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Histoire d'extraterrestre 11 à 12 ans Lecture 21 min.

La porte des étoiles et la promesse de solidarité

Lumo, un petit être au pelage nuage, part en silence et rencontre des visiteurs venus d’ailleurs dont le vaisseau est empêché; avec ses amis, il forme un cercle de solidarité pour tenter d’aider à rouvrir une porte mystérieuse.

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Lumo, petit animal anthropomorphe à fourrure grise nuageuse, oreilles pointues et queue changeant de couleur, regarde déterminé et tendre une sphère lumineuse au centre d'un cercle formé avec Miri, fine amie au pelage pâle et grands yeux curieux à sa gauche, Tork, compagnon trapu et anxieux mais solidaire à sa droite, et trois extraterrestres translucides irisés entre eux, tandis qu'ils tiennent mains et cordes autour d'une sphère pierreuse qui s'ouvre en pétales et fait apparaître une porte lumineuse flottante dans une clairière mousseuse ceinte d'arbres sombres sous un clair de lune argenté, petites lucioles et bulles lumineuses, ambiance nocturne magique aux verts mousse, bleus nuit et touches d'argent et de lumière chaude. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : La fête qui ne fait pas de bruit

Je m'appelle Lumo. J'ai des oreilles pointues, un pelage couleur nuage au petit matin, et une queue qui change de teinte quand je suis trop content ou trop inquiet. Dans mon village, on dit que je souris même quand je dors. C'est vrai. Ça peut agacer, mais c'est pratique quand on veut rassurer.

Ce soir-là, j'organisais une mini-fête d'au revoir silencieuse.

Pas de musique. Pas de cris. Juste des choses qui chuchotent.

Dans ma cabane, j'avais accroché des guirlandes en feuilles sèches qui frottaient doucement l'air. Sur la table, des biscuits à la sève et des bonbons au pollen (ça colle aux dents, mais c'est la loi). J'avais aussi préparé des gobelets d'eau pétillante… enfin, “pétillante” comme une limonade qui a peur de faire des bulles.

Mes amis étaient assis en cercle, les yeux brillants dans la lumière de la luciole-lampe.

— Alors… tu pars vraiment ? murmura Miri, qui avait toujours l'air de réfléchir à trois choses en même temps.

Je hochai la tête. Ma queue vira au bleu pâle, la couleur des décisions prises depuis longtemps.

— Je dois aller voir, dis-je. Là-haut. Plus loin que les collines. Plus loin que les nuages.

— On pourrait venir, souffla Tork. Il essayait d'être courageux, mais son genou tremblait comme une feuille.

Je souris plus fort que d'habitude.

— C'est justement une fête d'au revoir, pas une expédition en bande. Et puis… je reviendrai.

Pour ne pas trop serrer les cœurs, on joua au jeu du “silence le plus drôle”. Celui où tu dois faire rire les autres sans bruit. Tork fit une grimace muette tellement catastrophique que ses oreilles se croisèrent. Miri imita une grenouille qui éternue, avec seulement ses sourcils. Je manquai de m'étouffer sans avoir le droit de rire.

Quand la luciole-lampe cligna trois fois, c'était le signal. La fête devait se terminer avant que le village ne se réveille. Une fête d'au revoir, ça se fait mieux quand ça ne laisse pas de traces.

Je remis mon petit sac sur l'épaule. Dedans : une boussole en noix, un carnet, un crayon, et une pierre chaude qui garde la chaleur toute la nuit.

Solidarité, murmura Miri en posant sa paume contre la mienne.

— Solidarité, répétèrent les autres, chacun à son tour, comme une promesse qui ne faisait aucun bruit.

Je sortis dans l'air frais. Les étoiles semblaient plus proches, comme si elles avaient entendu mes pas.

Et je pris le chemin du sentier de mousse.

Chapitre 2 : Le sentier de mousse qui chatouille

Le sentier de mousse commençait derrière le vieux tronc creux, celui qui sent la pluie même en plein été. La mousse y était si épaisse qu'on avait l'impression de marcher sur un gâteau vert, moelleux et un peu trop vivant.

À chaque pas, elle faisait “pouf” sans son, comme si elle refusait de déranger la nuit.

Je avançai lentement, parce que la mousse aime piéger les rêveurs. Elle te donne l'impression que tu peux sauter plus haut que d'habitude. Et parfois, c'est vrai… jusqu'au moment où tu retombes n'importe comment.

Je regardais le ciel à travers les branches. Les étoiles formaient des dessins. Parfois, je jurais voir des routes entre elles, comme si quelqu'un avait tracé des lignes invisibles.

