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Histoire du Ramadan 11 à 12 ans Lecture 10 min. (2)

La boîte aux mille partages

Maria, Jaouad et Léon décident de préparer une boîte à dons pour célébrer le Ramadan, tout en apprenant l'importance de partager et d'écouter les autres. Au fil de leurs aventures, ils découvrent que chaque geste compte et que les cœurs se relient à travers la bienveillance.

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Trois personnages sont présents : Maria, une fille de 11 ans aux longues tresses brunes, assise sur un coussin moelleux entourée de jouets, trie des objets pour la boîte à dons. Jaouad, un garçon de 11 ans avec un sourire éclatant, se tient à côté d'elle, tenant une figurine de super-héros et un bonbon. Léon, un garçon de 12 ans en fauteuil roulant avec des lunettes rondes, les observe avec un sourire encourageant, tenant une peluche. L'action se déroule dans une petite cuisine ensoleillée aux murs jaunes, où la lumière du soleil éclaire une table pleine de jouets, de livres et de pâtisseries. Les amis rient et discutent joyeusement, illustrant l'esprit de partage et de solidarité du Ramadan. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 - Une boîte, des cœurs et des idées

Dans la petite cuisine ensoleillée de la famille Kassim, les odeurs de cannelle et de pâte à briouate dansaient déjà, bien avant le coucher du soleil. Maria, onze ans et demi, une étincelle dans les yeux et des tresses en bataille, triait des jouets avec habileté. À côté d'elle, Jaouad, son meilleur ami, jonglait avec des figurines de super-héros. Sur la table, une grande boîte attendait son heure.

Assis en face, Léon, toujours souriant, avançait son fauteuil roulant aussi habilement que Maria alignait ses coloriages. Il posait une peluche, puis une boîte de jeu, puis… hésitait.

— On va mettre quoi d'autre ? demanda Léon, relevant la tête.

— Peut-être des livres ? proposa Jaouad en fouillant dans son sac.

Maria s'arrêta de trier. Elle aimait bien quand une question flottait dans l'air, comme une bulle de savon. Ça voulait dire que tout était possible.

— Pourquoi on fait cette boîte, déjà ? Vraiment ? demanda-t-elle soudain, songeant à ce que lui avait dit sa maman sur le Ramadan.

Jaouad haussa les épaules en riant.

— Parce que c'est le Ramadan ! On partage !

Léon acquiesça, roulant doucement sa chaise. Mais Maria secoua la tête.

— Je crois… je crois que je ne sais pas vraiment pourquoi on fait ça, en fait.

Un silence doux s'installa, juste troublé par le froissement du papier. Personne ne jugea. Il y eut même un sourire complice entre les trois. Maria se sentit soulagée.

— On va demander à Madame Barka, la voisine. Elle sait toujours tout sur tout ! proposa Léon.

— Bonne idée, répondit Jaouad. Et cette année, on essaie de vraiment écouter, d'accord ? Pas seulement pour avoir des bonbons à la fin !

Ils éclatèrent de rire, puis chacun continua sa mission, le cœur allégé, la boîte à dons se remplissant de mille couleurs et d'autant de questions.

Chapitre 2 - Chez Madame Barka

Le lendemain, après l'école, la bande s'arrêta devant la porte verte de Madame Barka. Les volets étaient ouverts, laissant entrer le printemps. Dès que Maria sonna, une voix joyeuse leur répondit :

— Entrez, les artistes du Ramadan ! Je vous attendais.

Ils pénétrèrent dans le salon, envahi de coussins moelleux et de dessins d'enfants. Madame Barka, un foulard fleuri sur la tête et des lunettes perchées au bout du nez, les salua avec délicatesse.

— Vous avez l'air drôlement concentrés, dit-elle espiègle.

Léon prit la parole :

— On prépare une boîte à dons, mais… on ne sait pas tout. Pourquoi on partage à Ramadan, vraiment ?

Madame Barka sourit, touchée.

— Vous savez, parfois, il est très sage de dire « je ne sais pas ». Moi-même, j'apprends encore. Mais je peux vous raconter ce que je ressens : Ramadan, c'est comme un fil qui relie les cœurs. Quand on partage, on devient plus léger à l'intérieur. Et parfois, ce que vous donnez change une journée, ou même une vie.

Maria hocha la tête, attentive.

— Et… si on ne sait pas quoi dire à quelqu'un qui est triste ? demanda-t-elle, un peu timide.

— On écoute, répondit Madame Barka. Juste écouter, c'est déjà offrir beaucoup.

Ils restèrent un moment à papoter, puis Madame Barka leur tendit des graines de tournesol.

— À semer, pour de nouvelles questions, glissa-t-elle en clin d'œil.

La bande repartit, la tête pleine d'idées, la boîte à dons plus précieuse encore.

Chapitre 3 - La grande collecte

Le samedi suivant, la bande retrouva le parc du quartier, la boîte à dons décorée de dessins et de paillettes. Les oiseaux piaillaient, tout semblait prêt pour une aventure.

— On se sépare, proposa Jaouad. Comme ça, on verra plus de monde !

— Mais on reste ensemble pour ce qui est important, répondit Léon, sérieux.

Chacun partit de son côté, un petit mot doux à la main : « Un sourire, ça se partage aussi. » Maria s'approcha d'une petite fille qui dessinait seule.

— Salut, tu veux donner un jouet, ou juste parler ?

La petite hésita, puis montra son dessin.

— Je peux donner ça ?

Maria sourit largement.

— Bien sûr. Ce sera le plus beau des cadeaux !

