Chargement en cours...
Histoire de super-héros comique 11 à 12 ans Lecture 21 min. (1)

Choco-Flux et la ruée au parfum de chocolat

Alma, surnommée Choco-Flux pour son super-odorat du chocolat, découvre qu’un fablab a fabriqué une machine qui répand une odeur irrésistible attirant foule et pigeons ; elle doit alors utiliser calme et empathie pour gérer la situation sans que tout dégénère.

Télécharger cette histoire en PDF

Idéal pour partager ou imprimer cette histoire !

Télécharger l'e-book (.epub)

Lisez cette histoire sur votre liseuse électronique

Alma, adolescente d'environ 14-16 ans, au visage calme et déterminé, capuche et sac à dos, tient un masque 3D contre sa poitrine; Inès, 14 ans, nattes et t-shirt, installe un filtre à air à gauche d'Alma en souriant; Nadir, 17-20 ans, tablier taché de cacao et cheveux en bataille, appuie sur un bouton de la machine derrière elle; le comptable, homme de 40-45 ans en costume froissé, distribue des lingettes au premier plan à droite; plusieurs pigeons ronds et comiques tapent contre la grande fenêtre, attirés par un nuage brun odorant. L'atelier fablab bondé présente établis en bois, imprimantes 3D, lampes articulées et une grande table centrale avec une machine étrange (mélangeur-imprimante) qui fume et laisse échapper un nuage de parfum chocolat; l'ambiance est drôle, chaleureuse et légèrement chaotique. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : Une odeur qui a des idées

Dans la ville de Mégaprise, les tramways glissaient comme des poissons d'acier, les écrans clignotaient sur les façades, et même les pigeons semblaient pressés. Au milieu de tout ça, Alma marchait d'un pas tranquille, capuche sur la tête, sac à dos sur une épaule, comme si elle n'était pas… enfin… la super-héroïne la plus calme du quartier.

Elle avait un nom de justicière un peu bizarre, qu'elle n'avait pas choisi elle-même : Choco-Flux.

— C'est nul, avait-elle protesté.

— C'est mémorable ! avait répondu le maire en lui collant un badge. Les gens adorent le chocolat.

Le problème, c'est qu'Alma venait de développer un super-odorat. Pas pour tout. Non. Uniquement pour le chocolat.

Et quand on dit super-odorat, on parle d'un truc sérieux : elle pouvait sentir un carré de chocolat noir à travers trois étages, deux manteaux et un mensonge.

Ce matin-là, son nez se mit à vibrer comme un téléphone en mode silencieux.

— Oh non… murmura Alma.

Une vague parfumée l'attrapa par les narines : chocolat fondu, noisette, caramel… le genre d'odeur qui donne envie de sourire même à une statue.

Sauf que cette odeur-là venait de loin, trop loin, et surtout… elle bougeait.

Alma s'arrêta au bord du trottoir. Un livreur passa avec un vélo cargo. Un chien renifla une poubelle avec une conviction artistique. Rien d'inquiétant.

Puis Alma sentit autre chose : une note de brûlé, un soupçon de plastique chaud. Son super-odorat faisait la grimace.

— Ça, c'est pas une simple tablette oubliée au fond d'un sac… c'est… une catastrophe pâtissière en préparation.

Elle suivit la piste en zigzaguant entre les passants. À chaque coin de rue, l'odeur devenait plus intense, comme si quelqu'un avait décidé de transformer la ville en fondue géante.

Alma s'arrêta devant une vitrine où on lisait : FABLAB — Inventer, réparer, bidouiller.

Derrière la porte, on entendait des bruits de machines et… un petit “pouf” suspect.

— Génial, souffla Alma. Un fablab. Là où les gens fabriquent des trucs. Et visiblement, aujourd'hui, ils fabriquent une odeur.

Elle posa la main sur la poignée.

Son nez éternua. Un éternuement héroïque, ce qui est très difficile à faire avec dignité.

— Atchoum… Flux !

