Chapitre 1 : La chaussette disparue
Ce matin-là, Léonie, douze ans, se réveilla avec une drôle de sensation. Quelque chose clochait. Elle attrapa sa couette d'une main, lança un regard à son réveil en forme de chat (bloup, bloup, bloup, il faisait toujours ce bruit ridicule) et s'étira comme un chat paresseux. Son frère Jules, neuf ans, était déjà debout, prêt à semer la zizanie.
— Léoooonie ! Tu n'aurais pas vu ma chaussette verte avec les dinosaures ? cria Jules depuis le couloir.
Léonie roula des yeux. Il fallait toujours que Jules égare ses affaires, et bien sûr, c'était elle qui devait les retrouver. Elle sauta hors du lit, manquant de peu d'écraser son chat en peluche, et sortit de sa chambre.
— Elle n'est pas dans ta chambre ? Tu as cherché sous ton lit ? demanda-t-elle, déjà lasse.
— J'ai fouillé partout ! Même dans le panier à linge ! répondit Jules, l'air catastrophé.
Léonie jeta un coup d'œil dans la chambre de son frère. C'était un capharnaüm de legos, de livres et de chaussettes dépareillées. Mais pas de trace de la fameuse chaussette dinosaure.
— On dirait qu'elle s'est fait la malle, ta chaussette, dit Léonie en souriant.
— Tu crois qu'elle a rejoint une tribu secrète de chaussettes disparues ? demanda Jules, les yeux pétillants.
— Possible ! fit Léonie, espiègle. Mais il faudra mener l'enquête.
Bloup, bloup, bloup. Le réveil de Léonie semblait approuver.
Chapitre 2 : L'enquête commence
Après un petit-déjeuner gigotant (le lait avait décidé de faire des bulles dans les bols), Léonie et Jules commencèrent à fouiller la maison. Leur mère, qui rangeait la vaisselle, lança d'un ton taquin :
— Si vous trouvez la chaussette de Jules, je vous offre un goûter surprise !
Léonie sentit la motivation grimper d'un cran. Un goûter surprise ? Peut-être des cookies, ou mieux, les fameux roulés à la cannelle…
Jules se pencha sous la table du salon. Léonie, elle, inspecta le panier à linge. Elle tomba sur une chaussette rose à licornes, une bleue à étoiles et… une chaussette noire qui n'était à personne.
— Jules ! Viens voir ce que j'ai trouvé !
Jules accourut et éclata de rire.
— C'est la chaussette fantôme ! s'exclama-t-il.
Léonie, prise d'un fou rire, imagina une chaussette flottant dans la maison, faisant « ouh ouh » pour effrayer les autres chaussettes.
Ils continuèrent leurs recherches : dans la salle de bains (où ils trouvèrent une brosse à dents toute croquée), sous le canapé (où Jules découvrit une collection de miettes de biscuits et un vieux dessin), et même dans le frigo (où Léonie, hilare, proposa que la chaussette s'était peut-être transformée en yaourt).
Mais toujours pas de chaussette dinosaure.
Chapitre 3 : La piste du chat
Alors que Léonie s'apprêtait à abandonner, elle aperçut le chat de la famille, Pistache, qui filait à toute allure en direction de la chambre de Jules.
— Jules, tu penses que Pistache aurait pu voler ta chaussette ?
— Tu crois qu'il s'est fait un nid secret ? répondit Jules, mi-inquiet, mi-amusé.
— On va le suivre discrètement, dit Léonie en se penchant comme une espionne. Mission chaussette dinosaure, en avant !
Ils rampèrent sur le tapis, se cachèrent derrière les rideaux (Pistache les regarda d'un air blasé) puis le suivirent jusqu'à la buanderie.
Pistache disparut derrière la machine à laver. Léonie se pencha et, dans la pénombre, aperçut… une petite boule de tissu verte !
— La voilà ! s'écria-t-elle triomphalement.
Mais au moment où elle tendit la main, Pistache bondit et attrapa la chaussette dans sa gueule.
— Rends-nous la chaussette, Pistache ! supplia Jules.
Pistache s'assit, digne comme un roi, et déposa la chaussette devant eux. Jules la ramassa et la serra contre lui, comme un trésor.
— Sauvetage réussi ! déclara Léonie.
— Merci Pistache, t'es le meilleur chat du monde ! ajouta Jules, tout sourire.
