Chargement en cours...
Histoire sur la fête du nouvel an 11 à 12 ans Lecture 15 min.

Les douze coups des vœux lumineux

Trois amies passent la Saint‑Sylvestre à fabriquer des vœux, des surprises et des rituels pour affronter une panne de courant et se promettre de rester unies face aux défis à venir.

Télécharger cette histoire en PDF

Idéal pour partager ou imprimer cette histoire !

Télécharger l'e-book (.epub)

Lisez cette histoire sur votre liseuse électronique

Trois filles de 12 ans dans un salon cosy la nuit : Inès (cheveux châtains mi-longs, yeux noisette, sweat bleu clair) assise à gauche tenant un petit bocal de vœux, Léna (cheveux noirs en chignon, tablier à motifs étoiles, visage doux) au centre avec une enveloppe ouverte près de la table, Zoé (cheveux blonds bouclés, robe rouge à pois) à droite en train de danser; elles font le décompte du Nouvel An, rient et sautent ensemble, les bougies allumées et les guirlandes créent une lumière chaude tandis que l'électricité vient de revenir et que l'on aperçoit des feux d'artifice au dehors. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — La mission des douze coups

Le 31 décembre, la ville semblait avoir mis un pull de lumière. Aux fenêtres, des guirlandes clignotaient comme des lucioles disciplinées, et l'air sentait la mandarine et le chocolat chaud.

Inès, 12 ans pile depuis septembre, montait les marches de l'immeuble de Léna en comptant à voix basse.

« Douze… treize… quatorze… Non, ça, c'est les marches, pas les minutes », marmonna-t-elle en riant toute seule.

Quand elle sonna, la porte s'ouvrit sur Léna, les cheveux attachés en chignon rapide et un tablier avec écrit “Chef du chaos”.

— T'es en avance !

— C'est une stratégie, répondit Inès. Plus je suis là tôt, plus minuit arrive vite. Logique.

Derrière, Zoé surgit avec une boîte à paillettes dans une main et un rouleau de ruban dans l'autre.

— Inès ! Viens ! On fabrique les “surprises du Nouvel An” !

Sur la table du salon, il y avait des verres en plastique, des papiers colorés, des feutres, des confettis, et un grand bocal rempli de petits papiers pliés.

Inès s'approcha, les yeux brillants.

— C'est quoi, le bocal ?

Zoé fit un air mystérieux.

— Les vœux. Pas des trucs genre “une PS6”. Des vrais vœux. De l'espérance, comme dit ma grand-mère.

Léna posa trois carnets devant elles.

— On a une mission : à minuit, on fait un décompte parfait, et on lance nos vœux pile au bon moment.

Inès leva la main comme à l'école.

— Et si on se trompe ?

Zoé haussa les épaules.

— Alors on invente un nouveau fuseau horaire. “Heure de Léna”, ça sonne bien.

Elles éclatèrent de rire. Dehors, un pétard lointain fit un “pouf” timide, comme s'il s'échauffait avant le grand concert.

Chapitre 2 — Le bocal des vœux

Elles s'installèrent en cercle, chacun avec un stylo. Le bocal au milieu ressemblait à un trésor, sauf qu'il ne brillait pas. Il attendait.

— On écrit quoi ? demanda Inès, soudain sérieuse.

Zoé répondit sans hésiter :

— Un truc qui donne envie d'avancer. Même si c'est petit.

Léna plia un papier, puis le déplia, puis le replia encore, comme si elle essayait de dompter ses pensées.

— Moi, je veux que mon père trouve un boulot qu'il aime, dit-elle enfin, la voix douce.

Inès hocha la tête.

— C'est un super vœu.

Zoé, elle, gribouillait vite.

— Je veux oser parler en classe sans rougir jusqu'aux oreilles, annonça-t-elle. Et aussi… que mon hamster arrête de me juger.

— Les hamsters jugent tout le monde, dit Inès. C'est dans leur contrat.

Inès prit son temps. Elle regarda la fenêtre : la nuit glissait lentement sur les toits, mais les lumières restaient éveillées.

Elle écrivit : “Que cette année, on se sente plus légères, même quand c'est lourd.”

Puis, juste en dessous, elle ajouta en tout petit : “Et réussir mon salto, mais c'est secondaire.”

Elles plièrent leurs papiers et les déposèrent dans le bocal. À chaque “plop”, ça faisait comme un petit pas vers quelque chose de neuf.