Chapitre 2 : Le fablab des idées collantes

À l'intérieur, c'était un joyeux bazar organisé : des imprimantes 3D bourdonnaient comme des abeilles de plastique, des établis brillaient sous des lampes articulées, et des étagères débordaient de boîtes étiquetées “VIS TRÈS IMPORTANTES” et “TRUCS QU'ON RETROUVERA JAMAIS”.

Et surtout, il y avait des gens. Beaucoup de gens. De tous âges. Certains portaient des lunettes de protection, d'autres une concentration tellement intense qu'on aurait dit qu'ils écoutaient de la musique… avec leurs sourcils.

Une fille avec des nattes et un t-shirt “J'AI FAIT CE TRUC” leva la tête.

— Euh… tu cherches quelqu'un ?

— Je… je cherche une odeur, répondit Alma, ce qui, dans la vie normale, est une phrase qui fait reculer les gens.

La fille cligna des yeux, puis sourit.

— Ah ! Tu dois être Choco-Flux. On t'attendait pas, mais… ça tombe bien.

— Pardon ?

— Je m'appelle Inès. Et là, on a un problème chocolaté.

Inès la conduisit au fond de la salle, près d'un coin cuisine expérimental, où une machine étrange trônait sur une table. Elle ressemblait à un mixeur qui aurait avalé une imprimante et recraché un grille-pain.

Au-dessus, une pancarte en carton : “Choco-Masque 3000 — Ne pas paniquer”.

— Voilà, dit Inès. On devait fabriquer des masques pour le carnaval de l'école. Des masques super légers, résistants, cool. Et comme on est dans un fablab, on a voulu faire original : un masque… parfumé au chocolat.

Alma sentit son super-odorat applaudir.

— Bonne idée, admit-elle. Enfin… sauf si ça explose.

— Ça n'explose pas, protesta un garçon en tablier, les mains pleines de cacao. Ça… déborde. C'est différent.

Il s'appelait Nadir. Il avait l'air d'avoir dormi dans une boîte à outils.

— On a mélangé du bioplastique et de l'arôme chocolat, expliqua-t-il. Sauf que la machine chauffe trop. Et maintenant… le chocolat parfume TOUT.

Comme pour le confirmer, un petit nuage brun s'échappa de la machine en faisant “pschiiiit”. Un hamster robot, posé pas loin, se mit à tourner sur lui-même, comme s'il venait de sentir une brioche.

— Et le souci, ajouta Inès, c'est que l'arôme attire… la rue.

— La rue ? répéta Alma.

— Les gens. Les chiens. Les chats. Et… euh… les pigeons.

Comme si le mot “pigeon” avait été un signal, un bruit de battement d'ailes se rapprocha de la fenêtre.

Alma inspira. Son super-odorat lui envoya une image très claire : une armée de gourmandise volante.

— D'accord, dit-elle en retroussant ses manches. Empathie, calme… et plan.

— Empathie ? demanda Nadir, perplexe.

— Oui. Parce que si je commence à crier “TOUS À COUVERT, LES PIGEONS ARRIVENT”, ça risque d'être… mal pris.

Inès hocha la tête.

— Alors, super-héroïne posée, qu'est-ce qu'on fait ?

Alma s'approcha de la machine. L'odeur était si forte que son cerveau avait envie de tartiner un mur.

— On coupe la source, dit-elle. Mais doucement. Sans culpabiliser la machine. Elle fait de son mieux.

— On peut culpabiliser une machine ? demanda Nadir.

— Ne tente pas, répondit Alma. Ça finit toujours en bug.

Chapitre 3 : L'attaque des gourmands anonymes

Avant même qu'Alma touche un bouton, la porte du fablab s'ouvrit avec un courant d'air… et un monsieur en costume entra en reniflant comme un détective.

— Excusez-moi, dit-il, est-ce que vous… vendez… des brownies ?

Derrière lui, deux ados se poussèrent pour entrer.

— On a senti jusqu'au skatepark !

— C'est vous la source de bonheur ?

Puis un chien, en laisse, tenta de se faufiler entre les jambes de tout le monde. Son propriétaire s'excusa, mais le chien, lui, ne s'excusait pas du tout.

