Chapitre 1 — Des étoiles au bout des doigts
Nassim, 12 ans, avait la langue un peu sortie, comme un artisan concentré. Sur la table du salon, une feuille de papier doré brillait sous la lampe. Il tenait ses ciseaux avec la précision d'un chirurgien… ou d'un ninja, selon sa sœur Lina.
— Attention, maître des étoiles, tu vas couper la table ! lança-t-elle en passant.
— La table survivra. Mes étoiles, elles, doivent être parfaites, répondit Nassim sans lever les yeux.
Il avait tracé au crayon une constellation entière : des étoiles à cinq branches, d'autres à huit, quelques minuscules qui ressemblaient à des confettis de lumière. Chaque découpe faisait un petit chhhht net, et les morceaux tombés s'accumulaient comme une neige dorée.
Le Ramadan venait de commencer, et dans l'appartement, quelque chose avait changé. Pas un grand changement bruyant. Plutôt une douceur nouvelle : des plats qui mijotaient plus longtemps, des rires qui s'attardaient, des messages envoyés à la famille, et cette impression qu'on pouvait ralentir, même si les devoirs, eux, n'avaient pas reçu le mémo.
Nassim adorait dessiner. Il dessinait tout : des baskets, des visages, des rues, des dragons qui faisaient semblant d'être des pigeons. Cette année, il voulait décorer la maison à sa façon.
— Je vais accrocher mes étoiles au-dessus de la fenêtre. Comme un ciel de salon, annonça-t-il enfin.
— Et si ton ciel tombe sur la soupe ? demanda Lina, très sérieuse.
— Alors la soupe aura des étoiles. Ça fera chic.
Sa mère entra avec une corbeille de dattes.
— Ça sent la créativité ici, dit-elle en regardant la table envahie.
— Ça sent surtout le papier découpé, répondit Nassim.
Sa mère sourit.
— Ce soir, on ira chez Mamie Aïcha avant la rupture du jeûne. Tu pourras lui montrer ton ciel.
À l'annonce de Mamie, Nassim releva enfin la tête. Chez elle, il y avait toujours une histoire cachée quelque part : dans une boîte à biscuits, dans un tiroir, ou dans un silence qui voulait dire quelque chose. Nassim aimait ces histoires. Elles reliaient les gens comme des ficelles invisibles.
Il posa sa plus belle étoile sur sa paume. Elle était fine, régulière, presque trop parfaite pour rester au sol.
— On dirait qu'elle respire, murmura-t-il.
La lampe fit danser une ombre tremblante. Pendant une seconde, Nassim eut l'impression que l'étoile bougeait, comme si elle s'étirait après une sieste.
Lina pencha la tête.
— Si elle se met à parler, je déménage.
— T'inquiète. Les étoiles, ça garde les secrets, répondit Nassim, mi-amusé, mi-sérieux.
Il glissa l'étoile dans une enveloppe, comme un message. Puis il rangea les autres dans une boîte en métal, celle où, d'habitude, on gardait des boutons et des choses « au cas où ». Ce soir, il offrirait un bout de ciel à Mamie Aïcha.
Chapitre 2 — Chez Mamie Aïcha, la boîte à lumière
Chez Mamie Aïcha, l'odeur de fleur d'oranger se mêlait à celle de la cannelle, et les coussins semblaient toujours plus moelleux que dans le reste du monde. Nassim posa sa boîte sur la table basse, entre un plateau de thé et un bol de soupe qui fumait doucement en attendant son heure.
Mamie arriva avec son pas tranquille, comme si elle marchait sur une musique que les autres n'entendaient pas.
— Oh… qu'est-ce que tu me fabriques là, artiste ? demanda-t-elle.
Nassim ouvrit la boîte. Les étoiles brillèrent d'un coup, et Mamie poussa un petit « ah » comme si elle venait de retrouver quelque chose qu'elle croyait perdu.
— C'est pour décorer. Pour que la maison soit… plus joyeuse, dit Nassim, un peu gêné.
