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Histoire sur la fête du nouvel an 11 à 12 ans Lecture 16 min.

La chasse aux bonnes nouvelles du Nouvel An

Lina organise une « chasse aux bonnes nouvelles » le soir du Nouvel An, invitant sa famille et ses voisins à partager, remercier et accrocher leurs petites joies pour réchauffer les cœurs.

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Soirée de Nouvel An durant une panne de courant : famille et voisins rassemblés en cercle autour de bougies dans un salon chaleureux (canapé moutarde, tapis géométrique, guirlandes en papier) ; Lina, 12 ans, queue de cheval châtain clair, souriante et déterminée, tend un papier coloré depuis une petite boîte à biscuits décorée d’un chien ; son frère Naël, ~14 ans, timide et soulagé, rit en brandissant un papier plié ; Inès, ~11 ans, cheveux noirs tressés, peluche une mandarine et regarde Lina avec admiration ; Mamie Loulou, ~70 ans, cheveux gris en chignon et lunettes rondes, accroche un papier au « Mur des nouvelles » derrière elle en tenant une lampe de poche ; le père, ~40 ans, barbe légère, main sur l’épaule de sa femme, regarde les feux d’artifice rouges et or qui illuminent le ciel à la fenêtre ; bougies et guirlandes à piles diffusent une lumière douce tandis que chacun échange des petites notes de bonnes nouvelles. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1

Le 31 décembre, la cuisine sentait la cannelle et le chocolat fondu. Dehors, la ville avait mis ses lumières de fête, comme si chaque balcon voulait raconter une petite histoire en guirlandes.

Lina, 12 ans, avait un carnet à spirales posé devant elle. Sur la couverture, elle avait écrit en grosses lettres : « CHASSE AUX BONNES NOUVELLES ».

— Tu écris la liste des courses ? demanda son grand frère Naël en chipant une noisette grillée.

— Non, répondit Lina en lui tapant doucement la main. C'est mieux que ça. Ce soir, avant minuit, tout le monde va partir à la chasse… mais pas aux bonbons. Aux bonnes nouvelles de l'année.

Leur mère leva les yeux de la pâte à crêpes, amusée.

— Une chasse aux bonnes nouvelles ? Ça sonne… très toi.

Lina se redressa, fière. Elle était du genre à repérer les détails gentils : le voisin qui tenait la porte, la copine qui partageait sa trousse, le prof qui glissait une blague au bon moment. Et elle avait une idée : commencer la soirée du Nouvel An avec un sourire qui colle au visage.

— Je veux que tout le monde arrive à minuit avec le cœur un peu plus léger, expliqua-t-elle. Comme si on mettait une écharpe chaude autour des pensées.

Naël fit semblant de réfléchir très fort.

— Et si ma meilleure nouvelle, c'est que les chips existent ?

— Ça compte si tu peux raconter pourquoi, dit Lina. Les bonnes nouvelles, c'est pas juste « j'aime ». C'est « j'aime parce que ».

La pendule du salon fit un petit « tic » sérieux, comme si elle approuvait la règle.

Chapitre 2

Lina transforma le salon en terrain de jeu. Elle découpait des papiers colorés, dessinait des étoiles, collait du scotch un peu partout. Chaque indice serait caché dans la maison, et chaque indice mènerait à une « bonne nouvelle » à raconter.

Elle préparait aussi une boîte en métal, une vieille boîte à biscuits qu'on n'osait jamais jeter parce qu'elle avait une photo d'un chien en chapeau. Elle y glissa des petits papiers pliés.

Sur chaque papier : une mission.

« Trouve une personne à remercier. »

« Raconte un moment drôle de l'année. »

« Partage une bonne nouvelle que tu n'as jamais osé dire. »

« Cherche une bonne nouvelle chez quelqu'un d'autre. »

Elle écrivit aussi un dernier papier, avec un feutre doré :

« Pour minuit : invente un vœu qui se partage. »

La sonnette retentit. Les premiers invités arrivaient : Mamie Loulou avec son manteau qui sentait la lavande, la tante Soraya avec une énorme boîte de mandarines, et deux voisins du palier, M. Youssef et sa fille Inès, qui avaient apporté une galette de pommes de terre.

