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Histoire amusante de fratrie 11 à 12 ans Lecture 22 min. (2)

Le club secret des chaussettes disparues

Dans une maison où les chaussettes disparaissent, Léo décide d'organiser un défilé de mode original avec sa sœur Zoé et son frère Max, transformant la buanderie en scène de spectacle hilarante. Au fil des défilés, une ombre mystérieuse viendra perturber leur soirée pleine de rires et de surprises.

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Léo, un garçon de 12 ans aux cheveux bruns en bataille et lunettes rondes, sourit malicieusement sur un podium improvisé fait de paniers à linge, tenant une chaussette super-héros. À ses côtés, sa sœur Zoé, 14 ans, avec des cheveux longs et blonds, rit en portant des chaussettes violettes à licornes, assise sur la machine à laver. Leur frère Max, 16 ans, avec un t-shirt noir, fait le clown en tenant un cintre comme un micro. La buanderie lumineuse est remplie de paniers de vêtements propres et sent la lessive à la lavande. Ils sont prêts à commencer leur défilé de mode de chaussettes, entourés de chaussettes colorées sur le sol, créant une ambiance joyeuse. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 – La guerre des chaussettes

Dans ma famille, tout commence toujours par une chaussette qui disparaît.

Ce soir-là, j'étais affalé sur le canapé, en train de chercher la deuxième chaussette bleue à rayures vertes, ma préférée. Autour de moi, c'était le carnage : chaussettes roulées en boule, orphelines, trouées, trop petites, trop grandes… un vrai cimetière de chaussettes.

— Personne n'a vu ma chaussette bleue ? grognai-je.

Ma grande sœur Zoé leva à peine les yeux de son téléphone.

— Tu me parles à moi ou à ton royaume de chaussettes perdues ? demanda-t-elle en rigolant.

Mon grand frère Max passa derrière le canapé et me lança une chaussette rose, avec un énorme cœur dessus.

— Tiens, Léo, ça ira parfaitement avec tes yeux, se moqua-t-il.

— Ha. Ha. Très drôle, répondis-je en lui renvoyant la chaussette à la figure.

Elle atterrit pile sur son nez. Max fit semblant de s'étouffer.

— Haaa ! Attaque de chaussette toxique !

Zoé éclata de rire. Moi, j'étais partagé entre l'agacement et l'envie de sourire. Dans cette maison, personne ne respectait la souffrance des chaussettes perdues. Ni la mienne.

Je me redressai, inspirai très fort, et une idée complètement folle se forma dans ma tête, comme une bulle de savon qui grossit, grossit…

— Vous savez quoi ? déclarai-je. Je vais organiser le tout premier Défilé de Mode de Chaussettes de l'histoire de cette maison.

Silence.

Puis Zoé éclata de rire.

— Un… quoi ?

— Un défilé, répétai-je. Avec un podium. Des chaussettes vedettes. Des numéros. Tout.

Max posa une main dramatique sur son cœur.

— Mesdames et messieurs, voici Léo, le styliste des pieds, annonça-t-il avec une voix de présentateur télé.

Je bombai le torse.

— Vous verrez, ce sera génial. Et vous serez obligés d'y participer, parce que… parce que… je vais le faire dans la buanderie.

Zoé cligna des yeux.

— Dans la buanderie qui sent la lessive à la lavande ?

— Oui, confirmai-je. Là où toutes les chaussettes se retrouvent. Leur pays secret. Leur… coulisse.

Max et Zoé échangèrent un regard. Je connaissais ce regard : celui qu'ils avaient quand ils hésitaient entre dire « tu es ridicule » et « ça a l'air marrant ».

— Bon, dit Zoé. Si je peux être juge du défilé, je suis partante.

— Et moi, intervint Max, si j'ai le droit d'avoir une catégorie spéciale : « Chaussette la plus moche du monde ».

Je levai les bras en l'air.

— Marché conclu ! Ce soir, après le dîner, rendez-vous à la buanderie. Préparez vos plus belles chaussettes… ou les plus horribles.

Je ne le savais pas encore, mais cette simple guerre de chaussettes allait devenir notre plus grand fou rire de fratrie.

Chapitre 2 – La buanderie transformée

Après le dîner, je filai vers la buanderie. C'était ma pièce préférée de la maison : petite, mais lumineuse, avec une odeur de propre qui piquait un peu le nez. La machine à laver ronronnait parfois comme un gros chat, et le sèche-linge faisait un « boum boum boum » quand une basket se coinçait dedans.

Là, tout de suite, la pièce était calme. Trop calme.