Rituel numéro deux, annonça Léna. Les surprises !

Zoé se frotta les mains.

— Chaque surprise doit être simple, mais magique.

Elles fabriquèrent des mini-enveloppes. Dans chacune, elles glissèrent un message, un défi rigolo ou une phrase qui réchauffe.

Inès écrivit : “Cette année, tu as le droit d'être fière de toi, même sans raison.”

Zoé écrivit : “Danse comme si le tapis était une scène.”

Léna écrivit : “Quand tu doutes, rappelle-toi : tu as déjà traversé hier.”

En refermant les enveloppes, Inès sentit une drôle d'énergie : pas un truc électrique, plutôt une chaleur tranquille, comme une couverture.

Chapitre 3 — La panne de lumière et la lumière qui reste

Vers 22 heures, l'appartement commença à se remplir de bruits de fête : la cuisine chantait avec les casseroles, la télévision murmurait un concert, et le four soufflait comme un dragon poli.

La mère de Léna passa la tête dans le salon.

— Les filles, vous venez goûter les mini-feuilletés ?

— Oui ! crièrent-elles en chœur, comme si leur vie en dépendait.

Elles attrapèrent des assiettes, des serviettes, et Zoé tenta de jongler avec une olive. Elle perdit. L'olive roula sous le canapé avec une dignité de bille.

— On la récupère ? demanda Inès.

— Non, répondit Zoé. Qu'elle vive sa vie.

Et puis, au moment où Léna allait allumer une nouvelle guirlande, tout s'éteignit.

Pas une petite panne gentille. Une vraie. La télé s'arrêta net. Le four fit “bip” comme un dernier soupir. Les guirlandes devinrent des serpents endormis.

— Heu… dit Zoé. C'était prévu, ça, dans le programme “merveilleux” ?

Dans l'obscurité, la voix du voisin monta dans la cage d'escalier :

— Plus de courant ! Ça a sauté !

Léna attrapa son téléphone et alluma la lampe torche. Un cercle de lumière apparut, tremblant.

— On fait quoi ? demanda-t-elle. Sans courant, pas de musique… pas de four… pas de compte à rebours à la télé…

Inès inspira, comme si elle avalait un peu de courage.

— On fait avec nous. On a des bougies, non ?

— Dans le tiroir, dit Léna.

Elles se transformèrent en équipe de secours. Zoé trouva des bougies chauffe-plat, Inès mit la main sur des allumettes, et Léna récupéra une vieille radio à piles que son grand-père avait oubliée là.

Quand elles allumèrent les bougies, la pièce changea de visage : les murs semblaient plus proches, plus doux. Les ombres dansaient comme des silhouettes gentilles.

La radio grésilla puis une voix joyeuse apparut :

“Bonsoir à tous ! Même si les lumières s'éteignent, la fête continue !”

Zoé leva les bras.

— Merci, les piles ! Vous êtes des héroïnes.

Dans ce salon éclairé à la flamme, Inès sentit quelque chose de simple et fort : même quand ça bugue, on peut garder la chaleur.

Chapitre 4 — Le compte à rebours de poche

À 23 h 30, la panne n'était toujours pas réparée. Dans l'immeuble, on entendait des portes qui s'ouvraient, des gens qui parlaient plus fort que d'habitude, comme si la voix pouvait remplacer les ampoules.

Léna regarda l'écran de son téléphone.

— Il nous reste trente minutes.

Inès se redressa.

— Trente minutes avant le meilleur moment de l'année : celui où tout le monde fait semblant d'être un peu plus courageux.

Zoé sortit une petite enceinte.

— Sans électricité, elle marche quand même. Batterie pleine.

— Alors tu vois, dit Inès, l'univers nous veut du bien.

Elles organisèrent le salon comme une mini-scène : les enveloppes-surprises dans un panier, le bocal des vœux au centre, trois verres de jus pétillant (sans alcool, mais avec des bulles très sérieuses).

— On répète le décompte ? proposa Zoé.

— Oui, dit Léna. On ne peut pas rater ça.

Elles s'entraînèrent.

— Dix !

— Neuf !

— Huit !

Zoé s'arrêta.

— Attendez, à “zéro”, on fait quoi exactement ? On crie ? On saute ? On pleure ?

Inès réfléchit.

