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Histoire de super-héros comique 11 à 12 ans Lecture 24 min.

Pince-Man et le banc qui voulait trouver sa place

Pince-Man aide un banc baladeur qui sème le bazar dans la ville. Entraînés dans un studio de montage, lui et un monteur cherchent à comprendre pourquoi le banc s’enfuit et à lui trouver une place.

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Pince-Man, sourire bienveillant et regard concentré, casque brillant, cape bleu-cyan et T-shirt à trombone, s'agenouille pour tendre un trombone géant chromé vers un banc en bois tandis que Milo, ~28 ans, cheveux en bataille, sweat noir et casque audio autour du cou, regarde soulagé l'écran d'un ordinateur portable comme s'il venait d'enregistrer le montage ; un garçon de 5 ans, chapeau rond, assis sur le banc joue et rit avec une petite clé tombée ; scène sur la place des Trois-Fontaines (dalles claires, fontaine centrale, passants stylisés, graines de tournesol au sol), ambiance comique et chaleureuse, mouvements calmes, étincelles de pixels autour du trombone, couleurs vives et contrastes chauds. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — Le banc qui n'avait pas signé

Dans la ville de Mégapop, les trottoirs brillaient comme des écrans neufs et les panneaux publicitaires clignotaient si fort qu'on aurait dit qu'ils avaient bu trois cafés.

Au milieu de la place des Trois-Fontaines, un banc faisait n'importe quoi.

Pas « n'importe quoi » comme un banc qui grince un peu. Non. Celui-là glissait tout seul, à petits coups secs, comme s'il avait des rollers invisibles. Il se faufilait entre les passants, s'arrêtait devant les poussettes, puis repartait en crissant. À chaque virage, il laissait derrière lui une traînée de graines de tournesol, comme une signature de bandit.

— Hé ! reviens ici, meuble délinquant ! cria un monsieur en costume, qui manqua de s'asseoir dans le vide.

Une adolescente, un bubble tea à la main, soupira :

— Voilà. Encore un banc baladeur. On peut pas avoir une journée normale, sérieux.

À ce moment-là, une silhouette déboula depuis une rue latérale. Un homme, casque de vélo sur la tête, cape courte, et un logo cousu sur le torse : un trombone géant. Il s'appelait Pince-Man.

Son pouvoir ? Il pouvait « agrafer » les objets au sol… mais seulement si l'objet acceptait. Ce qui rendait son boulot un peu… diplomatique.

— Bonjour, banc ! lança Pince-Man en trottinant à côté du fuyard. On se calme, on respire, et on se pose gentiment.

Le banc répondit en faisant un demi-tour sec, comme un chat vexé, et tenta de filer vers la rue des Glaces Pilées.

Pince-Man leva les mains :

— D'accord. On va discuter. Je suis quelqu'un de très… attachant.

Il claqua des doigts. Une rangée de trombones métalliques jaillit de sa ceinture et forma un petit lasso brillant. Il l'envoya autour d'un pied du banc.

— Tu vois ? Juste une petite prise de contact !

Le banc fit un bond ridicule, comme si on lui avait chatouillé la cheville. Il tira, tira, et… le trombone se déplia en forme de cœur.

— Oh. Ça, c'était… mignon, commenta Pince-Man. Mais pas très efficace.

Un gamin rigola :

— Il a transformé ton arme en carte de Saint-Valentin !

Pince-Man toussota.

— Ça arrive. Certains objets ont des… émotions.

Il inspira profondément et se pencha vers le banc, comme s'il allait lui confier un secret.

— Écoute, je sais que c'est tentant de se balader. Mais là, tu fais tomber les gens, et c'est pas gentil. Tu veux vraiment être un banc qui fait peur ?

Le banc ralentit, hésita. Puis il fit un petit « cloc » en tapant ses lattes contre un poteau, comme pour dire : « Je sais pas. »

— Voilà, continua Pince-Man, on progresse ! Je propose un marché. Je te raccompagne à ta place. Après, je te promets une belle vue sur la fontaine et… une pigeonneuse tranquille.