— Lina ! s'écria Inès. C'est toi qui as mis des flèches en papier dans l'ascenseur ?

Lina cligna des yeux, innocente.

— Peut-être.

Naël éclata de rire.

— On dirait une chasse au trésor organisée par une cheffe de bande.

— Je suis une cheffe de bonnes nouvelles, corrigea Lina en tendant à chacun une petite carte. Les règles : vous suivez les indices, vous racontez vos trouvailles, et vous n'avez pas le droit de vous moquer méchamment. Seulement gentiment.

Mamie Loulou prit sa carte et l'ajusta sur ses lunettes.

« Cherche une bonne nouvelle chez quelqu'un d'autre », lut-elle. Oh, ça me plaît. Je vais être une détective.

Dans le couloir, Lina avait accroché une petite ficelle avec des mini-pinces à linge. Au bout : une étiquette « Mur des nouvelles ». Ce soir, les bonnes nouvelles s'y aligneraient comme un linge qui sèche au soleil.

Chapitre 3

La chasse commença après l'apéritif, quand tout le monde avait un peu de pétillant (sans alcool pour Lina et Inès) et des miettes de chips sur les doigts.

Premier indice : caché dans la boîte à télécommande. Il disait : « Va là où les chaussettes disparaissent. »

— Le panier à linge ! s'écria Naël, sûr de lui, comme s'il venait de résoudre un mystère mondial.

Dans la buanderie, un papier les attendait : « Raconte un moment drôle de l'année. »

Naël prit une pose de conteur.

— Moment drôle ? Facile. Quand Lina a voulu faire du roller dans le couloir et a fini par s'accrocher au rideau comme un koala.

— C'était pas drôle, c'était… stratégique ! protesta Lina.

Inès pouffa.

— Je valide. Tu avais l'air très déterminée.

Lina se mit à rire aussi, parce que, finalement, c'était drôle. Elle écrivit sur un papier : « Rire jusqu'à en pleurer, même quand on se sent ridicule », et l'accrocha au Mur des nouvelles.

Pendant ce temps, Mamie Loulou suivait son indice avec un sérieux de détective. Elle fouillait près des plantes, sous un coussin, derrière une pile de magazines.

— Aha ! fit-elle, triomphante, en tirant un papier caché dans un pot à crayons. « Trouve une personne à remercier. »

Mamie s'approcha de M. Youssef, qui arrangeait les assiettes.

— Je te remercie, mon voisin, dit-elle. Cette année, quand mon sac de courses s'est déchiré dans l'escalier, tu as tout ramassé sans râler et tu as même plaisanté. Ça m'a évité de pleurer.

M. Youssef eut un sourire un peu gêné, mais ses yeux pétillèrent.

— Je… c'était normal.

— Non, répondit Mamie, c'était gentil.

Lina sentit une chaleur douce lui monter dans la poitrine. Elle nota : « Remercier à voix haute ». Puis elle regarda le Mur des nouvelles : il commençait à se remplir, comme un arbre à feuilles colorées.

Chapitre 4

Plus tard, un nouvel indice conduisit tout le monde vers la fenêtre du salon.

« Cherche une bonne nouvelle chez quelqu'un d'autre », disait le papier.

Inès plissa le front.

— Chez quelqu'un d'autre… mais comment on fait ? On fouille dans leur poche ?

— Non, dit Lina. On écoute. On observe. Une bonne nouvelle, parfois, elle se cache derrière un “ça va”.

Inès s'approcha de la tante Soraya, qui pelait une mandarine avec une précision d'horlogère.

— Tata, c'est quoi ta bonne nouvelle de l'année ?

Soraya hésita. On aurait dit qu'elle cherchait dans un tiroir intérieur.

— Je crois que… c'est que j'ai appris à dire non, répondit-elle enfin. Avant, je disais oui à tout, et j'étais épuisée. Cette année, j'ai dit non à ce qui me faisait du mal. Et je me sens… plus grande à l'intérieur.

Naël fit un petit « wow » discret. Lina, elle, accrocha la phrase au Mur des nouvelles avec délicatesse, comme si c'était fragile.

