Chapitre 1 : La bande des animaux rigolos
Dans la grande clairière du Bois-aux-Mille-Odeurs, il n'y avait pas d'humains. Non, ici, les rois de l'aventure, c'était les animaux ! Parmi eux, un groupe de copains inséparables faisait la loi du rire : il y avait Gustave le blaireau farceur, Ninon la grenouille hyperactive, Oscar le hibou myope, Lili la souris râleuse mais maligne, et enfin, le chef de la bande, Pipo le renard à la queue en tire-bouchon.
Pipo était connu pour ses idées loufoques et ses plans tordus. Sa queue, qui n'en faisait qu'à sa tête, tournicotait dans tous les sens dès qu'il était excité. Gustave, lui, était le champion des grimaces. Il pouvait faire gonfler ses bajoues jusqu'à ressembler à une montgolfière. Ninon, la grenouille, sautait partout, surtout quand il ne fallait pas. Oscar, le hibou, portait des lunettes si épaisses qu'il confondait parfois un gland avec un caillou. Quant à Lili, la petite souris, elle râlait tout le temps mais trouvait toujours des solutions à tout.
Ce matin-là, alors que le soleil faisait briller la rosée sur les feuilles, Pipo réunit ses amis sous le vieux chêne creux.
— Mes amis, annonça-t-il en remuant sa queue, aujourd'hui, je sens que l'aventure nous attend !
Gustave, qui grignotait une racine, faillit s'étouffer de rire.
— Une aventure ? Tu veux encore qu'on grimpe sur le dos du sanglier Bernadette ? La dernière fois, on a failli finir en omelette !
Ninon bondit si haut qu'elle atterrit sur le museau de Pipo.
— J'adore les aventures ! On va où ? On fait quoi ? On saute ? On court ? On creuse ?
Oscar ajusta ses lunettes, louchant vers le groupe.
— J'espère qu'on n'ira pas dans la grotte sombre… Je n'y vois déjà rien en plein jour !
Lili leva les yeux au ciel, les pattes sur les hanches.
— Tant qu'on ne doit pas nager dans la mare des canards, tout me va ! Ces bestioles sont des vraies pipelettes.
Pipo fit un clin d'œil à sa bande.
— J'ai entendu parler d'un trésor dans la forêt ! Un trésor caché sous le Grand Rocher. Et si on partait le chercher ? On deviendrait célèbres dans tout le bois !
Les copains se regardèrent, puis éclatèrent de rire.
— Un trésor ! s'exclama Gustave. On va finir riches ! Je veux une montagne de vers de terre !
— Moi, je veux un coussin moelleux ! s'emballa Ninon.
— Et moi… une nouvelle paire de lunettes, souffla Oscar.
Lili soupira, mais un sourire apparut sur son museau.
— Bon, d'accord. Mais cette fois, pas de bêtises… ou du moins, pas trop !
Et ainsi, la bande se mit en marche, prête à vivre une journée pleine de surprises.
Chapitre 2 : En route pour le Grand Rocher
Les cinq amis avançaient d'un pas décidé, chacun avec son style. Pipo marchait en zigzaguant, sa queue dessinant des spirales dans l'air. Gustave trottinait, le museau au ras du sol, flairant tout ce qui traînait. Ninon sautillait devant, manquant sans cesse de marcher sur Oscar, qui s'arrêtait toutes les deux minutes pour remettre ses lunettes. Lili, elle, surveillait tout le monde, râlant à chaque détour.
— Ninon, arrête de bondir partout, tu vas finir dans un nid de guêpes ! gronda-t-elle.
— Mais c'est plus rapide comme ça ! répondit la grenouille, qui faillit d'ailleurs atterrir dans un trou de taupe.
Oscar, lui, marmonnait dans ses plumes.
— On est sûrs que le Grand Rocher, c'est par là ? Je vois flou et je crois qu'on tourne en rond…
Pipo s'arrêta, renifla l'air et déclara :
— Je sens l'odeur du Grand Rocher ! On y est presque, les amis !