Le banc frissonna, puis se laissa tirer, tout doucement, comme un enfant qu'on ramène après une course folle.

Quand il arriva enfin à son emplacement, Pince-Man posa sa paume dessus.

— Maintenant, on se fixe.

Il murmura la formule d'agrafe : « Clip-clap, reste là ! »

Le banc se figea. Un petit bruit de fermeture éclair résonna, alors qu'il n'y avait pas de fermeture éclair. La magie, c'est parfois bizarre.

Les passants applaudirent. Le monsieur en costume souffla :

— Merci… euh… Monsieur Trombone ?

— Pince-Man, répondit le héros. Et de rien. La gentillesse, c'est comme un trombone : ça tient mieux quand on s'en sert correctement.

Le banc, lui, sembla calmer. Il ne bougea plus… sauf une latte qui se releva légèrement, comme une main timide. Pince-Man lui tapota le dessus.

— On est d'accord, hein ? Pas de fugue. Je repasserai.

Et il repartit, satisfait, sans remarquer qu'une petite étiquette collée sous le banc clignotait : « PROJET : BANC ACTEUR — NE PAS RANGER. »

Chapitre 2 — Une porte qui avale les héros

À peine avait-il tourné au coin de la place qu'un drone-livreur descendit en piqué et s'arrêta juste devant son nez, avec un « bip » outré.

— Livraison urgente pour Pince-Man ! annonça une voix robotique. Signez ici.

Pince-Man regarda le stylet. Il n'avait pas de mains libres : il tenait encore sa petite mallette d'outils de super-héros (avec des trombones de secours, des pinces à linge tactiques et une gomme « pour effacer les mauvaises idées »).

— Je peux signer avec mon coude ? proposa-t-il.

— Signature acceptable, répondit le drone, un peu trop content.

Il posa un coude. Le drone projeta aussitôt un plan en hologramme : une flèche menait vers un immeuble moderne, tout en verre, avec écrit : « STUDIO MONTAGE — Accès A ».

— Studio montage ? répéta Pince-Man. Je ne monte que des étagères, moi.

Le drone fit « bip-bip » comme un rire.

— Ce n'est pas mon problème. Rendez-vous immédiat.

La flèche clignotait si fort que Pince-Man eut l'impression qu'elle lui chatouillait les yeux. Il soupira, puis suivit.

L'immeuble était si propre qu'on aurait pu manger par terre… mais ce serait impoli, et puis ça laisserait des miettes. Il poussa la porte vitrée.

Et là, la porte… referma derrière lui avec un « tchac » très définitif.

— Eh… murmura Pince-Man, c'était automatique ou c'était… personnel ?

Un homme en sweat noir apparut derrière un comptoir. Il portait un casque audio énorme et avait l'air de vivre au ralenti.

— Toi. Enfin. On t'attendait.

— Vous êtes qui ? demanda Pince-Man.

— Milo. Monteur vidéo. Et accessoirement, victime.

— De quoi ?

Milo désigna un couloir :

— Du banc.

Pince-Man cligna des yeux.

— Le banc ? Celui de la place ?

— Oui. Il est censé être le héros d'une pub. Une pub pour… l'immobilité. Un banc inspirant. Sauf qu'il s'est échappé du tournage et on a des heures de vidéos inutilisables. Le client menace de remplacer la musique par… un ukulélé triste.

Pince-Man eut un frisson.

— Non. Pas l'ukulélé triste.

Milo attrapa Pince-Man par la manche, comme s'il allait lui montrer un crime.

— Viens. On doit sauver le montage. Et toi, tu sais « attacher » les choses. Peut-être que tu peux attacher… une histoire.

Pince-Man se laissa guider. Plus ils avançaient, plus le bâtiment bourdonnait : claviers qui claquaient, ventilateurs qui soufflaient, et quelque part, un micro qui captait quelqu'un en train de manger des chips avec beaucoup trop de conviction.

Ils entrèrent dans une salle sombre. Mur rempli d'écrans. Sur l'un d'eux, le banc apparaissait, filmé sous tous les angles : dramatique, romantique, et même en contre-plongée, comme s'il allait sauver le monde.