Je refermai la porte derrière moi et lançai l'opération « Défilé de Mode de Chaussettes ».

D'abord, j'installai un podium : une longue planche trouvée dans le garage, posée sur deux paniers à linge retournés. Un peu bancal, mais ça tenait. Ensuite, j'accrochai la lampe de bureau de Max au porte-serviettes pour éclairer le podium comme un vrai spot de défilé.

— Tadadaaaa ! fis-je en appuyant sur l'interrupteur.

La lumière blanche éclaboussa la pièce. Les paniers débordaient de vêtements propres, tout chauds, qui sentaient la lessive. J'en sortis des chaussettes par dizaines et les étalai par terre, comme un trésor multicolore : rayures, pois, petits chats, super-héros, animaux bizarres, et même une paire avec des sushis.

La porte s'ouvrit brusquement.

— Wouah, fit Zoé en entrant. On dirait le backstage d'un show de... pieds.

Elle portait sous le bras une boîte remplie de chaussettes parfaitement pliées. Évidemment. Zoé était du genre organisée.

Max arriva derrière, traînant un sac plastique gonflé.

— J'ai ramené la collection « chaussettes perdues derrière le canapé », annonça-t-il fièrement.

Il renversa le sac sur le sol. Un nuage de poussière s'en échappa.

— Beurk, protestai-je. On est dans une buanderie qui sent le propre, pas dans une décharge de chaussettes.

— Justement, elles sont là pour être sauvées, déclara Max. C'est la deuxième chance des chaussettes.

Zoé posa sa boîte à côté de moi.

— Alors, chef styliste, c'est quoi le plan ?

Je pris mon air le plus sérieux.

— Très simple. On choisit chacun trois paires de chaussettes : une classe, une étrange, une complètement ridicule. Ensuite, on les fait défiler sur le podium avec un commentaire. Toi, Zoé, tu es juge officielle. Max, toi… tu peux être commentateur sportif des pieds.

Max fit un salut militaire.

— Bien reçu, Capitaine Orteils.

On se mit à fouiller dans les piles. On aurait dit trois chercheurs d'or, sauf que notre or à nous, c'était du coton.

— Oooh, regardez celles-là ! s'exclama Zoé en brandissant une paire violette avec des licornes.

— Trop girly, commenta Max.

— Ignorant, répondit-elle. Ce sera ma paire « classe ».

Je trouvai enfin une paire presque magique : des chaussettes noires avec des éclairs jaunes dessus. Parfaites pour un final dramatique. Pour la catégorie « ridicule », je chopai deux chaussettes dépareillées : l'une avec des bananes, l'autre avec des ballons de foot.

— Voilà, murmurai-je. Le chef-d'œuvre.

La buanderie, avec ses paniers pleins, sa machine silencieuse et son odeur de propre, s'était transformée en salle de spectacle secrète. Et nous, la fratrie, on allait en être les stars.

Chapitre 3 – Le défilé des pieds

— Mesdames et messieurs, annonça Max, bienvenue au tout premier Défilé de Mode de Chaussettes de la famille Dubois !

Il tenait un cintre comme un micro. Zoé, assise sur la machine à laver, agitait un torchon propre comme un drapeau.

— Je déclare ce défilé officiellement ouvert ! proclama-t-elle.

Je poussai un petit rire nerveux. C'était bête, tout ça, mais j'avais l'impression de lancer un vrai show.

— Première catégorie : les chaussettes classes, annonçai-je. Zoé, à toi l'honneur.

Elle monta sur le podium, pieds en avant, comme si elle promenait des bijoux. Elle portait ses fameuses chaussettes violettes à licornes. Elle se dandina, tourna sur elle-même.

— Regardez, fit Max d'une voix grave, la démarche confiante de la Licorne Élégante. Elle maîtrise parfaitement le trottoir… euh, le podium.

Zoé plia les genoux, puis leva un pied en l'air, comme une danseuse de ballet.

— Note du jury, annonçai-je. Pour la grâce, 9 sur 10. Pour les licornes, 10 sur 10.

— Je m'applaudis moi-même, décida Zoé en tapant dans ses mains.

Ce fut ensuite au tour de Max. Il avait choisi des chaussettes noires toutes simples.

— Super classe, ironisai-je.

— Tu n'y connais rien, petit, répondit-il. C'est la sobriété chic.

Il avança sur le podium avec une démarche ralentie, comme dans un film au ralenti.

— Mesdames et messieurs, commenta Zoé, voici le Mannequin Ennuyeux, alias « Monsieur Je-Mets-Des-Chaussettes-Noires ».

