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Histoire de cirque 11 à 12 ans Lecture 15 min. (3)

Zélie et la grande ola du Cirque Ribambelle

Zélie, une jeune fille enthousiaste, décide d'organiser une ola de piste au Cirque Ribambelle pour unir les artistes et le public dans un moment de joie, mais les événements prennent une tournure inattendue lors de l'exécution de son idée. Avec l'aide de ses amis, elle tente de faire briller la magie du cirque et de transformer chaque instant en éclats de rire.

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Zélie, une fille de 12 ans aux longs cheveux bouclés et aux yeux pétillants, se tient au centre de la scène, prête à donner le signal pour une ola. Son visage exprime excitation et détermination, et elle porte un t-shirt coloré et un short en jean. À sa droite, Pic, un garçon acrobate de 13 ans avec des cheveux blonds en bataille, marche sur un fil en costume de cirque rouge et noir. À gauche, Trompette, un clown jovial d'environ 30 ans, se prépare à faire une blague avec une tarte à la crème. Le décor est un chapiteau vibrant avec des rayures rouges et blanches, des lumières scintillantes et des spectateurs enthousiastes. Zélie lance le signal pour une ola joyeuse, créant une vague de rires et de sourires dans le chapiteau. signaler un problème avec cette image

Lanterne allumée, cœur allégé

Zélie avait onze ans et l'œil qui pétille comme une guirlande. Tous les soirs, elle se faufilait sous le chapiteau du Cirque Ribambelle, un cirque qui sentait le pop-corn chaud, la sciure et le citron confit. Elle n'était pas artiste, pas encore, mais elle connaissait chaque corde grinçante, chaque rideau qui frissonne, chaque rire qui enfle comme une fanfare.

Avant que tout commence, elle faisait son rituel. Elle posait sa main devant elle — paume ouverte comme une fleur — et mimait une petite flamme qui s'éveille. Elle la soufflait doucement, puis la ravivait d'un geste du poignet.

— Lanterne imaginaire, allume-toi, chuchota-t-elle. Que la piste soit douce et nos cœurs légers.

C'était sa façon à elle de faire briller l'invisible. Ce soir-là, la poussière dorée dansait dans le cône de lumière, et une fourmi de trac trottinait quelque part sous son pull. Le Cirque Ribambelle affichait complet, et Zélie avait une idée qui lui sautillait dans la tête depuis des jours.

— Je vais préparer une ola de piste, murmura-t-elle en serrant les poings, ravie d'avance.

Elle n'avait jamais vu ça: une ola, pas juste dans les tribunes, mais qui ferait le tour du cercle, des coulisses à la piste, des artistes au public, comme une vague de joie qui fait coucou à tout le monde.

Monsieur Loyal, moustache cirée en pointes, surgit d'un pan de rideau.

— Petite Zélie, prête à faire scintiller la nuit?

— Oui, Monsieur Loyal. Et… j'ai une idée. Une grande. Une ola de piste. Une ola qui unit le public et nous. Une ola qui masse le sourire, vous voyez?

Monsieur Loyal leva un sourcil, puis l'autre, comme deux trampolines.

— Tu sais que j'adore les idées qui scintillent. Si tu arrives à la préparer avant l'entracte, je te laisse le signal.

Le signal! Le cœur de Zélie fit une pirouette.

— Marché conclu!

La fabrique à sourires

Dans la caravane aux fenêtres rondes, Nora la peintre de visages rangeait ses pinceaux par couleurs. Nora transformait les joues en tigres, les fronts en comètes, les nez en fraises tagada. Son tablier racontait une vie entière de coups de pinceau.

— Salut, Zélie! Tu veux des moustaches de phoque ou des éclairs de sorcière?

— J'ai besoin… d'une lanterne, chuchota Zélie en touchant sa tempe. Une toute petite, ici. Et… d'un plan.

Nora sourit, ses yeux fléchirent comme s'ils s'étaient appuyés sur un secret.

— Un plan? J'ai de la peinture et du cerveau, ça tombe bien.