C'est là que je vis la lumière.

Pas celle des étoiles. Une lumière ronde, pâle, qui descendait en tournoyant, comme une graine qui aurait oublié qu'elle doit tomber.

Je m'arrêtai net. Ma queue vira au jaune, la couleur de la surprise.

La lumière se posa sur la mousse, et la mousse… s'écarta.

Je clignai des yeux. La mousse se repliait en cercle, comme une bouche qui s'ouvre en silence.

Au centre, un objet était là.

Un petit disque métallique, pas plus grand qu'une assiette, couvert de symboles qui semblaient bouger si on les regardait de travers. Il avait une fente sur le côté, comme une petite bouche.

Et il me fixait.

Enfin… je ne sais pas comment un disque peut fixer quelqu'un. Mais je sentais un regard, comme une chaleur sur la peau.

— Euh… bonsoir ? chuchotai-je. Je ne voudrais pas être impoli.

Le disque émit un “bip” discret, presque gêné.

Puis un minuscule projecteur s'alluma et dessina une image dans l'air : une sorte de carte. Une flèche clignotait. Et juste à côté, un symbole qui ressemblait à… une porte.

La flèche pointait droit sur moi.

— Moi ? demandai-je, en montrant mon museau.

Le disque fit “bip-bip” plus vite, comme s'il disait : “Oui, toi, évidemment.”

Je devrais vous dire que j'ai eu peur. Mais la vérité, c'est que je me sentais surtout… choisi. Comme quand on trouve un message dans une bouteille, et que le message est écrit à ton nom.

Je tendis une patte.

— D'accord, dis-je. Je te suis. Mais je préviens : je marche doucement. La mousse, c'est traître.

Le disque glissa devant moi, sans toucher le sol, éclairant le sentier de mousse d'un halo de lune artificielle.

Et je commençai à suivre une chose venue d'ailleurs.

Chapitre 3 : Des visiteurs qui parlent en bulles

Au bout du sentier, le disque s'arrêta devant une clairière que je ne connaissais pas. Pourtant, j'avais exploré presque tout. Je croyais.

La clairière était ronde, parfaite, comme si quelqu'un avait découpé la forêt avec un compas géant. Au centre, il y avait une sphère posée sur trois pieds fins. Elle était mate, couleur pierre, mais sa surface frémissait comme la peau d'un étang.

Le disque fit “bip” et la sphère s'ouvrit en silence, en pétales.

Trois êtres sortirent.

Ils n'étaient ni effrayants ni énormes. Ils étaient… étrangement élégants. Leur peau était lisse et légèrement translucide, comme de la gelée très sérieuse. Leurs yeux étaient grands, mais pas froids. Et leurs mains avaient six doigts fins, qui bougeaient comme des algues.

L'un d'eux leva un petit appareil et le pointa vers moi.

Je levai aussitôt les deux pattes.

— Je suis pacifique ! Je viens de faire une fête d'au revoir silencieuse, c'est dire si je suis calme !

L'être pencha la tête. Puis l'appareil fit un petit “plop”, et une bulle lumineuse s'échappa, flottant entre nous.

Dans la bulle, des mots se formèrent, comme de la buée sur une vitre.

“BONSOIR. EXCUSEZ L'INTRUSION.”

Je restai bouche bée.

— Vous… vous écrivez dans des bulles ?

Une deuxième bulle apparut.

“PARLER PRODUIT DU BRUIT. NOUS PRÉFÉRONS LE DOUX.”

Je sentis mon sourire s'élargir tout seul.

— Alors on va bien s'entendre.

Le plus petit des trois fit un geste rapide, et une bulle sortit, un peu bancale.

“TU ES LUMO ?”

Je sursautai.

— Oui. Comment vous savez ?

La réponse arriva avec une bulle qui scintillait comme une étoile filante.

“NOUS AVONS REÇU UN SIGNAL. TES RÊVES SONT… PUISSANTS.”

Je touchai mon carnet dans mon sac. Mes rêves, puissants ? Moi qui rêvais surtout de marcher sur un nuage sans tomber à travers.

Le grand des trois s'avança. Il posa une main sur son torse, puis sur l'air devant lui. Une bulle surgit, avec un dessin : une planète, puis une autre, puis une petite porte. Entre les planètes, une ligne tremblante.

“ROUTE CASSÉE. BESOIN D'AIDE. SEULS, IMPOSSIBLE.”

Je plissai les yeux.

— Vous êtes perdus ?

La bulle répondit :

“PAS PERDUS. DÉTOURNÉS.”