— On peut faire les trois, mais dans cet ordre : sauter, crier, pleurer. Sinon on glisse.

Léna rit, puis son visage redevint calme.

— Vous savez… cette panne, ça me fait penser à mon père. Des fois il a l'air éteint, et puis… il fait un effort, il rallume quelque chose.

Zoé posa doucement sa main sur celle de Léna.

— Ce soir, on rallume avec toi.

Inès se leva et attrapa le panier d'enveloppes.

— Rituel numéro trois : à 23 h 55, chacune tire une surprise. Ça donne un élan avant minuit.

À 23 h 55 pile, Inès tira une enveloppe. Elle lut à voix haute :

“Fais un compliment sincère à quelqu'un maintenant.”

Elle se tourna vers Léna.

— J'adore quand tu fais semblant d'être blasée, alors que tu es la plus émue de nous trois.

Léna rougit.

— C'est faux… enfin… peut-être un peu.

Zoé tira à son tour :

“Danse trente secondes comme une star intergalactique.”

Elle se mit à danser dans la lumière des bougies, avec des gestes dramatiques, comme si elle saluait une foule invisible.

— Merci, merci ! Je reviendrai en tournée en 2032 !

Léna tira la dernière enveloppe :

“Dis à voix haute une chose que tu espères vraiment.”

Elle inspira.

— J'espère… qu'on gardera notre bande, même quand le collège nous disperse.

Le silence qui suivit n'était pas triste. Il ressemblait à une promesse posée sur la table.

Chapitre 5 — Minuit, même sans les néons

À 23 h 59, les trois filles se collèrent devant le bocal. La radio annonçait la dernière minute. Dans l'escalier, quelqu'un commença à compter trop tôt, mais ça ajoutait une sorte de chaos joyeux.

Inès fixa l'heure sur le téléphone de Léna, comme si ses yeux pouvaient empêcher les secondes de déraper.

— On y est. Tout le monde prêt ?

Zoé serra son verre.

— Prête. J'ai des bulles dans le ventre.

Léna souffla.

— Moi aussi. Mais des bonnes.

La dernière minute s'étira comme un chewing-gum.

Puis, enfin, la voix de la radio monta :

“Dix… neuf… huit…”

Inès prit le relais avec une énergie de capitaine.

— Sept ! Six ! Cinq !

Zoé cria :

— Quatre ! Trois !

Léna, le sourire tremblant :

— Deux ! Un !

— ZÉRO !

Elles sautèrent. Les bulles pétillèrent. Elles crièrent “Bonne année !” avec la certitude que ce cri-là pouvait traverser les murs et aller se poser sur les toits.

Et à cet instant précis, comme si le monde avait attendu leur signal, les lumières revinrent.

La guirlande clignota, le four fit “bip-bip” en retard, la télé se ralluma sur une foule qui applaudissait. Tout l'appartement sembla s'éveiller d'un coup, surpris d'être déjà en janvier.

Zoé resta bouche ouverte.

— On a… déclenché l'électricité ?

— On est des sorcières du compteur, déclara Inès.

Léna prit le bocal.

— Vœux !

Elles l'ouvrirent et, au lieu de sortir les papiers, elles les remuèrent comme un tambour.

— On ne les lit pas ? demanda Zoé.

— Pas tous, dit Léna. Certains vœux ont besoin de rester secrets pour grandir.

Alors, elles en piochèrent un chacun, au hasard, comme un petit clin d'œil de l'année.

Inès déplia le sien. Ce n'était pas son écriture.

Elle lut : “Que tu n'oublies jamais que tu peux recommencer.”

Elle leva les yeux, touchée sans vouloir le montrer.

— C'est… bien.

Zoé lut le sien et éclata de rire :

“Que ton hamster te respecte.” OK. L'univers m'écoute.

Léna lut le sien en silence, puis sourit, vraiment.

— Celui-là, je le garde dans ma poche.

Dehors, des feux d'artifice commencèrent à éclore, fleurs bruyantes et colorées. Les fenêtres vibraient, mais le cœur, lui, se calmait comme après une course.

Chapitre 6 — La dernière surprise et le repos bienvenu

Après minuit, l'appartement se remplit de “Bonne année !” envoyés par téléphone, de bisous aux parents, de morceaux de gâteau qui collaient un peu aux doigts. Les adultes riaient plus fort que d'habitude, comme s'ils s'autorisaient une pause dans leurs soucis.