Sauf que, à chaque prise, le banc se mettait à partir.

— On dirait un animal sauvage, souffla Pince-Man.

— Un animal sauvage avec des échardes, confirma Milo. Aide-moi. On doit le « ranger ».

— Ranger un banc… dans une salle de montage vidéo ? répéta Pince-Man, perplexe.

Milo pointa du doigt un disque dur posé sur la table. Sur l'étiquette : « BANC_BALADEUR_TAKE_1 à 279 ».

— Là-dedans, dit Milo, il y a le banc… en images. Il se balade dans nos fichiers. Comme dans la vraie vie, mais pire, parce qu'en numérique, il se multiplie.

Pince-Man pencha la tête.

— Donc… je dois ranger un banc… qui est aussi un fichier ?

— Exactement, dit Milo. Et si on n'y arrive pas, le client veut une version avec des explosions et une voix qui dit « BAM ». Toutes les deux secondes.

Pince-Man serra les dents.

— On va éviter ça. Pour la santé des oreilles de l'humanité.

Chapitre 3 — Panique dans la timeline

Milo lança la lecture. Sur l'écran, le banc glissait, glissait, et soudain… sortit du cadre.

— Voilà, dit Milo, c'est là que ça déraille. Il quitte la scène, et moi je dois recoller des morceaux comme si je faisais un puzzle dans le noir.

Pince-Man s'approcha, concentré. Il sentit quelque chose d'étrange, comme un courant d'air… venant de l'écran.

— Euh… Milo ? demanda-t-il. Ton écran… il souffle.

— C'est le ventilateur du PC.

— Non. Ça, c'est… un vent de scénario.

À cet instant, un « POP » retentit. Un trombone jaillit de la ceinture de Pince-Man, sans qu'il le commande, et se colla… sur l'écran.

L'image trembla. Puis un coin de l'écran se plia comme du papier, ouvrant une sorte de petite fente lumineuse.

— Oh non, souffla Milo. Non non non. Tu as ouvert un passage dans la timeline.

— Je… j'ai agrafé l'écran ? demanda Pince-Man, affolé et un peu fier malgré lui.

Du passage, quelque chose glissa.

Une latte. Puis deux. Puis tout le banc, en miniature d'abord, puis de plus en plus grand, comme s'il gonflait en sortant d'un ballon.

Le banc tomba sur le sol de la salle de montage dans un bruit de meuble qui se croit dans un film d'action.

— Voilà, dit Milo d'une voix blanche. Le banc est dans mon studio. Dans le monde réel. Encore.

Le banc tourna sur lui-même, repéra la sortie, et fonça… droit sur un trépied, qui s'écroula comme une girafe surprise.

— Stop ! cria Pince-Man en courant après lui.

Milo attrapa une télécommande.

— Je peux tenter un « couper-coller » ?

— Pas sur un banc ! hurla Pince-Man.

Trop tard. Milo appuya sur un bouton. Sur un écran, on vit le banc se figer une demi-seconde… puis, dans la salle, le banc sembla « sauter » d'un mètre, comme s'il avait été téléporté par un logiciel mal luné.

— Ça marche ! s'écria Milo.

— Ça fait peur ! répondit Pince-Man, en essayant de rester gentil. Le banc n'a rien demandé !

Le banc s'arrêta net devant une porte marquée « SILENCE — Enregistrement ». Il hésita. Puis il se mit à trembler.

— Il veut entrer, murmura Milo. Là-bas, c'est la cabine son. Il va enregistrer quoi ? Des grincements exclusifs ?

Le banc donna un petit coup contre la porte, comme s'il frappait.

— On ne va pas le punir, dit Pince-Man. On va comprendre ce qu'il veut.

Il s'agenouilla, à hauteur de l'assise.

— Hé. Tu t'enfuis parce que tu t'ennuies ? Parce que tu as peur qu'on se moque de toi ?

Le banc fit un « cric » tout doux, presque comme un soupir.