Je pouffai de rire. Max fit semblant d'être vexé, puis se lança dans une pose dramatique.

— Note du jury pour l'ennui : 10 sur 10, annonçai-je. Pour le style, euh… 6.

— Scandale, protesta-t-il. Le jury est corrompu par les licornes.

Quand vint mon tour, je glissai mes pieds dans mes chaussettes à éclairs jaunes. Je montai sur le podium, le cœur qui faisait « boum boum ». Oui, c'était juste un jeu, mais je voulais impressionner.

— Voici Léo, le Roi de la Foudre des Pieds ! s'exclama Max. Attention, il risque de faire éclater vos orteils !

Je me mis à marcher comme un super-héros, les bras croisés, en regardant très loin devant. Puis je fis semblant d'envoyer des éclairs avec mes doigts.

— Tchhh ! Pzaaaam !

Zoé éclata de rire.

— Note du jury : 10 sur 10 pour la démarche dramatique et les bruitages ridicules.

Je fis une révérence exagérée. C'était cool. On enchaîna ensuite avec la catégorie « étrange » : des chaussettes avec des têtes de poissons, des ours mal dessinés, des motifs qu'on ne comprenait même pas.

Plus le défilé avançait, plus on riait. Max inventait des commentaires de plus en plus idiots :

— Et voici la chaussette « Je-sais-pas-ce-que-je-suis-mais-je-brille », idéale pour impressionner les pigeons sur les trottoirs !

Zoé levait des cartons imaginaires avec des notes.

— 8 pour l'audace, 3 pour le bon goût.

Je me pliais en deux à force de rire. La buanderie, d'habitude si calme, vibrait de nos éclats de voix et de nos « tchhh », « boum », « tadaaa ».

On en oublia presque la dernière catégorie : la plus importante.

Chapitre 4 – La chaussette la plus moche du monde

— Attention, déclara Max, nous arrivons à la catégorie phare de la soirée… la Chaussette la Plus Moche du Monde !

Il avait pris un ton tellement sérieux qu'on aurait cru qu'il présentait un prix Nobel.

— Je propose, dit Zoé, qu'on éteigne la lumière et qu'on allume juste la lampe de bureau pour faire… suspense.

Elle n'attendit même pas notre réponse. « Clic. » La lumière principale s'éteignit. Seule la lampe de bureau restait allumée, projetant un cercle blanc sur le podium et de grandes ombres sur les murs.

Soudain, la buanderie sembla un peu plus mystérieuse.

— Brrr, fit Max. On dirait qu'on va invoquer le Fantôme des Chaussettes Perdues.

— Arrête, grognai-je, même si ça me faisait un peu rire.

— Premier candidat, annonça Zoé, la chaussette banane-ballons de Léo !

Je montai sur le podium avec mes deux chaussettes dépareillées. À droite, des bananes qui faisaient des grimaces. À gauche, des ballons de foot souriants. Ensemble, c'était une horreur visuelle.

Max se prit le front dans les mains.

— Mes yeux… Ils brûlent…

— Parfait, répondis-je fièrement. C'est le but.

Je fis une petite danse ridicule, en secouant les pieds. Les ombres de mes jambes dansaient aussi sur le mur, déformées, gigantesques.

— Note du jury, dit Zoé. Pour le mélange impossible : 10 sur 10. Pour l'attaque visuelle : 11 sur 10.

— Yesss, criai-je.

Max arriva ensuite avec une chaussette grise trouée, sur laquelle il avait dessiné au feutre un visage triste.

— Je vous présente… Gérard, la chaussette déprimée.

Il agita son pied en faisant une voix grave :

— Bonjour, je suis Gérard, j'ai été abandonné derrière le radiateur en 2009…

Je faillis tomber du podium tellement je riais.

— Pauvre Gérard, fit Zoé, en essuyant une larme imaginaire.

Elle leva un carton invisible.

— Pour la tristesse, 12 sur 10. Pour l'odeur supposée, je préfère ne pas noter.

— Hé ! protesta Max. Gérard a été lavé cet après-midi.

Zoé termina avec une chaussette verte fluo, décorée de pompons rouges qu'elle avait collés avec du scotch.

— Voici… la Chaussette « Sapin de Noël Raté » ! présenta-t-elle.

Elle fit défiler son pied avec une élégance exagérée. Les pompons tombaient un à un sur le podium.

— Et voilà, commenta Max, une chaussette qui se décore… puis s'autodétruit.

Je respirai profondément. L'air sentait toujours la lessive, mais aussi un peu notre excitation, nos rires qui flottaient encore.