Tout à coup, Gustave s'arrêta net. Sa truffe remuait furieusement.
— Chut… J'entends quelque chose…
Un bruit de mastication venue des buissons attira leur attention. Soudain, une silhouette surgit : c'était Bertille la tortue, qui mâchonnait une feuille de pissenlit.
— Salut la compagnie, fit-elle d'une voix traînante. Vous allez où comme ça, si pressés ?
— On cherche un trésor ! répondit Ninon en sautant sur la carapace de Bertille.
— Un trésor ?! fit la tortue en riant. Vous êtes sûrs que ce n'est pas une blague de Pipo ?
Pipo bomba le torse.
— Je suis très sérieux ! On va être les héros du Bois-aux-Mille-Odeurs !
Bertille secoua la tête, amusée.
— Bon courage alors… Mais attention, le Grand Rocher, c'est loin. Et il y a le Terrible Tas de Feuilles à traverser.
Les copains se regardèrent, un peu inquiets.
— Le Terrible Tas de Feuilles ? demanda Oscar, les yeux ronds derrière ses lunettes.
— Oui, répondit Bertille. Il est tellement haut qu'on dirait une montagne. Et il y a des trucs bizarres dedans…
Gustave frissonna, mais Pipo lança :
— Rien ne nous arrêtera ! En avant, la bande !
Ils repartirent, le cœur battant, prêts à affronter le Terrible Tas de Feuilles.
Chapitre 3 : Le Terrible Tas de Feuilles
Le Terrible Tas de Feuilles portait bien son nom. Il était immense, multicolore, et semblait bouger tout seul. Les copains s'arrêtèrent devant, impressionnés.
— On va devoir traverser ce truc ? s'inquiéta Lili.
— Facile ! lança Gustave. Regardez !
Il plongea tête la première dans le tas. Un grand nuage de feuilles s'envola, suivi d'un bruit étrange : « Pfffft ! »
— Gustave ? appela Oscar.
Un museau ébouriffé émergea du tas, couvert de feuilles et de brindilles.
— C'est… génial ! cria Gustave. C'est comme un toboggan mouillé, mais sans l'eau !
Ninon, excitée, sauta à son tour, suivie de Pipo.
— À l'abordage ! cria la grenouille.
Oscar hésita, mais Lili lui donna un coup de patte.
— Allez, t'es pas une poule mouillée, Oscar !
Le hibou ferma les yeux et sauta. Lili suivit, en râlant.
— Si je perds une moustache dans ce bazar, je vous boude pendant une semaine !
Le tas de feuilles se transforma en terrain de jeux. Les amis roulaient, glissaient, rebondissaient, riaient à gorge déployée. Soudain, Ninon disparut dans un trou.
— Aaaaah ! Je suis prisonnière ! cria-t-elle.
Pipo plongea à sa suite, suivi des autres.
Dans le trou, ils tombèrent nez à nez avec… un hérisson endormi, recouvert de feuilles.
— Oups, désolés ! bredouilla Pipo.
Le hérisson ouvrit un œil, grogna, puis se roula en boule.
— Pas grave… Mais chut, je fais la sieste, grogna-t-il.
Les amis sortirent du trou en pouffant de rire.
— On a réveillé le roi des piques ! lança Gustave.
Une fois de l'autre côté du tas de feuilles, ils étaient couverts de feuilles jusque dans les oreilles. Lili éternua.
— Atchoum ! J'ai une feuille dans le nez !
Oscar, les lunettes de travers, riait tellement qu'il en avait les plumes toutes ébouriffées.
— Cette aventure part déjà dans tous les sens, remarqua-t-il.
Pipo les rassembla.
— On continue ! Le Grand Rocher est tout près !
Chapitre 4 : Le mystère du Grand Rocher
Le Grand Rocher était gigantesque, dressé au milieu d'une clairière. Il brillait au soleil, couvert de mousse et de lichens. Les copains restèrent bouche bée.