Milo chuchota :

— J'ai peut-être… mis une musique trop héroïque. Du genre « laaaa la laaaa ». Ça le stresse.

— Un banc stressé par son propre thème musical, soupira Pince-Man. On vit une époque étonnante.

Le banc recula, puis fonça à nouveau. Cette fois, il se dirigea vers la grande table de montage, pleine de câbles, de disques durs et de gobelets de café à moitié abandonnés.

Pince-Man eut une illumination.

— Il ne veut pas sortir. Il veut… être rangé.

— Rangé ? répéta Milo. Mais c'est un banc. Pas une chaussette.

— Justement ! s'exclama Pince-Man. Tout le monde le laisse traîner au milieu des prises. On lui dit « sois là », puis « non, plutôt là », puis « plus à gauche ». Il veut une place claire. Une vraie place. Une place gentille.

Milo regarda le banc qui tournait en rond, comme un chien qui cherche son panier.

— D'accord. Mais où on range… un banc qui se balade entre les vidéos ?

Pince-Man pointa du doigt l'écran où la timeline affichait des centaines de petits rectangles colorés.

— Là. On va lui trouver une case. Un endroit où il se sentira… à sa place.

Milo avala sa salive.

— Tu veux… ranger un banc dans un montage.

— Oui, dit Pince-Man. Et on va le faire sans lui crier dessus. Parce que la gentillesse, ça calme même les meubles.

Chapitre 4 — Le tiroir à scènes perdues

Ils s'installèrent comme deux chirurgiens du ridicule : Milo aux commandes, Pince-Man prêt à « clipser » le destin.

— Bon, dit Milo. Dans un montage, il y a un endroit pour tout ce qu'on ne sait pas où mettre. Le tiroir à scènes perdues.

— Ça sonne triste, répondit Pince-Man.

— C'est triste… mais utile. On l'appelle aussi « le dossier plus tard ». Personne n'en revient.

Le banc s'approcha, intrigué, comme s'il avait entendu le mot « dossier ».

Milo ouvrit un dossier sur l'ordinateur. Sur l'écran, une icône apparut : une boîte grise intitulée « SCÈNES PERDUES ».

À peine le dossier s'ouvrit-il qu'un bruit de couloir résonna. Comme si, derrière l'écran, il y avait une vraie pièce.

Pince-Man se frotta les yeux.

— Milo… ton ordinateur a un couloir.

— Ne juge pas mon câble management, dit Milo, nerveux. Il est… artistique.

Un petit courant d'air s'échappa du moniteur. Le banc le sentit et se mit à glisser vers l'écran, attiré comme par une pente invisible.

— Attends, dit Pince-Man. Si tu rentres là-dedans sans sécurité, tu vas finir compressé en fichier ZIP.

Il sortit un trombone géant de sa mallette. Celui-ci était particulier : chromé, épais, avec une petite étiquette « POUR URGENCE ÉMOTIONNELLE ».

— Je vais te faire une attache douce, annonça-t-il.

— Une attache douce ? répéta Milo.

— Oui. On ne ligote pas un banc. On l'accompagne.

Pince-Man posa le trombone sur le dossier « SCÈNES PERDUES » affiché à l'écran, comme s'il agrafait une feuille. Le trombone brilla. Un « clip » sonore résonna… et une petite poignée apparut sur l'icône, comme si le dossier devenait une valise.

— Oh, souffla Milo. Tu viens de… mettre une poignée sur un fichier.

— Je suis Pince-Man, rappela Pince-Man. Je fais des choses qui n'existent pas, mais avec une très bonne intention.

Le banc glissa jusqu'au bord de l'écran. Il leva l'avant de son assise comme un museau, hésitant.

Pince-Man parla doucement :

— Je te promets qu'on va te donner une place où tu ne seras pas bousculé. Pas un endroit pour t'oublier. Un endroit pour te protéger et te remettre au bon moment.

Le banc fit un petit « toc ». Puis il s'avança… et commença à entrer dans l'écran, lentement, comme si l'écran était de l'eau.

Milo retint son souffle.

— C'est… c'est magnifique et terrifiant.