Zélie lui expliqua son idée. La ola devait partir de la loge du clown Trompette, passer par les acrobates, filer chez les jongleurs, effleurer le public à gauche, rebondir sur les gradins du fond, redescendre chez les musiciens et revenir en une boucle parfaite. Une ola comme un serpent lumineux.

— On a besoin d'un signal discret, dit Zélie. Quand j'allumerai ma lanterne imaginaire, il faudra que tout le monde sache que c'est le moment.

— Facile, répondit Nora en trempant un pinceau dans un jaune qui sonnait comme un applaudissement. Je te peins une petite lanterne sur la tempe. Quand tu la toucheras, ce sera ton interrupteur magique.

Elle s'appliqua, et une minuscule lampe s'alluma au-dessus du sourcil de Zélie. On aurait dit une luciole domestiquée.

— Et pour les autres? demanda Zélie.

— Je leur peins un point doré sur le pouce. Le pouce levé, c'est le départ de la vague. Le pouce couché, on attend. Simplicité, élégance, efficacité, fit Nora en levant son pinceau comme une baguette de chef d'orchestre.

— Tu es la meilleure, Nora.

— Je sais. Et toi, tu es la plus lumineuse, répondit-elle en faisant une révérence.

En sortant, Zélie croisa Pic, l'acrobate du fil, un garçon qui marchait avec légèreté même sur du goudron. Son nom lui allait comme un gant: il était pointu, précis, pile là où il fallait.

— Une ola de piste? dit Pic, curieux. Ça me plaît. Je peux faire un salut au-dessus pour donner l'illusion d'une vague en l'air.

— Génial! fit Zélie, déjà en train de découper des vagues dans sa tête.

Répétition vite-fait-mais-bien

Les coulisses bourdonnaient. Le lionceau de carton roulait, les fanions claquaient, et le tuba du musicien testait des notes qui avaient l'air de sortir d'un gâteau au chocolat. Zélie mit tout le monde au parfum.

— Alors, on essaye. Vous, les jongleurs, vous envoyez vos quilles en arc, comme une petite vague. Trompette, tu fais semblant d'être emporté par la ola. Monsieur Loyal, tu fais un grand « Ooooo » avec le public. Nora, tu es avec les enfants du premier rang. Les musiciens, grandissez le son au fur et à mesure.

— Et moi? demanda Gaston, l'homme fort, qui tenait un haltère comme on tient un bouquet de fleurs.

— Toi, tu es la crête de la vague. Tu lèves les bras au moment exact où la ola arrive à toi.

Ils se mirent en position. Zélie respira profondément. Elle toucha sa petite lanterne peinte, alluma son geste de main, et chuchota:

— Maintenant.

Le pouce de Nora se leva. Pic sur son fil se pencha. Les jongleurs dessinèrent un arc de quilles. Le public d'essai — quelques bénévoles et les enfants de l'école du cirque — leva les bras. La vague partit bien… jusqu'à ce que Trompette, trop enthousiaste, glisse sur un confetti furtif. Il fit un petit roulé-boulé, attrapa le rideau, qui entraîna une échelle, qui réveilla le tuba, qui lâcha un BOUOOOM.

Silence. Puis éclats de rire.

— J'ai testé la solidité des confettis, annonça Trompette en se redressant, un serpent de papier collé à son chapeau.

— Première tentative: 7 sur 10 pour l'humour, 4 sur 10 pour la synchronisation, dit Nora, pinceau en uniforme d'arbitre.

Zélie inspira. Son ventre monta, ses épaules redescendirent.

— On reprend. Respirez avec moi. On se remplit comme un ballon, on se vide comme un ballon. Doucement… Voilà. Encore.

Les épaules s'apaisèrent. Les sourires s'ajustèrent. La deuxième tentative fut nettement plus fluide. La vague fit le tour des coulisses jusqu'aux gradins, seulement contrariée par un lama en peluche géant qui décida de participer en penchant la tête au mauvais moment. Une écharpe s'accrocha à son oreille et se transforma en drapeau.

