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Histoire sur la fête du nouvel an 11 à 12 ans Lecture 21 min.

Le défilé des lanternes du Nouvel An

Noé, un garçon poète, réunit ses amis pour organiser un défilé de lanternes le soir du Nouvel An, et leurs préparatifs pleins d'imprévus et de rires finissent par rassembler le quartier autour de petits gestes de solidarité.

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Quatre garçons de 11 ans — Noé, cheveux châtain courts, manteau bleu marine, carnet de poésie à la main et lanterne bleue allumée, debout sur le muret de la fontaine ; Léo, cheveux bruns bouclés, écharpe rouge au vent, pantalon mouillé, vient de sauver de façon héroïque une lanterne verte cabossée qui allait tomber dans une flaque ; Milo, cheveux blonds en bataille, sac à dos plein de bonbons, lanterne jaune décorée et bouche pleine d’un bonbon ; Samir, cheveux noirs courts, veste grise, tient un rouleau de scotch et resserre la poignée d’une lanterne rouge, légèrement derrière Noé — sur une petite place de quartier la nuit aux pavés humides réfléchissant les lampadaires orangés, fontaine centrale, fenêtres éclairées et guirlandes, atmosphère hivernale avec vapeur de chocolat chaud, textures aquarelle et papier visibles, petites LED scintillantes dans les lanternes et foule en arrière-plan applaudissant. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — Les rimes dans la buée

Le 31 décembre, l'air sentait la fumée de cheminée et les mandarines qu'on épluche trop vite. Dans la cuisine, la vitre était couverte de buée. Sur la buée, Noé dessinait des points d'exclamation avec son doigt, comme s'il essayait d'encourager le monde entier à se réveiller.

Noé avait onze ans et un carnet de poésie presque aussi épais que le dictionnaire de sa mère (mais beaucoup plus intéressant, selon lui). Il écrivait partout : sur des tickets de caisse, au dos des devoirs de maths, et une fois… sur un sac de farine. Son père l'avait découvert quand il avait voulu faire des crêpes et qu'il avait lu : « Ô farine, nuage comestible ».

— Tu as encore écrit sur la nourriture ? avait demandé son père, mi-fier, mi-inquiet.

— C'est pas de ma faute si l'inspiration a faim, avait répondu Noé.

Ce matin-là, il avait une mission. Une mission lumineuse. Une mission qui ferait clignoter le quartier comme une guirlande géante : organiser un défilé de lanternes pour le Nouvel An.

Sur la table, il y avait des feuilles de papier coloré, des bâtons en bois, du ruban adhésif, une agrafeuse, des paillettes (interdites par décret familial parce qu'elles « migrent » pendant trois ans), et des petites bougies LED qui clignotaient doucement, comme des lucioles timides.

Noé relut son message sur le groupe « Les Quatre Mousquetaires (sans épées) » :

« Ce soir 22h : défilé de lanternes dans la rue ! On se retrouve devant la boulangerie. Apportez de quoi fabriquer + vos meilleures blagues. »

Il entendit déjà les réponses dans sa tête.

Bim, la première notification arriva.

Léo : « Je viens. Mais je préviens : si ma lanterne tombe, je fais un procès à l'air. »

Puis Milo : « J'apporte les bonbons pour la motivation. »

Et enfin Samir : « J'apporte le scotch. Le vrai. Celui qui colle même les mensonges. »

Noé sourit. Il aimait ce groupe : quatre garçons, quatre façons d'être sérieux sans jamais l'être trop. Léo, toujours dramatique, comme s'il jouait dans un film invisible. Milo, gourmand, capable de retrouver une tablette de chocolat à l'odeur, même dans un placard fermé. Samir, inventeur de solutions, celui qui pouvait réparer une roue de vélo avec un trombone et une idée.

Noé referma son carnet et murmura :

— Nouvelle année… nouvelle lumière.

Sa petite sœur passa en courant, une chaussette sur la tête.

— Regarde, je suis un lutin !

— Tu es surtout un lutin qui va glisser, répondit Noé. Enlève ça avant de t'auto-éjecter.

— Je fais ce que je veux, je suis un lutin libre !

Sa mère posa une main sur l'épaule de Noé.

— Alors, monsieur le poète, prêt pour ce soir ?

— Prêt. Enfin… presque. Il faut que ça marche. Il faut que les voisins aient envie de sortir. Il faut que ça soit… magique.

— La magie, dit sa mère, c'est souvent juste des gens qui font attention les uns aux autres.

Noé garda cette phrase comme un petit caillou chaud dans sa poche.