— C'est déjà joyeux quand tu es là, répondit Mamie. Mais on ne refuse pas un supplément de ciel.
Lina attrapa une étoile.
— Il fait des formes bizarres. Celle-ci, on dirait une pizza en colère.
— C'est une étoile à huit branches, protesta Nassim.
— Une pizza à huit parts, donc, conclut Lina.
Mamie rit. Puis elle se pencha vers Nassim, comme pour lui confier un secret.
— Tu sais, quand j'étais petite, on décorait aussi. Pas avec du papier doré… On n'en avait pas. On découpait du papier journal, et on peignait dessus avec ce qu'on trouvait.
— Avec quoi ? demanda Nassim.
— Avec du thé, parfois. Avec du café. Ça faisait des étoiles couleur d'histoires.
Nassim sortit son carnet de dessin, celui qui était un peu tordu parce qu'il le glissait partout.
— Mamie, raconte-moi. Une vraie histoire. Comme celles qui te font briller les yeux.
Mamie posa la main sur la boîte d'étoiles, puis la retira doucement, comme si elle caressait une braise.
— D'accord. Mais d'abord, on partage.
La rupture du jeûne arriva comme une porte qui s'ouvre sur un repas attendu. La soupe réchauffa les mains, les dattes sucrèrent la langue, et les voix se mélangèrent. Mamie donna une assiette à Nassim.
— Tu peux en apporter à Madame Bensaïd, la voisine du troisième. Son mari travaille tard, et elle n'aime pas manger seule.
— Moi ? Maintenant ? demanda Nassim.
— Oui, toi. Ça te fera des jambes et du cœur, dit Mamie.
Nassim prit l'assiette, ajouta deux dattes « au cas où », et monta les étages. Quand Madame Bensaïd ouvrit, son visage s'éclaira.
— Oh, quelle attention ! Entre, juste une minute.
Sur sa table, il y avait une petite lanterne et un vieux cadre photo.
— Je me sens moins seule quand quelqu'un frappe à ma porte, dit-elle simplement.
En redescendant, Nassim se sentit plus léger, comme si ses étoiles avaient quitté la boîte pour se mettre dans sa poitrine.
Quand il revint, Mamie Aïcha l'attendait avec un objet dans les mains : une vieille petite boîte, pas celle des boutons. Une boîte en bois, usée aux coins.
— Celle-ci, c'est mon ciel d'avant, dit-elle.
Elle l'ouvrit : à l'intérieur, il y avait des papiers jaunis, des découpages, et une étoile de journal, fragile mais encore fière.
— Elle a survécu ? souffla Nassim.
— Les histoires survivent quand on les partage, répondit Mamie.
Chapitre 3 — L'étoile de journal et la nuit d'autrefois
Mamie posa l'étoile de journal sur la table. Les mots imprimés traversaient le papier, comme si l'étoile était faite de phrases.
— Quand j'avais ton âge, commença-t-elle, on vivait dans une maison où le vent s'invitait sans frapper. Le Ramadan, c'était simple : beaucoup de travail, peu de choses, mais un grand désir d'être ensemble.
Nassim dessina vite l'étoile dans son carnet : ses pointes un peu irrégulières, sa texture de journal, sa beauté cabossée.
— Un soir, continua Mamie, la lumière a disparu. Plus d'électricité. Juste la nuit, d'un coup, comme un grand manteau.
— Et vous avez fait quoi ? demanda Lina, qui avait arrêté de faire la difficile et écoutait vraiment.
— On a allumé des bougies. Et mon père a dit : “Ce soir, on fabrique des étoiles, pour que la maison n'oublie pas de sourire.”
Mamie ferma les yeux, et sa voix devint un chemin.
— On découpait dans le journal, on collait, on riait. Ma mère disait : “Ne te presse pas, Aïcha. Une étoile trop pressée devient une patate.”
— Une patate ? répéta Nassim en éclatant de rire.
— Oui. J'en ai fait une magnifique. Une patate cosmique. On l'a accrochée quand même.