— Waouh ! s'exclama Ninon. C'est un vrai château !
— Où est le trésor ? demanda Gustave.
Pipo fouilla dans la mousse, creusa entre les pierres, renifla partout.
— Il doit y avoir un indice… Cherchons !
Oscar, qui avait retrouvé ses lunettes, examina les fissures du rocher.
— Là ! Regardez, il y a un dessin gravé, on dirait un écureuil qui danse !
Lili s'approcha, plissa les yeux.
— C'est peut-être un code secret !
Ninon, impatiente, tapa sur le rocher.
— Hé ho, trésor, t'es là ?
Soudain, un bruit résonna. Une petite pierre tomba, révélant un trou sombre.
— Un passage secret ! s'écria Pipo.
Gustave, trop curieux, fourra sa tête dedans… et resta coincé.
— Aïe ! Ma tête ! Je suis coincé !
Les amis se mirent à tirer, pousser, secouer. Pipo tirait la queue de Gustave, Oscar tirait Pipo, Ninon tirait Oscar, et Lili, toute petite, tirait Ninon… jusqu'à ce que tout le monde bascule en arrière dans un grand « Splash ! »
Ils roulèrent dans la mousse, hilares.
— On n'est pas très doués pour la discrétion, fit remarquer Lili, hilare.
Gustave, enfin libéré, sortit du trou… avec quelque chose coincé dans ses moustaches.
— Regardez ! s'exclama-t-il.
C'était une vieille boîte en bois, toute poussiéreuse. Les copains ouvrirent la boîte… et découvrirent à l'intérieur une montagne de glands, de noisettes, de baies séchées, et, tout au fond, une feuille pliée.
Oscar la déplia et lut à haute voix :
« Bravo, petits curieux ! Le vrai trésor, c'est de partager ces gourmandises avec vos amis. »
Un silence, puis Lili éclata de rire.
— Eh ben, ça nous ressemble bien, ça !
Pipo fit tinter la boîte.
— À la vôtre, les amis ! Partageons tout ça !
Les copains se régalèrent, picorant, grignotant, s'échangeant les meilleurs morceaux.
Chapitre 5 : Le retour des héros
Le soleil commençait à baisser quand la bande décida de rentrer. Sur le chemin du retour, ils riaient encore des mésaventures de la journée.
— Tu te souviens quand Gustave est resté coincé dans le trou ? ria Ninon.
— Ou quand Oscar a confondu un gland avec une crotte de lapin ! ajouta Lili.
Oscar rougit, mais rigola aussi.
— Eh, ça arrive à tout le monde… enfin, presque !
Gustave marchait fièrement, une noisette coincée dans la moustache.
— J'ai trouvé le trésor, donc je suis le plus fort !
Pipo, la queue en vrille, fit le chef d'orchestre.
— On est tous les plus forts, mais surtout, on est les meilleurs copains du bois !
Ils croisèrent Bertille la tortue, qui les regarda en souriant.
— Alors, le trésor ?
— On l'a trouvé ! s'exclama Pipo.
— Mais le plus important, c'était de le partager, ajouta Lili.
Bertille hocha la tête, ravie.
— Vous êtes une sacrée bande de rigolos !
De retour sous le vieux chêne, les copains s'installèrent, repus et heureux. Le soleil faisait danser des ombres dorées sur leurs visages.
— C'était la plus chouette des aventures, souffla Oscar.
— Oui, et on s'est bien marrés ! ajouta Gustave.
— On recommence demain ? demanda Ninon.
Lili sourit, pour une fois sans râler.
— Avec vous, je veux bien partir à l'aventure tous les jours.
Pipo regarda ses amis, le cœur gonflé de bonheur.
— Tant qu'on est ensemble, chaque jour est une aventure. Allez, à la prochaine, les copains !
Et dans la clairière, on entendit longtemps encore leurs éclats de rire et leurs histoires farfelues. Car le vrai trésor, c'était d'être amis… et de partager toutes ces bêtises ensemble.