— Bon, déclara Zoé. Il faut maintenant choisir la vraie Chaussette la Plus Moche du Monde.

On s'assit tous les trois par terre, au pied du podium, entourés de tissus multicolores et de pompons éparpillés.

— Moi, je vote pour Gérard, dit Zoé. Il me touche.

— Moi, pour la banane-ballons, répondit Max. Elle fait peur.

— Je choisis ta chaussette sapin, dis-je à Zoé. Elle a failli me crever un œil avec un pompon.

On éclata de rire.

— On fait égalité ? proposa Zoé.

— Ouais, trichons, approuva Max. C'est plus drôle.

On se tapa dans la main. Le défilé était un succès total. J'avais envie de crier que c'était le meilleur soir de ma vie… mais quelque chose attira soudain mon attention.

Sur le mur, juste à côté de la machine à laver, il y avait une ombre étrange.

Chapitre 5 – L'ombre bizarre

Au début, je crus que c'était mon imagination. Mais non : une grande ombre noire se découpait sur le mur blanc, juste dans le cercle de lumière de la lampe de bureau.

Elle ressemblait vaguement à… un monstre.

Deux grandes oreilles pointues, un long cou, des bras tordus. Et, bizarrement, au bout, une forme qui faisait penser à… une chaussette géante.

Je frissonnai.

— Euh… les gars ? appelai-je. Regardez le mur.

Max et Zoé tournèrent la tête en même temps.

— Wouaaah, fit Max. C'est quoi, ce truc ?

Zoé plissa les yeux.

— On dirait un lapin mutant avec un bras en chaussette.

— Très rassurant, merci, marmonnai-je.

L'ombre bougea. Lentement. Comme si elle nous faisait coucou.

Je sentis les poils de mes bras se hérisser.

— Bon, alors, commença Max, si jamais c'est vraiment le Fantôme des Chaussettes Perdues, je tiens à dire que ce n'est PAS moi qui les ai mangées. C'est la machine.

— La machine ne mange pas les chaussettes, soupirai Zoé.

— Ah ouais ? répondit Max. Et elles disparaissent où, alors ? Au pays des bananes-ballons ?

Je fixais toujours l'ombre.

— Elle a bougé, non ? chuchotai-je.

On se tut tous les trois. La buanderie semblait d'un coup très petite. J'entendais seulement notre respiration et, au loin, la télévision du salon.

L'ombre frémit à nouveau. Un bruit grinça derrière nous.

— Grrr… fit Max avec sa gorge.

Je sursautai.

— Arrête ! lui lançai-je.

Zoé posa une main sur mon épaule.

— Attends. Léo, avance doucement vers la lampe.

Je me levai, les jambes un peu molles, et m'approchai de la lampe. L'ombre bougea encore, s'allongeant sur le mur.

Plus je me rapprochais, plus je distinguais quelque chose sur le côté… comme une forme tordue, un cintre, un panier, des vêtements suspendus…

Je m'arrêtai, à un pas de la lampe.

— Bon, dit Zoé. Je crois que j'ai compris.

Elle se leva à son tour, se plaça derrière moi, prit un air de détective.

— (Voix grave) Le coupable est… ce cintre ridicule avec un t-shirt, une serviette et une chaussette coincée dessus.

Elle attrapa le cintre qui pendait sur une patère, juste à côté de la lampe, et le brandit devant nous. Le t-shirt pendait comme un ventre, la serviette formait un long cou, et la chaussette accrochée au bout ressemblait à une main.

Sur le mur, l'ombre du « monstre » avait disparu. Ne restait que le cintre déformé.

On resta silencieux une seconde.

Puis Max se mit à hurler de rire.

— On a eu peur d'un cintre ! Un cintre en chaussette !

Zoé se tapa le front.

— J'aurais dû filmer vos têtes.

Je sentis la chaleur monter à mes joues. J'étais partagé entre la honte et l'envie de rire moi aussi.

— Hé, protestai-je faiblement, c'était un peu flippant, quand même.

Max se pencha vers moi.

— Promis, dit-il, si un jour un vrai fantôme de chaussette vient te hanter, je serai là pour lui lancer Gérard à la figure.

Je pouffai. Cette fois, je me joignis franchement à leur éclat de rire. La tension se dissipa comme une bulle de savon.

La buanderie redevint notre salle de spectacle, douce et rassurante, avec son odeur de linge propre et ses paniers débordants.

— Bon, conclut Zoé. On garde l'histoire de l'Ombre qui Fait Peur… mais on ne raconte à personne que c'était un cintre, ok ?

