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Histoire de voyage sous la mer 11 à 12 ans Lecture 14 min. (2)

La bague perdue et le filet fantôme du récif bleu

Deux amies partent en plongée pour retrouver une pièce manquante qui empêche la pompe du bateau de fonctionner, et découvrent en chemin des trésors, des dangers invisibles et l'importance de protéger la mer.

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Deux fillettes de 11 ans plongent au crépuscule sur un récif peu profond : Maëlle, châtain avec une petite queue de cheval, visage concentré, en combinaison bleu clair, agenouillée sur le sable translucide, tient une petite bague en caoutchouc noire dans la main droite et éclaire la scène avec une lampe étanche à gauche ; Inès, cheveux noirs courts, expression surprise mais rassurée, en combinaison rouge, légèrement à droite et en retrait, a un filet transparent accroché à la cheville gauche et montre le pouce levé vers Maëlle. Autour d’elles, rochers moussus couverts d’anémones roses et vertes, coraux orange et violet, bancs de petits poissons argentés, un petit crabe brun et quelques algues ; une grande raie passe en arrière-plan. Maëlle aide Inès avec une mini-lame de sécurité ; des bulles s’échappent de leurs détendeurs. Atmosphère calme, couleurs chaudes et lumineuses, style bande dessinée aux contours doux et textures fines. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — La pompe qui tousse

Le bateau de recherche glissait sur une mer calme, comme sur une vitre bleue. À bord, Maëlle et Inès, 11 ans toutes les deux, aidaient depuis le début des vacances. Elles n'étaient pas « l'équipage officiel », mais elles se rendaient indispensables. Maëlle observait tout, posait mille questions, et retenait chaque réponse. Inès, elle, avait des mains rapides et une imagination qui trouvait toujours une solution.

Ce soir-là, un bruit étrange monta du pont arrière. Un clac, puis un glouglou nerveux.

— Ça, c'est pas un bon bruit, dit Maëlle en fronçant les sourcils.

Le capitaine Lino souleva une trappe. Une odeur d'eau salée et de métal humide s'échappa.

— La pompe de bord… elle tousse, marmonna-t-il. Si elle lâche, on ne peut plus évacuer l'eau qui s'infiltre. On rentre au port, et l'expédition est fichue.

Inès se pencha, prudente.

— On peut la réparer, non ?

— Peut-être. Mais il me manque une petite pièce. Une bague en caoutchouc. Elle a dû tomber… ou être emportée.

Maëlle inspira doucement. Elle sentait son cœur battre plus vite, mais son esprit s'alignait déjà comme une boussole.

— La dernière fois qu'on a ouvert ici, c'était près du'algues."> récif, ce matin. Si la pièce est tombée, elle est peut-être là-bas.

Le capitaine hésita.

— C'est sous la mer. Et la nuit arrive.

Inès leva la main comme en classe.

— On a les masques. Et on connaît le coin. On y va ensemble, vite, et on revient.

Maëlle ajouta, calme :

— On ne fait rien de dangereux. On vérifie, on communique, on respecte les règles.

Le capitaine les regarda. Il vit leurs yeux sérieux, pas bravaches.

— D'accord. Une courte plongée. En binôme. Et vous me promettez de remonter au moindre souci.

— Promis, dirent-elles.

Le soleil glissa vers l'horizon. La mer, elle, semblait retenir son souffle.

Chapitre 2 — La porte bleue

Maëlle ajusta son masque. Inès accrocha une petite lampe étanche à son poignet. Elles basculèrent en arrière, comme on leur avait appris. L'eau les enveloppa d'un coup, fraîche et douce à la fois.

Sous la surface, le monde changea de couleur. Tout devint plus calme. On n'entendait plus que leur respiration : un souffle régulier, comme un animal endormi.

Le récif apparut. Des rochers moussus. Des coraux en formes de doigts. Des nuages de minuscules poissons argentés qui se faufilaient comme des étincelles.

Inès pointa du doigt une anfractuosité sombre.

— Là ! On dirait un passage.

Maëlle hocha la tête. Elle observa d'abord autour. Le courant était léger. La visibilité bonne. Elles avancèrent lentement, sans toucher.

Un poisson-perroquet passa, la bouche pleine, et mâcha un morceau de corail avec un air très concentré. Inès eut envie de rire, mais elle se contenta de plisser les yeux, comme pour sourire sous l'eau.

Dans la fente, quelque chose brillait. Un éclat pâle sur le sable.

Maëlle tendit la main. Ce n'était pas la bague en caoutchouc. C'était un petit anneau métallique, tordu, avec un bout de fil.

Inès fit un signe : « attention ».

Maëlle comprit tout de suite. Le fil pouvait être accroché à quelque chose, ou coincé dans un endroit où il ne fallait pas. Elle tira très doucement. Le fil sortit, long, long… et soudain, il vibra.

Un crabe surgit de dessous une pierre, furieux, brandissant ses pinces comme deux minuscules ciseaux.

Inès mit sa main devant, comme pour dire au crabe : « Pardon, monsieur. On s'en va. »

Le crabe resta, très vexé, puis disparut en arrière.