Le petit être ajouta une bulle, pressée, comme un hoquet de lumière :

“UN VERROU S'EST FERMÉ. SI NOUS RESTONS, NOTRE VAISSEAU… DORMIRA.”

Je regardai la sphère. Elle avait l'air d'un animal qui retient sa respiration.

— Et vous voulez que je fasse quoi ? demandai-je. Je ne suis pas mécanicien. Je sais juste faire des biscuits qui collent.

Le grand leva six doigts. Une bulle jaillit, très claire.

“NOUS AVONS BESOIN D'UN GROUPE. UN CERCLE. SOLIDARITÉ.”

Le mot me piqua le cœur, comme une petite étincelle.

Je pensais à Miri, à Tork, aux autres, à leur promesse chuchotée.

— Je… je devais partir seul, murmurai-je. C'était mon idée.

Une bulle, douce :

“LES IDÉES CHANGENT. LES AMIS RESTENT.”

Je restai immobile. Puis je soupirai, et ma queue vira au vert, la couleur des choix courageux.

— D'accord, dis-je. On va faire un cercle. Mais il faudra être silencieux, sinon mon village va se réveiller et ça, c'est une catastrophe.

Les trois êtres inclinèrent la tête en même temps. Une bulle unique s'éleva, comme un petit feu d'artifice muet :

“ACCORD.”

Chapitre 4 : Le cercle des mains et le rire retenu

Je courus presque sur le sentier de mousse, guidé par le disque. La mousse me chatouillait les pattes, mais je ne tombai pas. J'avais l'impression que le sol lui-même m'aidait.

Arrivé à ma cabane, je tapai doucement au volet. Trois petits coups, le code de l'urgence discrète.

Miri ouvrit, déjà réveillée. Bien sûr.

— Tu reviens ? souffla-t-elle.

— Pas vraiment. J'ai… des invités.

Derrière moi, le disque flottait comme un lampion timide. Miri le fixa, puis me fixa, puis ses sourcils firent une danse d'inquiétude.

— Lumo. Tu n'as pas le droit d'adopter des objets bizarres, même s'ils sont mignons.

— Ce n'est pas une adoption. C'est une mission. Et… on a besoin de solidarité.

Le mot fit son effet. En moins de dix minutes, Miri avait réveillé Tork et deux autres amis : Sanna, qui savait écouter même les pierres, et Jeb, qui faisait des nœuds si solides que même le vent abandonnait.

On retourna ensemble dans la clairière, en file indienne, sans parler. Tork trébucha une fois, mais Jeb le rattrapa sans un bruit, en lui attrapant le col comme un crochet.

Quand la sphère s'ouvrit à nouveau, mes amis se figèrent. Les trois êtres sortirent et projetèrent des bulles de salutation, comme des lanternes.

“BONSOIR. MERCI.”

Tork ouvrit la bouche, puis la referma. Il finit par chuchoter :

— Ils sont… gélatineux.

Sanna lui donna un petit coup de coude.

— Chut. Sois poli. Toi aussi, tu es un peu gélatineux quand tu as peur.

Je dus me mordre la langue pour ne pas rire.

Le grand être montra le sol. Une bulle apparut avec un dessin : un cercle de mains autour d'un symbole de porte.

“FAIRE CERCLE. TENIR. PENSER ENSEMBLE.”

— Penser à quoi ? demanda Miri, les yeux brillants.

La réponse vint, simple :

“À OUVRIR.”

Nous nous plaçâmes autour de la sphère. Les extraterrestres se mêlèrent à nous, comme si c'était naturel. Le disque se posa au centre, dans l'herbe courte. La mousse, ici, n'osait pas entrer.

Je tendis ma patte à Tork. Tork la saisit, trop fort. Je tendis l'autre à l'être le plus proche. Sa main était fraîche, mais pas désagréable, comme une pierre de rivière.

Le cercle fut complet.

Dans ma tête, je vis une porte. Pas une porte en bois. Une porte faite de lumière, avec un contour net, comme un dessin au crayon. J'imaginai une poignée. J'imaginai qu'elle cédait doucement.

Autour de moi, je sentis les autres faire pareil. Même Tork, j'en étais sûr, imaginait une porte… probablement avec un panneau “N'ENTREZ PAS” juste pour le plaisir.

Le disque au centre s'alluma. Les symboles sur sa surface se mirent à tourner, et la sphère vibra, sans bruit, comme un tambour que personne n'entend.

Une fente dans l'air apparut. Fine, lumineuse. Puis elle s'élargit en rectangle.

Une porte.

Elle n'avait pas de mur autour. Elle était posée dans l'espace, comme une idée devenue solide.

Les bulles des extraterrestres se mirent à scintiller de joie.