Alma leva les mains, sourire rassurant.

— Bonjour ! Oui, ça sent très bon, mais ce n'est pas un magasin. C'est un atelier. On fabrique des masques.

— Des masques au chocolat ? demanda le monsieur en costume, les yeux brillants.

— Des masques… euh… en cours de fabrication, répondit Alma.

Un bruit sourd contre la fenêtre : des pigeons. Beaucoup. Ils se collaient contre la vitre comme des ventouses à plumes, l'air de dire : “On a rendez-vous avec le dessert.”

Inès chuchota :

— On va avoir une émeute sucrée.

— Pas une émeute, corrigea Alma. Une… ruée polie. Ce qui est encore plus difficile à gérer.

Elle se pencha vers Nadir.

— Tu peux couper la ventilation de la machine ? Si on diffuse moins, on attire moins.

— Je peux essayer, dit Nadir. Mais dès que je touche ce bouton, ça fait “bip bip bip” comme si je venais d'insulter sa famille.

Alma posa une main sur la machine, comme on caresse un chat stressé.

— Salut, Choco-Masque 3000. Tu es très… parfumée. Mais là, tu rends tout le monde un peu fou.

La machine répondit par un “glouglou” inquiétant. Un filet brun commença à sortir d'un tuyau.

— Elle transpire du chocolat ! s'écria Inès.

— Techniquement, c'est de l'arôme, précisa Nadir.

— C'est de la sueur au bonheur ! conclut Inès.

Le monsieur en costume s'approcha d'un air suppliant.

— Je ne veux pas déranger, mais… mon journée est terrible. J'ai raté mon bus, mon café a fui dans mon sac, et… votre odeur est la seule chose gentille qui me soit arrivée.

Alma le regarda. Ses épaules étaient crispées, son sourire fatigué. Tout le monde autour avait l'air pareil : pas méchants, juste attirés par une promesse de réconfort.

Son super-héroïsme se réveilla d'une façon différente : pas en mode “punch”, plutôt en mode “comprendre”.

— D'accord, dit Alma doucement. Je vois. Vous avez eu besoin d'un truc qui fasse du bien. Et là, votre nez vous a conduit ici.

Les ados hochèrent la tête, honteux.

— On voulait juste… voir.

— Moi aussi, murmura une dame avec un casque de vélo. Ça sent l'anniversaire.

Alma inspira. Le chocolat, chez les gens, ce n'était pas que la faim. C'était des souvenirs, un câlin, une pause.

— Bon, annonça-t-elle, on va faire un deal. Personne ne rentre plus près de la machine. Et en échange… on va essayer de fabriquer quelque chose qui sente bon, sans que ça déborde partout. Mais il faut du calme et de la patience. D'accord ?

Un silence. Puis le monsieur en costume leva la main comme à l'école.

— Est-ce qu'on peut aider ?

— Oui, dit Alma. Déjà, vous pouvez… reculer de deux pas. C'est une aide énorme.

Les gens reculèrent en rigolant. La tension tomba d'un cran.

Nadir souffla :

— Wow. Tu viens de gérer une foule… avec de la gentillesse.

— C'est plus efficace qu'on croit, répondit Alma. Et moins fatigant que les coups de laser.

— Tu as des coups de laser ?

— Non. J'ai un super-odorat pour le chocolat. C'est déjà pas mal comme vie.

Chapitre 4 : Plan anti-pigeons, option cacao

Le problème restait là, sur la table : la machine chauffait trop, transpirait du parfum chocolaté, et dehors, les pigeons faisaient des ronds comme des hélicoptères miniatures.

Inès sortit une boîte.

— On a des filtres à air pour les imprimantes 3D.

— Et on a un ventilateur, ajouta Nadir. Et… un entonnoir géant. Ne demande pas.

Alma observa tout ça, puis regarda la fenêtre.

— Si on coupe l'odeur, les pigeons vont se calmer. Mais si on coupe brutalement, la machine risque de… faire une crise.