Maëlle posa l'anneau métallique dans la poche de sa combinaison. Ce n'était pas ce qu'elles cherchaient, mais ça pouvait être utile. Elle se promit de ne rien laisser traîner.

Elles continuèrent. Plus loin, entre deux rochers, une forme noire, ronde, reposait dans le sable.

Inès s'approcha, et son doigt dessina un cercle : « c'est ça ? »

Maëlle s'accroupit. La bague en caoutchouc était là, à moitié enterrée. Juste au moment où elle la saisissait, un courant plus fort passa, comme un soupir brusque. Du sable s'éleva en nuage.

Le récif devint flou.

Maëlle serra la bague contre elle.

— On remonte, fit Inès en articulant sans voix, mais très clairement.

Maëlle acquiesça. Courage, pensa-t-elle. Pas le courage de foncer. Le courage de savoir quand partir.

Chapitre 3 — Le filet fantôme

Elles prirent la direction de la lumière. Le sable retomba peu à peu, mais quelque chose accrocha la palme d'Inès. Un tiraillement sec.

Inès se retourna, les yeux ronds.

Un morceau de filet dérivait, presque invisible. Un « filet fantôme », abandonné, qui flottait comme une toile d'araignée.

Inès essaya de bouger, mais plus elle tirait, plus le filet se resserrait autour de sa cheville.

Maëlle sentit une chaleur dans sa poitrine. Pas de panique. Réfléchir.

Elle s'approcha doucement. Elle fit signe à Inès : « calme ». Puis elle posa une main sur l'épaule de son amie. Un contact simple, rassurant.

Maëlle examina le filet. Il n'était pas très épais, mais il s'emmêlait bien. Elle pensa à la lampe au poignet d'Inès, qui pouvait aider à voir les nœuds. Elle la tourna vers la cheville.

Inès, malgré ses joues gonflées par la respiration, réussit à faire une grimace comique, comme si elle disait : « Moi qui voulais juste retrouver un bout de caoutchouc ! »

Maëlle aurait voulu rire, mais elle resta concentrée. Elle sortit de sa poche un petit outil de sécurité, une mini-lame protégée que le capitaine leur avait donnée « juste au cas où ». Elle ne l'avait jamais utilisée.

Elle glissa la lame sous une boucle, lentement. Elle coupa un brin. Puis un autre. Pas trop vite, pour ne pas accrocher la peau.

Le filet se relâcha un peu.

Inès bougea le pied, prudemment. Encore une boucle résistait. Maëlle coupa encore.

Enfin, la cheville fut libre.

Inès fit un signe enthousiaste : le pouce levé, puis elle imita une médaille autour du cou de Maëlle. « Championne du calme », ça voulait dire.

Maëlle répondit avec un geste simple : la main sur le cœur, puis vers Inès. « Ensemble. »

Elles ramassèrent aussi un morceau du filet, pour le remonter. Pas tout, il était trop grand, mais une partie au moins, pour ne pas laisser la mer le garder.

En remontant, elles croisèrent une raie, large comme un tapis volant. Elle glissa sans bruit, majestueuse. Elle semblait dire : « Merci d'être passées sans déranger. »

Maëlle sentit une admiration tranquille. La mer était belle. Mais elle demandait du respect et de l'attention.

Chapitre 4 — L'atelier du pont

À bord, le capitaine les aida à se hisser. Il vit la bague en caoutchouc et souffla, soulagé.

— Vous l'avez trouvée… Vous êtes incroyables.

— On a surtout eu de la chance, répondit Maëlle. Et on a rencontré un filet.

Inès posa le morceau de filet sur le pont, comme une preuve.

— Un filet fantôme. Il m'a mordue par la cheville, dit-elle, en montrant sa peau. Juste une marque rouge. Rien de grave.

Le capitaine se durcit.

— Ça, c'est grave pour les animaux. Bien joué de l'avoir remonté.

Ils descendirent près de la pompe de bord. Le moteur vibrait faiblement, comme un vieux chien fatigué.

Maëlle observa la pompe. Elle se rappelait la dernière explication du mécanicien du port : une pompe, c'est simple. Une entrée, une sortie, une roue qui pousse l'eau. Et une petite bague qui empêche les fuites et garde la pression.

— Si la bague manque, l'eau revient en arrière, expliqua Maëlle à Inès. Comme quand tu essayes de boire avec une paille percée.

— Une paille percée, c'est humiliant, conclut Inès. Ça te fait travailler pour rien.

Le capitaine rit, malgré la tension.

Ils démontèrent la partie indiquée. Maëlle tenait la lampe. Inès passait les outils.

— Doucement, dit Maëlle. On met les vis dans la boîte. Sinon, elles vont se sauver.

— Je surveille, répondit Inès. Mes yeux sont des gardiens de prison.

La bague fut installée. Pas de travers. Bien plaquée.

Le capitaine resserra. Il amorça la pompe. Un ronronnement régulier remplaça le glouglou.

— Ça y est, souffla-t-il. Vous venez de sauver la sortie de demain.

Maëlle sentit une fierté légère, pas bruyante. Une fierté qui ressemblait à une lampe allumée dans le ventre.