— On garde le lama, c'est drôle, décréta Zélie. Mais on lui peindra un pouce doré aussi.

Tout le monde éclata de rire.

Les pinceaux font le show

Nora installa son coin près de l'entrée du chapiteau. Les enfants défilaient, excités comme des pop-corns qui s'apprêtent à sauter. En deux coups de pinceau, elle transformait les visages: une étoile qui filait sur une tempe, une moustache-spirale qui chatouillait, un arc-en-ciel qui traversait un front comme un pont.

— N'oublie pas: pouce doré au départ, pouce couché en attente, répétait Zélie à ceux qui participeraient à la surprise.

— Tu sais, Zélie, dit Nora, peindre des visages, c'est comme peindre l'humeur. On choisit la couleur qui rassure le cœur.

— Et la mienne? demanda Zélie, inquiète d'un coup, sans savoir pourquoi.

— La tienne est en fête. Tu as du jaune bonheur et un soupçon de bleu calme. Et ta lanterne qui brille, ajouta Nora en soufflant dessus comme on souffle une poussière magique.

Dans le couloir qui menait aux gradins, Zélie retrouva Pic qui s'échauffait.

— Je ferai ma petite bascule à ton signal, dit-il. Promis, je ne tomberai pas sur quelqu'un. Sauf si c'est un coussin.

— Sauf si c'est Trompette, répliqua Zélie. Il adore être un coussin.

— Moi? rugit la voix de Trompette derrière eux, le nez rouge pointé vers le ciel. Un coussin de luxe, au moins, avec des pompons.

Ils rirent. La tension retomba d'un cran. Un peu plus loin, Monsieur Loyal révisait sa diction: « Mesdames, Messieurs, et enfants aux yeux grands… » Le tuba ronronnait comme un gros chat bien nourri. Le soir s'asseyait dans le ciel en mettant son manteau violet.

La grande ola

La salle était pleine à craquer de rires et de bretzels. Le chapiteau vibrait comme un tambour. Zélie s'agenouilla derrière un panneau peint « Magie ». Elle posa sa main sur sa tempe, la petite lanterne. Elle ferma les yeux une seconde. Son souffle fit la taille d'un cirque entier.

— Lanterne imaginaire, allume-toi.

Le spectacle fila, heureux. Les trapezistes firent des croissants de lune avec leurs bras, les jongleurs firent danser des pommes en plastique comme des planètes. Trompette rata exprès une pirouette pour mieux réussir la suivante. À l'entracte, tous se glissèrent autour de Zélie.

— À ton signal, dit Monsieur Loyal.

Zélie se redressa. Elle sentit ses talons dans ses baskets, sa nuque dans sa main, le sol qui lui disait: « Je suis là. » Elle toucha la lanterne peinte. Son pouce se leva. Son regard fila vers le fil de Pic, puis vers Nora.

— Maintenant.

C'était comme si une caresse passait de main en main. Les artistes se relevèrent l'un après l'autre, le public comprit au quart de tour, les bras s'ouvrirent comme des ailes, le son grandit. La vague grimpa les gradins, s'arrondit en haut, redescendit avec un Oooooo immense. Pic fit son petit saut, une bascule gracieuse, qui sembla porter la ola jusqu'au plafond. Le lama en peluche fit un salut, son pouce doré penché.

Zélie avait envie de danser comme un pop-corn. Tout roulait, comme dans un rêve coordonné.

Sauf que… sauf que le canon à confettis de Trompette, planqué derrière un panneau « Ne pas toucher », eut une idée. Il décida d'être autonome. Il fit un POF! d'enthousiasme alors que la vague repartait pour un deuxième tour. Les confettis jaillirent à contretemps, surpris d'eux-mêmes, et un plateau de tartes à la crème, posé un peu trop près de l'orifice, commença doucement à glisser, comme un paresseux en vacances. Zélie, alerte, vit la scène au ralenti. Tarte 1: en route. Tarte 2: hésite. Tarte 3: prête au plongeon.