Nassim imagina la scène : des enfants autour d'une table, une flamme qui tremble, des ombres immenses sur les murs. Il dessina une patate avec des pointes, et ajouta une petite couronne pour l'honneur.
— Et après ? demanda-t-il.
— Après, le voisin a frappé. Il avait entendu nos rires et il avait apporté du pain. Un autre voisin a apporté des oranges. Ce soir-là, la rue entière a partagé. On n'avait pas grand-chose, mais on avait des mains.
Mamie ouvrit les yeux.
— Tu vois, les étoiles, ce n'est pas seulement pour faire joli. C'est pour se rappeler qu'on peut s'éclairer les uns les autres.
Nassim regarda ses étoiles dorées. Tout à coup, elles ne lui semblaient plus seulement décoratives. Elles étaient comme de petits panneaux : « Par ici, la chaleur. »
Au moment où Mamie referma la boîte en bois, l'étoile de journal glissa un peu et tomba… mais elle ne tomba pas vraiment. Elle flottait, à peine, comme un papier pris dans un souffle invisible. Nassim cligna des yeux.
— Vous avez vu ? demanda-t-il.
Lina fronça les sourcils.
— J'ai vu… que tu regardes trop tes dessins.
Mamie, elle, sourit sans surprise.
— Parfois, quand on écoute bien, les choses légères deviennent un peu… plus légères, dit-elle.
Nassim ne sut pas si c'était du merveilleux ou juste son imagination qui avait décidé de faire du vélo sans les mains. Mais il sentit une idée grandir : il voulait créer quelque chose qui relierait toutes ces histoires.
— Mamie, est-ce que je peux emprunter ton étoile de journal ? Juste pour la dessiner correctement… et peut-être m'en inspirer.
Mamie hocha la tête.
— Tu peux. Mais promets-moi de la faire voyager dans une histoire nouvelle.
Nassim serra l'étoile avec délicatesse.
— Promis.
Chapitre 4 — Le carnet des générations
Le lendemain, Nassim s'installa près de la fenêtre. Dehors, le ciel était gris, mais lui fabriquait du soleil en papier. Il posa l'étoile de journal à côté de son carnet et commença à dessiner sérieusement : pas seulement l'étoile, mais tout ce qu'elle racontait.
Il dessina une maison traversée par le vent, une table éclairée à la bougie, des voisins qui frappaient à la porte avec du pain et des oranges. Puis, dans un coin, il dessina sa propre cuisine, avec sa mère qui remuait une marmite, Lina qui chipait une datte, et lui, en train de découper du papier doré comme s'il sculptait la lumière.
Il eut une idée : faire un carnet spécial Ramadan, un carnet qui rassemblerait les histoires de sa famille et du quartier. Un carnet où chaque page serait une étoile différente.
— Lina ! appela-t-il.
— Quoi encore ? Si c'est pour me faire découper des pizzas, je refuse.
— J'ai besoin de toi pour une mission. Une mission de solidarité.
Lina plissa les yeux, méfiante.
— Quand tu dis “mission”, ça finit souvent avec de la colle sur mes doigts.
— Là, ce sera… de la gloire sur tes doigts, improvisa Nassim.
Ils descendirent voir Madame Bensaïd avec une question simple :
— Est-ce que vous avez un souvenir de Ramadan à raconter ?
Madame Bensaïd les fit entrer, un peu surprise, puis attendrie.
— J'en ai un, oui. Quand j'étais enfant, ma mère préparait une soupe et elle en envoyait toujours une part à une famille nouvellement arrivée dans le quartier. Elle disait : “Quand on arrive quelque part, on a besoin d'un goût qui dit bienvenue.”
Nassim nota, dessina une petite soupe fumante qui ressemblait à un nuage. Puis ils allèrent chez Monsieur Karim, le gardien.
— Moi, mon souvenir, dit-il, c'est le jour où on a fait une grande collecte de vêtements. J'avais donné mon pull préféré. J'ai regretté pendant dix minutes… puis j'ai vu un garçon le porter avec un sourire énorme. Mon pull était devenu plus grand que moi.
