais je n'ai pas volé de robot !
— On ne dit pas que tu l'as volé, répondit Samy. On cherche à comprendre.
Zoé souffla, un peu vexée, mais moins agressive.
— D'accord. J'ai pris un carton d'accessoires. Je l'ai posé ici. Et j'ai bu un chocolat. Et ensuite… j'ai couru partout. C'est tout.
Samy réfléchit vite. Si Zoé n'avait pas pris Bip exprès, elle avait pu le ramasser sans savoir. Ou il avait pu tomber dans son carton.
— Est-ce qu'on peut regarder dans le carton ? demanda Samy.
Zoé hésita, puis posa ses affaires.
— Deux minutes, mais après vous repartez. On répète.
Ils ouvrirent le carton ensemble. Chapeaux, tissus, une petite lampe, des paillettes… mais pas de robot.
Lina pinça les lèvres. Samy remarqua autre chose : au fond du carton, un petit trou dans le côté, comme si quelque chose avait percé.
— Le carton a un trou, dit Samy.
Zoé se pencha.
— Ah oui… je l'ai accroché à un clou derrière la scène. Ça a déchiré.
Samy regarda autour. Derrière la scène, il y avait justement un banc en décor, avec dessous un espace sombre.
— Si le carton a été déchiré et qu'un objet est tombé… il peut être tombé sous le décor, dit-il.
Zoé fit un geste vers le banc.
— C'est possible. Mais on n'a pas le temps de démonter.
Samy ne bougea pas.
— On n'a pas besoin de démonter. Juste… regarder avec une lampe.
Zoé soupira, puis sortit une petite lampe de poche de sa poche.
— Ok, détective. Une minute.
Ils se penchèrent tous les trois. La lampe éclaira des miettes, un câble, un bouton… et quelque chose de bleu, coincé contre une planche.
Lina poussa un petit cri.
— BIP !
Mais Samy leva un doigt.
— Attends. On vérifie avant de tirer.
Il observa : le robot était coincé par un câble scotché. Si on tirait fort, on pouvait casser encore.
— Zoé, tu peux décoller doucement le scotch ? demanda Samy.
Zoé s'exécuta. Elle avait des doigts précis, habitués aux accessoires. Le câble se libéra. Samy attrapa le robot par le corps, pas par les bras.
Bip sortit, un peu poussiéreux, avec un morceau de coque manquant.
Lina le serra contre elle comme un trésor.
Zoé cligna des yeux, soulagée.
— Donc… il a dû tomber du sac de Lina, rouler, et quand j'ai déplacé le décor, il s'est coincé là. Je suis désolée.
Samy hocha la tête.
— Ça colle avec les morceaux trouvés. Il a dû se casser quand il est tombé.
Lina appuya sur le ventre de Bip. Rien. Pas de lumière.
— Il marche plus… murmura-t-elle.
Samy sentit une nouvelle mission naître. Retrouver, c'était bien. Réparer, c'était mieux.
— On va trouver une solution, dit-il.
Zoé les regarda, puis sourit.
— Attendez. J'ai peut-être une idée.
Chapitre 5 : L'atelier improvisé
Zoé les emmena au foyer, loin du bruit de la scène, et posa Bip sur la table de la buvette. Samy sortit l'enveloppe avec les morceaux bleus.
— J'ai gardé ça, dit-il. Preuves.
Zoé eut un petit rire.
— Vous êtes sérieux, vous deux.
— Très, dit Lina.
Zoé examina le robot. Elle repéra la coque manquante et la vis trouvée.
— Le souci, ce n'est peut-être pas grave. Souvent, c'est juste les piles qui bougent quand ça tombe. Vous avez un petit tournevis ?
La dame de la buvette fouilla dans un tiroir et sortit un mini tournevis.
Samy, sans attendre qu'on fasse à sa place, prit l'outil.
— Je peux essayer ? demanda-t-il.