— Oups, souffla Trompette, en recalculant l'univers.

Zélie avait deux secondes, pas plus. Elle leva ses deux mains en l'air, comme une chef d'orchestre qui rattrape une mesure.

— Troisième vague! cria-t-elle. On relance!

Le public, ravi de prolonger la fête, repartit dans une ola. La première tarte glissa… et fut cueillie par le sommet de la vague humaine: un mouvement souple, un bras qui la retint, un autre qui la redonna, et ainsi elle passa comme un ballon de plage, en rires et en éclats de crème, jusqu'au centre de la piste. La deuxième tarte fit pareil, applaudie par mille mains en mousse. La troisième hésita, zigzagua, puis atterrit pile au pied de Pic, prêt à descendre de son fil. Il la rattrapa d'une main. Tadaa!

— Tu vois? couina Trompette. Même les tartes veulent faire la ola!

Le tuba, ravi, lâcha une note de bonheur. Monsieur Loyal se pencha vers Zélie.

— Merveilleusement mené, petite. Tu as transformé une catastrophe en dessert.

Final en crème et fou rire

La dernière partie du spectacle prit un parfum de vanille. Trompette invita le public à compter à l'envers, les musiciens improvisèrent un swing qui trottait, Nora fit cligner sa lanterne peinte au bout de son pinceau, et Pic descendit du fil avec la grâce d'un flocon.

Zélie, encore vibrante, se planta sur la piste, juste au bord de la sciure. Elle regarda les visages rayonnants, les épaules détendues, les yeux qui avaient oublié leurs soucis. La ola avait circulé comme un massage géant, un souffle partagé.

— Tu sais, lui dit Nora en lui serrant l'épaule, le cirque, c'est un immense souffle. Tu as ajouté le tien.

— J'ai surtout allumé la lanterne, répondit Zélie en riant, mais c'est vous tous qui l'avez alimentée.

— Et moi, s'écria Trompette, j'ai alimenté le gâteau!

Fou rire général. Monsieur Loyal fit un signe. Le public se leva pour l'ultime salut. Pic brandit la tarte survivante, celle qui n'avait pas encore voyagé. Trompette, en glissant exprès, mima un faux pas. Zélie, dans un éclair, fit un clin d'œil à Pic. Tous les regards étaient là, prêts, l'instant tendu comme un trampoline.

— Trois! Deux! Un! fit Monsieur Loyal.

Pic fit semblant de trébucher en arrivant près de Trompette. La tarte quitta sa main, monta en cloche, dessina un arc parfait, et… éclaboussa délicatement la moustache de Monsieur Loyal qui venait d'ouvrir la bouche. Un minuscule plop. Un rire géant.

Monsieur Loyal s'essuya la pointe de moustache et s'inclina avec sérieux.

— Mesdames, Messieurs, enfants au cœur grand, voilà ce que j'appelle une chute savoureuse.

Zélie sentit son ventre s'ouvrir en feu d'artifice tranquille. La lanterne imaginaire, à sa tempe, semblait sourire.

Tandis que le public continuait de rire, Nora fit l'ombre d'un salut du pinceau. Trompette essaya d'attraper une goutte de crème avec son nez rouge. Le tuba ronronna un « Bravo » de velours.

Pic, enfin, s'avança au centre, prit la pose, et lança, les yeux malicieux, juste au moment où la dernière goutte de crème glissait de la moustache:

— Avouez, elle était bien calculée… la blague tombe à Pic!

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Chapiteau
Une grande tente où se déroulent des spectacles de cirque.
Moustache
Les poils qui poussent sur le haut de la lèvre d'un homme.
Acrobates
Des artistes qui réalisent des figures spectaculaires, souvent en équilibre ou en sautant.
Juggling
L'art de faire des tours avec des objets en les lançant et en les rattrapant.
Interrupteur
Un dispositif qui permet d'allumer ou d'éteindre quelque chose, comme une lumière.
Synchronisation
Le fait de faire en même temps, d'avoir une parfaite coordination.

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