Chapitre 2 — L'atelier des lumières cabossées

À 14h, Noé ouvrit la porte du garage. Dedans, ça sentait la peinture sèche et le vieux vélo. Sur un établi, il avait aligné tout son matériel comme un chef qui prépare un banquet.

Les trois autres débarquèrent en rafale.

Léo entra le premier, écharpe au vent.

— Je suis là. J'ai affronté le froid. Le froid a perdu.

Milo suivit, un sac énorme sur le dos.

— Devinez ce que j'ai.

— Un parachute ? proposa Noé.

— Mieux : des bonbons. Pour survivre. Et pour négocier avec les adultes.

Samir arriva en dernier, avec un rouleau de scotch si grand qu'on aurait dit une roue de tracteur.

— Attention, annonça-t-il, ceci est une arme de construction massive.

Noé déroula son plan : des lanternes en papier, chacune avec un mot ou un vers, et un petit parcours dans le quartier. Au passage, ils feraient tinter des petites clochettes. Ils avaient même prévu une « minute de vœux » devant la grande place, juste avant minuit.

— On va écrire quoi ? demanda Milo, déjà en train de mâchouiller un bonbon.

Noé posa son carnet au milieu, comme un trésor.

— Des choses simples. Des trucs qui donnent envie de sourire. Des vœux, des rimes, des petits messages.

Léo leva un doigt, très sérieux.

— Je propose : « Que les devoirs disparaissent et que les profs se transforment en chats. »

— C'est trop réaliste, dit Samir. Ça risque de faire peur.

Ils se mirent au travail. Noé pliait le papier en accordéon, Léo découpait des étoiles (en se plaignant que les étoiles ne coopéraient pas), Milo collait des gommettes en forme de lune sur tout ce qui ne bougeait pas, y compris le front de Samir, et Samir renforçait chaque poignée avec son scotch miracle.

Les lanternes prenaient vie : rouge, bleu, jaune, et une verte qui ressemblait à une pastèque.

— Celle-là, c'est la lanterne de l'espoir, dit Noé.

— Ou de la salade, corrigea Milo.

Puis Noé écrivit au feutre noir, sur la lanterne bleue :

« Cette nuit, la ville respire,

Et nos pas allument le rire. »

Léo siffla.

— Pas mal. On dirait un sortilège, mais légal.

— J'en ai un aussi ! s'exclama Milo, et il écrivit sur sa lanterne : « Bonne année, mangez des gâteaux. »

Poésie gastronomique, approuva Samir. Respect.

Ils riaient, et le garage semblait plus grand, comme si les murs s'écartaient pour leur laisser de la place.

Quand ils testèrent les bougies LED, les lanternes se mirent à briller doucement. La lumière traversait le papier et dessinait des ombres rondes sur le plafond.

— On dirait des méduses, murmura Noé.

— Des méduses qui ne piquent pas, dit Samir.

— Et qui ne sentent pas la mer, ajouta Milo. Donc parfait.

Mais au moment de fixer la dernière poignée, un bruit sec retentit.

CRAC.

La lanterne verte s'affaissa comme un soufflé raté.

— Non… souffla Noé.

Léo posa sa main sur son cœur.

— Nous venons de perdre un camarade de papier.

Milo se pencha.

— Elle est morte ?

Samir inspecta.

— Pas morte. Juste… très vexée. Donnez-moi une minute.

Il sortit son scotch géant et, avec une concentration de chirurgien, il recolla, renforça, consolida. En trois tours et demi, la lanterne verte tenait debout, un peu cabossée mais fière.

— Voilà. Elle a une cicatrice. Comme un héros.

Noé sourit, soulagé.

— Elle sera la lanterne courageuse.

Dehors, le ciel commençait à s'assombrir. On entendait des bruits de vaisselle dans les maisons, des rires au loin, et parfois le « pop » discret d'un bouchon impatient.

— Ce soir, dit Noé, on allume la rue.

— Et si quelqu'un dit que c'est nul ? demanda Milo.

Léo haussa les épaules.

— Alors on le transforme en chat. Voilà.

Chapitre 3 — La répétition générale (et la catastrophe molle)

À 20h, Noé enfila son manteau, prit son carnet, et glissa une petite clochette dans sa poche. Sa mère l'arrêta au passage.

— N'oublie pas : rester ensemble, regarder les voitures, et si quelqu'un vous embête…

— On lui récite un poème jusqu'à ce qu'il s'endorme, répondit Noé.

— Exactement.