Zoé le dévisagea, puis hocha la tête.
— Vas-y, mais doucement. Et si ça force, tu t'arrêtes.
Samy respira, posa le robot bien à plat. Il dévissa la trappe des piles. Une pile était légèrement de travers.
— Voilà, dit-il. Elle a bougé.
Il la remit correctement, referma, revisse. Lina retenait son souffle comme si on désamorçait une bombe de film.
Samy appuya sur le ventre du robot.
Bip clignota. Une petite musique grinçante sortit, un peu fausse, mais bien vivante.
— OUI ! s'écria Lina.
Zoé applaudit doucement.
— Bien joué.
Samy sentit une chaleur dans sa poitrine. Pas seulement parce qu'il avait réparé. Parce qu'il l'avait fait lui-même, en réfléchissant, étape par étape.
Lina leva le robot comme un trophée.
— Je vais plus jamais le poser par terre ! dit-elle.
Samy sourit.
— Et tu fermeras ton sac avant de sortir ton goûter, ajouta-t-il.
— Chef, oui chef.
La dame de la buvette se pencha vers eux.
— Vous savez, dit-elle, ça fait du bien de voir des enfants qui cherchent des solutions au lieu de crier tout de suite au voleur.
Samy rougit un peu.
— On a eu de la chance aussi, admit-il.
Zoé prit le carnet de Samy et regarda le portrait qu'il avait dessiné.
— C'est moi, ça ? demanda-t-elle, entre amusée et impressionnée.
Samy haussa les épaules.
— C'était une hypothèse. Pas une accusation.
Zoé lui rendit le carnet.
— Tu as l'esprit logique. Ça sert, ici. On manque toujours de gens qui observent.
Samy pensa à la salle, au décor, aux indices. Il aimait cette sensation : transformer un endroit familier en terrain d'enquête, sans jamais faire peur. Juste assez de mystère pour rendre la journée brillante.
Au loin, on entendit :
— Zoé ! On a besoin de toi !
Zoé se leva d'un bond.
— J'arrive ! Et vous, retournez vous asseoir. La répétition reprend.
Lina serra Bip contre elle.
— Merci, Zoé !
— Merci, répondit Zoé. Et… bonne continuation, détectives.
Chapitre 6 : La restitution
Ils retournèrent dans la salle de spectacle. Les sièges rouges les accueillirent avec leurs grincements familiers. Sur scène, quelqu'un racontait une réplique dramatique, mais Samy n'écoutait qu'à moitié : il surveillait Lina, surtout ses mains.
— Tu peux me le rendre deux secondes ? demanda Samy.
Lina fronça les sourcils.
— Pourquoi ?
— Pour la restitution officielle, répondit-il, sérieux.
Lina éclata de rire, puis lui donna Bip.
Samy se leva, fit trois pas, puis revint et s'agenouilla devant elle, comme un présentateur de cérémonie.
— Lina, déclara-t-il à voix basse pour ne pas déranger, au nom du Bureau des Mystères Domestiques, je te restitue le robot Bip, retrouvé sain et poussiéreux.
Lina prit le robot avec une gravité exagérée.
— Je le reçois, et je promets de mieux le surveiller.
Samy s'assit, satisfait. L'enquête était close. Le jouet était revenu à sa propriétaire. Et la salle de spectacle retrouvait son rôle : un endroit de lumière, pas de soucis.
Lina ouvrit son sac, le referma soigneusement, puis accrocha la fermeture éclair.
— Tu vois ? Autonome, dit-elle fièrement.
Samy lui donna un petit coup d'épaule.
— Autonome et maligne.
Sur scène, les acteurs recommencèrent une scène. Un projecteur s'alluma comme un soleil. Et Samy, son carnet sur les genoux, dessina un dernier détail sous son portrait : un petit robot bleu, avec une flèche et trois mots.
“Retrouvé. Réparé. Rendu.”