— Comme un plat de cantine qui a l'air bon, dit Pince-Man.

Quand le banc fut à moitié dedans, il se retourna. Oui : il se retourna, comme s'il voulait vérifier qu'on le suivait.

Pince-Man sourit.

— D'accord. On vient.

Il attrapa la poignée du dossier « SCÈNES PERDUES » sur l'écran.

— Milo, tiens-moi, dit-il. Si je disparais, tu devras expliquer ça au service informatique.

— Je vais leur dire que c'était une mise à jour, répondit Milo.

Ils tirèrent doucement.

Le monde bascula.

Chapitre 5 — L'endroit où les vidéos font des blagues

Ils atterrirent sur… un sol fait de lignes blanches et de blocs colorés, comme une timeline géante. Au-dessus d'eux, des bulles de texte flottaient : « Couper », « Coller », « Annuler », « Refaire ». On entendait des « clic clic » au loin, comme des oiseaux mécaniques.

Le banc, lui, roulait devant, très fier, en éclaboussant de petites étincelles de pixels.

— Bienvenue dans le montage, murmura Milo. Je… je savais que mon travail était stressant, mais pas à ce point.

Un panneau clignotait : « ATTENTION : GAGS SPONTANÉS ».

— Trop tard, dit Pince-Man, en pointant du doigt.

Un micro géant surgit du sol et se mit à enregistrer leurs pas, puis à les rejouer avec un décalage ridicule : leurs pas devenaient des « pouët pouët » de klaxon.

— C'est toi qui fais ça ? demanda Pince-Man au micro.

Le micro répondit par un éternuement sonore : « ATCHIII ! »… en stéréo.

Milo éclata de rire malgré lui.

— Le montage se moque… gentiment.

Ils suivirent le banc jusqu'à une grande armoire métallique, haute comme un immeuble, remplie de tiroirs. Chaque tiroir portait une étiquette : « Plans ratés », « Sourires trop longs », « Chats imprévus », « On ne sait pas pourquoi c'est là ».

Le banc s'arrêta devant un tiroir vide : « PLAN PARFAIT (À TROUVER) ».

— Il veut être là, dit Pince-Man. Il veut… le plan parfait.

— Mais ça n'existe pas, murmura Milo. C'est une légende. Comme les devoirs finis deux jours avant.

Le banc protesta en faisant un grincement qui ressemblait à : « Gnnn. »

Pince-Man posa une main sur le dossier de l'armoire.

— On va créer un plan parfait. Pas parfait comme « sans défaut ». Parfait comme… juste. Gentil. Simple.

Milo haussa les épaules.

— On n'a pas de caméra ici.

Pince-Man montra son trombone géant.

— J'ai mieux. Je peux agrafer un moment.

— Agrafer… un moment, répéta Milo, comme s'il goûtait les mots.

Ils se placèrent. Le banc au centre. Pince-Man à côté, droit mais détendu. Milo en face, prêt à « monter » avec ses mains comme si elles avaient des raccourcis clavier.

— Banc, dit Pince-Man, tu n'as pas besoin de courir pour être intéressant. Tu peux être utile en restant. C'est ça, ton super-pouvoir : offrir une pause.

Le banc sembla se redresser, fier. Un petit rayon de lumière sortit de ses lattes, comme s'il venait de comprendre un compliment.

— Et moi, dit Milo, je te promets de ne pas te faire jouer un drame avec une musique qui fait trembler les genoux.

Le banc fit un « toc » content.

Pince-Man prit son trombone et le plaça au-dessus du tiroir « PLAN PARFAIT (À TROUVER) ». Il inspira.

— Clip-clap… capture ça.

Le trombone claqua dans l'air, et un rectangle lumineux apparut : une sorte de cadre de vidéo. À l'intérieur, on vit le banc… immobile, au bord de la fontaine, avec des gens qui s'asseyaient, discutaient, riaient, et repartaient plus légers.

Pas de poursuite. Pas d'explosion. Pas d'ukulélé triste.

Juste un moment gentil.

Milo eut les yeux ronds.