Nassim dessina un pull qui souriait, ce qui fit rire Lina malgré elle.
— Ton pull, on dirait une méduse heureuse, se moqua-t-elle.
— C'est une mode marine, répliqua Nassim.
Chaque porte ouverte ajoutait une histoire, une petite étincelle. Nassim sentait son carnet prendre de l'épaisseur, comme une pâte qui lève. Et à chaque histoire, il dessinait une étoile : étoile-soupe, étoile-pull, étoile-bienvenue.
Le soir, il montra le carnet à sa mère.
— C'est beau, dit-elle, touchant du doigt une page. Tu fais un pont entre les gens.
Nassim se sentit rougir, mais il sourit.
— Je veux l'offrir à Mamie à la fin du Ramadan. Comme un album d'étoiles.
— Elle va pleurer, tu sais, prévint Lina.
— Elle pleure déjà quand elle voit une pub avec un chat, répondit Nassim. Alors bon.
Ils accrochèrent quelques étoiles au-dessus de la fenêtre. Le papier doré attrapait la lumière des lampadaires et la renvoyait en petits éclats sur le mur. Nassim eut l'impression que le salon respirait plus lentement, plus calmement.
Et cette nuit-là, en fermant son carnet, il crut entendre un très léger froissement, comme un chuchotement de papier :
« Continue. »
Chapitre 5 — La soirée des lanternes et le geste qui réchauffe
Quelques jours plus tard, l'immeuble organisait une petite soirée après la rupture du jeûne : rien d'extraordinaire, juste un moment où chacun apportait quelque chose. Des assiettes, du thé, des gâteaux, des fruits. Une table longue comme une promenade s'étirait dans la salle commune.
Nassim avait apporté ses étoiles et son carnet. Il voulait accrocher un petit chemin lumineux au mur. Lina, elle, portait un plateau en faisant la grimace.
— Si je trébuche, je déclare ce plateau monument historique, comme ça personne n'a le droit de le toucher, dit-elle.
— Avance doucement. Imagine que tu es une reine.
— Une reine qui livre des biscuits. Super.
Dans un coin, Nassim remarqua un garçon de son âge, nouveau dans l'immeuble. Il ne parlait à personne et triturait la fermeture de sa veste.
Nassim s'approcha.
— Salut. Moi, c'est Nassim. Tu veux m'aider à accrocher des étoiles ?
Le garçon hésita.
— Je m'appelle Ilyes. Je… je ne suis pas très doué.
— Parfait, dit Nassim. Moi, je suis très doué pour être pas doué au début. Viens.
Ils collèrent du fil transparent, alignèrent les étoiles. Ilyes tenait les ciseaux comme si c'était un objet suspect.
— Si je coupe de travers…
— Alors ce sera une étoile unique. Les étoiles parfaites, c'est surfait, répondit Nassim en pensant à la patate cosmique de Mamie.
Peu à peu, Ilyes se détendit. Il se mit même à rire quand une étoile refusa de coller et lui resta sur le doigt.
— On dirait qu'elle me choisit, dit-il.
— Normal. Tu as une tête de ciel, déclara Lina en passant, ce qui ne voulait rien dire mais sonnait comme un compliment.
La soirée commença. Les adultes parlaient, les enfants circulaient, et la table ressemblait à un marché de bonnes odeurs. Nassim ouvrit son carnet pour le montrer à ceux qui voulaient.
Madame Bensaïd lut son histoire et essuya le coin de son œil.
— C'est comme si ma mère était là, murmura-t-elle.
Puis un moment inattendu arriva : Monsieur Karim annonça qu'une famille du quartier avait eu un souci et qu'elle aurait besoin d'un coup de main pour quelques courses.
Sans que quelqu'un ne fasse un grand discours, une petite boîte se remplit de billets, de pièces, et même d'un bon d'achat. Nassim vit Ilyes déposer discrètement ce qu'il avait dans sa poche. Pas beaucoup. Mais son geste avait le poids d'une pierre posée pour construire un pont.