Dans le salon, les trois filles se retrouvèrent à nouveau en cercle, un peu essoufflées de joie.

— Dernier rituel, dit Zoé en bâillant déjà. Le rituel du “on se promet un truc”.

Inès hocha la tête.

— Un truc simple. Un truc faisable.

Léna réfléchit, puis dit :

— On se promet d'avoir toujours un plan B. Même si le plan A tombe en panne.

Zoé acquiesça.

— Et de garder une place pour l'espérance. Même petite. Même en papier plié.

Inès ajouta :

— Et de faire le décompte ensemble l'année prochaine. Où qu'on soit, on s'envoie au moins un message. À 23 h 59.

Elles posèrent leurs trois mains l'une sur l'autre, comme une équipe avant un match.

— Deal, dit Léna.

— Deal, dit Zoé.

— Deal, dit Inès.

Un peu plus tard, la fête ralentit. Les feux d'artifice s'espacèrent. La rue, dehors, devint plus silencieuse, comme si elle s'étirait après avoir dansé.

Inès se glissa dans un plaid sur le canapé. Léna s'assit contre l'accoudoir, et Zoé s'allongea par terre en annonçant :

— Je suis une crêpe humaine. Ne me retournez pas.

La guirlande clignotait doucement, sans se presser. Sur la table, le bocal des vœux brillait presque, non pas à cause du verre, mais à cause de tout ce qu'il contenait.

Inès sentit ses paupières devenir lourdes, agréablement.

— Vous savez, dit-elle, la nouvelle année… elle fait moins peur quand on la commence comme ça.

Léna répondit, la voix déjà pleine de sommeil :

— Avec des bougies, des rires et des gens qui restent.

Zoé marmonna :

— Et des piles héroïques…

Elles rirent une dernière fois, puis le silence s'installa, pas vide, plutôt doux. Un silence de couverture, de fin de soirée, de promesse tranquille.

Et, dans ce repos bienvenu, l'année toute neuve pouvait enfin commencer, sans bruit, avec une petite lumière qui ne demandait qu'à grandir.

Sans publicité 3 € par mois

Envie d’une lecture sans interruption ? Soutenez Mes Histoires du Soir, retirez toutes les publicités et profitez d’autres avantages inclus dès 3 € par mois.

Voir les forfaits & tarifs
Partager

signaler un problème avec cette histoire

Qu'avez-vous pensé de cette histoire ?

Donnez votre avis en attribuant une note à cette histoire en fonction de ce que vous et/ou votre enfant en avez pensé. Merci par avance !

Merci ! Votre note a été prise en compte !

Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Guirlandes
Longues chaînes de petites lumières ou décorations accrochées pour une fête.
Lucioles
Insectes qui brillent la nuit comme de petites lampes vivantes.
Marmonna
Parler à voix très basse, souvent parce qu'on est timide ou pensif.
Tablier
Vêtement que l'on porte par-dessus les vêtements pour ne pas se salir.
Chaos
Désordre complet, quand tout est confus et pas organisé.
Bocal
Grand petit récipient en verre, souvent fermé, pour garder des objets.
Vœux
Souhaits que l'on formule pour espérer quelque chose de bon.
Confettis
Petits morceaux de papier coloré qu'on jette lors des fêtes.
Rituel
Action faite de la même manière à chaque fois, souvent symbolique.
Grésilla
Faire un bruit léger et continu, comme une radio qui crachote.
Décompte
Action de compter à rebours les nombres avant un moment important.

Créez une histoire magique et unique pour votre enfant !

Créez en quelques minutes une aventure personnalisée où votre enfant devient le héros. Avec notre outil exclusif, c'est facile, gratuit et divertissant !

Créer une histoire

Téléchargez cette histoire :

Télécharger cette histoire en PDF Télécharger l'e-book (.epub)

À lire ensuite dans Histoires sur la fête du nouvel an pour 11 à 12 ans

Recevez de nouvelles histoires chaque dimanche soir !

Recevez 7 histoires passionnantes et captivantes, adaptées à l'âge et aux goûts de votre enfant, chaque dimanche à 17h*. C'est gratuit et garanti sans spam !
*E-mail envoyé à 17h, heure de Paris.
Nous n'aimons pas non plus le spam. Ainsi, nous ne vous enverrons que des histoires. Vous pourrez vous désinscrire quand vous le souhaiterez.