Le matin qui sent bon
Le four s'allume. Une petite lumière chauffe la boulangerie. Le monsieur boulanger s'appelle Paul. Il a un tablier blanc. Il sourit. Il met ses mains dans la farine. La farine est douce et blanche. Il dit : "Bonjour, farine." La farine chatouille ses doigts. Pétrir, pétrir, tout doux. Pétrir, pétrir, tout doux.
Il prend de l'eau tiède. Il verse. L'eau chante dans le bol. Il ajoute un peu de sel et un peu de levure. La levure fait de petites bulles. Les bulles sont vivantes. Elles poussent la pâte qui devient moelleuse. Paul sent l'odeur de pain. L'odeur est ronde et chaude. Les oiseaux chantent dehors. Tout est calme et joyeux.
Le pain qui veut sourire
Paul façonne la pâte. Il la pose sur la table. La pâte est souple. Elle colle un peu aux doigts. Paul fait des gestes doux. "Regarde, pâte, on va devenir un pain", il chuchote. Il roule, il plie, il tapote. Pétrir, pétrir, tout doux. Pétrir, pétrir, tout doux.
Soudain, la pâte semble écouter. Elle prend la forme d'un petit visage. Deux petites boules pour les yeux. Une fente pour la bouche. Paul rit. "Un pain souriant !", dit-il. Il marque le pain avec un couteau rond. Le sourire s'agrandit. Le pain sourit très fort. Il sent la chaleur du four avant d'entrer. Il sent la lumière comme un câlin.
Paul explique doucement. "La levure fait gonfler. La chaleur cuit. La croûte devient dorée et craquante." Il montre aux enfants la pâte. "Regardez comme on tape pour chasser les gros trous. Regardez comme on dore pour avoir une belle croûte." Les gestes sont lents et gentils. Les mots sont simples. Pétrir, pétrir, tout doux.
Il met le pain au four. La boulangerie embaume. L'odeur monte comme une chanson. Le sucre du lait caramélise. La croûte chante "crrr". Les mains de Paul sont chaudes. Les enfants imaginent le pain qui sourit dans le four. "Bonjour, pain !", disent-ils. Le four répond par une chaleur douce.
Le goûter et la sieste
Le pain sort du four. Il est doré. Il sourit. La croûte croustille. La mie est tendre et blanche. Paul pose le pain sur la planche. Il coupe une tranche. La mie s'étire comme un nuage. "Hum", dit Paul. Il prend une petite bouchée. C'est doux. C'est bon. C'est vraiement bon.
Les enfants goûtent aussi. Ils sentent la chaleur. Ils sentent le beurre fondre. Ils rient doucement. Le pain souriant rend tout le monde heureux. Paul est fier. Il dit : "Regarder le travail, c'est beau. Faire du pain, c'est un cadeau." Les enfants répètent : "Cadeau, cadeau." Pétrir, pétrir, tout doux.
La journée tire à sa fin. Les derniers pains dorent doucement. Paul nettoie la table. Il range son tablier. Il caresse le pain souriant comme on caresse un ami. Le soleil descend. Les lumières deviennent douces. Paul s'assied sur une chaise. Il ferme les yeux un petit peu.
"Bonne nuit, pain souriant", il susurre. Les enfants disent au revoir. La boulangerie est calme. L'odeur de pain flotte encore. Paul met une couverture sur ses épaules. Il ferme les yeux plus longtemps. Il pense au matin prochain. Il pense à la farine, à l'eau, à la levure et au sourire du pain.
Il s'endort avec un petit sourire. Il rêve de pains qui chantent et de mains qui pétrissent. La sieste est chaude et douce. Paul est fier. Son cœur est léger. La boulangerie veille sur lui comme un doux duvet. Pétrir, pétrir, tout doux. La sieste est douce. Tout est calme. Tout est bien.