Devant la boulangerie, l'enseigne éclairait le trottoir d'une lumière chaude. Le boulanger, monsieur Pruvost, rangeait des plaques de galettes des rois.

— Vous préparez une parade ? demanda-t-il en voyant les lanternes.

— Un défilé de Nouvel An, expliqua Noé. Avec de la poésie.

Monsieur Pruvost plissa les yeux.

— La poésie, ça se mange ?

— Parfois, dit Milo très sérieusement. Moi, je la mange avec du sucre.

Monsieur Pruvost rit et leur donna un sachet de chouquettes.

— Pour tenir jusqu'à minuit. Et pour ne pas mourir de poésie.

Ils prirent leur position de départ. Noé en tête, Samir à droite, Milo à gauche, Léo… un peu derrière, parce qu'il répétait une démarche « héroïque mais naturelle ».

Ils avancèrent dans la rue. Les lanternes oscillaient doucement. Les bougies LED scintillaient. Les clochettes tintaient comme des gouttes de glace.

Au début, les fenêtres restaient fermées. On voyait seulement des silhouettes et des guirlandes. Noé sentit un petit nœud dans son ventre.

— Peut-être qu'ils regardent une émission de cuisine, murmura-t-il.

— Ou un documentaire sur les patates, proposa Milo.

— Silence, dit Léo. La foule va arriver. Je le sens dans mon écharpe.

Et puis… une fenêtre s'ouvrit. Une dame âgée passa la tête dehors.

— Oh ! C'est joli ! Vous allez où ?

— À la place, répondit Noé. On fait un défilé de lanternes pour la nouvelle année !

— Attendez-moi ! cria-t-elle. Je prends mon châle !

D'autres volets s'entrebâillèrent. Un petit garçon apparut, en pyjama, les yeux énormes.

— C'est des lucioles ?

— Presque, répondit Samir. C'est des lanternes. Ça ne mord pas.

Une famille sortit, puis une autre. On entendait des « Bonne année en avance ! », des rires, et même un chien qui aboyait comme s'il voulait participer.

Noé sentit son nœud se défaire. La rue changeait de peau : d'habitude, c'était juste un endroit pour aller quelque part. Là, c'était un endroit pour être ensemble.

Ils arrivèrent près du petit rond-point. C'est là que la catastrophe molle frappa.

Milo trébucha sur un trottoir (un trottoir, selon lui, « agressif »). Son sac de bonbons s'ouvrit, et une pluie sucrée se répandit sur le sol.

— Noooon ! cria Milo. Mes citoyens !

Les bonbons roulèrent partout comme des petites billes multicolores. Un chien fonça, la queue en hélice.

— Stop ! Ce sont des bonbons du peuple ! tenta Milo, en se mettant devant, bras écartés.

Le chien, très poli, s'assit… puis lécha un bonbon resté collé à sa patte.

La dame au châle éclata de rire.

— Oh, le réveillon du chien !

Noé, lui, vit autre chose : les lanternes commençaient à pencher, parce que tout le monde s'était arrêté et que le vent se levait. Un souffle froid passa, et la lanterne cabossée de l'espoir-salade trembla.

— On ramasse vite, dit Samir. Formation escargot !

— Formation escargot ? répéta Léo.

— Oui. On se met en cercle, on protège les lanternes, on ramasse au milieu.

Ils s'organisèrent. Les enfants du quartier accoururent pour aider. Même monsieur Pruvost sortit avec une pelle à poussière, comme un super-héros de la boulangerie.

En trois minutes, les bonbons furent récupérés (sauf ceux « confisqués » par le chien, qui avait l'air très fier de sa mission).

Milo reprit son sac, soulagé.

— Mes citoyens sont sauvés. Enfin… presque tous.

Léo posa une main sur l'épaule de Milo.

— Nous leur rendrons hommage à minuit.

— Avec une minute de silence ? demanda Milo.

— Non, dit Samir. Avec une minute de mastication.

Noé rit, et la troupe reprit sa marche. Le vent soufflait, mais maintenant il avait l'impression que même le vent voulait les pousser vers la suite.

Chapitre 4 — La place des vœux et la lanterne capricieuse

La place du quartier était petite, avec un arbre au centre et une fontaine éteinte pour l'hiver. Les lampadaires faisaient des halos orange, mais les lanternes ajoutaient des bulles de couleur, comme si quelqu'un avait renversé un pot de lumière.

Les gens s'attroupaient. Certains avaient des bonnets ridicules, d'autres des mugs de chocolat chaud. Une odeur de cannelle flottait, mélangée à celle des feux d'artifice lointains, déjà impatients.

