Le matin de Fanta
Fanta se lève quand le soleil bâille. Elle porte une jupe couleur de mangue. Elle marche vers la savane. Les pierres dorment encore. Fanta s'agenouille. Elle pose sa main sur une pierre chaude. Elle écoute. "Chut", dit la pierre. La pierre raconte la chaleur du jour. Elle parle en petits battements, comme un tam-tam doux. Fanta écoute. Elle sourit. Elle comprend.
Le chemin des pierres
Fanta marche avec les pierres dans ses oreilles. Une pierre lui dit : "Bois l'eau, partage l'ombre." Une autre chante : "Garde la pluie, donne la chaise." Fanta rit. Elle ramasse une petite pierre bleu nuit. Elle la serre comme un trésor. Les pierres lui murmurent des secrets. Elles parlent des arbres, des rivières, des enfants qui rient. "Donne ton pain", répètent-elles. "Donne ton sourire." Fanta écoute et son cœur devient grand comme un baobab.
Sur le chemin, elle trouve un garçon assis, les mains vides. Il a faim d'histoires et de mangues. Fanta s'arrête. Elle partage son fruit. "Tiens", dit-elle. "Mange, ami." Le garçon sourit. Les pierres chantent plus fort. Le vent applaudit. Fanta donne aussi une pierre chaude à l'enfant. "Écoute", dit-elle. L'enfant met la pierre à son oreille. Il entend le soleil et la terre. Il rit et il partage le sourire.
Le soir au village
Quand le soleil tombe, les pierres deviennent des lampes. Elles gardent la chaleur dans la nuit. Fanta retourne au village, ses poches pleines de chansons. Elle donne une chanson à la vieille femme, un conte au petit garçon, une berceuse au bébé. Le village s'illumine comme une longue rivière d'or. Les pierres sont contentes. Elles se taisent doucement, fières.
Fanta s'allonge sous le baobab. Elle entend encore les pierres. Elles disent : "Donner, c'est semer lumière." Fanta ferme les yeux. Le cœur chaud, elle dort. Le village veille. Les pierres veillent. Tout est doux, tout est bien.