Un peu plus loin, Jaouad tendait des bonbons à un garçon timide. Léon, lui, avait repéré une poubelle débordante. Une idée germa.

— Hé ! Qui veut trier pour éviter de tout jeter n'importe comment ? lança-t-il.

Bientôt, tout le monde s'activa : papier ici, plastique là, et le reste dans la bonne poubelle. Les rires fusaient, et le parc respirait mieux.

— Finalement, partager, c'est aussi prendre soin de ce qu'on a, souffla Maria, ravie.

Chapitre 4 - Les questions, les réponses… et les silences

De retour chez Maria, la boîte à dons presque pleine, les enfants s'installèrent autour de la table, un verre de jus de fruits à la main.

— Au fait, comment on saura si ce qu'on donne fait vraiment plaisir ? demanda Léon.

Cette fois, Jaouad prit le temps de réfléchir.

— Peut-être qu'on ne saura jamais. Peut-être que le plus important, c'est de le faire.

Maria se tortilla sur sa chaise.

— Et si un jour on ne sait pas quoi répondre à quelqu'un ? Ou si on ne comprend pas une question ?

— On dit « je ne sais pas », murmura Léon. Et on écoute.

Un silence confortable s'installa, comme une couette chaude. Puis ils éclatèrent de rire en se racontant des histoires abracadabrantes : la fois où Jaouad avait offert une chaussette en pensant que c'était un gant de toilette, ou lorsque Maria avait confondu du cumin avec de la cannelle dans un gâteau.

— Le Ramadan, c'est aussi rater des recettes, fit remarquer Jaouad, faussement solennel.

Ils rirent de bon cœur, prêts à continuer leurs découvertes.

Chapitre 5 - Un peu de merveilleux

Le soir, alors que le ciel se teintait d'orange et de rose, la famille de Maria invita Léon et Jaouad pour la rupture du jeûne. Dans la cour, les lanternes s'illuminaient une à une, comme par magie.

— On dirait un conte des mille et une nuits, chuchota Jaouad, émerveillé.

Maria servit des dattes et du lait, puis sortit la boîte à dons, désormais ornée d'un arc-en-ciel de mots doux, de dessins et de petites surprises.

— Vous savez, dit Léon, les boîtes à dons, c'est un peu comme les lanternes : ça éclaire le monde, même si c'est petit.

Maria sourit, fière de sa bande.

— Et si on essayait d'écouter les histoires de chacun ce soir ? Sans essayer de tout comprendre, juste écouter.

Ils s'installèrent, écoutant les rires, les anecdotes, les souvenirs parfois tendres, parfois drôles. Le temps passa trop vite sous les étoiles.

Chapitre 6 - Derniers partages

Le lendemain, la bande accompagna la boîte à dons au centre associatif, où tout serait redistribué.

— J'espère que ça servira, murmura Maria.

— Moi, je crois que ça compte déjà rien que d'y avoir pensé, répondit Léon avec sagesse.

À la sortie, ils croisèrent la petite fille du parc, un grand sourire aux lèvres, tenant son dessin, désormais accroché dans le hall.

— J'ai aussi reçu un livre, dit-elle, des étoiles dans les yeux.

Ils se dirent que parfois, les miracles étaient juste de petits gestes invisibles.

Avant de rentrer, Jaouad proposa une dernière mission.

— On vérifie les poubelles du quartier ? Ça serait bête de tout gâcher après tout ça !

Ils trouvèrent trois sacs, les trièrent consciencieusement, se félicitant à chaque emballage sauvé.

— C'est fou comme on ne sait jamais où une bonne idée va nous mener, conclut Maria.

Chapitre 7 - Écoute, partage et… tri final

Le dernier soir de Ramadan, la bande se réunit chez Léon. Sur la table, quelques restes de pâtisseries et une nouvelle boîte vide.

— On recommence pour l'année prochaine ? demanda Jaouad, la bouche pleine de makrout.

— Évidemment, s'exclama Léon. Mais cette fois, on posera encore plus de questions.

Maria tapa dans ses mains, enthousiaste.

— Et si quelqu'un ne sait pas, il pourra juste écouter. Ou dire qu'il ne sait pas. Ce sera notre règle d'or.

Un orage s'annonçait, mais dans la cuisine, c'était la chaleur du Ramadan qui persistait, douce et éclairante.

Avant de partir, ils firent un dernier tour dans la cour, pour ramasser les papiers envolés, jeter les restes dans la bonne poubelle et s'assurer que tout était propre. Ils regardèrent leur poubelle triée, satisfaits.

— Une boîte à dons, une oreille attentive, et une poubelle bien rangée, c'est peut-être ça, la recette du Ramadan, conclut Maria en souriant.

Léon ajouta, malicieux :

— Et ne pas oublier les graines de tournesol. On ne sait jamais quelles surprises vont pousser.

Alors, la bande rentra chez elle, le cœur léger, les yeux brillants, prête à continuer à partager, à écouter, et à s'émerveiller… un peu, beaucoup, passionnément.

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Broi ou briouate
Petits gâteaux ou biscuits sucrés souvent fourrés avec des fruits ou des noix.
Cannelle
épice aromatique obtenue à partir de l'écorce de certains arbres.
Figurines
Petites statues ou modèles représentant des personnes, des animaux ou des personnages imaginaires.
Peluche
Sorte de jouet doux, souvent en forme d'animal, fait de tissu et souvent rembourré.
Débordante
Qui déborde, c'est-à-dire qui est trop pleine ou qui dépasse.
Anecdotes
Petites histoires amusantes ou intéressantes racontées à propos de quelque chose ou de quelqu'un.

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