— Une crise de machine, répéta Nadir. C'est officiel, on vit dans une sitcom.

Alma sourit.

— Voilà le plan : on canalise le parfum dans un filtre, on refroidit la machine, et on fabrique rapidement un seul masque parfumé, juste pour “fermer” le processus. Comme un dernier “plop” contrôlé.

Inès fit un salut militaire.

— Mission : Un masque et pas un pigeon de plus.

Nadir se mit au travail, concentré. Inès installa les filtres, un peu de travers, puis recommença, puis recommença encore.

— C'est pas droit, grogna-t-elle.

— Ça dépend de la définition du droit, répondit Alma. Dans l'univers, tout est relatif. Surtout les étagères.

Dehors, un pigeon tapa du bec sur la vitre. Alma le fixa.

— Toi, tu as l'air trop motivé.

Le pigeon pencha la tête, l'air de dire : “Je suis très sérieux au sujet du cacao.”

Alma eut une idée.

— Inès, tu as du papier cartonné ?

— Oui.

— Des feutres ?

— Oui.

— Parfait.

Elle écrivit un panneau et le colla à la fenêtre, côté intérieur, pour que les pigeons voient les gros dessins : un chocolat barré et une flèche vers la gauche, où se trouvait… rien.

Sous le dessin, elle écrivit : “CHOCOLAT PAR LÀ”.

— Ça va marcher ? demanda Nadir.

— Les pigeons lisent ? demanda Inès.

— Non, répondit Alma. Mais ils aiment les flèches. Et moi, j'aime tenter des choses stupides avec confiance.

Étonnamment, quelques pigeons suivirent la flèche… vers le vide.

— Ils sont partis ! s'étonna Inès.

— Ils vont revenir vexés, précisa Alma. Dépêchons.

Nadir lança le refroidissement. La machine fit “bip… bip… biiiip”, puis un bruit de trompette ratée : “PFOUET”.

Un nuage de chocolat s'échappa quand même, mais plus petit.

Toute la salle renifla en même temps.

— Pardon, dit Nadir à la machine. On essaie de t'aider.

— Je crois qu'il s'excuse à un appareil, chuchota Inès.

— C'est mignon, dit Alma. Et ça marche parfois. Même avec les gens.

Alma ajusta le filtre, inspira, puis repéra l'endroit exact où l'odeur fuyait, comme si elle voyait un courant invisible.

— Là. Le joint est mal clipsé.

Nadir cliqua, et l'odeur diminua d'un coup. La foule, qui attendait plus loin, soupira de soulagement… et aussi de déception, comme quand une chanson s'arrête au refrain.

— Ne vous inquiétez pas ! lança Alma. On garde un peu de parfum, juste assez pour le masque final. Promis, on ne supprime pas la joie, on la… régule.

Le monsieur en costume applaudit timidement.

— Réguler la joie, c'est la phrase la plus adulte que j'ai entendue aujourd'hui.

Chapitre 5 : Le masque qui voulait trop sentir

La machine, maintenant plus calme, lança l'impression du masque. Sur l'écran, une forme apparaissait : un demi-visage élégant, avec des motifs en spirales, comme des tourbillons de cacao.

— Il est trop beau, murmura Inès.

— Et il va sentir trop bon, ajouta Nadir. Le genre “je veux le manger”, mais sans mordre.

Alma surveillait l'odeur comme un chef d'orchestre surveille ses violons. Elle sentait chaque variation : chocolat noir, chocolat au lait, une petite note vanille… puis soudain, un pic.

— Oh oh.

— Quoi ? demanda Inès.

— Le chocolat… panique. Il remonte.

Avant qu'ils réagissent, un “gloup” sonore, et une goutte d'arôme concentré jaillit… directement sur le front d'Alma.

Ça ne brûlait pas. Ça collait.

Et l'odeur… l'odeur était si intense que son super-odorat s'en retrouva… ébloui.

Alma cligna des yeux.

— Je crois que mon nez vient de faire un salto arrière.

La foule, au loin, renifla comme un seul organisme.

— Est-ce que… ça vient d'augmenter ? demanda quelqu'un.