Inès donna un petit coup de coude.

— Tu vois ? Même la mécanique peut être une aventure.

— Oui, dit Maëlle. Une aventure qui sent l'huile… et la victoire.

Chapitre 5 — Les jardins de la nuit

Le lendemain, le ciel était clair. La mer, encore plus bleue. La pompe fonctionnait. Le bateau pouvait s'éloigner sans crainte.

Le capitaine proposa une exploration avec un petit sous-marin d'observation, une sorte de cabine ronde avec de grands hublots. Les filles s'y installèrent, attachées, les yeux grands ouverts.

Le sous-marin descendit lentement. La lumière du jour devint verte, puis plus sombre, mais jamais inquiétante. Une lampe douce éclairait les alentours, comme une veilleuse.

Au fond, un jardin se révéla. Des anémones ondulaient comme des cheveux. Des étoiles de mer s'accrochaient aux rochers. Des poissons-lions déployaient leurs nageoires, superbes et prudents, comme des éventails.

— On dirait une ville silencieuse, murmura Inès.

— Une ville où personne ne klaxonne, répondit Maëlle.

Un banc de poissons se sépara en deux, puis se rejoignit, comme une porte qui s'ouvre et se ferme. Leurs flancs reflétaient la lumière en éclats rapides.

Ils virent aussi une tortue. Elle nageait lentement, avec une sagesse tranquille. Sa carapace portait des dessins comme une carte ancienne.

Inès approcha son visage du hublot.

— Elle a l'air de connaître des secrets.

Maëlle chuchota :

— Peut-être qu'elle connaît les chemins sûrs. Ceux qui évitent les filets.

Elles restèrent un moment sans parler, absorbées. Le capitaine leur expliqua, doucement, comment chaque créature avait un rôle. Les algues nourrissaient. Les rochers abritaient. Les courants transportaient. Et les humains, eux, devaient apprendre à ne pas abîmer.

Maëlle se promit de le retenir. De le raconter. De le défendre.

En remontant, elle pensa à la pompe réparée. Un simple objet, mais essentiel. Comme un battement de cœur dans le ventre du bateau.

Chapitre 6 — Le sac allégé

Sur le chemin du retour, le capitaine sortit un grand sac de toile, celui où ils stockaient parfois des cordages et des outils. Il était lourd, gonflé de bric-à-brac « au cas où ».

— Après vos aventures, dit-il, on va faire un tri. Un bateau a besoin d'ordre. Et la mer n'aime pas le superflu.

Inès se frotta les mains.

— J'adore les tris. On a le droit de juger les objets ?

— Avec bienveillance, répondit Maëlle.

Ils étalèrent le contenu sur le pont. Une vieille chaîne rouillée. Trois cordes trop courtes. Des pièces qui ne correspondaient à rien. Un vieux gadget cassé.

Maëlle prit l'anneau métallique tordu retrouvé sous l'eau.

— Ça, on le garde dans une boîte « objets trouvés ». On le donnera au port. Ce n'est pas à la mer de porter nos déchets.

Inès brandit le gadget cassé.

— Lui, il est officiellement décédé. On lui souhaite une belle fin au recyclage.

Ils séparèrent. Garder l'utile. Donner le réparable. Recycler le reste. Et surtout, ne plus entasser.

Le sac retrouva sa forme normale. Il sembla respirer.

— Voilà, dit le capitaine, en le soulevant d'une main. Un sac allégé. Et un esprit plus léger aussi.

Maëlle regarda la mer. Elle pensa au filet fantôme, à la raie silencieuse, à la tortue lente, et à la pompe qui ronronnait désormais sans plainte.

Inès s'assit près d'elle, les jambes pendantes au-dessus de l'eau.

— Tu sais, dit-elle, hier j'ai eu peur, vraiment.

Maëlle hocha la tête.

— Moi aussi. Mais on a fait les gestes calmes. On a réfléchi. Et on n'a pas lâché.

Inès sourit, un peu fière, un peu tendre.

— Courage, alors ?

— Courage, répéta Maëlle. Et attention.

Le bateau poursuivit sa route. La mer brillait. Comme si, quelque part sous la surface, le récif approuvait en silence.

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Pompe
Appareil qui fait circuler l'eau en la poussant d'un endroit à un autre.
Trappe
Ouverture avec une porte ou un couvercle que l'on peut soulever.
Récif
Monticule rocheux sous l'eau souvent couvert de coraux et d'algues.
Anfractuosité
Petite cavité ou creux dans la roche où on peut se cacher.
Corail
Animal qui forme des structures dures sous la mer, souvent colorées.
Palme
Accessoire porté sur le pied pour mieux nager sous l'eau.
Filet fantôme
Filet abandonné dans la mer qui dérive et peut piéger des animaux.
Raie
Poisson plat qui nage comme un tapis et glisse près du fond.
Carapace
Coquille dure qui protège le dos d'animaux comme la tortue.
Algues
Plantes qui poussent dans l'eau et servent de nourriture ou d'abri.
Anémones
Animaux marins qui ressemblent à des fleurs et bougent au courant.

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