Chapitre 4 : Bataille de coussins
Mission accomplie, les deux complices retournèrent dans leur chambre. Mais, comme souvent, le calme ne dura pas.
Jules, euphorique, lança sa chaussette dinosaure en l'air, qui atterrit pile sur la tête de Léonie.
— Hé ! Tu cherches la bagarre ? lança Léonie, en ramassant un coussin.
— Même pas peur ! répondit Jules, armé de son propre coussin.
Et c'est ainsi que débuta la plus épique des batailles de coussins. Les plumes volaient, les rires éclataient, et la mère de Léonie hurla depuis la cuisine :
— Pas de carnage dans le salon, les monstres !
Mais rien n'y fit : le salon se transforma en champ de bataille moelleux. Léonie fit semblant de tomber à la renverse, Jules se jeta sur le canapé en poussant un « Waaah ! » retentissant. Pistache, lui, regardait la scène d'un air amusé, sa queue battant la cadence.
Finalement, hors d'haleine, ils s'écroulèrent côte à côte, les cheveux en bataille et les yeux pétillants.
— Je déclare la paix des coussins ! souffla Jules.
— Accordée ! répondit Léonie, hilare.
Chapitre 5 : Le goûter surprise
La bataille terminée, une odeur alléchante vint chatouiller leurs narines. Ils se précipitèrent dans la cuisine, où leur mère les attendait, les mains sur les hanches mais le sourire aux lèvres.
— Vous avez retrouvé la chaussette, alors ? demanda-t-elle.
Jules brandit fièrement la chaussette dinosaure, comme un trophée.
— Mission accomplie, chef ! dit Léonie en saluant militairement.
La mère fit mine d'inspecter la chaussette, puis ouvrit la boîte à goûter. À l'intérieur, des cookies tout chauds, dorés à souhait, et un petit mot : « Pour mes champions de la chaussette disparue ».
Jules et Léonie se jetèrent sur les cookies, riant encore de leur aventure. Pistache eut même droit à un petit morceau.
— Tu crois qu'il y a vraiment une tribu de chaussettes disparues ? demanda Jules la bouche pleine.
— Sûr ! répondit Léonie. Mais maintenant, on sait que Pistache est leur chef secret.
Ils éclatèrent de rire, la bouche pleine de miettes.
Chapitre 6 : La revanche de la chaussette
Le lendemain, alors que Léonie pensait que leur histoire de chaussette était terminée, elle découvrit, au fond de son tiroir, une chaussette rose… avec un dinosaure vert.
— Jules ! Ta chaussette a fait des petits ! s'exclama-t-elle en riant.
Jules accourut, les yeux ronds.
— C'est la mienne, ça ? Mais… elle est différente !
— Peut-être qu'elle s'est transformée pendant la nuit, suggéra Léonie avec un clin d'œil.
Jules prit la chaussette et la regarda sous toutes les coutures.
— En tout cas, je préfère les chaussettes magiques !
— Moi aussi, répondit Léonie. Mais attention, elles pourraient bien disparaître à nouveau…
Ils échangèrent un regard complice, prêts pour une nouvelle aventure.
Chapitre 7 : Chamailleries et éclats de rire
Les jours suivants, Léonie et Jules se lancèrent dans une chasse aux chaussettes disparues à travers toute la maison. Chaque fois qu'ils en retrouvaient une, ils inventaient une histoire farfelue : la chaussette qui voulait voir la mer, celle qui rêvait de devenir bonnet, ou celle qui s'était prise pour un gant.
Un soir, alors qu'ils se disputaient pour savoir qui devait ranger la salle de bains, ils finirent par éclater de rire en se lançant des serviettes mouillées. La mère, excédée, surgit :
— Les deux tornades ! Vous allez finir par transformer la maison en piscine à chaussettes !
— Bonne idée ! s'exclama Jules.
— On mettrait Pistache en maître-nageur, ajouta Léonie.
Et c'est ainsi que, de chamailleries en éclats de rire, Léonie et Jules transformèrent chaque petit conflit en aventure délirante. Ils comprirent que, finalement, ce qui comptait le plus, ce n'était pas de retrouver les chaussettes… mais de partager des moments rigolos, ensemble.
Et, bien sûr, de surveiller Pistache du coin de l'œil. On ne sait jamais, une chaussette peut disparaître à tout moment…