“RÉUSSI.”

Jeb chuchota, impressionné :

— On vient d'ouvrir… une porte dans l'air. Sans même casser quelque chose. C'est nouveau.

La porte vibra. Un souffle tiède en sortit, sentant un mélange de métal propre et de pluie.

Le grand être fit une bulle très lente, très sérieuse :

“NOUS DEVONS PASSER. MAIS… LE VERROU FINAL SE FERA DE L'AUTRE CÔTÉ.”

Je sentis mon sourire trembler un peu.

— Et nous ? On vient ?

Une bulle apparut, tendre :

“VOUS ÊTES LE PONT. VOUS N'ÊTES PAS OBLIGÉS.”

Je regardai mes amis. Miri hocha la tête. Sanna aussi. Jeb serra ses doigts, prêt à faire un nœud au destin s'il le fallait. Tork avala sa salive, puis souffla :

— Si on y va, on le fait ensemble. Sinon je reste ici et je m'évanouis de stress, et ce serait… bruyant.

Je gloussai sans son.

— Ensemble, alors.

Nous franchîmes la porte.

Chapitre 5 : Le couloir des étoiles et le plan qui tremble

De l'autre côté, ce n'était pas l'espace comme dans les histoires où l'on gèle et où l'on flotte en criant. C'était un couloir. Un long passage lumineux, comme un tunnel d'aurore boréale. Le sol semblait fait de verre doux, et sous nos pieds, des constellations glissaient lentement, comme des poissons.

Je marchais avec prudence. Tork, lui, avançait comme si le sol pouvait le trahir à tout instant.

— C'est… magnifique, murmura Miri. Et un peu injuste. Pourquoi nous, on n'a que des chemins boueux ?

Une bulle s'alluma près de nous, envoyée par le petit extraterrestre :

“VOS CHEMINS SONT VIVANTS. C'EST RARE.”

Sanna sourit. Ça lui allait bien.

Au bout du couloir, il y avait une grande structure, une sorte d'arche avec des lignes lumineuses. Au centre, une porte identique à la première, mais plus épaisse, comme si elle portait un secret lourd.

Le grand extraterrestre projeta une bulle avec un schéma : l'arche, un symbole de serrure, et plusieurs mains autour.

“VERROU FINAL. IL FAUT STABILISER.”

Je posai mon sac au sol. Ma pierre chaude diffusait une petite chaleur rassurante. Je la serrai un instant, pour me donner du courage.

— Comment on stabilise ? demandai-je.

La bulle répondit :

“EN PARTAGEANT. FORCE + CALME. PAS UN SEUL, TOUS.”

Miri s'approcha.

— On refait un cercle ?

“PLUS QUE CERCLE,” indiqua une bulle. “LIEN.”

Jeb fronça les sourcils, puis sortit une petite corde de son sac. Il la brandit comme une révélation.

— Lien, c'est mon domaine.

Il fit, sans parler, un nœud doux autour de nos poignets, juste assez pour nous relier, pas pour nous emprisonner. Une chaîne d'amis. Même les extraterrestres tendirent leurs mains à six doigts, curieux. Jeb s'adapta, très sérieux, comme s'il faisait du tricot intergalactique.

Tork eut un petit souffle paniqué.

— Si on est attachés et qu'il se passe un truc… on ne pourra pas courir !

Sanna chuchota :

— Justement. On ne court pas. On tient.

Ça calma Tork. Un peu.

Nous nous plaçâmes devant l'arche. Les extraterrestres nous imitèrent. Le disque flottant se posa dans un creux prévu pour lui, comme une pièce de puzzle retrouvée.

La porte épaisse vibra. Les lignes de l'arche clignotèrent. On sentait que quelque chose résistait, comme une vieille serrure rouillée qui n'a pas envie de s'ouvrir.

Je fermai les yeux. J'imaginai les mains de mes amis, et celles des étrangers, toutes différentes, mais liées. Je pensai à notre mini-fête silencieuse : on avait déjà fait un cercle, déjà fait une promesse.

Ma queue vira au violet, la couleur rare des moments importants.

La lumière monta, comme une marée. Le couloir sembla retenir son souffle.

Puis il y eut un “clic” muet dans l'air. Pas un son, plutôt une sensation, comme quand on trouve enfin le bon mot.

La porte épaisse s'illumina.

Les bulles des extraterrestres explosèrent en étincelles de joie (toujours sans bruit).

“STABLE.”

Le grand être nous montra une autre sortie derrière la porte, une direction vers leur monde, peut-être. Puis une bulle apparut, plus lente, presque triste :

“LE PASSAGE SE FERMERA APRÈS. POUR VOUS PROTÉGER.”