À ce moment-là, la lumière du salon vacilla. Juste une seconde. Un petit clignement. Puis une autre.

— Heu… c'est moi ou… ? murmura Inès.

Et là, pouf.

Plus rien.

Le silence tomba comme une couverture. Puis on entendit, dans l'immeuble, des portes qui s'ouvraient, des « oh ! », des « mince ! », et un bébé qui protesta très fort.

Naël souffla.

— Génial. Panne générale. On va fêter le Nouvel An à la bougie, version Moyen Âge.

— C'est peut-être une surprise de la nouvelle année, chuchota Lina, mi-sérieuse, mi-moqueuse.

Leur mère sortit des bougies du placard, Mamie Loulou trouva une lampe de poche, et Lina récupéra un paquet de guirlandes à piles qu'elle gardait pour « les urgences festives ».

— Urgence festive, confirma Lina en les allumant. Voilà.

Les petites lumières dessinèrent des halos dorés sur les murs. Tout le monde se rapprocha, naturellement, comme des pingouins qui se réchauffent.

Et bizarrement, la panne rendait la soirée… différente. Plus intime. Comme si la maison était devenue une cabane secrète.

Chapitre 5

Sans télévision, sans musique forte, chacun prit sa place dans le cercle des bougies. Lina distribua les dernières missions de sa boîte à biscuits.

— On dirait une cérémonie de pirates gentils, dit Inès en dépliant son papier.

« Partage une bonne nouvelle que tu n'as jamais osé dire », lut Naël. Oh. Ça, c'est dangereux.

Lina prit la sienne : « Cherche une bonne nouvelle chez quelqu'un d'autre. » Elle regarda son père, qui était resté un peu en retrait, occupé à vérifier son téléphone sans réseau.

— Papa, dit Lina doucement, c'est quoi ta bonne nouvelle que tu gardes pour toi ?

Son père cligna des yeux, surpris d'être au centre. Il se gratta la nuque.

— Ma bonne nouvelle… c'est que cette année, j'ai enfin appris à faire des crêpes sans les brûler. Mais ça, vous le savez.

— Une autre, insista Lina, sourire malicieux.

Il soupira, puis son regard se posa sur eux, sur les bougies, sur le Mur des nouvelles qui brillait doucement.

— D'accord. La vraie bonne nouvelle… c'est que j'ai compris que je pouvais ralentir. Je courais tout le temps, même quand j'étais à la maison. Et puis un jour, je vous ai entendus rire dans la cuisine, et je me suis dit : “Si je rate ça, je rate tout.” Alors j'ai fait des efforts. Et… je suis content d'y arriver un peu.

Il y eut un petit silence, pas gênant : un silence qui laisse la place à quelque chose de précieux.

Mamie Loulou posa sa main sur le bras de son gendre.

— Ça, c'est une belle nouvelle.

Naël, de son côté, avait l'air de se battre avec sa mission. Il tournait son papier entre ses doigts.

— Bon, allez, dit-il. Une bonne nouvelle que je n'ai jamais osé dire… Cette année, j'ai eu peur de ne pas être à la hauteur au collège. J'ai fait le malin, mais en vrai, ça m'a stressé. Et… quand Lina m'a aidé à réviser, ça m'a sauvé.

Lina le fixa, bouche ouverte.

— Tu exagères.

— Même pas, répondit Naël. Et voilà, je l'ai dit. C'est officiel. Je suis reconnaissant.

Inès applaudit en silence en agitant les mains, comme au théâtre quand on ne veut pas faire de bruit.

Lina sentit ses yeux piquer un peu. Elle écrivit : « Dire merci change la forme d'une soirée », et l'accrocha.

Puis M. Youssef raconta que sa bonne nouvelle, c'était d'avoir repris la guitare après dix ans. Tante Soraya promit un mini-concert « dès que l'électricité revient » en plaisantant. Et la mère de Lina avoua que sa meilleure nouvelle, c'était d'avoir réparé une amitié qu'elle croyait perdue.

Le Mur des nouvelles devint un ciel de papiers, un peu tordu, un peu désordonné, mais lumineux.