Noé grimpa sur le petit muret de la fontaine, son carnet dans la main. Son cœur battait vite, comme s'il sautait à la corde tout seul.

— OK, dit-il en inspirant. On va faire la minute de vœux. On écoute, on se souhaite des trucs bien, et ensuite… on continue jusqu'au décompte.

Un silence joyeux tomba, un silence qui ressemble à une couverture.

Noé lut :

« Pour l'année qui arrive, je souhaite des tables pleines, des mains qui se tiennent, et des jours où l'on rigole sans raison. »

Il y eut des « Oh » et des petits applaudissements.

Milo leva sa lanterne « Mangez des gâteaux ».

— Moi je souhaite… qu'on mange des gâteaux.

— C'est cohérent, dit une maman en riant.

Samir, lui, dit :

— Je souhaite qu'on trouve des solutions quand ça casse. Et qu'on ait toujours du scotch. Même pour les jours tristes.

Des gens hochèrent la tête, sérieux un instant.

Léo prit une pose dramatique et déclara :

— Je souhaite que cette année soit tellement incroyable… qu'on doive inventer un mot nouveau pour la décrire.

— Et ce mot serait ? demanda Noé.

Léo réfléchit.

« Incroyabif ». Ou « fantastif ». Je sais pas encore. Je suis en recherche.

Les rires rebondirent sur la place.

À ce moment-là, la lanterne verte, la cabossée, décida d'être… une artiste incomprise. Sa poignée se desserra légèrement, et la lanterne glissa des doigts de Noé.

— Oh non !

Elle tomba doucement, comme une feuille, et roula jusqu'au bord de la place… pile vers une flaque. Une flaque profonde, brillante, parfaite, qui attendait comme un piège.

Noé sauta du muret.

— Pas toi ! Pas la lanterne courageuse !

Tout se passa très vite : Noé courut, la lanterne roula, le vent souffla, et Léo, dans un élan de bravoure théâtral, se jeta en avant.

— Je la sauve !

Il glissa. Pas comme dans les films, où ça fait « wouah ». Plutôt comme dans la vraie vie, où ça fait « oups ». Il atterrit sur les fesses, mais ses mains attrapèrent la lanterne juste avant qu'elle ne touche l'eau.

La foule applaudit, parce que les gens applaudissent facilement quand quelqu'un évite une flaque. C'est une règle secrète de l'humanité.

Léo se releva, trempé au niveau du pantalon, l'air très digne malgré tout.

— Je vais bien, dit-il. Cette flaque n'était qu'un adversaire mineur.

Milo s'approcha.

— Ton adversaire mineur t'a quand même embrassé les fesses.

Samir récupéra la lanterne et resserra la poignée.

— Voilà. Elle est sauvée. Et Léo aussi. Même si son pantalon est officiellement en 2026.

Noé souffla, reconnaissant.

— Merci.

Léo fit un salut.

— Je suis un héros local. C'est tout.

Noé regarda autour de lui : les voisins, les parents, les enfants, la dame au châle, monsieur Pruvost, même le chien qui semblait attendre une distribution officielle de bonbons. Tout ce monde, réuni, à cause d'un morceau de papier qui brille.

La phrase de sa mère revint : la magie, c'est faire attention.

Et là, Noé la voyait, la magie. Elle avait des bottes, des écharpes, des rires, et un pantalon mouillé.

Chapitre 5 — Le décompte et la lumière qui reste

Le groupe reprit sa marche dans les petites rues, et de plus en plus de gens se joignirent à eux. La file de lanternes ressemblait à un dragon gentil qui se faufilait entre les maisons. Les ombres des participants dansaient sur les murs, grandes et tordues, comme si chacun avait un double rigolo.

À 23h50, ils arrivèrent devant l'immeuble de Noé. Les parents de Noé avaient installé une petite table dehors, avec du chocolat chaud et des biscuits. La sœur de Noé, sans chaussette sur la tête cette fois, distribuait des serviettes avec un sérieux de ministre.

— Chocolat pour tout le monde ! annonça-t-elle. Et pas de débat, c'est moi la cheffe.

Les adultes parlaient doucement, les enfants chuchotaient des plans pour rester éveillés, et le ciel semblait retenir sa respiration.

Noé, Milo, Samir et Léo se retrouvèrent un peu à l'écart, leurs lanternes réunies.

— On a réussi, dit Milo, la bouche pleine.

— On a même survécu à la flaque, dit Samir.