— C'est… ça. C'est exactement ça.

Le banc émit un grincement joyeux, comme un rire de vieux parquet.

Pince-Man fit glisser le cadre dans le tiroir. « PLAN PARFAIT (À TROUVER) » se transforma en : « PLAN PARFAIT (TROUVÉ) ».

Et l'armoire, satisfaite, fit un bruit de satisfaction très administratif : « DING ».

Chapitre 6 — La clé qui ne ferme pas, mais qui ouvre

Un tremblement secoua le sol de timeline. Une voix tonitruante résonna, comme un haut-parleur trop sûr de lui :

— ERREUR RÉSOLUE. OBJET RANGÉ. HISTOIRE COHÉRENTE.

— Merci, répondit Pince-Man. On fait ce qu'on peut.

Le banc glissa vers eux, puis s'arrêta. Une petite lumière apparut sous son assise. Un objet tomba au sol : une clé, métallique, brillante, avec un porte-clés en forme de mini-trombone.

Milo la ramassa.

— Une clé ? D'où ça sort ?

Pince-Man la regarda, surpris.

— Je crois que… c'est sa façon de dire merci.

Le banc fit un « toc » doux, comme une tape sur l'épaule.

— Elle ouvre quoi ? demanda Milo.

Pince-Man tourna la clé entre ses doigts. Elle était tiède, comme si elle avait gardé un peu de la chaleur du moment.

— Pas une porte, je pense. Une clé symbolique.

Milo plissa les yeux.

— Symbolique… ça veut dire qu'on ne peut pas l'utiliser pour ouvrir ma boîte aux lettres ?

— Ça veut dire, expliqua Pince-Man, qu'elle ouvre quelque chose qu'on ne voit pas. Par exemple… la capacité de laisser les choses se poser. De ne pas forcer. De choisir la gentillesse, même quand un banc te fait courir.

Milo sourit.

— Donc c'est une clé pour… calmer le bazar.

— Exactement.

Le monde autour d'eux commença à se dissoudre en pixels, comme si le montage les renvoyait à la réalité. Le banc s'inclina légèrement, comme une révérence.

— Au revoir, banc, dit Pince-Man. Reste à ta place, mais garde ton courage.

— Et ton humour, ajouta Milo. Sans humour, on devient un tabouret.

Le banc grinca, ce qui, dans leur langue, voulait probablement dire : « Promis. »

Ils furent aspirés par une lumière blanche… et revinrent dans la salle de montage, assis par terre, un peu décoiffés, comme après un manège.

Sur l'écran, Milo vit la nouvelle séquence : le banc immobile près de la fontaine, des sourires naturels, et une petite phrase finale : « Parfois, le plus héroïque, c'est d'offrir une pause. »

Milo laissa tomber sa tête sur le dossier de sa chaise.

— On l'a fait. On a rangé un banc… dans une histoire.

Pince-Man se releva, épousseta sa cape et tendit la clé à Milo.

— Garde-la. Quand tu te sens dépassé, tu la touches et tu te rappelles : on peut arranger les choses sans être brusque.

Milo prit la clé avec précaution, comme si elle était faite de confiance.

— Merci, Pince-Man.

— Merci au banc, corrigea Pince-Man. Il avait juste besoin qu'on l'écoute.

Au même moment, dehors, sur la place des Trois-Fontaines, le banc réel restait sagement à sa place. Un vieil homme s'assit, sourit, et dit à sa petite-fille :

— Tu vois, parfois, la gentillesse… ça fixe mieux que de la colle.

Et, dans la poche de Milo, la clé symbolique tint tout ce moment ensemble, sans serrer trop fort. Juste assez.

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Silhouette
Forme générale d'une personne ou d'un objet qu'on voit de loin.
Cape
Vêtement sans manches qui se porte sur les épaules et tombe dans le dos.
Torse
Partie du corps entre le cou et le ventre, devant le corps.
Diplomatique
Qui cherche à régler un problème avec calme et respect entre personnes.
Hologramme
Image lumineuse en trois dimensions qui semble flotter dans l'air.
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