Chapitre 6

Les minutes filaient vers minuit. On les sentait glisser comme des patins sur de la glace. Dehors, quelques feux d'artifice testaient déjà leurs couleurs, en silence derrière les vitres.

Lina sortit le dernier papier doré de la boîte.

— Moment final, annonça-t-elle. « Pour minuit : invente un vœu qui se partage. »

Tout le monde réfléchit. Naël fit semblant de souffler de la fumée de cerveau. Inès mordilla sa lèvre. Mamie Loulou regarda le plafond comme si les idées y étaient collées.

— J'ai, dit Lina. Mon vœu, c'est que cette année, on fasse une chasse aux bonnes nouvelles… pas seulement le 31 décembre. Une fois par mois. Chacun apporte une bonne nouvelle à accrocher, même petite. Et on en donne une à quelqu'un d'autre.

— Donner une bonne nouvelle ? répéta M. Youssef.

— Oui, dit Lina. Comme… offrir une part de gâteau, mais en mots. Par exemple, si quelqu'un se sent seul, on lui apporte une nouvelle qui réchauffe. Ou on lui en fabrique une : “Je passe te voir.” “Je t'aide.” “Je pense à toi.”

Le père de Lina hocha la tête, lentement.

— J'aime beaucoup.

La mère de Lina sourit.

— Ce vœu-là, on peut le tenir.

Au même moment, l'électricité revint avec un « clic » joyeux. Les lampes se rallumèrent, le frigo ronronna, et la pendule du salon reprit son tic-tac comme si elle n'avait jamais arrêté.

— Oh ! s'exclama Inès. La maison a applaudi !

On se précipita vers la fenêtre. Dehors, le ciel explosa en fleurs rouges et or. Les immeubles voisins clignotaient comme des phares. On entendit des cris de joie, des « bonne année ! », des rires qui rebondissaient dans la rue.

— Dix… neuf… huit… commença Naël, qui avait lancé le compte à rebours avec une énergie de commentateur sportif.

Tout le monde compta, serré les uns contre les autres. À « un », ils crièrent « Bonne année ! » et s'embrassèrent, se souhaitant le meilleur avec des mots simples mais solides.

Lina, elle, regarda son Mur des nouvelles. Les papiers tremblaient un peu à cause des courants d'air, comme s'ils respiraient.

— On le garde toute l'année ? demanda Inès.

— On le fait grandir, répondit Lina.

Après minuit, ils descendirent quelques parts de gâteau chez la voisine du dessous, qui vivait seule et qui avait perdu la notion des jours. Lina frappa, un peu nerveuse. La porte s'ouvrit sur un visage surpris.

— Bonsoir… ?

— Bonne année ! dit Lina. On a pensé à vous. Et on vous apporte une part… et une bonne nouvelle : on peut venir prendre un chocolat chaud un de ces jours, si ça vous dit.

La voisine resta muette une seconde, puis ses yeux se remplirent d'une lumière douce.

— Ça me dirait beaucoup.

En remontant, Lina sentit que la nouvelle année avait déjà commencé, pas comme un grand feu d'artifice, mais comme une lampe qu'on allume dans une pièce.

Et quand elle se coucha enfin, très tard, elle pensa à son horizon : une année pleine de petites nouvelles à partager, comme des étoiles qu'on n'a pas besoin d'attraper pour qu'elles brillent.

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Cannelle
Épice brune et parfumée, souvent utilisée dans les gâteaux et boissons.
Guirlandes
Chaînes de décorations que l’on accroche pour les fêtes.
Spirales
Forme en courbe qui tourne autour d’un centre, comme un escargot.
Chipant
Verbe familier pour dire prendre discrètement quelque chose.
Pétillant
Boisson qui a des petites bulles et qui fait un léger bruit.
Pendule
Horloge qui montre l’heure et peut avoir une grande aiguille mobile.
Vacilla
Verbe qui signifie bouger un peu, trembler ou osciller.
épuisée
Très fatiguée, sans énergie après un effort ou une longue journée.
Intime
Quelque chose de proche, personnel, qui concerne les sentiments.
Vœu
Souhait que l’on exprime pour l’avenir, souvent au moment d’un événement.

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