Nassim sentit une chaleur dans sa gorge. Il ouvrit son carnet et dessina une nouvelle étoile : une étoile-main, avec des doigts qui se rejoignaient.
— Ça, c'est la plus belle, chuchota-t-il.
Quand la soirée se termina, les étoiles au mur tremblaient légèrement, comme si elles applaudissaient en silence. Nassim, fatigué mais heureux, regarda son carnet rempli.
Il comprit que ses dessins n'étaient pas seulement des images. Ils étaient des souvenirs en avance.
Chapitre 6 — Le dernier soir et le pyjama plié
Le Ramadan s'approchait de sa fin. Dans l'appartement, l'ambiance avait ce mélange étrange : un peu de nostalgie et beaucoup de gratitude, comme quand on termine un livre qu'on adore.
Nassim s'assit sur son lit, son carnet sur les genoux. Il relut toutes les histoires : celle de Mamie et de la patate cosmique, celle de Madame Bensaïd et du goût qui dit bienvenue, celle du pull devenu plus grand, celle d'Ilyes et de la pièce discrète.
Il ajouta une dernière page. Pas un grand dessin compliqué. Juste une étoile simple, entourée de petites lignes comme des rayons, et une phrase écrite soigneusement : « On se tient chaud. »
Le soir, ils allèrent chez Mamie Aïcha. Elle avait mis une nappe claire et sorti des verres qui tintinnabulaient comme des petites cloches. Après le repas, Nassim sortit son carnet, les mains un peu moites.
— Mamie… j'ai fait ça pour toi. Enfin, pour toi et… pour tout le monde.
Mamie prit le carnet comme on prend un bébé oiseau : doucement, avec respect. Elle tourna les pages. Ses yeux parcouraient les dessins, mais on aurait dit qu'elle voyait aussi les scènes derrière.
— Tu as attrapé nos souvenirs et tu en as fait des étoiles, dit-elle.
— Et j'en ai rajouté, avoua Nassim.
— C'est ça, le plus beau, répondit Mamie. Les histoires ne sont pas des musées. Elles vivent.
Elle s'arrêta sur la page de l'étoile-main.
— La solidarité, c'est une lampe qu'on se passe, murmura-t-elle. Tu l'as bien dessinée.
Nassim sentit son cœur faire un petit saut, comme un chat qui a vu une mouche.
Lina, pour éviter que l'émotion ne devienne trop sérieuse, déclara :
— Bon, maintenant qu'on a fini de pleurer avec élégance, qui veut du thé ?
— Moi, dit Mamie en riant. Et toi aussi, comédienne.
Il était tard quand ils rentrèrent. Nassim, épuisé, traîna jusqu'à sa chambre. Il enleva son pull, rangea son carnet sur l'étagère, et regarda les étoiles au-dessus de la fenêtre. Elles brillaient faiblement dans la nuit, comme si elles chuchotaient « à demain » au monde entier.
Sa mère entra, ramassa un pyjama qui traînait sur la chaise.
— Je te le plie, sinon demain, on dirait que ta chambre a eu une tempête, dit-elle.
— C'était une tempête artistique, protesta Nassim, la voix déjà endormie.
Elle plia le pyjama avec soin et le posa au bout du lit. Nassim observa le tissu bien aligné, paisible, comme une petite promesse de repos.
Dans sa tête, les histoires du mois se rangeaient aussi, une à une, comme des étoiles dans une boîte.
Avant de fermer les yeux, il pensa à Mamie, à Ilyes, à la voisine, au gardien, à tous ces gestes partagés. Il se dit que, même quand le mois serait fini, il garderait cette manière de regarder les autres : comme des constellations.
La dernière chose qu'il vit, juste avant le sommeil, ce fut son pyjama plié, et il trouva ça étrangement merveilleux. Comme si la douceur pouvait aussi avoir des angles bien nets.