Léo regarda son pantalon.

— Je vais écrire un livre : « Moi et la flaque : une histoire d'amour ». Triste, mais profonde.

Noé ouvrit son carnet. Il voulait noter ce moment avant qu'il ne s'envole. Il écrivit :

« On ne change pas l'année d'un coup,

On la fait glisser, doucement,

Avec des rires au bout des doigts

Et des lumières dans le vent. »

— Tu nous lis ? demanda Samir.

Noé lut. Un petit silence suivit, pas gênant, juste plein.

— C'est beau, dit Milo. Même moi j'ai presque arrêté de mâcher.

— C'est le plus grand compliment possible, dit Léo.

Au loin, une voix cria :

— Plus qu'une minute !

Les gens se rapprochèrent, comme des oiseaux sur une branche. Les lanternes s'élevèrent un peu, toutes ensemble.

— Dix ! cria quelqu'un.

— Neuf !

— Huit !

Noé sentit sa main trouver celle de sa mère, sans même réfléchir. Son père posa sa main sur l'épaule de Noé. La sœur attrapa le bras de Noé et le serra fort, comme si elle voulait être sûre de ne pas tomber dans l'année suivante.

— Trois !

— Deux !

— Un !

— Bonne année !

Des cris, des rires, des « Bonne année ! » dans tous les sens. Un feu d'artifice éclata au loin, et le ciel s'ouvrit en fleurs rouges et dorées. Les lanternes, elles, restèrent plus douces, plus proches, comme des étoiles apprivoisées.

Milo distribua les bonbons rescapés.

— Pour commencer l'année avec une preuve que le sucre existe.

Samir fit tinter sa clochette.

— Pour chasser les mauvaises habitudes !

Léo leva sa lanterne et déclara :

— Pour que nos flaqueurs intérieurs soient vaincus !

— Ça veut dire quoi ? demanda un voisin.

— Personne ne sait, dit Noé. Mais ça fait sérieux.

Noé regarda son quartier : les gens qui se souhaitaient le meilleur, les familles qui se rassemblaient, les voisins qui, d'habitude, se disaient juste « bonjour » au portail, et qui là se racontaient des anecdotes comme s'ils se connaissaient depuis toujours.

Il se tourna vers ses amis.

— Merci d'avoir suivi mes idées.

Samir haussa les épaules.

— Tes idées brillent. On s'est juste évités de les faire tomber dans une flaque.

Milo croqua un bonbon.

— Et on a prouvé que la poésie peut marcher avec des chouquettes.

Léo ajouta, très grave :

— Et que l'héroïsme peut être humide.

Noé rit, et son rire se mélangea aux autres.

Les lanternes continuèrent de luire pendant un moment, jusqu'à ce que les batteries fatiguent. Quand elles s'éteignirent peu à peu, personne ne sembla triste. La rue était restée lumineuse, mais autrement : avec des voix, des promesses, et cette sensation chaude qu'on garde quand on sait qu'on n'est pas seul.

Noé rentra chez lui, sa famille autour, ses amis encore là, et son carnet plein d'une nuit qu'il n'oublierait pas.

Tout allait bien. Et même, tout allait très bien.

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Buée
Fine vapeur qui couvre une surface froide, comme une fenêtre en hiver.
Accordéon
Façon de plier du papier en plis répétés, comme un instrument qui se serre.
Paillettes
Petits morceaux brillants utilisés pour décorer des objets ou des vêtements.
Agrafeuse
Petit outil qui colle des feuilles entre elles avec des agrafes métalliques.
Défilé
Marche organisée d'un groupe, souvent pour célébrer ou montrer quelque chose.
Lanternes
Objets en papier ou en tissu qui renferment une lumière pour éclairer doucement.
Poésie
Texte écrit pour jouer avec les sons et les images, souvent court et touchant.
Inspiration
Idée ou impression soudaine qui donne envie de créer ou d'écrire.
Cicatrice
Trace laissée sur la peau après une blessure arrêtée ou guérie.
Muret
Petit mur bas sur lequel on peut s'asseoir ou poser un objet.
Flaque
Eau qui reste sur le sol après la pluie, peu profonde et brillante.
Formation escargot !
Expression utilisée ici pour ordonner aux enfants de former un cercle protecteur.
Minute de vœux
Court moment où chacun dit un souhait pour la nouvelle année.
Poésie gastronomique
Façon drôle de dire qu'un vers parle de nourriture ou de manger.
Scotch
Ruban adhésif utilisé pour coller ou renforcer des objets cassés.

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