Le matin doux
Léa a trois ans. Elle porte une robe jaune comme le soleil. Elle a des petites boucles qui dansent quand elle marche. Ce matin, elle se réveille avec le chant des oiseaux. Elle ouvre la fenêtre. L'air sent la terre et les fleurs. C'est calme et doux.
Maman dit : "On va au parc aujourd'hui." Léa sourit. Elle adore le parc. Les feuilles bruissent. L'herbe est tiède sous les pieds. Léa sent l'odeur du pain dans la rue. Elle prend sa petite main dans celle de Maman.
En chemin, ils voient une boutique. Devant, il y a une grande poupée brillante. Elle a des cheveux en plastique. Elle brille comme une lumière. Un monsieur tend la poupée. "Regarde comme elle est belle," dit-il. "Tu veux la poupée ?"
Léa la regarde. Elle sent le plastique qui brille. Elle pense au parc, à l'herbe, aux oiseaux. Sa main serre celle de Maman. Elle se souvient du jardin d'école. Les enfants ont planté une graine. Ils regardent l'eau monter. Ils regardent la graine devenir une plante. Léa sourit.
"Non, merci," dit Léa doucement. Sa voix est petite mais claire. "Non, merci." Maman la regarde. Elle sourit aussi. "Bravo, ma chérie," dit-elle. "Dire non, c'est aussi choisir."
Le parc et le petit geste
Au parc, tout est vivant. Un papillon passe. Il a des ailes comme du papier de soie. Léa cherche un banc. Elle veut sentir l'herbe. Maman sort une petite gourde en métal. Elle boit et tend la gourde à Léa. "Tiens, c'est pour toi," dit-elle. La gourde est fraîche. L'eau a un goût simple et bon.
Léa voit une canette jetée près d'un arbre. Elle tire doucement la main de Maman. "Maman, la canette," dit-elle. Maman hoche la tête. Ensemble, elles ramassent la canette. Elles la mettent dans le sac poubelle du parc. Une dame sourit. "Merci," dit la dame. "C'est gentil."
Léa sent la canette froide. Elle sent aussi la terre sous ses doigts. Elle sent le vent qui raconte des histoires. Ramasser, dit Maman, c'est aider la terre. Léa pense à la poupée brillante. Elle pense aux graines et à la pluie. Elle aime quand les choses restent propres.
Un peu plus loin, un chien joue avec un bout de papier. Léa rit. Le chien secoue la tête. Le papier vole comme un petit oiseau qui voudrait s'envoler. Léa mime un oiseau avec ses mains. "Pas pour toi," dit-elle au papier. Elle dit non encore, mais cette fois elle dit oui à ranger.
Elles trouvent une boîte en plastique. Elle est légère. Elle claque sous les doigts. "Que faire ?" demande Léa. Maman propose de la mettre dans le bac de recyclage. Elles la posent ensemble. La boîte clap, clap. Un petit bruit comme une chanson.
La boutique du marché
Après le parc, Maman et Léa passent au marché. Les fruits sont comme des petits soleils. Les pommes sentent la fraîcheur. Les tomates brillent comme des rubis. Un vendeur propose une paille en plastique avec une boisson en carton. "Tu veux une paille ?" demande-t-il.
Léa regarde la paille. Elle pense aux oiseaux, aux poissons. Elle se souvient de la canette et de la boîte. Elle pense aussi à sa gourde. Elle prend la gourde. "Non, merci," dit-elle encore. Sa voix est décidée. Le vendeur sourit. "Très bien," dit-il. "Bravo."
Maman achète une pomme. Elles mangent sur un banc. La peau craque. La pomme est juteuse. Les graines tintent dans la bouche comme de petites perles. Léa jette le trognon au compost du marché. "Les trognons aiment la terre," dit Maman. "Ils deviennent de la terre légère pour les plantes."
Léa ferme les yeux. Elle sent le sucre de la pomme. Elle entend les enfants rire. Elle voit un petit potager. Un homme arrose ses carottes. L'eau fait des petites étoiles sur les feuilles. Léa veut aider. Elle donne un peu d'eau avec sa main. L'eau glisse, fraîche et claire.
Le soir calme
Le soir tombe en douceur. Le ciel devient rose et bleu. À la maison, Maman et Léa rangent les choses. Elles mettent les déchets au bon endroit. Elles trient. Elles rient. C'est simple. C'est une habitude qui fait du bien.
Léa regarde la poubelle. Elle est plus petite qu'avant. Il y a moins de choses à jeter. Moins de plastique. Plus de bonnes pierres de compost. Léa se sent légère. Elle sent aussi une joie chaude au creux du ventre. Dire non à la poupée brillante, dire non à la paille, ranger la canette : tout cela a compté.
Avant d'aller dormir, Maman lit une petite histoire. La voix de Maman est douce comme la laine. Les étoiles frissonnent dehors. Léa pense au papillon, à la pomme, au potager. Elle pense aux mains qui tiennent la terre. Elle pense que chaque geste est une petite lumière.
"Tu as été très courageuse aujourd'hui," dit Maman. "Oui," répond Léa en bâillant. Ses yeux sont lourds. Elle serre sa gourde comme un doudou. Elle sait qu'elle a fait du bien.
Dans sa chambre, la nuit est douce. Les rideaux parlent au vent. Léa ferme les yeux. Elle entend encore le chant des oiseaux et le bruit léger des feuilles. Elle sourit. Demain, elle ira encore au parc. Demain, elle pourra encore dire non quand il le faudra. Demain, elle pourra encore dire oui à la terre.
La maison est tranquille. Dehors, la lune veille. Léa rêve d'un jardin grand comme un monde. Un monde où les petits gestes font pousser des choses belles. Un monde où dire non à ce qui fait trop de déchets est aussi dire oui à la vie.
Et c'est ainsi que la journée finit, douce et légère.