— Jamais, promis, répondit Max.

Je hochai la tête.

— Secret de fratrie, déclarai-je solennellement.

Chapitre 6 – Le secret scellé

On rangea un peu le champ de bataille : les chaussettes, les pompons, la lampe, le podium bancal. Mais on le fit en traînant exprès, comme si on avait peur que cette soirée se termine trop vite.

— Hé, dit Max, avant de partir… on devrait faire un pacte.

— Un pacte de quoi ? demandai-je.

Il désigna la buanderie.

— Un pacte que tout ce qui se passe ici, pendant les soirées « Défilé de Chaussettes », reste entre nous. C'est notre truc, notre… club secret.

Zoé sourit.

— Le Club des Chaussettes Disparues, proposa-t-elle.

— Le Club des Cintres Monstres, répliqua Max.

— Le Club des Pieds Légendaires, ajoutai-je.

On se regarda, et on éclata de rire.

— Bon, dit Zoé, on mélange tout : le Club Secret des Pieds Légendaires et des Chaussettes Disparues qui Combattent les Cintres Monstres.

— Ça fait un peu long, observa Max.

— N'empêche, murmurais-je, j'aime bien.

Zoé s'assit de nouveau sur la machine à laver. Max grimpa sur un panier retourné. Moi, je restai debout, au milieu, comme si c'était une scène.

— Pour sceller le secret, déclara Zoé, chacun doit faire une promesse.

Elle pointa son doigt vers moi.

— Léo ?

Je déglutis, puis pris une grande inspiration.

— Je promets de continuer à inventer des trucs débiles comme ce défilé… pour qu'on ait toujours des soirées comme ça.

Max sourit, pour de vrai, sans moquerie.

— À mon tour, dit-il. Je promets… de ne plus me moquer de tes idées avant de les avoir essayées. Enfin… pas trop.

— C'est déjà énorme, commenta Zoé.

Elle posa une main sur le t-shirt du cintre-monstre, qui pendait toujours.

— Et moi, je promets… de garder ce cintre ici, dans la buanderie. Comme gardien de notre secret.

Je levai un sourcil.

— Tu veux garder… le monstre ?

— Oui, répondit-elle. Mais la prochaine fois, on lui mettra des chaussettes plus stylées.

Max leva le poing.

— Pacte accepté.

On se rapprocha tous les trois et on posa nos mains l'une sur l'autre, au centre.

— Au nom des chaussettes trouées, déclara Max.

— Des défilés ridicules, ajouta Zoé.

— Et de l'Ombre qui Fait Même Pas Peur, complétai-je.

On cria en même temps :

— Pacte scellé !

Nos voix résonnèrent dans la petite buanderie, comme un écho minuscule mais puissant. J'eus l'impression qu'on venait de mettre ce moment dans une boîte invisible, bien fermée, pour le garder pour plus tard.

Quand on sortit enfin, la maison semblait un peu différente. Ou peut-être que c'était juste moi. Je me sentais plus… grand, même si j'étais toujours le plus petit de la fratrie.

Dans le couloir, Max me donna un léger coup d'épaule.

— Hé, petit. Tu sais que ton défilé… c'était vraiment drôle.

Zoé ajouta, d'une voix plus douce que d'habitude :

— Et l'ombre du cintre… j'avoue, j'ai eu un peu peur aussi.

Je souris, les mains dans les poches.

— Alors, on recommence quand ? demandai-je.

— Bientôt, répondit Max. Quand une nouvelle chaussette disparaîtra.

— Autrement dit, très vite, soupira Zoé.

On éclata de rire en même temps.

Plus tard, dans mon lit, les yeux ouverts dans le noir, je repensai au podium bancal, aux rires, à l'ombre ridicule sur le mur de la buanderie. Je savais qu'un jour, on serait plus grands, éparpillés, occupés.

Mais ce soir-là resterait à jamais notre secret scellé : cette fois où un simple défilé de chaussettes avait transformé une buanderie qui sent le propre en plus beau théâtre de notre fratrie.

Et rien que d'y penser, j'entendais presque encore nos éclats de rire, quelque part entre deux piles de linge propre.

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Cimetière
Un endroit où l'on enterre les personnes décédées.
Défilé
Une parade ou un événement où les gens montrent des vêtements ou des objets devant un public.
Podium
Une plate-forme surélevée où une personne se tient pour montrer quelque chose.
Démarche
La manière dont on marche ou se déplace.
Spectacle
Un événement divertissant où les gens font des performances devant un public.
Coulisse
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