— On dirait une fête foraine dans mon cerveau ! dit un ado.

Dehors, les pigeons revinrent en formation serrée. Le panneau “CHOCOLAT PAR LÀ” n'avait plus aucun effet : ils étaient désormais en mode “pas de flèche, pas de problème”.

Inès attrapa un chiffon.

— Alma, attends, je t'essuie !

— Non ! s'écria Alma en reculant. Si tu frottes, tu répartis l'odeur, et je deviens un… diffuseur humain.

Nadir, très sérieux, déclara :

— Techniquement, tu es déjà un diffuseur humain.

— Merci, ça aide énormément, répondit Alma.

Alma réfléchit vite. Une foule de gens gentils, des pigeons gourmands, une machine capricieuse, et elle au milieu, parfumée comme une tablette géante.

Elle se tourna vers le monsieur en costume.

— Vous avez dit que votre journée était terrible, c'est ça ?

— Oui, avoua-t-il.

— Vous seriez d'accord pour… une mission de soutien ?

— Moi ? Je suis juste comptable.

— Parfait. Les comptables sont courageux. Ils affrontent des tableurs.

Elle lui tendit un paquet de lingettes neutres trouvé sur un établi.

— Prenez-les, et distribuez-en. Dites aux gens : “On aide en nettoyant les petites surfaces collantes, sans paniquer.” Ça va les occuper, et ça évite qu'ils s'approchent de la machine.

Le comptable cligna des yeux, puis se redressa, fier.

— Je… je peux faire ça.

Il partit, et la foule se mit à aider, essuyant les tables, rangeant les outils déplacés, éloignant doucement les curieux.

Inès souffla :

— Tu viens de transformer une ruée en équipe de nettoyage.

— Les gens veulent se sentir utiles, dit Alma. Et parfois, ils ont juste besoin qu'on leur propose un rôle.

Nadir fit glisser une plaque sous le masque en cours d'impression.

— Ça y est, ça sort bientôt.

Un dernier “pouf”, et le masque se détacha, encore tiède, brillant, et… délicieusement parfumé, mais cette fois d'une odeur douce, pas agressive.

Alma le prit avec précaution, comme un trésor.

— On l'a, dit-elle.

Au même instant, un pigeon particulièrement audacieux parvint à se poser sur le rebord de la fenêtre, bec pointé vers l'intérieur.

Alma s'approcha, posa la main sur la vitre, et parla au pigeon avec le plus grand sérieux.

— Écoute. Je comprends. Tu sens un truc bon, tu veux voir. C'est normal. Mais là, c'est dangereux pour vous et pour nous. Alors… on va trouver une autre solution.

Le pigeon cligna des yeux, comme s'il réfléchissait très fort à la notion de “danger”.

Inès murmura :

— Tu négocies avec un pigeon.

— Je pratique l'empathie, chuchota Alma. Même quand ça a des plumes et zéro sens des limites.

Chapitre 6 : La fin, très posée (et un peu collante)

Avec l'odeur enfin sous contrôle, Nadir éteignit la machine. Elle fit un petit “bip” timide, comme si elle disait pardon.

La foule, désormais organisée en “brigade des lingettes”, se calma. Le comptable revint vers Alma, les joues rosies.

— Je… je me suis senti utile, avoua-t-il. Et… ça va déjà mieux, ma journée. Merci.

— Merci à vous, répondit Alma. Vous avez aidé sans vous moquer, sans bousculer. C'est rare quand les gens sentent du chocolat.

Inès leva le masque.

— On l'offre à qui ?

Un silence. Tout le monde regarda Alma, puis la goutte invisible d'arôme qui semblait encore flotter autour d'elle.

Nadir dit :

— Ça devrait être toi. Tu as géré le chaos sans crier “Alerte pigeons”.

— J'ai failli, avoua Alma.

Elle prit le masque. Il avait une forme élégante, des spirales, et une petite attache réglable. Il sentait le chocolat, oui, mais comme un secret, pas comme une sirène.