Miri fronça les sourcils.

— Attends. Fermer… comment ?

La réponse flotta, claire comme une goutte :

“PORTE CLOSE. FIN DE LIEN. MAIS PAS FIN DE SOLIDARITÉ.”

Je ne savais pas si ça devait me rassurer.

Je sentis une chaleur dans ma poitrine, comme si mon cœur avait décidé de devenir une petite étoile.

— Alors faisons ça bien, dis-je. Jusqu'au bout. Ensemble.

Chapitre 6 : La porte close

Nous avançâmes. Derrière la porte épaisse, il y avait une salle ronde, remplie d'objets étranges : des panneaux qui flottaient, des sphères qui chantaient sans son, des lumières qui couraient comme des insectes. Tout semblait conçu pour être compris avec le regard et le cœur, pas avec des mots compliqués.

Au centre, une dernière porte attendait.

Elle était simple. Lisse. Sans poignée. Une porte qui ne promettait rien, sauf d'être une porte.

Le grand extraterrestre projeta une bulle finale :

“MERCI. VOUS AVEZ SAUVÉ NOTRE ROUTE.”

Le petit ajouta une bulle, un peu de travers, comme un sourire maladroit :

“VOS RÊVES SONT BONS OUTILS.”

Jeb chuchota :

— On met ça sur un badge ?

Tork, malgré lui, eut un petit rire silencieux, les épaules qui sautent.

Je regardai mes amis. Ils avaient les yeux humides, mais pas tristes. Comme après une journée énorme, quand on sait qu'on a fait quelque chose de juste.

Le grand extraterrestre s'approcha de moi. Il posa deux doigts sur mon front, très doucement. Une bulle naquit, minuscule :

“AU REVOIR NE VEUT PAS DIRE FIN.”

Je pensai à ma fête silencieuse. À ce que j'avais voulu faire : partir sans déranger, sans faire de bruit, sans blesser personne.

Finalement, ce n'était pas une fuite. C'était un passage.

Les extraterrestres franchirent la dernière porte, un à un. Le disque les suivit, comme un petit animal fidèle.

Avant de disparaître, le grand se retourna. Une dernière bulle s'éleva, brillante comme une étoile tenue dans une main :

“SOYEZ SOLIDAIRES. C'EST VOTRE NAVETTE.”

Puis la porte se referma.

Sans fracas. Sans souffle. Juste un mouvement net, propre, comme une paupière qui se ferme.

Nous restâmes devant, reliés par la corde de Jeb, immobiles. Je posai ma patte sur la surface lisse. Elle était froide, mais pas hostile.

— Elle est… close, murmura Miri.

— Oui, dis-je.

Tork tira doucement sur la corde.

— On fait quoi, maintenant ?

Je regardai mes amis. Je sentis encore, dans mes doigts, la pression des mains différentes, et pourtant si proches.

Je souris, parce que c'était ma façon de dire : on a peur, mais on est là.

— Maintenant, on rentre, dis-je. Ensemble. Et on se fait une autre fête. Silencieuse. Mais cette fois… pour se dire bon retour.

Derrière nous, le couloir des étoiles s'effaçait déjà, comme un rêve au réveil. Devant nous, la porte restait close, calme et définitive.

Et pourtant, dans mon sac, mon carnet attendait, prêt à être rempli.

Je pris une grande inspiration, et nous tournâmes les talons, liés, solides, et étonnamment légers.

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Luciole-lampe
Une petite lumière en forme de luciole utilisée comme lampe pour éclairer doucement.
Sentier de mousse
Un chemin couvert de mousse douce qui amortit les pas et semble vivant.
Sphère
Une forme ronde, comme une boule; ici, un objet étrange et mystérieux.
Translucide
Qui laisse passer un peu de lumière, mais pas assez pour voir clairement.
Projecteur
Un appareil qui envoie de la lumière pour montrer ou dessiner quelque chose.
Solidarité
Quand des personnes s'aident et restent unies dans une même action ou idée.
Clairière
Un espace ouvert au milieu de la forêt, sans arbres, où il y a de la lumière.
Verrou
Un mécanisme qui bloque une porte pour l'empêcher de s'ouvrir.
Arche
Une grande structure en forme de demi-cercle, souvent au-dessus d'une porte.
STABILISER.
Rendre quelque chose stable, fixe et sécurisé, sans le faire bouger.
Constellations
Groupes d'étoiles qui forment des dessins visibles dans le ciel.
Nœud
Une manière d'attacher une corde ou un lien pour qu'il tienne bien.

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