Alma regarda les gens. Elle sentit leurs émotions presque autant que le cacao : la fatigue, la curiosité, le besoin de douceur. Elle inspira doucement.

— D'accord, dit-elle. Je le mets… mais à une condition.

— Laquelle ? demandèrent Inès et Nadir en chœur.

— Qu'on garde ce fablab comme un endroit où on aide les gens, pas juste où on fabrique des trucs. Un endroit où on se parle, où on écoute, même quand quelqu'un débarque parce qu'il a eu une mauvaise journée… ou parce qu'il est un pigeon.

Inès rit.

— Deal.

— Deal, dit Nadir.

Alma s'approcha d'une table propre, posa le masque dessus un instant, comme pour marquer la fin de l'aventure. Puis elle le ramassa, l'observa, et le posa délicatement sur son visage.

Il tint parfaitement.

Dehors, les pigeons, déçus mais calmés, s'envolèrent en râlant probablement dans leur langue à eux. À l'intérieur, quelqu'un lança :

— On peut revenir demain ?

— Oui, répondit Inès. Mais avec une odeur… moins dangereuse.

— Menthe ? proposa un ado.

— Chaussette ? suggéra Nadir, très sérieux.

— On va éviter les chaussettes, trancha Alma.

Elle ajusta le masque et prit une grande inspiration. L'odeur de chocolat était là, douce, rassurante. Pas un piège, pas une invasion. Juste un rappel : parfois, le meilleur super-pouvoir, c'est de comprendre pourquoi les autres courent… même quand on a très envie de courir aussi.

Alma sortit du fablab, masque posé, pas tranquille, et Mégaprise reprit son rythme, un peu plus léger, comme si la ville elle-même avait eu droit à une petite pause sucrée.

Sans publicité 3 € par mois

Envie d’une lecture sans interruption ? Soutenez Mes Histoires du Soir, retirez toutes les publicités et profitez d’autres avantages inclus dès 3 € par mois.

Voir les forfaits & tarifs
Partager

signaler un problème avec cette histoire

Qu'avez-vous pensé de cette histoire ?

Donnez votre avis en attribuant une note à cette histoire en fonction de ce que vous et/ou votre enfant en avez pensé. Merci par avance !

Merci ! Votre note a été prise en compte !

Note actuelle : 4.5 sur 5 (1 avis)

Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Fablab
Atelier où on fabrique et répare des objets avec des outils modernes.
Imprimantes 3D
Machines qui créent des objets en déposant du plastique couche par couche.
étagères
Meubles avec des tablettes pour ranger des boîtes ou des outils.
Bioplastique
Matériau fabriqué à partir de plantes, plus naturel que le plastique ordinaire.
Arôme
Substance qui donne une odeur ou un goût particulier à un aliment.
Ventilation
Système qui fait circuler l'air pour refroidir ou renouveler une pièce.
Filtres
Objets qui retiennent des particules pour purifier l'air ou un liquide.
Canalise
Dirige quelque chose dans une seule voie pour mieux le contrôler.
Refroidissement
Action de rendre plus froid pour éviter la surchauffe d'une machine.
Diffuseur humain
Personne qui, sans le vouloir, répand une odeur autour d'elle.

Créez une histoire magique et unique pour votre enfant !

Créez en quelques minutes une aventure personnalisée où votre enfant devient le héros. Avec notre outil exclusif, c'est facile, gratuit et divertissant !

Créer une histoire

Téléchargez cette histoire :

Télécharger cette histoire en PDF Télécharger l'e-book (.epub)

À lire ensuite dans Histoires de super-héros comiques pour 11 à 12 ans

Recevez de nouvelles histoires chaque dimanche soir !

Recevez 7 histoires passionnantes et captivantes, adaptées à l'âge et aux goûts de votre enfant, chaque dimanche à 17h*. C'est gratuit et garanti sans spam !
*E-mail envoyé à 17h, heure de Paris.
Nous n'aimons pas non plus le spam. Ainsi, nous ne vous enverrons que des histoires. Vous pourrez vous désinscrire quand vous le souhaiterez.